sur le web

Y a pas que Google dans la vie ! D’autres stratégies de recherche d’info…

En ce jour de communion générale en ligne autour du culte de Google, on va s’intéresser ici à des alternatives dans la recherche d’information en ligne, alternatives non seulement à Google, mais aux moteurs de recherche en général et autres sites d’agrégation automatisée. Car il n’y a pas que Google dans la vie… Et ce nouveau front pourrait bien se révéler être le prochain champs de bataille de l’information…

Je dis ça, je dis rien… 😉

Mais je constate que, dans mon propre usage, j’abandonne de plus en plus Google et consorts au quotidien. Car le service offert est tout simplement de piètre qualité, il manque vraiment de pertinence, il est bien loin de répondre à mon besoin et il existe à ma disposition des alternatives diablement plus efficaces : mon réseau.

Mon information en ligne me vient de sources multiples, toutes rassemblées dans mon lecteur de flux RSS. On y trouve en parallèle :

– des blogs, généralistes et spécialisés, dont une majorité de “blogs experts”, spécialisés dans le journalisme, les technologies de l’information et les médias.

– des flux de liens, rassemblés sur delicious par des veilleurs de l’information, intéressés aux questions qui m’intéressent aussi et qui partagent leurs découvertes.

– des médias professionnels, pratiquant le journalisme “traditionnel”, dont j’ai séparé les flux généraux, des flux spécialisés de leurs rubriques “médias”.

– une série de flux automatisés, basés sur des requêtes (“journalisme”, “médias”, etc.) auprès de divers moteurs de recherche (Google, Google Blog Search, Live search, Yahoo! Search, BlogPulse Search, Wikio…).

Le constat, c’est que les machines automatisées sont très loin d’être à la hauteur, en termes d’efficacité et de pertinence, face à mes sources “humaines” de veille. Aucune comparaison possible.

La recherche automatisée mobilise des moyens technologiques fantastiques (des “data centers” gigantesques, des centaines de milliers de serveurs, des milliards de références engrangées) pour des résultats finalement… de très très mauvaise qualité : à vue de nez, au moins 90% de déchets dans le résultat qui m’est proposé, et surtout une pertinence presque toujours prise en défaut par mon réseau humain qui repère bien plus vite et bien mieux l’information qui correspond à ma recherche.

Il faut bien, de temps en temps, que quelqu’un dise que le roi est nu ! Si je devais ne me fier qu’à Google, et autres agrégateurs automatisés, je n’aurais quasiment rien à vous écrire sur ce blog. La quasi totalité de l’information que je re-diffuse ici est bel et bien issue de mon réseau humain, et ne provient que très très marginalement des services offerts par les machines de recherche.

Les algorithmes ? Ça ne marche pas. Enfin, ça marche très mal, et le résultat est le plus souvent assez nul. On a le droit de dire ça ?

Des chercheurs tentent d’approcher cette question de manière plus synthétique que je ne le fais. Je vous recommande cet article d’Olivier Le Deuff, par exemple :

“Folksonomies et communautés de partage de signets. Vers de nouvelles stratégies de recherche d’informations.”

J’en retiens, notamment :

(noir) Pour beaucoup d’usagers, la recherche d’information est devenue synonyme de moteur de recherche voire de « googlisation ». Cependant il existe désormais des alternatives à ce quasi monopole via notamment les folksonomies, mot composé par Thomas Vander Wal à partir de folk et de taxonomy et qui définit la possibilité offerte à l’usager d’ajouter des mots-clés à des ressources. Leurs stratégies de recherche diffèrent de la traditionnelle médiation des moteurs.(…)

(noir)Ne nous méprenons pas : les folksonomies n’en sont pas au stade de prétendre proposer une alternative équivalente au moteur de recherche comme c’est le cas du projet « wikiasari » de Jimmy Wales, co-fondateur de Wikipedia. Néanmoins il est possible de trouver de l’information plus intéressante voire plus pertinente via les folksonomies. (…)

(noir)L’hypertexte connaît ici un prolongement intéressant du fait que l’usager peut être lié à une ressource ou un groupe. Les communautés de partage de signets relient des individus entre eux, mais également des informations et des individus. Le document numérique n’est pas seulement complexe intrinsèquement mais aussi dans les relations qu’il occasionne. Ici ce n’est pas l’auteur du document signalé qui prime, mais bien le médiateur qui va conférer sa légitimité au document. Nous sommes donc bien dans une « reintermédiarisation ».

(noir)Il faut voir dans les folskonomies, notamment les systèmes de marque-pages sociaux, un moyen d’accéder à de l’information et de la connaissance au gré de parcours diversifiés. En ce sens, elles sont plus conformes à l’esprit du web basé sur une navigation hypertextuelle. Elles reflètent la figure du labyrinthe, ce jardin aux sentiers qui bifurquent mais dont les recoins nous ouvrent de nouvelles perspectives. La recherche d’informations ne passe pas par les autoroutes mais par les labyrinthes à l’instar de l’avertissement de Von Lohenstein dans son Inscription pour un labyrinthe (1676) :

(noir) ” Combien vous vous trompez, mortels, en voyant dans ce trompeur édifice une tromperie qui veut vous égarer (…)

(noir)Même si les chemins sont parfois parsemés d’embûches et semblent constituer de mauvaises directions, les folksonomies sont plus fidèles au cheminement hypertextuel. Cependant elles nécessitent un apprentissage voire une tag literacy.

(/noir)

Il existe d’autres stratégies encore, qui se révèlent bien plus efficaces et pertinentes que Google et consorts. Je crois bien que je vais y revenir beaucoup dans les semaines qui viennent…

L’enjeu de l’information en ligne n’est peut-être pas autant que je l’ai cru entre les médias traditionnels et les nouveaux médias de masse du web, tels que Google. Il s’agit là finalement d’une bataille, surtout économique, entre différents acteurs qui se redistribuent les cartes dans la partie jouée entre les médias de masse… Mais une autre partie se joue ailleurs, autour d’un web humain et coopératif. On va y revenir… 😉

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On en parle aussi ici :

– Bibliobsession 2.0 : “Journalistes, bibliothécaires : mêmes combats… et mêmes dérives”

3 Comments

  1. Merci Narvic de cette clarification.
    je suis tout à fait d’accord avec votre observation et particulièrement sur l’idée que la logique des liens hypertextes n’est pas respectée par les moteurs alogrythmiques. Il me semble que la logique de liste omniprésente sur le web, perturbe largement la structure réticulaire du web.

  2. Bonjour,

    Quand vous parlez de “flux de liens, rassemblés sur delicious par des veilleurs de l’information” c’est le fait de convertir en tag en fil RSS ou s’agit-il d’autre chose? Cela a l’air intéressant.

    amts

    ll

  3. Bonjour,

    Avec delicious, vous pouvez récupérer par RSS, le fil des liens que j’ai enregistrés au cours de mes navigation, vous pouvez choisir de ne prendre que ceux correspondant à un mot clé. Vous pouvez vous abonner aux fils d’autres personnes (leur fil général ou sur un tag) et vous pouvez vous abonner à un tag sur l’ensemble des membres de delicious.

    C’est un outil de veille très puissant, qui se révèle à l’usage, selon moi, bien plus puissant (efficace et pertinent) que les moteurs de recherche. 😉

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