sur le web

Subventions d’Etat à la presse

Bakchich rappelle que “la commission du fonds d’aide à la modernisation de la presse écrite” se réunissait la semaine dernière pour procéder à la grande distribution de 25 millions d’euros d’aides directes de l’Etat à la presse française.

Ce grand saupoudrage s’étend au web, mais de manière bien sélective :

(noir)Le site du Monde a hérité d’un million d’euros, celui de Libération de 400.000 euros. Le Dauphiné, L’Alsace ou encore le Bien Public n’ont pas été oubliés non plus. En revanche, pas un sou pour les sites d’information indépendants, type Bakchich ou Rue89, alors que ces équipes ne bénéficient pas du soutien logistique des médias existants. Trop injuste !

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Mise à jour (jeudi 27 mars, 14 h) : Nicolas Beau, rédacteur en chef de Bakchich, exprime son point de vue également sur le site de Rue89. Rue89 en profite d’ailleurs pour se joindre à Bakchich :

(noir)(note de Rue89: nous partageons l’agacement de Nicolas Beau. La discrimination entre les sites d’information “adossés” à des médias traditionnels et les autres n’a pas lieu d’être. Nous ne sommes pas demandeurs de subventions d’Etat (la presse devrait s’en passer entièrement). Mais l’attribution de telles aides introduit une distorsion de concurrence.)

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Complément : sur le site de la Direction du développement des médias, présentation générale des aides publiques à la presse écrite.

Jusqu’où aider la presse ?: Rapport d’information de Paul LORIDANT fait au nom de la Commission des finances du Sénat (juil. 2004). Evaluation du Fonds d’aide à la modernisation de la presse. Comparaisons internationales et propositions de réforme.

5 Comments

  1. @ouinon

    Il faut surtout, selon la commission, que le site s’appuie sur une publication papier existant en parallèle. Ce qui exclut du partage les “pures players” web comme Rue89, Mediapart… ou Bakchich… Bakchich à raison, à mon avis, de dénoncer une situation inéquitable…

    Il existe un problème du même ordre avec le taux de TVA réduit pour la presse : il est étendu aux sites web liés à des publications papier, mais les “purs web” n’y ont pas accès. Mediapart s’est déjà plaint aussi de cette situation…

  2. Comme je le laissais sous-entendre dans mon précédent commentaire, je ne connais pas les détails des critères d’attribution de cette subvention mais à propos de la différence web/papier, le papier à un lourde contrainte syndicale en terme d’impression et doit subir un monopole pour ce qui concerne la distribution (ce que n’ont pas les journaux régionaux qui distribuent eux-même dans leur région). Ces deux contraintes amputent généralement plus de la moitié de la moitié du CA des quotidiens nationaux français édités en papier, qui sont souvent obligés de réduire leur masse salariale ou de gonfler leur espace de pub (je ne parle même pas de la concurrence des gratuits car j’estime que ce n’en est pas vraiment une : quelqu’un qui lit le Monde quotidiennement ne fera pas entorse à sa fidélité pour se tourner vers Métro, par contre, le site est un gros vecteur de détournement du public par rapport au papier grace à de nouvelles fonctionnalités : temps réel, interaction, multimédia). Au final, les sites web des organes de presse français ont beaucoup plus de lecteurs que les versions papier, à rédaction égale (voire commune).
    Un Bakchich version papier ferait faillite en 2 mois s’ils avaient les mêmes contraintes de budget et l’investissement en correspondants, en envoyés spéciaux et en investigation que les grands quotidiens locaux ou nationaux + les contraintes de production liées au papier. De plus, il faudrait aussi définir la limite entre site de presse et simple site/blog d’actualité tenu par 2 journalistes et 3 stagiaires. Et également évoquer les velléités « d’indépendance » prônées par certains sites vis à vis des mécanismes publicitaires, étatiques et politiques des journaux historiques.

    Considérant tout cela, le fait que les éditions papier de la presse quotidienne soient économiquement plus soutenues que les autres types de presse ne me choque pas. Mais encore une fois, même si je m’intéresse aux problèmes de la presse depuis des années, je ne connais pas les détails de la subvention évoquée dans le billet.

    Enfin, le Figaro n’est pas cité par Bakchich dans l’attribution de la subvention : ce journal aurait-il touché moins que les journaux de gauche ? (simple question, encore une fois, je n’en sais rien)

  3. @ouinon

    J’ai rajouté des informations complémentaires dans le billet : Rue89 pose le problème en terme de concurrence, ce qui est intéressant…

    Je ne trouve pas (encore) la trace de l’ensemble des subventions qui ont été accordées, mais je cherche 😉

    Sinon, il y a un débat parallèle, qui avait été soulevé par la Société des rédacteurs du Monde, vis à vis des relations entre le journal et sa filiale qui édite le site : la SRM demandait si le site payait à sa juste valeur l’utilisation de la marque “Le Monde” et achetait à son juge prix les articles réalisés par les journalistes issus du journal papier…

  4. Mon commentaire faisait plus référence à l’article de Backchich intitulé « Les sites chouchous du gouvernement Fillon », qui dénonçait entre autre le fait que les sites aidés sont ceux qui sont liés à la presse écrite.
    Après, comme ce fut le cas de la crise du Monde en janvier dernier, il y a parfois des histoires de popote interne qui viennent troubler la donne.

    Disons qu’il faudrait créer un fond spécifique pour les sites de presse en ligne qui n’existe pas au delà de la transcription du contenu des éditions imprimées (si j’ai bien suivi le détail des diverses subventions que tu as ajouté en complément).
    Ou mieux : enlever les œillères et se pencher enfin sur les problèmes de production et de diffusion que rencontre depuis des années la presse imprimée (très défavorables par rapport à beaucoup de pays dont les quotidiens se vendent beaucoup mieux, pour un prix moins élevé) et ne plus avoir à subventionner les titres pour les aider à survivre, comme le suggère la note de Rue89.

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