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Revue web : révision de ma politique et refonte de ma plomberie de liens

Quelques nouvelles – pour ceux que ça intéresse – de la cuisine de ce blog et de mes travaux de plomberie de liens…

C’est peu de dire que ma pratique en matière de diffusion de liens sélectionnés au fil de mes lectures sur le web (ma “revue web”) fluctue avec le temps. Aussi bien sur un plan technique que sous un aspect plus politique : quoi diffuser, où et comment ? C’est que, au fond, j’expérimente en ce domaine, au même titre que mon blog est avant tout pour moi un laboratoire.

Les visiteurs de novövision en accès direct, comme ceux qui suivent ce blog par son flux RSS, ont pu constater dernièrement quelques (nouveaux) changements. Ces derniers s’intègrent en réalité dans une refonte plus profonde, aussi bien technique qu’éditoriale, de novövision, sur laquelle je reviendrai prochainement plus en détails, et que je mets en place peu à peu, bloc par bloc, au fur et à mesure de mes tests.

Ceux qui viennent directement ici ont ainsi pu voir de nombreux tests d’habillage graphique différents ces dernières semaines, plus ou moins réussis (je reconnais que le texte gris foncé sur un arrière plan gris clair n’était pas une très bonne idée 😛 ). Je pense que la version en ligne actuellement est à peu près stabilisée, sur le principe que l’on désigne habituellement comme celui d’un “thème magazine”, qui s’éloigne de la présentation au “format blog”. J’y reviendrai.

J’ai mis en ligne également mon annuaire dynamique et interactif de mes (presque) 200 sites et blogs préférés, que je complète au fur et à mesure de vos conseils, de mes oublis et de mes découvertes (quatre nouveaux sites aujourd’hui).

Je m’arrête aujourd’hui sur la révision de ma revue de web et la refonte de ma plomberie de liens. Après s’être beaucoup baladée en ligne, ma revue web revient en effet au bercail, sur ce blog, et se trouve de nouveau publiée sous la forme de billets, archivés et repris dans le flux RSS général de ce blog. Comme au début…

J’ai testé bien des solutions, en allant même, un moment, jusqu’à ouvrir un blog spécialement dédié à cette revue web. La seule véritable constante de l’affaire, c’est que depuis que j’utilise ce service mon compte Delicious reste le pivot de toute ma plomberie (3142 liens, tagués et décrits, y sont stockés à ce jour, depuis le 15 avril 2008). Et mon agrégateur personnel (feedly) en est la source principale (744 sources, classées en 20 catégories, produisant, bon an mal an, entre 500 et 1000 billets par jour – que je ne lis pas tous, bien entendu !).

J’envisage de perfectionner les fonctionnalités de mon annuaire dynamique, qui est en réalité devenu une sorte d’agrégateur personnel en ligne (à la Netvibes), pour le faire évoluer vers une sorte de revue web automatique à partir de sources sélectionnées. Mais je ne renonce pas à la sélection “manuelle” que j’effectue toujours, plus ou moins régulièrement, depuis feedly.

Je vois bien que certains ont une nette tendance à déplacer leur travail de veille de leur agrégateur vers le réseau social Twitter, mais à mon propre usage cette solution ne me satisfait pas du tout. Twitter est un outil de l’instant, sans mémoire. Il m’oblige à me plier moi-même à son rythme frénétique et ne s’adapte nullement au mien. On se déconnecte quelques jours et on perd le fil : on n’est branché que sur ce qui buzze dans l’instant, l’important ou le vraiment intéressant y sont noyés dans un flot de futilité, qui fait un bruit énorme. Il faut consacrer beaucoup de temps et d’attention à Twitter pour en extraire un “jus” qu’il me semble possible d’obtenir avec moins de temps passé et bien plus d’efficacité avec un agrégateur RSS performant et bien paramétré. Mais je reste bien entendu attentif aux développements d’outils tels que Cozop, qui pourraient remédier à certains des défauts de Twitter.

