diversion

Vivons heureux, vivons cachés ?

Ceux qui me lisent régulièrement connaissent mes états d’âme au sujet du blogging. C’est pour eux que j’écris ici, exclusivement. C’est uniquement ce qui m’intéresse dans cette activité : une relation de rédacteur à lecteur qui se développe dans le temps et permet des interactions que je trouve enrichissantes.

En revanche, les lecteurs volages ne m’intéressent pas. Ceux qui débarquent en meute ou en volée de moineau, ponctuellement, sur un billet plutôt qu’un autre, me dérangent même depuis bien longtemps.

Je n’ai absolument aucune ambition de participer à un quelconque débat public et mes billets n’ont jamais relevé d’une quelconque harangue au milieu de l’agora. Je n’ai cessé de dire que ce blog n’était rien d’autre que mon propre salon, un lieu où je m’exprime en espérant rencontrer des gens qui sont intéressés par ces réflexions et souhaitent réfléchir avec moi, quitte à me faire part de leurs propres objections. Je n’attends de ces échanges que de la bonne foi et, autant que nous en soyons capables, de l’intelligence.

Il va de soi que cet échange est bien plus intéressant avec des gens qui sont dans une démarche similaire, ce qui veut dire qu’ils ont souvent aussi eux-mêmes un blog, qui est leur propre salon. Mais ça n’est pas une obligation.

Ça demande aussi ce minimum de respect de la part de ceux que l’on veut bien inviter dans son salon, comme, par exemple, de ne pas commencer par chier sur la moquette, pour s’offusquer ensuite du mauvais état d’entretien de la maison. Je ne reviens pas sur tout ce que j’ai pu écrire ici sur le “problème” des commentaires sur internet. Les habitués le savent déjà, les novices n’ont qu’à se plonger un peu dans les archives de ce blog pour savoir de quoi je parle.

Il est vrai que je suis un peu piégé par les développements actuels du web, qui font que le “genre” de blog qu’il m’a intéressé d’écrire est aujourd’hui un peu marginalisé, que beaucoup ne le comprennent pas ou ne se rendent même pas compte du projet particulier qu’il représente à mes yeux.

Il n’a jamais été question, comme je le signalais plus haut, de participer à un débat public sur l’agora, mais de développer une pensée personnelle “en train de se faire”, comme je l’ai écrit mainte fois. Cet espace particulier de la blogosphère fut longtemps en adéquation avec cette démarche. Il permettait une qualité de conversation qui devient aujourd’hui de plus en plus difficile.

On pourrait dire que ce blog est victime de son succès, mais je ne le vis pas du tout comme ça : il est certes victime, mais pas du tout d’un “succès” qui ne présente à mes yeux que des inconvénients.

Je me suis inquiété depuis longtemps de ce que je ressens comme une dérive :

La blogosphère mise à nu par ses observateurs, même (octobre 2008)

Et j’ai tenté, autant que possible, de redresser un peu la barre récemment :

Le blog comme navigateur de réseau, ou comment on s’informe les uns les autres (janvier 2010)

En vain…

Je me suis pourtant cantonné au petit espace de mon blog et aux commentaires des blogs que j’apprécie. J’ai refusé la plupart des sollicitations qui m’ont été faites pour aller m’exprimer ailleurs que dans ce cadre, et notamment dans les médias traditionnels. J’espérais ainsi préserver un peu cet espace-ci de cette collision des galaxies que représente la mise en contact du “petit monde des blogs” avec l’espace médiatique maintestream. Je n’ai pas très bien réussi dans cette ambition. 🙁

Ma première réaction aura été d’écrire de moins en moins ici. Ce qui, d’une certaine manière, tombait bien, puisque j’ai d’autres projets par ailleurs qui m’occupent bien. Mais que faire de ce blog ? J’ai pensé un temps le fermer, ce que j’ai d’ailleurs fait provisoirement l’été dernier. Mais cette “solution” ne me satisfaisait pas vraiment.

