sur le web

Pure méchanceté

Je sais. Cémal de se moquer… |-)

Mais quand un bouffon revendiqué (Stéphane Guillon, sur France Inter) se paye un bouffon honteux, je jubile.

Tous les deux sont chroniqueurs à la radio, à la même heure. L’un se dit journaliste et l’autre non. A vous de voir s’ils font vraiment un boulot si différent… Moi, je ne suis pas vraiment si sûr…

Quoiqu’il en soit, moi, ça me fait rire. 😛

– Le billet de Jean-Michel Aphatie, sur son blog, qui a suscité une telle méchanceté de la part de Guillon. :-))

– et la réponse à la réponse, le lendemain, au même endroit.

Que Jean-Michel Aphatie soit chroniqueur, éditorialiste, ou tout ce que l’on voudra, j’admets. Et je lui reconnais même un droit total à sa libre parole. Voyez comme je suis libéral.

Là où ça me gêne un peu, c’est que tout ça n’a pas grand chose à voir avec du journalisme, celui comme on le professe, et que les grandes envolées lyriques, déontologiques et confraternelles de Jean-Michel Aphatie me semblent tomber un peu à plat. Je dis ça…

Un journaliste, me semble-t-il, il est tout de même un peu censé aller chercher de l’info, de la nouvelle, à la source. Il va sur le terrain, quoi… Sinon, c’est du journalisme en pyjama, de la chronique, du simple blogging… et rien d’autre. Exactement ce que je viens de faire ici, à l’instant ! 😛

Comment ça, moi aussi je suis méchant ?! :->

6 Comments

  1. Là, pour le coup, et pour le plaisir d’un bon mot – ni très drôle ni très méchant d’ailleurs – vous êtes dans le confusionnisme le plus total.

    Sans forcément apprécier JMA, on ne peut nier qu’il joue un vrai rôle de journaliste en tant qu’interviewer. Il ne s’agit pas d’une chronique mais d’une véritable pêche à l’info, qu’il pratique sans excès de complaisance.

    S’il y a une pique un peu “méchante” dans votre post, elle s’adresse plutôt aux blogueurs me semble-t-il…

    J’apprécie en général Guillon, mais cette chronique me donne un peu la nausée. Cela ne le gène pas d’utiliser son temps d’antenne sur une radio publique pour régler des comptes personnels ? Et de quelle manière ! J’ai rarement vu aussi mesquin et petit dans l’attaque ad hominem.

  2. JMA est un de ces journalistes qui connaissent les dossiers, et qui ont très bonne mémoire. Ses interviews sont souvent intéressantes. Son principe est de ne pas trop appuyer, il procède par petites touches discrètes, sans insister lourdement. C’est bien et en même temps, comme 95% des gens qui l’écoutent ne sont pas très malins (estimation haute), il est rare qu’il se fasse comprendre.
    Bien qu’il soit moralement appréciable de traiter le public comme s’il pouvait comprendre ce qu’on lui dit, c’est professionnellement médiocre et ça peut engendrer des malentendus.
    J’admets que les petites larmes de JMA sur le métier qui fout’l’camp, l’impolitesse et la pseudo insolence qui ont remplacé le contenu, tout ça est un peu en trop, il peut en parler sans chouigner.

  3. @ Tocquevill et Mowgli

    Sur Guillon : “mesquin et petit dans l’attaque ad hominem”. En effet, c’est d’ailleurs exactement ça ce qui s’appelle “être méchant”. Comme ça, désormais, JMA saura faire la différence.

    Sur Aphatie : Pour ce qui est du “confusionnisme”, j’ai bien peur que ce soit vous qui en fassiez preuve.

    L’éditorialiste, comme genre, ne relève nullement du journalisme pour moi. Du simple commentaire personnel sur l’actualité : c’est exactement la même chose que le commentaire du blogueur. Un journaliste n’a aucune légitimité particulière à ce que son propre commentaire personnel soit traité différemment de celui des autres. Et il devrait le faire à titre personnel et pas en tant que journaliste, c’est un détournement abusif du terme.