Je n’utilise donc Twitter que pour me brancher en direct, occasionnellement, sur mon réseau social en ligne (pour un événement particulier), et je ne m’y rends qu’en réponse à des alertes qui arrivent directement dans mon agrégateur, et que je ne relève que lorsque j’y suis connecté. En fait, hors des périodes où je l’utilise comme un tchat, Twitter n’est pour moi qu’une sorte de boîte à lettres électronique publique. Je vous avais prévenu, et je m’y tiens :o) : Prédiction 2010 : marre de Twitter, retour au blog.. Quant à Facebook, vous savez aussi ce que j’en pense

Pour détailler le cheminement de ma plomberie, les billets que je repère dans mon agrégateur sont ainsi “bookmarqués” et tagués directement sur Delicious. J’ai tenté de republier directement et automatiquement sur mon blog ces liens Delicious, mais pour des raisons techniques de mise à jour des flux RSS qui m’échappent, ça fonctionne très mal. En passant par un “intermédiaire”, ça fonctionne beaucoup mieux. Donc Friendfeed continue de jouer un rôle dans mon dispositif, celui de plateforme de redistribution de liens (il n’est pas conçu pour ça, à l’origine, mais il le fait très bien, très rapidement et sans panne).

De là, les liens sont rediffusés vers mon compte Twitter (uniquement le titre, sans la description du lien, l’extrait ou le commentaire que j’ajoute à chaque fois). C’est pourquoi je veille à toujours mentionner le nom de la source dans le titre, de manière à ce qu’il ne soit pas “perdu” sur Twitter. Et sur Twitter, ces liens poursuivent leur chemin tous seuls, de propulseur en propulseur… 😉

J’ai testé un temps, quand je dédiais un blog spécial à ma revue web, la “solution” consistant à diffuser sur Twitter des liens renvoyant vers mon blog et non immédiatement vers la source elle-même, de manière à proposer un peu plus d’informations sur un lien avant d’inviter l’internaute à cliquer dessus. J’ai abandonné cette idée, qui ne convient pas aux usagers de Twitter (qui le font savoir… 🙂 ), qui cliquent d’abord et lisent – éventuellement – ensuite. Ils sont comme ça, sur Twitter. 😛

Mais j’ai tout de même gardé cette idée en tête… A mon propre usage, j’estime en effet que l’on gagne en réalité du temps (et on économise son attention en évitant de se disperser) à passer par une “page” intermédiaire entre un lien et sa lecture, qui donne quelques informations supplémentaires avant de cliquer. Pour une saine gestion de ma diète informationnelle personnelle, j’ai appris à faire parfois quelques clics supplémentaires pour éviter beaucoup de clics superflus. Et je ne suis certainement pas le seul… (lire Les novövision d’or 2010 : mes meilleurs moissonneurs de liens) :o)

J’ai testé dans ce but la “solution” consistant à rediffuser sur mon blog les flux de liens issus de Delicious ou de Friendfeed (qui comportent ces mini textes de description de liens et des tags, contrairement à Twitter), mais quelque chose clochait encore dans mon dispositif. J’ai utilisé en effet les widgets pour blog proposés par Friendfeed ou Delicious.

Comme ça :

View my FriendFeed

Cette solution permettait certes aux visiteurs en accès direct sur novövision de consulter les derniers liens postés dans ma revue, mais d’une part ces liens ne sont pas archivés ici, et d’autre part ils ne sont pas repris dans le flux RSS de novövision. Si on veux consulter l’intégralité et si on veut commenter, il faut aller le faire ailleurs qu’ici…

C’est à la lecture de l’article « Les usages sociaux de l’actualité. L’expérience médiatique des publics internautes », de Fabien Granjon et Aurélien Le Foulgoc, dans le dernier numéro de la revue Réseaux, que j’ai pris conscience plus nettement de “mon” problème. C’est qu’il y a plusieurs types de lecteurs sur internet, mais ils peuvent se retrouver sur les mêmes contenus, sur ce blog, par exemple. La question n’est pas tant celle de la nature des contenus qu’on leur offre que celle de l’accès que l’on propose…

Il y a des lecteurs technologiquement très agiles qui vont chercher les contenus qui les intéressent un peu partout sur le net et n’hésitent pas à sauter d’une plateforme à une autre, d’un agrégateur à un blog, avec un détour par Twitter ou Delicious à l’occasion… Pour ceux-là, il suffit de placer un panneau indicateur au bon endroit sur leur chemin, et ils iront tout seuls si ça les intéresse (ils sont mêmes capables de trouver par eux-mêmes si on n’a pas mis le panneau au bon endroit…).

