Comment le web change le monde. L’alchimie des multitudes

{“Comment le web change le monde. L’alchimie des multitudes”}, Francis Pisani et Dominique Piotet, 2008, Pearson, 260p., 22€.

Comment sur le web d’aujourd’hui, animé par la force puissante d’une {“dynamique relationnelle”}, des utilisateurs qui deviennent de véritables {“webacteurs””} se font créateurs de valeur, tout à la fois créateurs de contenu et créateurs d’organisation de l’information en ligne…

Comment de ces regroupements de personnes, de cette accumulation de données, et leur mise en relation, émergent des dimensions et des propriétés nouvelles dont l’expression d'{“alchimie des multitudes”} rend mieux compte que celles de {“sagesse des foules”} ou d'{“intelligence collective”}…

{“L’alchimie des multitudes”} est un livre très clair, limpide même, sur ce qu’est le web aujourd’hui, comment il fonctionne, quels sont ses enjeux, ce qu’il change dans le monde et dans nos vies et ce qu’il pourrait devenir…

Les auteurs portent sur le web un regard ouvert, curieux et bienveillant, en restant attentifs à des problèmes et à des risques, potentiels ou avérés. Le discours est raisonnable et prudent, échappant avec constance autant aux discours apocalyptiques qu’aux discours prophétiques, qui prospèrent par ailleurs. Un livre à mettre donc entre toutes les mains… 😉

Le moment cybernétique. La constitution de la notion d’information

{“Le moment cybernétique. La constitution de la notion d’information”}, Mathieu Triclot, 2008, Champ Vallon, 420p., 29€.

Normalien, agrégé de philosophie, Mathieu Triclot est maître de conférence en philosophie des sciences à l’Université de technologies de Belfort-Montbéliard. Ses recherches portent sur les rapports entre les technologies de l’information et la philosophie (présentation de l’éditeur).

{“Le moment cybernétique”} est un livre difficile mais il propose un voyage intellectuel fascinant au moment précis de l’histoire des sciences et des techniques où s’est forgée cette notion mathématique d'{“information”}, qui allait permettre la naissance des premiers ordinateurs.

Ce n’est pas un livre d’histoire de l’informatique, mais une étude d'{“épistémologie historique”} des concepts scientifiques, qui prend pour objet la tentative de création, dans les années 1940 et 1950, d’une nouvelle science : {“la cybernétique”}. Cette tentative sera un échec, quand bien même les concepts forgés par la cybernétique irriguent aujourd’hui en profondeur les sciences et la pensée contemporaines. Ils ont influencé en profondeur la formation des neuro-sciences et des sciences cognitives d’une part, le développement formidable de l’informatique et le projet singulier de l’Intelligence Artificielle de l’autre.

Le Web 2.0 en perspective


{Le web 2.0 en perspectives. Une analyse socio-économique de l’internet”}, Franck Rebillard, 2007, L’Harmattan, 160p., 15€.

Le petit livre (160 pages), très stimulant, de Franck Rébillard propose une déconstruction méthodique du discours du {“web 2.0}”, formule forgée au milieu des années 2000, qui prophétise une {“révolution interrnet”}, {“qui célèbre l’avènement d’un nouvel âge de l’internet et la promesse d’une véritable transformation de la société.”}

Le chercheur montre qu’est plutôt à l’oeuvre, depuis plusieurs dizaines d’années, une {“convergence”} entre les industries des télécommunications et de l’informatique avec les industries de la culture et des médias, faisant de l’internet {“un dispositif de communication total”}, où coexistent et s’interpénètrent les sphères autrefois séparées privées et public, professionnelle et amateur.

Dans le domaine culturel et informationnel, la nouveauté la plus intéressante pourrait être la modification en profondeur de la {“fonction éditoriale”} qui semble {“en voie d’hybridation”}.

Ce mouvement est bien {une nouveauté}, mais il est progressif. Ce n’est pas une révolution…