chronique de la vie d'un nolife

Prédiction 2010 : marre de Twitter, retour au blog

Allez, entre Noël et Nouvel An, c’est permis. C’est même de saison. Jetons un œil dans ma boule de cristal pour tenter de savoir de quoi demain sera fait. Voici donc ma première prédiction astrocybernétique pour 2010 (pas garanti qu’il y en ait d’autres. On verra bien selon l’inspiration…).

Twitter me lasse (Idem pour Friendfeed et Facebook, et tout ce que l’avenir nous réserve du même acabit…). Le web en temps réel me fatigue. La veille en ligne est épuisante.

Je prédis donc, à mon tour, l’éternel retour vers “l’économie vertueuse de la conversation”… C’est à dire… l’éternel retour au blog !

Au fond, ce n’est même pas une prédiction, mais plutôt une annonce. B-)

J’avais plutôt réussi à me tenir à distance de ce vieux coup markéting du Web 2.0, mais j’ai succombé, dans un premier temps, je l’avoue, au nouveau produit markété issu des mêmes officines : le web en temps réel.

Bullshit ! (Je m’amuse du débat sur Wikipédia pour savoir s’il convient de traduire le terme par “merde de taureau” ou par “merde de bison”. C’est important, le diable se niche dans les détails. :o))

Le web en temps réel, je m’en tape. Je ne viens pas sur internet pour y retrouver France Info, ou pire : LCI, BFM ou iTélé ! (Mention passable, tout de même, à France24 et EuroNews qui ont, au moins, le mérite d’élargir mon horizon hors de l’hexagone et de me proposer de vrais reportages…)].

La veille en ligne ? Pareil ! Partager ses lectures, ça part d’un bon sentiment et ce n’est pas vain. Mais en 140 signes, ça n’a pas de sens.

Le problème est bien là, pour moi en tout cas. Je me sens définitivement trop à l’étroit en 140 signes. Mon format, c’est plutôt 14.000. :-))

J’exagère… Mon problème, c’est plutôt la conversation.

J’en ai fait l’expérience, il n’y a pas de conversation dans les réseaux sociaux. A vrai dire, je me demande bien comment j’en viens à faire aujourd’hui cette redécouverte : avant ça, on disait tchat ou messagerie, on appelait ça MSN-Messenger ou Ichat. J’ai même essayé il y a fort longtemps une antique version vidéo, bien avant Seesmic. Mais à l’époque on ne disait pas que c’était du web en temps réel, parce que tout simplement ça ne se passait pas sur le web… mais c’était pourtant bien du temps réel…

Et c’était déjà du bavardage, bien plus que de la conversation… Étonnant qu’on réinvente ça dix ans plus tard, et que je retombe dans le panneau.

Car entre temps, on avait trouvé quelque chose de bien plus intéressant. Une vraie conversation. Dans les blogs ! Pas seulement dans “un” blog, dans le dialogue entre son tenancier et la petite fraction de ses lecteurs qui ont le temps, le goût, ou l’envie, de se mêler aux commentaires. Mais au-delà d'”un” blog, dans “les” blogs…

C’est ce que j’ai découvert de plus intéressant sur internet ces dernières années, finalement : la blogosphère… Ça, c’est quelque chose de vraiment nouveau et de très excitant. Ça, ça ne ressemble à rien de ce que l’on connaissait dans les “anciens médias”.

Le blog, c’est un média personnel, mais quand il y a plusieurs blogs et qu’ils se répondent, qu’ils se commentent les uns les autres, qu’ils échangent leurs commentateurs et leurs lecteurs, qu’ils forment de véritables galaxies (plutôt que des blogosphères), ça devient… autre chose.

Il y a des effets de réseau là-dedans, des effets de seuil, de percolation, de masse critique… Ça produit des émergences. C’est un système complexe… Et c’est foutrement passionnant.

Bien sûr, je n’ai jamais eu la naïveté de prendre ça pour l’avatar ultime de la démocratie. Je sais bien qu’il y a de l’aristocratie là-dedans. Enfin, c’est une forme particulière d’aristocratie. Je veux plutôt parler de cooptation, d’association… Une République des connecteurs ?

Certes, cette République des blogs est fragile, mais elle n’a pas été tuée, comme le redoutait l’an dernier Nicholas Carr, par l’irruption du commerce et la contamination par les médias “mainstream”.

Les blogueurs sont déjà des journalistes, et ils ne le savaient même pas… C’est la naissance d’un néojournalisme dans les blogs… Et de toute façon… Blogeurs vs journalistes : à la fin les blogueurs gagnent (salut Cédric 😉 )…

Mais peut-être convient-il, tout de même, de se tenir à distance… Protéger le fragile écosystème de la conversation, pour tisser patiemment une République des connecteurs, à l’ombre de la tyrannie du temps réel, des effets destructeurs des médias mainstream et du commerce. Bloguer encore, blogueur toujours, mais bloguer discret, bloguer… en réseaux.