Ça revient à sacrifier ceux avec lesquels j’ai noué ces relations en ligne à travers ce blog, en consacrant la victoire de la meute et des volées de moineaux. Je réfléchis donc à d’autres solutions…

Ce qui m’a beaucoup intéressé dans l’expérience de la blogosphère que j’ai faite depuis quelques années, c’est précisément cette sorte d’expérimentation de l’entre-deux, entre les sphères du public et du privé. La blogosphère, telle qu’elle m’intéresse, c’est précisément cet espace intermédiaire. S’il reste trop privé, on se prive de faire des rencontres. S’il devient trop public, ce n’est plus un blog mais ça devient un média, sur le modèle des médias traditionnels, dans une relation pyramidale entre l’auteur et les lecteurs qui ne m’intéresse pas.

A mon corps défendant et malgré mes efforts, c’est pourtant ce que novövision est en train de devenir. Et ça me déplait. novövision est en train de devenir beaucoup trop visible par rapport à mon propre projet, mené plutôt avec constance depuis le début, me semble-t-il. Du moins je l’espère.

La massification du web comme le développement des réseaux sociaux, et singulièrement de Facebook et Twitter, me semblent de plus en plus toxiques à la survie de cette “blogosphère de la conversation de salon” dans laquelle je souhaitais cantonner novövision.

Alors aujourd’hui que faire ?

Je ne vois d’autre solution que celles qui conduisent à être moins visible, moins exposé, à ce ce que j’ai appelé “se replier dans les réseaux” (pour ceux qui s’en souviennent. Les autres chercheront !).

Pour commencer, la gestion des commentaires de moineaux qui débarquent sur ce blog sans réfléchir, parce que le flux de leurs propres réseaux sociaux les y conduit, parce que – leur dit-on – c’est par là qu’il faut passer aujourd’hui si l’on veut être dans le coup, et qui se croient tout permis en arrivant ici, ne prennent même pas le temps de prendre connaissance des usages de la maison avant de formuler leurs exigences comme des revendications légitimes, tout ça m’exaspère et me fatigue. Je vais y mettre fin.

J’hésite encore sur la formule : modération des commentaires a priori, ou bien carrément obligation de s’inscrire avant de commenter, en fournissant d’avance une adresse mail valide…

Mais ça ne suffira probablement pas. J’envisage bien pire. C’est à dire de développer carrément un espace de publication semi-privé sur ce blog, dont la lecture sera uniquement accessible à ceux qui se seront inscrits au préalable. Je n’ai pas d’état d’âme sur la question, il s’agit bien de créer un club.

L’objectif est bien de contrecarrer cette diffusion “virale” des billets de blog par les réseaux sociaux, dont je ne vois pas ce qu’elle apporte de bon à des projets tels que le mien. Et j’en vois bien, au contraire, tous les inconvénients.

Je ne vois pas d’autre moyen de recréer cet espace semi-privé/semi-public qui me parait caractéristique de ce que la blogosphère apporte précisément de nouveau et d’intéressant dans l’espace médiatique, et que les développements récents du web sont carrément en train de détruire.

Et vous ? Vous en dites quoi ?

22 Comments

  1. La question devient blog privé ou blog public. Un certain nombre de blogueurs ont déjà constaté qu’une partie des commentaires passe par le mail et non pas par le commentaire. Donc en privé. Faut-il alors demander aux correspondants la permission de publier leur mail en commentaires? ou rester en petit comité? Faut-il créer une architecture, une hiérarchie? Doit-on faire d’un blog une sorte de revue des 2 mondes? Veux tu des lecteurs ou des militants, collègues (je ne trouve pas le mot juste). Les lecteurs même constants ne commentent pas forcément, faut-il éliminer ces intéressés invisibles et discrets? Cercle ou club, donc? Happy fews ou mass media?

    Le fondamental reste : as-tu du plaisir à écrire, partager, communiquer?

