la cuisine

Peut-on choisir les lecteurs de son blog ?

Fred Cavazza demande à quitter le classement Wikio des blogs, dont il était l’une des stars, le jour même où j’y fais mon entrée. D’ailleurs, il m’a quasiment laissé sa place ! (merci à lui) Les arguments qu’il apporte à l’appui de sa décision me donnent à réfléchir : ce n’est finalement peut-être pas une si bonne chose qui vient de tomber sur ce blog…

Revenant sur la (brève) histoire de novövision, ce blog expérimental que j’ai conçu comme un laboratoire de journalisme, et sur la manière dont s’est formée progressivement son lectorat plutôt fidèle et consistant, j’en viens à me demander si le surcroît d’audience apporté aussi bien par les moteurs de recherche, que par les classements automatisés et les agrégateurs en ligne, présente le moindre intérêt pour un projet tel que le mien… Cette audience-là n’est-elle pas en fin de compte carrément pourrie ?

Attendons et observons… Mais si le résultat est le même que pour Fred Cavazza, alors : “non merci !” Je vous tiens au courant ici-même de cette nouvelle expérience en ligne…A la surprise générale, et l’incompréhension de quelques uns, Fred Cavazza décide de quitter la classement Wikio des blogs, où il était l’un des mieux classés (il est également très bien placé dans le classement novövision des 23 meilleurs blogs, mais n’a pas demandé à en sortir). Sa décision me fait réfléchir, autant par l’intérêt de l’argumentation sur laquelle il l’appuie, que par un concours de circonstances étonnant, qui m’invite à une petite introspection sur ce blog, une sorte de bilan d’étape qui s’impose de lui-même…

Fred Cavazza sort en effet du classement Wikio, le jour où j’y fais mon entrée, et ça s’est joué tellement d’un cheveu que je dois quasiment ma place à son retrait. novövision est classé 99e sur 100, dans la catégorie des blogs High-Tech, où figurait Fred Cavazza. S’il était resté, je serais classé 100e. Je sauvais quand même ma place, mais j’entrais vraiment par la petite porte… Donc merci Fred de cette très sage décision qui évite à mon ego d’être un peu froissé dans sa consécration. (Je m’en tiens scrupuleusement dans ma démarche au conseil d’Eric, dans Crise dans les médias (“Pourquoi il ne faut pas parler du classement wikio tous les mois”) : “Tout simplement parce qu’il ne faut en parler que lorsque vous progressez!) 🙂

Le concours de circonstance, c’est que ça se produit le jour-même où ce blog bat son record historique de fréquentation depuis sa création et que je publie mon 300e billet. Tout ça à quelques jours du ravalement de façade qui faisait entrer novövision dans sa période bleue et m’incitait à me pencher sur l’ensemble des billets publiés depuis le début, pour en sortir une sorte de best-of personnel. Tout ça fait bien des raisons de réfléchir…

La décision de Fred Cavazza m’interroge : est-ce que je fais une bonne affaire en entrant dans un truc dont lui n’avait que l’envie de sortir ? Il va peut-être falloir que j’examine ses arguments avec attention… Ce qui me pousse à revoir les raisons pour lesquelles j’ai créé ce blog, examiner où j’en suis aujourd’hui de ce projet, et voir à quoi il va tourner demain…

Fred Cavazza avance plusieurs arguments justifiant sa décision :

“L’audience de Wikio n’est pas celle que je souhaite atteindre. Sans mépris aucun, elle n’est simplement pas dans ma cible.” Son blog est à thématique très spécialisée et à vocation professionnelle. Il est destiné à lui assurer une visibilité et des contacts auprès d’un public ciblé. Or Wikio lui apporte “une audience de non-initiés” qui constituent une forme de “pollution”.

– Il n’est donc pas “dans une logique d’éditeur”, contrairement à des “blogueurs professionnels”, dont l’objectif est “la recherche du plus gros trafic”, car “plus de trafic = plus de revenus”. Il recherche quant à lui “la fidélisation” de son lectorat qui “ne peut fonctionner qu’au travers de contacts réguliers (via le flux RSS et la newsletter)”.

– Figurer dans ce classement Wikio entraîne pour lui un “flot incessant de sollicitations” diverses, sans rapport avec son activité (” je ne suis ni un mécène ni un prof de fac”). Bref, “être dans ce classement m’apporte plus de désagrément que d’avantages”. Une autre forme de pollution.