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Mise à Jour : J’ai utilisé à propos de Twitter et des autres services du même genre l’expression de “tyrannie du temps réel”. Elle est empruntée à Paul Virilio. Quelques extraits de cet auteur ici : « La tyrannie du temps réel » et l’« accident intégral ».

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22 Comments

  1. L’un des paradoxes de Twitter, me semble-t-il, est de faire caisse de résonance aux sites institutionnels de l’information : Libé, Le Monde, Le Nouvel Obs, le Figaro, Rue89, …

    Le paradoxe est que l’information s’appauvrit quant à la manière de la traiter et, lorsqu’une information est produite sur Twitter, elle est aujourd’hui reprise par les sites institutionnels qui se l’approprie très largement. Il y a la un paradoxe !

  2. ça me fait plaisir de lire ça 😉

    Surtout sur le temps réel… cette imposture marketing.

    Nos web entrepreneurs sont tous les appellation 2.0 3.0 4.0 cachent un 1.0 indécrottable… faut pas les écouter et construire nos usages avec les outils open source.

    Twitter je l’utilise à dose homéopathique. Pour faire une annonce, poser une question, piquer quelques liens… Le temps c’est moi qui le dicte, c’est mon temps réel à moi, pas celui que m’impose l’extérieur (ce truc à la FranceInfo que devient en effet twitter… et de pire en pire en même temps que les mecs des médias débarquent…). J’ai frôlé le dégoût ces derniers jours en voyant les bruits de chicotte qui circulaient… Même mes contacts ont changé de sujet d’intérêt j’ai l’impression. Beurk.

  3. C’est bien tout le problème du web 2.0 basé sur des flux RSS, Twitter, RT, et que je te relink tout ce qui passe. La circulation circulaire de “l’info”. Et de l’info vachement cruciale, genre le top 2009 des 30 chats les plus rigolos de Youtube…
    J’espère comme toi à un retour en puissance des blogs. Non pas pour leur pseudo influence (qui ne ne tourne en rond que dans la blogosphère comme nom l’indique si bien…) mais pour retrouver comme tu dis des conversations, des échanges et surtout des idées.
    J’avoue que je me fais peu d’illusion, Myspace, puis Facebook et Twitter ont formidablement contribué à cet appauvrissement régulier du contenu global du Web et sont terriblement chronophage ; alors si en plus il faut se (re)mettre à penser, à écrire et lire plus de 140 signes… pff…

    Bonne année 2010 😉

  4. Quand on voit le nombre de personne qui peuvent re-tweeter un article et derrière nous n’avons presque pas de commentaireq c’est bien dommage. Je préfère cette conversation avec les commentaires, on a “un vrai” échange et pas seulement du 140 caratcères

  5. Par manque de temps, par manque de talent tout le monde n’est pas un blogger. Par contre, diffuser un lien, faire passer un conseil, une info,une analyse, une critique en 140 caractères est beaucoup plus immédiat.

    A mon avis, l’avenir réside dans l’extension de la blogosphère via Twitter : L’écriture d’un commentaire en réaction à un post est également une publication. pour un non blogger, voir ses commentaires (toujours pertinents aux yeux de l’auteur) éparpillés sur de multiples conversations de blogs est frustrant.

    Je prédit le plugin (#WP ?) qui permettra de commenter un post via un compte Twitter, (ou Posterous). Le commentaire sera à la fois présent dans la conversation du blog et dans la time line de l’auteur. C’est le meilleur moyen de démocratiser l’aristocratie blogiboulga.

  6. Tiens, c’est marrant, moi aussi j’ai envie de redonner vie à mon blog en ce moment. Mais pourquoi le faire au détriment de Twitter ?

  7. Tout cela traduit plusieurs préoccupations, nous sommes tous chronovictimes mais nous avons besoin d’échanges et de conversations pour ne pas parler dans le désert

  8. Les deux sont complémentaires : Twitter pour l’échange de liens notamment, les blogs pour l’information développée. J’écris sur les deux et je m’informe sur les deux. C’est toujours pareil : il y a d’un côté les outils, de l’autre l’usage que l’on en fait…

  9. Un texte très intéressant! Je comprends tout à fait ton point de vue, je ressent auassi un certain malaise face à l’utilité du web en temps réel (http://encoreungeek.com/le-web-en-temps-r-el-vraiment-si-utile)

    Je dirais aussi que j’apprécie la profondeur de la conversation sur la blogosphère, bien que je sois sensible au web en temps réel aussi pour sa valeur de veille, suffit de bien l’utiliser, ou enfin suffit de créer des services qui sauront exploiter son potentiel, probablemtn insiortant le web en temps réel de son “isolation” et l’insérant dans le vrai web!