    Cela dit, on reste dans le flou. Y a t-il un état des lieux de la blogosphère française sur ce modèle, par exemple? http://bitacoras.com/informe/

  2. Je fais partie de ceux qui, abonnés au flux rss de ce blog, prennent un moment pour lire chacun de tes articles sans forcément les commenter par manque de temps, “d’expertise” ou de choses à dire.
    Néanmoins je suis très heureux de la qualité de ce blog et, si salon privée tu créerait, j’espère qu’il y aura une place pour nous, l’audience silencieuse mais intéressé. 🙂

  3. Je pense toujours qu’il faut essayer de s’adresser au plus grand nombre, pour que nos sujets élargissent leur audience, traversent mieux la société (et on sait qu’on en a besoin). Cela a quelques inconvénients majeurs : plus on a d’audience, plus on récupère de trolls. De gens qui débarquent via un lien, un moteur et qui ne prennent pas le temps d’aller plus loin qu’un survol sur lequel ils réagissent d’une manière épileptique. Depuis que je suis passé sur la plateforme du Monde, c’est devenu assez insupportable (mais je le savais avant). Suivant les bons conseils de mon collègue Jean-Marc Manach : la seule solution, hélas, reste d’être très présent dans les commentaires.

    Je crois que la bonne solution certainement serait de faire évoluer les processus de commentaires : identifier les commentateurs fréquents, permettre le classement des commentaires ou leur notation. Faire disparaître à l’affichage ceux qui sont trop mal notés, etc. Mais je ne sais pas quel est le niveau de développement pour Spip (peut-être via une plateforme de commentaires dédiés, comme Disqus ?).

    Une société où tout ce qui fait sa qualité vivrait repliée sur elle-même, loin du reste du monde, ne me semble pas une société. Il faut se mêler aux autres, mais doter sa communauté d’outils pour lui permettre de faire elle-même plus facilement la régulation.

  4. Je pense que c’est très compliqué à gérer (j’imagine, je suis pas dans ce cas), donc ce n’est pas à nous de décider. Personnellement je suis moi aussi abonné au flux RSS. Parfois je commente… je ne sais pas si je fais partie ou non de la tribu des mal polis… je n’espère pas. Quand on commente il faut passer des barrières, une sorte de passage à l’acte, et peut-être qu’il y a une violence nécessaire à se faire à soi-même pour cela, qu’on retrouverait dans le contenu. Le dialogue à l’écrit peut en plus paraître très froid, on peut faire croire à une forme de certitude alors qu’on n’essaye que d’exprimer des doutes.
    Toujours est-il que je suis intéressé par les réflexions de ce blog et j’espère pouvoir continuer d’y avoir accès. C’est vrai qu’il m’arrive assez souvent de conseiller la lecture de certains articles, sur un certain nombre de réseaux, sans forcément commenter. D’après ce que je sais des personnes à qui je fais de tels conseils (Google Reader ou Buzz, Twitter, Friendfeed, facebook, et peut-être d’autres) je doute qu’elles lisent grand chose et qu’elles commentent beaucoup. Mais alors faudrait-il que je cesse de faire part de mon intérêt au sujet de votre blog ? C’est ça que vous nous demandez en définitive: qu’on arrête de faire résonner vos réflexions ?

  5. “S’il devient trop public, ce n’est plus un blog mais ça devient un média, sur le modèle des médias traditionnels, dans une relation pyramidale entre l’auteur et les lecteurs qui ne m’intéresse pas. A mon corps défendant et malgré mes efforts, c’est pourtant ce que novövision est en train de devenir.”

    Je n’ai pas l’impression de cela, même si c’est un blog regardé et lu, commenté ou survolé. Il apporte des réflexions et il y a dialogue avec l’auteur, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de médias.

    Si je peux comprendre qu’il soit pénible d’être harangué publiquement de façon parfois peu appropriée (voire désagréable), qui plus est dans un espace que l’on avait pensé comme un chez-soi, fermer l’accès et le restreindre à un club serait dommageable.