Et il y a d’autres lecteurs, moins agiles, ou disposant de moins de temps, ou disposés à consacrer à internet une part moins importante de leur attention… Ces lecteurs-là sont moins papillonnants, plus concentrés, et ils tentent d’inscrire leur usage d’internet dans des routines, plutôt que dans un “surf”. Ce sont des lecteurs qui limitent le nombre de leurs “point d’accès” avec les contenus sur internet. Plutôt que de développer une pratique d’exploration ou d’agrégation, ils sont à la recherche de quelques “gisements” qui correspondent à ce qu’ils cherchent et qu’il viendront consulter selon leur propre disponibilité et à leur propre rythme.

Je ne suis pas sûr que ces lecteurs-là soient très friands de Delicious, qu’ils accordent plus d’attention que ça aux widgets qui fleurissent sur les blogs. S’ils utilisent un agrégateur, ils doivent plutôt limiter le nombre de sources qu’ils agrègent (ils préfèrent peut-être même les newsletters (s’abonner à celle novövision->http://feedburner.google.com/fb/a/mailverify?uri=novovision&loc=fr_FR)), et je suis même prêt à parier qu’ils ne sont guère intéressés par les réseaux sociaux tels que Twitter ou Friendfeed. Par Facebook peut-être, mais surtout pour entrer en contact avec leurs relations dans la vie réelle.

Je sais bien que novövision compte un certain nombre de lecteurs de ce type (puisque certains d’entre vous me l’on dit, ou écrit 😉 ). J’ai réalisé que les “solutions” que j’utilisais jusqu’à maintenant pour diffuser ma revue de liens n’étaient pas du tout adaptées à votre usage de l’internet. C’est dommage, car si les billets de ce blog vous intéressent, ceux que je pointe dans la revue ont de bonne chances de vous intéresser aussi.

Puisque vous connaissez déjà le chemin de novövision, mais que vous n’avez peut-être pas l’envie de vous disperser trop sur le web, il fallait donc que je vous propose ma revue ici, en intégralité et archivée, que vous y retrouviez tout au moment où vous venez, pour la consulter au rythme qui est le vôtre…

… Sans que ça ne démultiplie pour autant le temps que je consacre à cette entreprise. C’est à dire sans que je sois obligé de fabriquer “à la main” un billet pour ce blog à chaque fois que je poste un lien dans ma plomberie. Et je n’ai pas envie, non plus, de couper pour autant les autres canaux de diffusion que j’ai mis en place pour cette revue, puisqu’elle y a trouvé des lecteurs.

J’ai été longtemps bloqué, dans mes expérimentations avec ce blog, par la pauvreté des fonctions de publication automatisée que proposait son logiciel d’édition (Spip2) (alors qu’elle sont bien plus riches avec WordPress, par exemple). Un petit plugin “miracle” est récemment venu résoudre mon problème.

J’ai donc branché une nouvelle “dérivation de flux” à ma plomberie, qui ramène ma moisson de liens sur novövision et la publie automatiquement dans une nouvelle rubrique ad-hoc, ma revue web.

J’espère que cette revue trouvera de nouveaux lecteurs. Vous pouvez la consulter à votre rythme, en venant tous les jours, toutes les semaines ou tous les mois. Je n’écris pas souvent des billets souvent longs sur ce blog, je poste en revanche de nouveaux liens très souvent (presque tous les jours) et ils sont toujours courts (1000 caractères au maximum).

Vous ne perdrez rien, puisque vous pouvez remonter le fil depuis votre dernier passage. Et ça vous donnera peut-être l’idée ou l’envie d’engager à ce sujet de nouvelles conversations sur novövision…

Comme la mise en ligne de mon annuaire ou la nouvelle page d’accueil de ce blog en témoignent aussi, tout cela s’inscrit dans une refonte plus générale de mon approche de ma “présence” en ligne, de la publication sur internet et de l’interaction que l’on peut nouer avec les lecteurs. Il s’agit, en gros, de trouver des solutions pour toucher simultanément, ou en parallèle, des lecteurs dont les usages sont très différents.

J’étais plutôt dans l’idée jusqu’à maintenant qu’il existait des “utilisateurs avancés” d’internet, explorant de nouvelles approches, créant de nouveaux usages destinés à se répandre peu à peu à l’ensemble des internautes. Je ne vois plus les choses comme ça désormais. Je vous en reparle bientôt. 😉

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Illustration : Link, par Manel (CC).
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