La fin des journaux et l’avenir de l’information

[bleu]{“La fin des journaux et l’avenir de l’information}”, Bernard Poulet, 2009, Gallimard, 210p., 15,90€.[/bleu]

[rouge]Ce livre est le meilleur que j’ai lu depuis bien longtemps. Il traite précisément de la même question qui me préoccupe sur ce blog depuis sa création : les journaux, le journalisme et même l’information, ont-ils un avenir à l’heure d’internet ? Au terme d’une enquête, qui aborde la question sous tous les angles, Bernard Poulet arrive à la même conclusion que je tire ici. C’est dire à quel point j’en recommande la lecture, avec peut-être plus d’insistance que je ne l’ai jamais fait jusque là sur ce blog.[/rouge]

Le bilan de l’enquête de Bernard Poulet est clair. La survie de la presse écrite quotidienne est très fortement compromise, si elle n’est pas carrément condamnée. L’avenir des journalistes n’est pas assuré, le journalisme professionnel lui-même peine toujours grandement à se trouver une place en ligne. Peut-être tout simplement parce qu’il n’en a pas… C’est même la possibilité réelle du maintien d’une information de qualité dans nos démocraties qui devient l’enjeu crucial des années qui viennent. Pour des raisons économiques et technologiques, mais pas seulement. Pour des raisons sociologiques aussi, qui sont peut-être plus profondes – et irréversibles – : les gens, et notamment les jeunes, souhaitent-ils toujours s’informer, s’intéressent-ils vraiment à l’information ?

La solution ? Bernard Poulet n’en a pas. Espérant lui-même pécher par excès de pessimisme, le journaliste s’interroge. Passant en revue toutes {“les expériences”} en cours, essentiellement sur internet, mais aussi ailleurs, on sent bien qu’il espère qu’il s’en trouvera une pour réussir, pour dégager l’horizon du journalisme et de l’information, qui est aujourd’hui… totalement bouché.

Les lecteurs réguliers de ce blog auront reconnu là une vision très proche de celle que je propose ici-même depuis les débuts de cette “entreprise novövision”, qui est aussi une sorte d’enquête personnelle “en train de se faire” sur l’avenir du journalisme, et qui parvient aujourd’hui… à la même conclusion (que nous espérons, évidemment, provisoire).