    La modération a priori pourrait être une alternative, mais je pense qu’il serait dommage de fermer le robinet. On peut aussi rester aveugle à certaines choses, ou faire le ménage dans les commentaires sans intérêt (il suffit de le préciser dans les conditions d’utilisation des lieux, par exemple) : je veux bien que l’on fasse un graffiti sur mes murs, pas des tags.

  6. @ tous

    Je cherche surtout à essayer de préserver quelque chose qui m’échappe, autant avec le développement du web (de plus en plus vers le zapping généralisé, selon mon sentiment) qu’avec l’exposition (parfois excessive à mon goût) de ce blog.

    Je souhaite trouver des moyens pour obtenir une “interaction plus douce”, ce que j’appelle l’esprit de salon plutôt que la place publique. Il y a de tas d’espaces publics, totalement ouverts, et même anonymes si l’on veut, partout ailleurs sur le net. Ils virent souvent à la polémique et la superficialité, c’est le règne des trolls. C’est d’ailleurs pour ça que je n’y vais pas : il n’y a là-bas que très peu d’échange, pas de véritable dialogue.

    Le problème est que ce que j’appelle les “lecteurs volages” ou “les moineaux”, qui ignorent en débarquant ici la “philosophie” du lieu et se comportent comme partout ailleurs. Je n’aime pas du tout, par exemple, ces commentateurs qui arrive ici pour la première fois, n’ont lu qu’un seul billet et parfois même pas en entier, n’ont suivi aucun des liens proposés, mais s’autorisent néanmoins des commentaires d’un ton péremptoire et des jugements définitifs et en plus exigent qu’on leur réponde comme si c’était un dû.

    Je n’apprécie pas beaucoup non plus les gens qui viennent ici pour me dire que mes billets sont trop longs. Ils n’ont qu’à aller voir ailleurs et continuer leur zapping, leur picorage frénétique de bribes, qui n’ont aucun sens mises bout à bout. Je fais d’ailleurs exprès d’écrire long ! Il m’arrive de plus en plus souvent d’ailleurs d’attendre, pour écrire d’un coup et en un seul morceau ce qui aurait pu faire plusieurs billets plus courts postés au jour le jour. Du coup, j’écris moins souvent… mais plus long. :-p

    Il me semble utile qu’il existe des espaces qui fonctionnent différemment que ce web-auberge espagnole ouvert à tous les vents. Certains tiennent à ce que ces “espaces de liberté”, comme on dit, soient préservés, même si je ne vois pas très bien ce qu’ils apportent, à part d’être des défouloirs. S’il n’est pas possible d’éviter ça, ça ne m’intéresse pas plus que ça de tenir un blog.

    Je réfléchis à des solutions et j’ai déjà opéré quelques modifications ce matin :

    – • retrait du module de backlinks automatiques qui figurait en pied de page. Ce caractère automatique de ces liens vers des blogs liant le mien n’apportait pas grand chose, à mon avis… puisque c’était automatique et qu’on y trouvait parfois des choses sans intérêts (des billets formés de simples compilations de tweets, par exemple). Si d’autres engagent un débat intéressant avec ce que j’écris ici sur leur propre blog, je le signale ici le plus souvent.

    – • retrait du module vers la fan page de facebook, que j’ai d’ailleurs mise hors ligne. J’ai testé le truc pour voir ce que c’était et comment ça fonctionnait. Le bilan, c’est que ça n’a d’intérêt que si on anime cette page facebook, en allant y poster des commentaires et y répondre à ceux qui y commentent. Ça ne fait donc que déporter chez facebook une activité qu’il me semble bien plus intéressant de faire ici.

    – • retrait de module de recommandation de lecture automatique (branché sur mon compte delicious, lui-même repris automatiquement sur friendfeed et twitter). Là encore, je trouve au final que ça perturbe le fonctionnement de ce blog. Si j’ai des liens à signaler, autant le faire par des billets, ou par des brèves. Tous ces nouveaux services en vogue du web ne conduisent qu’à déshabiller les blogs, déporter leur activité sur des sites extérieurs, disperser les commentaires. Je vais recentrer tout ça ici, et je me préoccuperai beaucoup moins de ce qui se passe ailleurs. B-)

    – • je vais d’ailleurs utiliser la fonctionnalité “brève”, permise par Spip, que je n’ai utilisée qu’au début de ce blog, il y a plusieurs années 😉 , pour l’abandonner ensuite. Ça va me demander un peu de travail technique pour remettre en page ce blog. Ça viendra dans quelques jours.