– Fred Cavazza se démarque aussi du principe même de classement, avec des classifications thématiques réductrices, et qui conduit à “placer les blogueurs dans un contexte de compétition”, ce qui n’a pour lui aucun “sens”, puisqu’il y a “de la place pour tout le monde”.

De multiples problématiques s’entrecroisent dans l’argumentation développée par Fred Cavazza : qualité de l’audience contre quantité, volatilité contre fidélisation, monétisation directe ou indirecte du blog, nature du trafic généré par les moteurs de recherche et agrégateurs, conséquences de la compétition pour l’audience…

Mais la question principale que soulève sa démarche consiste à demander si on peut choisir les lecteurs de son blog ?

Je ne me suis pas vraiment posé cette question en ouvrant celui-ci, mais j’avoue qu’elle avait fini par me venir à l’esprit moi-aussi…

Mon blog est un laboratoire de journalisme

J’ai mis ce blog en ligne le 25 novembre 2006, mais il a connu des débuts très erratiques, avec de brèves périodes d’activités très expérimentales, suivies de longs silences, jusqu’à ce que je lui trouve enfin une formule de croisière en février dernier.

Ces expérimentations sont toujours en ligne, pour mémoire, elle sont rangées au grenier. Il reste de ce projet originel que novövision est avant tout pour moi un laboratoire. Ce blog me sert d’outil pour aborder la blogosphère de manière active de l’intérieur, ni en voyeur, ni en observateur distancié, ce qui me semble plus approprié à l’étude du sujet.

Je suis persuadé que le blog est réellement un média d’avenir, destiné à prendre toute sa place dans l’espace médiatique de l’information. C’est pourquoi j’estime qu’il n’est plus concevable aujourd’hui qu’un journaliste ne tienne pas un blog personnel.

Les journalistes ont en effet beaucoup de choses à apprendre des blogs… Mes expérimentations portent sur plusieurs points :

“l’écriture du blog” : j’ai une longue expérience d’écriture dans la presse, et je me suis essayé à de nombreux “genres journalistiques” (la brève, l’échos, le reportage, l’enquête, le portrait, la chronique, la critique…), mais le blog incite à une forme d’écriture différente et nouvelle pour moi. Le rapport au lecteur est beaucoup plus direct et personnel, il n’y a pas l’écran matériel, spatial et temporel que forme le journal. Il n’y a pas d’écran du tout. Le lecteur est juste à côté, il entre sans frapper et vous dit sans détour ce qu’il a sur le coeur.

L’écriture hypertextuelle est une grande nouveauté pour moi également : on limite les citations, on ne fait moins d’incise, de digression ou d’encadré : on met un lien. On accepte et on s’adapte à une lecture différente : le lecteur est un surfeur, il est arrivé et il repartira : on essaye de penser à aménager son arrivée et à préparer sa sortie. On pense au référencement aussi, ce qui est une vraie révolution culturelle pour un journaliste (lire Philippe Couve (Samsa News) : “Ecrire pour Google, est-ce se prostituer ?”).

le rapport à l’audience : le fonctionnement de l’audience en ligne est radicalement différent de ce qu’il est avec la presse. Je suis loin d’ignorer ce qu’est d’être lu par une audience massive (des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes le même jour), sur des sujets brûlant, entraînant des réactions épidermiques et violentes (j’ai fait “la Une” durant des années avec les faits-divers…), mais on ne se connecte pas du tout sur un blog comme on va chez son marchand de journaux : l’audience ne réagit pas du tout de la même manière.

On dispose d’outils pour l’appréhender quasiment en direct, de l’intérieur (statistiques de “back office”) ou de l’extérieur (classements, référencement, etc.), ce qui est aussi une véritable révolution pour les journalistes.

Voilà pourquoi il me parait indispensable aujourd’hui, pour un journaliste, d’expérimenter cette audience nouvelle et ses mécanismes : le buzz, la recommandation, le référencement, l’interactivité, etc.

Mon blog est au centre de mon réseau

Le second objectif de ce blog était de l’utiliser aussi pour tenter de forger de toutes pièces un réseau en ligne, qui soit en marge de mon univers professionnel, avec lequel je suis parvenu à maintenir jusqu’à maintenant une barrière étanche (ce qui explique mon choix d’un pseudonyme).