    Alexis

  10. Y a pas que toi qui prend des (bonnes?) résolutions pour 2010 : http://bit.ly/6mqJoD 😉

    Sérieusement, le sujet de ton article m’interpelle : je cherche aussi un lieu de réel dialogue sur le web, un outil qui permette de dépasser l’échange pur de liens, de données ou de points de vue.

  11. Je préfère aussi le blogging au tweeting, la conversation au tchat, … mais sans doute faut-il les deux. Mais bravo, les blogs ne sont pas morts comme on l’a cru . Vve les articles de fond.

  12. La force de Twitter n’est pas seulement le temps réel – et ce n’est pas parce que le temps réel en compose l’un des avantages, que Twitter s’y résume tout entier. On voit bien que les termes de flux et de temps réels doivent être interrogés plus avant. Que Twitter n’est pas un outil adapté à tous les usages – alors qu’il voudrait le devenir ;-). La force de Twitter n’est pas tant le temps réel, que d’agréger les réactions individuelles sur l’instant. Ca ne s’adapte pas à tout ! Ca s’adapte mieux aux comportements moutonniers, aux réactions émotionnelles, aux messages courts, au relai qu’à la conversation, etc.

    Mais je suis d’accord avec toi, en favorisant les réactions instinctives (le RT, qui en est la forme primaire), Twitter tue d’une certaine manière la conversation. Les Tweets signalent, plus qu’ils ne rebondissent. Mais n’est-ce pas une impression ? Est-ce que cela n’a pas toujours été un peu le cas ? La conversation n’a-t-elle pas toujours été plus rare que le bavardage ou que la répétition, que le silence appréciatif ?

    Twitter a montré, plus encore que les blogs, la valeur du réseau : le réseau des gens dont on suit les Tweets tient un peu de ce qu’était la liste de blogs -blogroll – qu’on affichait sur les nôtres et qui délimitaient le réseau de nos influences. Reste qu’il est impossible de tout suivre, de tout lire… Alors qu’on peut assumer suivre des flux construits : il est impossible de suivre le tout venant de quelqu’un. Regarder toutes les photos que prennent nos appareils photos numériques est impossible à d’autres que soi-même – les flous, les ratées, les photos prises en rafales constituent un stock sans valeur pour d’autres que soit. Nos réseaux d’amis ne peuvent se nourrir que de sélections. Et beaucoup n’utilisent pas Twitter comme un outil de sélection, comme d’autres utilisent Flickr pour stocker toutes leurs photos, sans ordre ni éditorialisation. Twitter est un flux sans fin, un puits sans fonds, dont les messages s’effacent dans le temps. Ce n’est pas un outil autre qu’un outil d’échange : une messagerie instantanée public.

    Moi qui ne suis pas très fan de Twitter également, j’avoue que cette prédiction me séduirait beaucoup. Mais j’ai bien peur qu’elle ne mesure pas tout ce que les gens apprécient. Peu de gens aiment entrer dans les conversations. Il est plus facile de les relayer, de les faire suivre, comme on fait suivre les bonnes vidéos ou les grosses blagues. Ce n’est pas Twitter qui est en cause d’ailleurs : c’est nous ! Notre fatigue, notre fainéantise, notre facilité. Derrière son interface difficile d’appréhension, il est bien possible que Twitter (ou ses succédanés) soient là pour durer, même si ces pratiques ne sont pas franchement les nôtres (parce que nous maîtrisons d’autres outils, nous avons des besoins plus exigeant, ou que nous prenons part aux conversations…). Nos usages ne sont pas ceux des autres. Et – hélas -, l’inverse non plus.

    J’en ai marre de Twitter également, mais je crains qu’il nous faille encore vivre avec des outils de ce type pour un moment…

  13. @Rubin par manque de temps ! je suis dans ce cas, la veille Twitter m’en prend beaucoup (trop) finalement et j’ai également une furieuse envie de délaisser un peu le petit oiseau et de m’y remettre. Je ne veux pas parler à la place de Narvic, mais j’imagine qu’il s’agit surtout d’attention : ou la placer ? où s’investir ? Il ne s’agit pas de faire sans l’un ou l’autre (puisque twitter permet d’être présent, via tweetburner par exemple, sans être attentif). Et je rejoins Hubert, c’est la facilité (couplée au manque de temps) qui nous fait préférer le tweet au billet fouillé, argumenté. Vive le slow blogging, donc, ce blogging “sorti du flux” qui peut à la fois satisfaire notre fainéantise et notre besoin de décrypter, de fouiller. Pour moi ce sera les mêmes bonnes résolutions que Narvic 😉

  14. J’aime bien ce texte, et les écrits de narvic, en général bien torchés.
    Mais je crois que notre utilisation de twitter est un peu trop “jeune” que pour être aussi affirmatif.