    J’en viens aux commentaires :

    Spip me permet un certain nombre de possibilité que je n’ai pas exploitées jusqu’à maintenant :

    – • J’ai rajouté des petites images aux commentaires (il s’agit des gravatars, pour ceux qui sont inscrits sur ce site). Ça personnalise un peu plus les commentaires et ça me permet de repérer plus vite les habitués. 🙂

    – • Je suis également en train de mettre en place un système d’inscription préalable pour les commentaires (qui me demande encore quelques petits réglages techniques : ça sera fait pour ce soir). On ne s’inscrira qu’une fois et le blog vous reconnaitra automatiquement si vous venez assez souvent. Sinon, il faudra se reconnecter. :o) C’est une formalité, certes, puisqu’il faudra fournir une adresse mal valide et passer par son courrier électronique pour récupérer son mot de passe, mais j’estime que ça permettra un tri : les commentateurs qui polluent ce blog ne fournissent généralement pas d’adresse mail valide, et surtout ils réagissent sur un coup de tête.

    – • je suis également en train de mettre en place un espace spécifique de publication sur ce blog, qui ne sera accessible que pour les utilisateurs enregistrés et connectés. On pourra toujours recommander les textes qui y seront publiés à qui ont veut par Twitter et Facebook, mais ceux qui voudront les lire devront s’inscrire. Je vais les laisser accessibles également par le flux RSS, les abonnés à ce flux n’était généralement pas des “lecteurs à problème”. :-))

    Le tout est de savoir quels types de textes je réserverai à cet espace. Ce sera probablement ceux qui tiennent le plus à coeur, qui m’ont demandé le plus de temps ou de réflexion.

    J’envisage aussi de perfectionner le système de gestion des commentaires, mais ça va me demander une mise à jour assez lourde de mon logiciel de publication (changement de version, donc sauvegarde, test de tous les plugin, etc.). C’est pour bientôt.

    Donc, pas de panique, il ne s’agit pas de m’enfermer dans un salon privé, mais de réguler l’accès à ce blog, pour le réserver à ceux qui veulent vraiment y venir. 🙂

  7. Je fais parti des lecteurs silencieux qui tiennent leur propre blog.
    J’apprends beaucoup en vous lisant.
    Mais je ne suis pas sur de pouvoir vous apporter grand chose en échange, c’est pourquoi je ne commente pas (ou peu).

    J’aimerais que le site reste accessible aux lecteurs comme moi.

    En tout cas, bravo pour tous les billets déjà commis.

  8. Je suis également un lecteur souvent silencieux par manque de temps.

    Arrivant surtout sur votre blog grâce à mes outils de veille (type google reader), je serais déçu si vos billets devenaient privés, et si je ne trouvais plus la clé de votre salon dans mon google reader.

    En espérant que vous ne fermerez pas totalement la cage aux oiseaux…

    Merci pour votre réflexion.

  9. Je comprend bien ton souhait de quitter ce manège infernal qu’est devenu le “web social”. En fait, ce n’est pas bien compliqué (quand on maitrise la technique, évidemment). Il suffit de ne plus être lié à facebook, delicious, google reader et autres friendfeed. Un peu de “pièges à robots” permet d’être moins bien référencé. Tout de suite, un certain public, qui ne passe que par ces canaux viendra beaucoup moins.

    Plus ça va aller, plus un certain public, celui qu’on ne souhaite pas trop avoir va rester dans les zones balisées, et ne vont finalement plus en sortir. Comme des civilisés qui hésitent à franchir la barrière qui les protège des barbares. Avec l’internet mobile, ce sera encore plus prégnant puisque tout est fait pour rendre le public “captif”.

