Les classes moyennes à la dérive

Très sombre et inquiétant constat du sociologue Louis Chauvel sur l’état de notre société, où les classes moyennes sont {“à la dérive”} et la jeunesse en perdition.

L’équilibre dynamique qui s’est mis en place durant les trente ans de croissance économique soutenue, Les Trente Glorieuses, entre 1945 et 1975, portant la formidable ascension des classes moyennes, a été rompu par les trente années de croissance molle qui ont suivi, les Trente Piteuses. Cette rupture est porteuse de réelles menaces de {“déstabilisation politique”} du pays.

La France a fait le {“choix sociétal”} de {“conserver les acquis de la génération qui a cueilli les fruits de la croissance, au détriment des intérêts de la suivante”}, c’est à dire, bel et bien, de sacrifier sa jeunesse sur l’autel du maintien à tout prix du niveau de vie de la génération des baby-boomers, celle des soixante-huitards. Ce choix conduit aujourd’hui à une véritable {“fracture générationnelle”} dans la société.

La jeune génération d’aujourd’hui est en cours de déclassement social vis à vis de celle de ses parents et elle se prépare un grand avenir {“dans la pauvreté”}. Elle ne semble réagir pour le moment que par des poussées épisodiques et éphémères de colère ou de violence, sans que ce véritable {“déclin de la jeunesse”} ne la conduise à {“un choix de radicalisation ou de forte mobilisation”}… Pour le moment.