    Il y a clairement un seuil au delà duquel il n’est plus possible de suivre en permanence sa timeline. Il y a cependant des outils qui permettent d’apprivoiser la bête, de la rendre plus “sage”.
    Les listes, pour commencer, permettent de sérier les personnes suivies selon nos critères personnels. Ca facilite la remontée d’infos pertinentes à nos yeux, utiles à nos écrits …
    Depuis peu, il y a possibilité de monitorer nos listes, avec par exemple listimonkey.com
    Ne remonterons alors plus que les termes, sujets évoqués par une liste en question.
    D’où gain de temps, de pertinence (bis).

    Sans oublier un avantage indéniable de twitter: c’est une solution mobile d’une part, et “universelle”. Nous restons donc joignable partout (ou presque), tout le temps (ou presque). Tout comme nous pouvons entrer en contact beaucoup plus direct avec nos interlocuteurs.

    A suivre…en 2010 et au-delà…

  15. Comme le disent plusieurs d’entre vous dans les commentaires, c’est bien pour moi une question de gestion du temps et de l’attention.

    Twitter (et les autres du même genre) ne me semblent à l’usage (depuis fin 2006 pour Twitter, en ce qui me concerne) pas très “rentables”. Ça demande beaucoup de temps et d’attention pour un bénéfice en information/découverte/échange & partage/et même relations sociales, assez pauvre par rapport au monde des blogs.

    Twitter tourne très vite en rond et une très large part des messages ne sont que du recyclage à l’infini d’une “matière première” originale finalement plutôt réduite. Et encore, je me suis toujours efforcé pour ma part d'”injecter” des liens dans Twitter venant de mes propres lectures et tirées de mon agrégateur de flux RSS, en ne pratiquant que très peu le re-tiwitting/recyclage.

    Pas très étonnant, au fond, que Twitter plaise tant à des journalistes qui ne tiennent pas de blog (vous aviez remarqué ? P-) ). Je ne suis pas si sûr que les deux usages (blog et Twitter) soient si complémentaires (au delà de la seule annonce de la parution d’un nouveau billet de blog, ce qui se fait ici de manière automatique d’ailleurs, sans que j’aie besoin d’aller sur Twitter).

    Il y a sur internet, mais pas seulement (radio-télé en temps direct et même avec le téléphone) une tyrannie de la connexion permanente à laquelle je souhaite échapper. Elle me semble nuisible à la concentration, à la réflexion comme à la communication, et résume l’échange pour une très large part à sa seule fonction phatique.

    Mais ce n’est pas gênant, ou embêtant, que ce web de la connexion permanente se développe, de même que le web commercial ou marchand, du moment que cet autre espace différent qu’est celui des blogs de conversation continue de vivre gentiment dans son coin…

    C’est pour ça que je parle de “bloguer discret” ou “en réseau” : laisser déferler la vague du temps réel, des médias et du commerce, et continuer d’animer des îlots fonctionnant selon une autre logique, et les réunir en archipels, par un lent tissage de liens, plus denses et durables que ceux du “web en temps réel”…

  16. La parole s’envole les écrits restent

    Twitter gazouille, les blogs se solidifient avec le temps.

    Ce n’est pas comparable ! 🙂

    Que reste-t-il de twitter au bout de six mois d’échanges ?
    B. Majour

  17. Bonne réflexion.

    C’est vrai que twitter devient très rapidemment chronophage alors que le même temps passé sur son agrégateur de flux rss est beaucoup plus efficace en terme de quantité/qualité de lecture.

    Après, comme le dis Alexis, tout n’est pas à jeter avec l’eau du bain dans twitter. Le partage de liens de veille reste tout de même un atout essentiel… Si on arrive effectivement à se détacher du temps-réel parfois tant captivant. Pour ma part, j’y arrive un peu mieux ces derniers temps, notamment grâce à des outils comme cozop 🙂

    PS : ma prédiction: retour à FriendFeed :o)

  18. N’est-ce pas un sentiment que l’on ressent lorsqu’on tient un blog ? Pour ma part, n’en ayant pas, ni suffisamment de chose à dire pour en avoir un, un service de microblogging tel que Twitter me convient parfaitement. En ce sens, je partage l’avis de hugh_h.

    @Didier Misson : cela se pratique à grande échelle le RT sans lire ? Ou c’est une pratique marginale ?

    PS : si vous aimez les images de galaxies, la Nasa propose tous les jours une image ou une photo de notre univers, souvent des galaxies. ^^
    Astronomy Picture Of the Day : http://antwrp.gsfc.nasa.gov/apod/astropix.html

  19. J’ai déja vu ce genre don fonctionnalités sur plusieurs sites qui rajoutent les “retweet” d’une page a la liste des commentaires. Un peu à la manière des trackback.

    —-
    Bilal

    Pilote imprimante

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