    Reste le problème de l’isolement. Si tu ne veux pas d’un certain public, tu recherches par contre un autre public, plus fin et plus cultivé. C’est bien joli, mais il ne va pas venir tout seul. Il faut bien que tu gardes des liens, et là, il y a un problème d’organisation d’un écosystème pour “gens cultivés plaisant à Narvic” 😛 car celui-ci n’existe pas… le monde des blogs “exigeants” est complètement éclaté et les liens sont fait au coup par coup, de manière artisanale. Pour le nouvel arrivant, pas évident de s’intégrer et de découvrir cet espace où beaucoup de choses sont “underground”.

    Comment s’organiser pour améliorer les échanges tout en restant “entre nous”. Vaste sujet…

  10. Tiens, c’est marrant (enfin, pas vraiment), moi aussi je vois arriver depuis quelques temps de plus en plus de commentateur qui – comme tu le dis – chient sur la moquette. C’est indéniablement corrélée avec une forte augmentation du trafic en provenance de Facebook (celui venant de Twitter n’a lui pas évolué de façon significative).

    Modérer à priori est une tannée, j’ai décidé de virer tous les commentaire qui confondent discussion et hurlements, point barre. Si ca ne suffit pas, je passerait pas une identification obligatoire (Twitter/Facebook/etc)… on verra bien.

    Mais c’est vrai que c’est particulièrement énervant de découvrir un étron, au petit matin, dans son salon…

  11. Le système décrit par Hubert ci-dessus me semble intéressant. C’est ce que fait pour partie Embruns avec ses grades, auquel il ne manquerait qu’un filtre à mémoire sur le grade minimum qu’on accepte de lire.

    Ça ne “fermerait” pas le contenu aux lecteurs réguliers qui ne sont commentateurs qu’épisodiquement (moi 😉 – ce qu’un espace avec login/pass ferait.

  12. Bonjour Narvic,

    Si je comprends bien l’objectif que je partage, je ne crois pas que le problème initial vienne du Web social comme semble le suggérer plusieurs commentateurs, sinon de façon indirecte et sans doute éphémère. Il s’agit plutôt d’un phénomène classique de communication de un vers plusieurs et vice-versa. À partir d’un certain seuil, le canal de retour sature et il se produit comme un larsen, c’est-à-dire que la communication échappe à son objet (ou plutôt son sujet) initial pour tourner à vide entre inter-locuteurs autosatisfaits.

    Il suffit pour cela de lire les commentaires sur les sites des journaux, et H. Guillaud n’arrivera pas, à mon avis, à dompter son auditoire sans sévères mesures coercitives. Autre exemple : il y a quelque temps la liste professionnelle Biblio-fr, qui comptait plus de 17.000 inscrits, a été sabordée par ses responsables pour des raisons assez comparables. Dans l’un et l’autre cas, le Web 2 n’est pas en cause.

    Alors, la seule solution est en effet de construire un dispositif qui permette d’une part la transmission au plus grand nombre, c’est tout de même l’intérêt de la publication, et en même temps une conversation avec certains. Sans doute beaucoup crieront à l’élitisme, celà me parait simplement le bon sens communicationnel basique.

    Autre point, mais je sais que nous ne sommes pas d’accord non plus, il est utile de demander aux personnes de retirer leur masque de carnaval (pseudos). Les Français les aiment beaucoup, semble-t-il, je ne suis pas du tout sûr que ce soit pour de bonnes raisons. De l’autre côté de l’Atlantique, où je me trouve, on en rencontre beaucoup moins et cela donne des dialogues peut-être plus responsables.

    Un dernier point, au risque de me voir exclu du premier cercle : je n’aime pas les billets trop longs, pour une bonne raison qui n’a rien à voir avec la recherche d’audience. La typographie et la mise en pages sur le Web sont encore trop déficientes pour autoriser une lecture longue confortable. Les billets longs sont donc pénibles à lire.

