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Pour des états généraux de l’information

2007 ayant été une année électorale, plutôt favorable à la diffusion des quotidiens papier, ce sont les années 2006 et 2008 qu’il faut comparer pour appréhender l’état actuel de presse. Comme on s’y attendait, les chiffres OJD (Office de justification de la diffusion) donnés par Anne-Laure Puyfaucher, sur électron Libre, sont mauvais. Historiquement mauvais…

(noir)“En cette fin de deuxième trimestre 2008, les trois grands quotidiens nationaux que sont Libération, Le Monde et Le Figaro sont tous dans une situation périlleuse. Et une fois de plus, c’est la diffusion en kiosques qui souffre le plus de la désaffection du lectorat.

(noir)Les chiffres sont pour le moins parlants si l’on en croît l’OJD. Les ventes individuelles au numéro de Libération atteignaient les 77 031 exemplaires par jour en avril 2006*. Elles ont été de 73 107 en avril 2008 (-5 %). Le Figaro enregistre une baisse de 19,21 % (151 021 en avril 2006 contre 121 997 en avril 2008) et Le Monde qui vendait 134 182 exemplaires par jour dans les kiosques en avril 2006, n’en vend plus que 118 454 en avril 2008 (-11,7%). Plus inquiétant, d’autres chiffres circulent entre mains des patrons de la presse qui montrent un total de 301 000 exemplaires vendus en moyenne par jour pour le mois d’avril dernier. Un record à la baisse historique pour la presse quotidienne nationale qui n’en finit pas de voir son lectorat se réduire comme peau de chagrin.”

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Les journaux se cramponnent au mât pendant la tempête, et axent leur stratégie sur un marketing de terrain, la fidélisation des abonnés ou des “nouvelles formules”… Un activisme un peu désespéré, qui ne parvient nullement à freiner l’hémorragie, encore moins à regagner le terrain perdu.

Une approche strictement industrielle

C’est dans ce contexte que se préparent les états généraux de la presse, convoqués par le président de la République à l’automne.

Le directeur général du Parisien/Aujourd’hui en France, Jean Hornain, confirme aujourd’hui dans une conférence de presse, l’intention des patrons de presse de concentrer ces débats sur la question de la distribution, du portage et des “coûts de production”.

Curieusement, on entend toujours pas prononcer des mots tes que qualité de l’offre éditoriale, adéquation de l’offre éditoriale à la demande des lecteurs… On entend encore moins parler de déontologie, de crédibilité de la presse, de progression du marketing éditorial. Et surtout, bien sûr, on entend toujours pas le mot INTERNET ! Toujours pas question de développement d’une offre multimédia, et de la réorganisation professionnelle qu’elle demande…

Ces états généraux de la presse sont-ils destinés à seulement colmater la vieille industrie du papier, qui prend eau de toute parts ? Ou bien s’agit-il de lui permettre de s’adapter à la nouvelle donne ? Pour l’instant, rien n’incite vraiment à l’optimisme sur le sujet…

Ce ne sont pas d’états généraux de la presse, dont le secteur a besoin, ce sont d’états généraux de l’information.