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Yassine Belattar brise l’omerta sur la dérive du journalisme

Yassine Belattar, animateur vedette de Générations FM, parle de son documentaire «Souriez vous êtes Villiers» (sortie cinéma prévue: fin 2008).

Interview David Dufresne pour Médiapart.

Confronté, durant les émeutes à Villiers-le-Bel, à des pratiques du journalisme qu’il juge “à vomir”, Yassine Belattar interpelle toute la profession :

(noir)Je ne suis pas contre les médias. J’aime les médias et j’en fais partie. J’essaye de comprendre pourquoi il y a des virus dans nos rédactions et pourquoi on ne peut pas le dire? Une espèce d’omerta permanente…

(/noir)

6 Comments

  1. Ça me semblait clair, mais disons-le plus clairement alors. 😉

    Le traitement des émeutes de Villiers-le-Bel par les médias s’est totalement écarté des standards professionnels du journalisme au profit d’une course au sensationnalisme, avec de graves manquements à l’éthique et au respect des personnes, en construisant une image artificielle et simplificatrice de la réalité, un spectacle en guise d’information.

    Dans un contexte de concurrence au sensationnel, certains journalistes n’hésitent pas à user de pratiques déontologiquement condamnables et bâtissent des carrières entières sur de telles méthodes : les dirigeants des médias laissent faire, quand ils n’encouragent pas implicitement, le reste de la profession le sait, mais elle se tait. C’est ça l’omerta.

  2. dénoncer les manquements et les dérives des journalistes me semble d’une très grande banalité. Il existe un tout un courant qui vise précisément la critique du journalisme. Catégorie de Wikipédia lui est consacrée.

    On ne peut pas dire que ce sujet soit passé sous silence.

    Maintenant s’il s’agit de dénoncer nommément quelqu’un, on comprend que les professionnels entre eux soient prudents. Mais cela arrive. Dans l’affaire Baudis on sait que le témoignage rapporté par KZ a été obtenu après un défraiement.

    Y. Benatar se garde bien quant à lui de donner des noms dans cet enregistrement.

    Critiquer le journalisme est une activité normale et banale. Dénoncer un journaliste est plus rare mais pas impossible. Je trouve donc le titre légèrement survendeur.

  3. @ xtph

    N’ayant rien à vendre sur ce blog, je trouve ce terme légèrement inapproprié.

    A part ça, dites-moi donc où ils sont tous ces journalistes que vous connaissez qui racontent à longueur de wikipédia ce qui s’est passé à Villiers-le-Bel ? Juste pour que je me renseigne…

  4. C’est pas pour faire mon bourdieusien à deux balles mais… si, en fait, je vais vraiment faire mon bourdieusien à deux balles, en disant que le journalisme (le “champ journalistique” aurait dit Bourdieu) est traversé par des phénomènes qui vont au delà de ses agents eux-mêmes. Monsieur Belattar parle de “virus”, je trouve que le terme est pas mal. On pourrait sans doute trouver mieux mais ni lui ni moi ne sommes sociologues.

    Mais, dans un cas comme celui-ci, je serais tenté d’user du terme de “panique”. Ça s’en rapproche vachement à plusieurs niveaux : dans une panique au sens général du terme, même des gens sensés et rationnels en temps normal, se mettent à faire n’importe quoi ; la panique produit elle-même le carburant de son accroissement en intensité ; et plus tard, après que les choses se sont calmées, les personnes impliquées tentent de se justifier, ou de nier ce qui s’est passé. Ce n’est pas que je veuille dénier toute responsabilité aux individus, mais enfin, il y a un contexte collectif qui est effectivement à étudier. Perso, donc, j’appellerais ça une “panique journalistique”. On en voit trop souvent, hélas, encore que rarement aussi poussée que dans cette affaire.

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