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Pris dans la toile : il faudra faire avec le buzz

“Pris dans la toile”, un documentaire sur les effets du buzz sur internet sur la vie privée des gens, personnages publics, pris en défaut, ou illustres inconnus, devenus célèbres à leur corps défendant.

Un film de Grégory Magne et Stéphane Viard (53mn), diffusé par 13éme Rue, visible sur YouTube et signalé par Emmanuel Parody, sur Ecosphère.

On y entend, notamment, quelques blogueurs comme Nicolas Voisin, Guy Birenbaum et Nicolas Vanbremeersch ( Versac – plus de blog), mais aussi le journaliste politique Alain Duhamel, Alex Türk, le patron de la CNIL (Commission nationale informatique et liberté) et l’avocat de Laure Manaudou.

La conclusion est laissée au philosophe Bernard Stiegler, sur la nécessité d’une éducation à internet (on dit aussi “digital literacy“, voir aussi, sur novövision, l’appel de François-Bernard Huyghe, “Pour une culture des médias”).

Bernard Stiegler :

(noir) Jules Ferry a dit : on va faire en sorte que tous les petits enfants sachent lire, écrire, compter, connaissent l’histoire de France et la géographie, et un minimum de sens des responsabilités. Parce que dans une société industrielle, il faut que les habitants aient un minimum de sens des responsabilités.

(noir) Il a dit : on va sacrifier 20% du budget de l’Etat et on a à investir pour 2 ou 3 générations. Donc il s’est donné le temps. Il faut qu’on fasse la même chose.

(/noir)

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Lire aussi :

Dominique Cardon – Recherche en histoire visuelle : “Pourquoi sommes-nous si impudiques ?”

Paradoxe d’internet : on s’y expose avec impudeur et on redoute en même temps de perdre le contrôle de son image et de ses données personnelles. Les utilisateurs jouent en réalité une sorte de jeu de cache-cache tentant de garder la maîtrise de ce qu’ils cachent et de ce qu’ils dévoilent (synthèse de recherches sur la “privacy” dans le web 2.0).

5 Comments

  1. Oui bah ça, du bon gros vieux journalisme qui tache, avec la voix qui fait peur, et des petites coupures d’interviews qui font le coup de force du cadavre exquis au service d’un propos commercialement alarmiste : il faut capturer le téléspectateur, l’enrouler autour des reins de la nageuse, le scotcher aux lèvres du lapsus présidentiel, le clipser à la chevelure hirsute du rugbyman, à la cravate du cadre nigaud, à défaut de captiver par quoi que ce soit de construit comme pensée…
    La plus belle réussite de la télévision quand elle épouse le rêve de censure de la supposée ménagère, transformée en nain trépident…

    Il y avait un proverbe : l’opiomanie de l’opiomane n’est pas due à l’opium (mais à l’opiomane)
    Est-ce que la technique peut vraiment proposer un filtre actif contre la bêtise, la naïveté, l’inconscience?

    Et au fait, la toile, c’est comme le lien hypertexte, présent dès les marginalia des codex médiévaux, ça existe depuis que l’on a inventé le couloir et l’antichambre, ou bien?

    Merci Narvic de nous faire nous pencher sur les aléas du monde tel qu’il marche, avec le sentiment, comme dans ce film, d’une peur imminente sur la ville.

    <>
    Mais tout ; mais rien! Rien n’est sacré, tout peut se dire, pour reprendre le titre d’un ouvrage fameux.
    Le journalisme *éthique* au service de la bonne réputation du notable, mais ça suffit!

    Et il fallait s’y attendre, c’est à la police de conclure, à qui l’on confie le soin de nous éduquer l’élémentaire notion de la discrétion (à quoi la proposition de Bernard Stiegler sert de caution comme un vœux pieux…

    Un film très discutable, très inquiétant en effet, dans la tendance qu’il décrit, d’une société supportant difficilement la suppression des repères verticaux en son sein, alors même que c’est cette suppression qui en est la base productiviste et le projet industriel.

  2. Le ton est un peu trop anxiogène mais la qualité des intervenants et la variété des cas présentés mérite en effet le coup d’oeil.

    Je reste tout de même circonspect sur certaines expressions à propos des blogueurs : veilleurs du net, châtiment instantanné, filet déployé autour de sa cible, média citoyen, cinquième pouvoir autoproclamé…

    Le reportage aurait gagné à garder une certaine distance : les blogueurs, ça n’existe pas. Il existe des blogueurs, en revanche.

  3. J’ai beaucoup aimé ce documentaire, et pas juste parce que je suis dedans. Evidemment, il y a des travers habituels du genre, mais je trouve qu’il fait un obn tour de la question, et pose de bonnes questions, sans verser das le délire total.

    Evidemment, c’est pas Dominique cardon, hein, mais enfin, c’est un doc télé, et il est parfois drôle, et touche de bons sujets.

    (sinon, c’ets Vanbremeersch, je sais, c’est difficile)

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