  13. @ tous

    Rassurez-vous, le dispositif que j’envisage en parlant de “semi-privé” n’est pas si méchant que ça. :-)) J’ai mis les mains dans le cambouis informatique et fait des tests sur une version hors ligne de mon blog aujourd’hui, ça commence à prendre forme et pour la plupart d’entre vous, ce sera totalement indolore, et même invisible…

    On s’inscrit une seule fois sur le site, librement, sans validation a priori de l’inscription. C’est rapide, juste le temps de relever un mail envoyé automatiquement sur demande par “la machine”. Ensuite on a accès à tout : la rédaction des commentaires, comme la lecture des textes que j’aurai placés dans cette zone “plus discrète”, c’est à dire visible uniquement pour les inscrits.

    Mais si on m’énerve, ce qui n’est pas du tout votre cas à tous aujourd’hui, je coupe simplement le robinet et on n’entend plus parler du mauvais coucheur. Et hop, c’est aussi simple que ça. 😉 L’accès est libre et ouvert à tous, avec juste une petite formalité supplémentaire, mais on peut être “banni” si on est méchant, et c’est moi qui décide. B-) Il faut d’ailleurs que je rédige une charte commune du blog, de manière à ne pas trop livrer la décision de “bannissement” (ou de censure) à mon seul arbitraire. |-)

    Tous les lecteurs qui ne souhaitent pas commenter reste évidemment les bienvenus, mais ils devront s’inscrire eux-aussi pour tout lire.

    Si on ne s’inscrit pas, ou si l’on vient sur le site sans être connecté (la connexion reste valable plusieurs jours, il faut se reconnecter si on n’est pas venu depuis un petit moment), on ne peut pas commenter, mais surtout on ne voit pas les textes réservés aux inscrits. On ne sait même pas qu’ils existent

    Quand on est connecté, les textes restent “twittables” normalement, mais le lien envoyé renverra le lecteur éventuel vers une page d’inscription préalable, s’il n’est pas déjà inscrit et connecté. Comme sur facebook, en fait… :o)

    @ Samuel

    On va tester ma méthode d’organisation, pour voir si elle donne un petit résultat. Techniquement, le dispositif est possible pour la plupart des logiciels de blog.

    @ Fabrice et Jean-Michel

    J’ai le sentiment qu’il y a bien un phénomène propre au développement des réseaux sociaux comme Twitter et Facebook, même si le problème d’organisation des communautés en ligne est vieux comme les forums, bien sûr.

    Une part de lectorat, de plus en plus importante sur ce blog lui-aussi, en provenance de Twitter et Facebook me semble particulièrement volatile. Ce sont des lecteurs qui ne “suivent” pas des blogs, mais suivent les recommandation de leur réseaux. Ils n’ont pas vraiment de lecture suivie, et souvent leurs commentaires en témoignent : il ont lu le billet sur lequel ils débarquent (quoique pas toujours ) mais n’ont aucune idée de ce qu’on a pu écrire sur le même sujet quelques jours auparavant.

    Je soupçonne aussi que certains, surtout en provenance de Facebook, ne voient pas bien la frontière qu’ils franchissent entre l’espace privé de leur propre réseau social (ou le ton est plutôt relâché parce qu’on est entre amis qui se connaissent souvent “dans la vraie vie”), et un espace public mais “virtuel” des blogs, qui appartiennent à une autre sorte de réseau social, au fonctionnement très différent et dont la visibilité n’est pas de même nature…

  14. Personne n’a apprécié ma petite illustration pour ce billet, que je ne suis pourtant pas peu fier d’avoir dénichée ?

    Et personne ne relève son message sous-jacent ? :-)) Laissez donc les blogueurs et les amateurs de blogs enculer les mouches tranquillement, avec cette certaine discrétion qui convient à une telle pratique !:’-))

  15. @ Hubert

    Je compatis à tes déboires avec le lectorat de la plateforme de blogs du monde.fr mais c’est bien toi qui a voulu te jeter dans la gueule du loup. 😛 Tu nous feras, j’espère, un bilan de l’expérience, tu nous diras ce que donne la balance entre quantité et qualité du lectorat et des commentaires, mais je dois t’avouer que pour ma part je n’en attends pas grand chose.

