Un inquiétant portrait de la génération des déclassés

[rouge]”{Le déclassement”}, Camille Peugny, 2009, Grasset, 170 p., 15,50€.[/rouge]

Le livre de Camille Peugny, tiré de sa thèse de doctorat, se place dans la continuité directe des recherches fondatrices de Louis Chauvel en sociologie des générations.

Là où Louis Chauvel propose une approche générale du phénomène de déclassement social que vivent une part grandissante des enfants des jeunes générations par rapport à celles de leurs parents, en retraçant la dynamique générationnelle à l’oeuvre dans la société française depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, Camille Peugny propose un regard complémentaire, au plus près des individus concernés, les {“déclassés”}, à travers l’étude statistique d’un groupe témoin et l’analyse approfondie des entretiens conduits avec eux par le sociologue.

On touche là au plus près ces parcours, de plus en plus fréquents de nos jours, dans le {“descenceur social”} : qui sont ces déclassés ? d’où viennent-ils ? comment vivent-ils cette situation ? comment l’interprètent-ils, aussi bien au niveau personnel que dans leur regard sur la société ? et enfin, quelles conséquences politiques en tirent-ils ?

Il ressort de cette étude que les parcours individuels de déclassement social sont vécus par les personnes concernées de manière très douloureuse et sont la source d’une profonde {{ {“frustration”} }} sociale et personnelle, d’un sentiment d'{“injustice sociale”} ou d'{“échec personnel”}. Laissant ces déclassés relativement plus sensibles que les autres au discours de l’extrême droite…