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Regards sur les coulisses de l’info…

Les journalistes et les médias ne montrent pas suffisamment les coulisses de l’information, la manière dont l’information est produite, son “making-of”.

Je ne parle pas des “décryptages”, une formule très à la mode qui se répand et que je n’aime pas, car elle prétend dévoiler un secret, montrer quelque chose qui serait caché, “crypté”.

Non, je parle de montrer simplement comment fonctionne la mécanique des médias : non pas “décrypter”, mais ouvrir le capot et montrer le moteur en marche, montrer justement qu’il n’y a rien à cacher (enfin, il ne devrait pas !), mais probablement beaucoup de choses à expliquer…

Je suis persuadé que c’est une démarche aujourd’hui indispensable pour que les médias retrouvent auprès du public une crédibilité et une confiance très sérieusement ébranlées (cf. Denis Muzet : “La mal info”).

Ces derniers jours, plusieurs exemples, variés et intéressants, me tombent sur l’écran :

journalisme et politique :

-* il y a l’interview de Jean-François Kahn à Marianne, qui énnonce un certain nombre de vérités sur “Ces journalistes complices de la mise au pas des médias”. Je n’en ai retenu ici que l’aspect le plus politique, mais Alain Joannès, sur Journalistiques, développe les aspects plus purement “journalistiques”, précisément.
-* un autre témoignage de journaliste, qui décrit de l’intérieur, mais vu de province cette fois, les relations parfois incestueuses des journalistes avec les politique : Le Chafouin (Pensées d’outre-politique) : « Les ficelles de l’info (4) : médias et pouvoir ».

Dispositifs de réaction “à chaud” :

-* autre regard, mais toujours vu de l’intérieur, Mikiane (Michel Lévy-Provençal) confie ses impressions, après sa “soirée avec Ingrid Bétancourt”, dans les coulisses de la télévision France24.
-* sur Ozap.com, c’est Laurent Drezner, directeur adjoint de la rédaction de LCI, qui raconte la mise en place du dispositif spécial pour la “soirée Bétancourt” de TF1 et LCI.

Des journalistes et du téléviseur plasma…

Ce long billet de l’ancien journaliste Luc Saint-Elie est le plus intéressant : il entre en profondeur dans la fabrique d’une information bien précise, concernant… l’évolution technologique des téléviseurs plasma !, et analyse en détail la manière dont elle a été traitée par les journalistes de la presse spécialisée. C’est très instructif :

(noir)“Ce pilonnage a eu la finesse de taper en plein dans un des domaines ou la presse est peu réactive : L’affirmation courte répétée en boucle.

(noir)Lorsqu’une affirmation est complexe, par réflexe, le journaliste est tenté de la vérifier ne serait-ce que pour être sur de bien la comprendre.

(noir)Lorsqu’elle est brève en revanche, pas besoin de travail spécifique pour la comprendre et si elle est répétée en boucle c’est qu’elle est vraie.

(noir)C’est une méthode très utilisée en politique et qu’on retrouve parfois jusque dans des domaines à priori plus calmes comme les rubriques sur la technologie.”

(/noir)

Bonnes lectures…

3 Comments

  1. “Les journalistes et les médias ne montrent pas suffisamment les coulisses de l’information, la manière dont l’information est produite, son « making-of ».”

    C’est marrant car j’ai lu ce billet hier matin, et hier vers 12:30 je suis tombé sur Europe 1 qui revenait sur la façon dont ils ont traité l’annonce de la libération de Betancourt sur leurs ondes. on était donc en plein dans le “making of” : la dépêche est tombée à 21h16, le mec de permanence qui dinaît pas loin a été appelé sur son portable, a dû laisser son dessert en plan, les mecs du service politique ont dû appeler l’Elysée pour savoir ce qu’il savait… etc.

    Le résultat était une autocélébration totalement horripilante, avec des affirmations du type : “la grande force d’Europe 1, c’est l’enthousiasme des journalistes, qui sont revenus spontanément à la rédaction sans même qu’on le leur demande, certains annulant leurs vacances”, etc.

    Bref je trouvais l’idée du making of intéressante mais totalement gâchée par l’aspect archipromotionnel de son traitement.

    Making of oui, mais si c’est pour donner lieu à l’autocélébration, bof.

  2. @ François

    L’intérêt de la démarche c’est de reconstruire des liens de confiance avec le public. Si c’est de l’autopromo, ça n’a pas d’intérêt, en effet. C’est même contre-productif…

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