C’est un autre aspect de l’expérimentation que je mène sur internet avec ce blog : appréhender le caractère social du réseau, la nature, la qualité, la profondeur, le nombre et la durée aussi, des relations que l’on peut y tisser, comment le faire, et comment entretenir ce réseau par la suite. Uniquement et purement en ligne (ou presque).

Je n’exclue pas, depuis le début d’ailleurs, que ce réseau puisse avoir un jour une utilité et une exploitation professionnelle, mais ce n’est pas le seul objectif. Et je finirai bien un jour par montrer ma tête et rencontrer mes interlocuteurs dans la vraie vie.

Mon blog est une tribune

Il me sert à réfléchir à haute voix et mettre en forme ma pensée : trouver la bonne expression, celle qui sera reçue et entendue. Celle qui mènera à un échange, car je serais parvenu à me faire comprendre et que nous pourrons partager nos points de vue. Cette expression comme un “work in progress” et en interaction avec son interlocuteur est aussi une grande nouveauté pour un journaliste, qui a appris à livrer un produit fini, et n’obtient de retour que lorsqu’il est trop tard pour modifier un mot.

Il y a aussi un petit côté “évangélisateur” dans ma volonté d’ouvrir ma propre tribune. Des années de questionnement sur le journalisme et les journalistes et ce que changent pour eux les nouvelles technologies (l’informatisation d’abord, internet aujourd’hui) m’ont permis de constater les profondes difficultés de cette profession à s’adapter, et même au fond à comprendre ce qui se passait. J’en ai tiré quelques idées : ce sont celles que je défends sur ce blog aujourd’hui et celui-ci m’a permis de rencontrer quelques personnes qui les partagent et quelques autres auxquels elles ouvrent de nouveaux horizons.

Quel retour d’expérience ?

Avec de tels objectifs, quel est le bilan (d’étape) aujourd’hui ?

La principale découverte que j’ai tirée de ce blog, et elle n’est pas la moins étonnante et déroutante pour moi, c’est que tenir un blog est quelque chose qui demande un investissement personnel, presque intime, bien plus important que je ne le croyais. Se faire maltraiter dans un commentaire touche bien plus profondément que de recevoir une lettre anonyme à la rédaction. Malgré l’anonymat et le caractère virtuel de l’échange, il est bien plus intime en réalité.

Certains s’exposent beaucoup plus que moi (vous ne verrez pas “ma bite sur mon blog”), comme Laurent Gloaguen, qui en ressent d’ailleurs aujourd’hui, finalement, une sorte de perte de liberté à mesure que l’audience de son blog s’est étoffée (une expérience que j’ajoute dans ma besace à la démarche de Fred Cavazza…).

Et beaucoup d’autres le font peut-être moins que moi, en exposant moins que je ne le fais une réflexion inachevée, incertaine, en gestation, ce qui entraîne tout de même facilement des approximations, des erreurs et des stupidités, qu’on regrette par la suite… D’autres aussi préfèrent se cantonner à des sujets qu’ils maîtrisent, quand je vagabonde en abordant des domaines que je découvre, ce qui est aussi risqué.

Cette exposition intime, dans un rapport direct avec les lecteurs, qui caractérise le blog est aussi, en tout cas, un nouveauté pour les journalistes.

Capitaliser l’effet réseau, pour une audience fidélisée

Si je reprends “l’historique” de ces cinq mois de blogage réel et continu qui me mènent où j’en suis, je remarque :

un effet réseau s’est bel et bien formé, dans lequel novövision a trouvé une place. Le classement Wikio, mesurant surtout les liens entre les blogs, en est aujourd’hui une illustration, mais sûrement pas la plus intéressante.

La manière dont s’est formée l’audience de ce blog est, sous cet aspect, et tout en pensant aux remarques de Fred Cavazza, plutôt rassurante sur sa pérennité et sa qualité.

Ce blog a parfois connu des phénomènes de buzz, spontané, incontrôlable, inexplicable, et quelque part… effrayant, mais heureusement passagers. Aussi des polémiques, désagréables, sur de mauvais procès menés par des gens discourtois, ramenant vers ce blog des nuées de lecteurs-voyeurs sans grand intérêt, que je n’ai jamais revus pour la plupart.

Je me suis aussi parfois plongé moi-même dans le buzz, en assumant ma part de polémique, dans une expérience, cette-fois bien plus enrichissante.