    L’analyse politique, c’est autre chose. Ça demande un véritable travail de fond : une large documentation préalable dont on fait une synthèse précise et argumentée au fond. Rien à voir avec ce que propose JMA, qui reste dans la plus totale superficialité de la politique vue par le petit bout de la lorgnette.

    Sur l’interview politique : ce n’est malheureusement pas de l’information non. Il s’agit d’un spectacle, dont chacun des acteurs joue un rôle convenu. Il n’en sort jamais la moindre information, car ce n’est nullement l’objet de l’exercice. Il s’agit d’une mise en scène ou quelqu’un qui se présente comme journaliste joue à faire semblant de poser des questions et l’homme politique fait semblant d’y répondre.

    Là encore, la présence du journaliste est abusive. D’ailleurs, il tend à disparaître, et la formule est de plus en plus souvent réduite à sa pure forme spectaculaire mise en scène, comme on l’a vu durant la dernière campagne présidentielle : l’homme public face… au public (et PPDA jouant au gentil organisateur distribuant la parole).

    Sur le personnage JMA, je n’apprécie pas non plus sa posture moralisatrice permanente : ce n’est pas du tout “poser des questions”, car ces questions sous-entendent déjà une réponse de nature moralisatrice. Ce n’est pas interroger, c’est donner des leçons.

    Je trouve même que cette posture consistant à faire toujours “comme si” il était du côté du public est franchement désagréable, quand on est soi-même une star du système médiatique, dont on profite sans jamais le remettre en cause, puisque c’est justement lui qui vous a placé là.

    Alors non. JMA est peut-être journaliste, mais il ne fait pas du journalisme.

  4. Bonjour

    C’est marrant de voir que nous avons tous des lectures différentes d’un échange.

    Personnellement, je ne suis ni pour ni contre (bien au contraire ajoutait Coluche) JM Apathie. Il me semble effectivement, de mon point de vue, poser de bonnes questions lors de ses interviews.
    Certes, il est un peu “agaçant” comme ceux qui savent, ou croient savoir, parce qu’ils disposent d’informations que nous, le commun des mortes, n’avons pas. Mais il rejoint en cela pas mal d’autres journalistes, Elkabach en tête.

    Ceci dit, le billet de JMA, comme il l’a signalé dans sa réponse, visait plus la direction de France Inter qui engage un Guillon pour faire le méchant… et s’excuse ensuite.

    “Le billet écrit ici hier soulignait l’incongruité des excuses faites par la direction de France Inter à la suite d’une chronique précédente de Stéphane Guillon”

    La chronique de Guillon m’a fait rire, comme vous.
    Elle n’a pas fait avancer fondamentalement le débat (quel débat ?) et je rejoins Tocquevil qui regrette que 5 minutes d’antenne servent à régler des comptes personnels… là où il me semble qu’il n’y a même pas lieu d’être.

    Et puis, la méchanceté de Guillon est toute relative. Comparée à Thierry le Luron qui parodiait “ces gens là” pour critiquer les socialistes, elle est relativement soft au fond.

  5. PErsonnellement, cela ne m’étonne pas… jeune journaliste Belge, je constate que ce genre de joute est assez fréquente dans la presse française, contrairement à ce qui se passe chez nous.

    Les médias français sont spécialistes dans l’art de se taper dessus par médias interposés. Souvent avec une certaine classe, parfois sans…

    Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? Les deux peut-être… J’avoue que personnellement j’aime bien mais je peux comprendre que certains trouve cela déplacé.

    Bien à vous.

  6. Tout ça, c’est de l’entertainment, du divertissement. C’est amusant bien sûr et ça détend mais il y a un effet pervers : celui de détourner les lecteurs des vrais problèmes, de les anesthésier, de désamorcer leur capacité d’intervention.

    On devrait pouvoir parier sur ces combats de coquelets médiatiques, au moins ça servirait à quelque chose 🙂

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