    Je vais seulement moins commenter tes billets qu’avant (mais je les lis autant 😉 ), car je ne lis que très rarement les commentaires sur les plates-formes de médias et je n’y participe quasiment jamais, mais tu es toujours le bienvenu ici. 🙂

  16. @ (Enikao)

    Tu m’as commenté aussi ce billet directement par mail et je t’ai répondu par ce canal. Comme quoi, il y a peut-être un petit problème, non ? 😉

  17. Il s’agit peut-être (c’est ma thèse on va dire) du passage d’un espace privé à un espace public. Ainsi le web ne serait pas en soi un espace public mais pourrait le devenir… ça voudrait dire que je me suis planté depuis un moment et que l’approche quantitative de la justice est pertinente. Je reste quand même dubitatif.
    Pour autant votre solution me fait un peu mal je dois dire. Elle est sans doute instructive aussi. En effet je trouve que l’anonymat n’est pas inintéressant, ou plutôt je préfererais la reconnaissance à l’identification par le couple identifiant/mot-de-passe authentifié par l’entremise d’un mail. Je trouve ça moche (l’esthétisme j’aime bien) et limite aliénant. En fait si il n’y avait pas d’autre alternative à l’exitence je serais déçu, ce serait le signe du défaite indépassable de l’humanité, je ne sais pas. Dans les faits ce n’est pas bien grave, et je m’inscrirai sans aucun doute en l’oubliant avec l’habitude (et puis tout le monde fait ça, c’est même pas original), mais symboliquement je trouve ça très triste.
    Le principale c’est décrire, longuement.

  18. Bonjour
    j’apprécie aussi particulièrement ce blog, ou je lis tout et… reste silencieux. Juste une question, pour etre sur de ne rien rater, les articles invisibles seront il visibles dans le fil RSS?
    bonne soirée

  19. je fais partie aussi de la majorité silencieuse mais intéressée, qui s’est abonnée aux RSS et prend le temps, effectivement, de lire chaque billet. Intéressée pour des raisons professionnelles mais aussi personnelles.
    Je vote pour la solution qui convienne à l’hôte de ces lieux, bien sûr. Une vérification de l’email serait peut-être une solution, histoire de décourager les zozos.
    Bon courage et bonne continuation, nous restons en ligne B-)

  20. Monsieur Jeff Jarvis a l’art de découvrir le fil à couper le beurre, on sait depuis longtemps qu’un imbécile qui sait écrire n’en reste pas moins un imbécile et que lui donner les moyens techniques pour s’exprimer rapidement, hé bien ça propage l’imbécilité. En plus, ça agace.
    Et ça m’amuse de lire que son Web 3.0, “relation et collaboration”, ressemble fort au bon vieux Web des forums et des wikis 🙂

    Au sujet de cet article de Narvic : j’incline à croire d’expérience qu’il n’y a pas vraiment besoin de se replier ni d’élaborer des solutions techniques sophistiquées, il suffit de modérer sans prendre la peine de répondre aux taquins ou aux égarés, c’est une politesse qui vampirise votre temps et les CGU sont assez claires. Le jardinier ne discute pas avec les ronces, il manie le sécateur. Laissez les portes ouvertes en grand, les gens intéressés et intéressants doivent pouvoir entrer sans contrainte, les autres ne feront que gesticuler dans le vide.

    Sinon, modérer à priori le tout premier message d’un nouveau commentateur est une solution facile qui a fait ses preuves aussi bien contre le spam que contre les taquins compulsifs du clavier.

    Quant à l’anonymat, personnellement j’accepte volontiers de donner mon identité au blog, mais pas à tous les passants. Que le blogueur sache qui est tel intervenant sous pseudonyme ou hétéronyme est une forme de garantie pour les autres lecteurs et commentateurs.

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