Mais l’essentiel de l’audience de novövision s’est construite petit à petit, par effet de réseau, par “capitalisation” et “consolidation” d’une audience de recommandations : liens depuis des blogs et des forums, échanges de commentaires, tout cela permis par le maintien d’une ligne éditoriale cohérente, basée sur la thématique et le contenu, qui a intéressé des lecteurs et les a fidélisés. Et c’est l’occasion de vous remercier aujourd’hui de cette fidélité 🙂

Mon record d’audience d’hier est sur ce point exemplaire. Le précédent remontait à la mi-février et m’avait pris de court (celui que j’évoquais ci dessus): un “coup”, comme ça, sur un seul billet, sans que je l’ai vu venir, ni vraiment compris pourquoi…

Hier, c’était très différent : simultanément Versac, Authueil et André Gunthert ont placé un liens dans un billet sur leur blog pointant vers trois billets différents de novövision, se situant au point de recouvrement des préoccupations communes que je peux avoir avec chacun de ces blogueurs respectivement (et je saisis aussi cette occasion pour les remercier). Ce record d’audience-là, ce n’était pas du buzz.

L’audience pourrie apportée par Google

l’effet Google et son audience déqualifiée : ce blog a longtemps souffert d’un gros problème de référencement dans les moteurs de recherche. Il s’est aujourd’hui bien amélioré, mais pas forcément pour la bonne tenue de mon lectorat. Tellement ces outils de recherche manque de pertinence et d’efficacité…

Le problème de référencement était surtout technique, lié au moteur qui “propulse” ce blog (SPIP) et à la forme des URL qu’il générait (ce qui est écrit là-haut, actuellement, au sujet de ce billet que vous lisez, dans la barre d’adresse de votre navigateur). J’ai compris, en mettant les mains dans le cambouis informatique (chose nouvelle pour un journaliste, plutôt habitué à un métier propre), comment améliorer les choses, et ça a très bien fonctionné. L’adresse de chacun de mes billets à une forme qui plaît beaucoup plus à Google désormais, et il me le fait savoir en m’envoyant chaque jour de plus en plus de lecteurs. Je me demande pourtant si je dois lui dire merci…

Google me renvoie beaucoup de lecteurs sur des requêtes absurdes, qui font certes mes délices, mais ne font guère avancer mon affaire. Plus grave, il renvoie sur novövision bien des lecteurs égarés, et c’est Google lui-même qui les a égarés, et ils échouent ici sans savoir ni comment ni pourquoi.

Je suis effaré du nombre de fausses routes sur lesquels Google entraîne ses utilisateurs, ce qui me fait douter profondément de la pertinence des réponses qu’il leur donne et de l’utilité qu’elles ont pour eux. Je ne reprends pas les exemples que j’avais pointé dans le billet cité ci-dessus, mais je m’interroge sérieusement sur la qualité réelle de l’audience générée par Google pour un blog tel que le mien.

Il y a d’abord le “taux de clics” effectué par les internautes sur les pages de réponse de Google : combien d’entre eux mènent réellement l’internaute vers une réponse satisfaisante à sa question ? Un sur dix ? Peut-être moins… Faut-il donc diviser par dix le poids de Google dans mes statistiques de fréquentation, pour mesurer la réalité de l’audience qu’il m’apporte ?

On peut s’interroger aussi sur le “taux de transformation” de l’audience générée par Google en lectorat fidèle et régulier, sur sa capacité à faire découvrir des sources auxquelles ont reviendra car on les a jugées pertinentes par rapport à sa recherche et ses centres d’intérêt…

J’ai plutôt le sentiment que Google ne génère que de l’audience “fusil à un coup”, qui ne se capitalise guère, et que tout est à recommencer tous les jours avec lui. Quel est le sens pour un blog d’une capitalisation d’audience purement ponctuelle ? La question est très différente pour un site dont la structure est de n’être finalement rien d’autre qu’une base de donnée : là le moteur à un sens et une utilité. Mais pour une publication, comme un blog, mais aussi pour un site de presse, cette audience n’a pas de sens…

Et il y a de quoi s’interroger très fortement sur la réalité de l’audience affichée par des sites bien référencés comme ceux des grands journaux, quand on voit que 80% de leur audience vient de Google et que l’on se rend compte que c’est une audience pourrie !

L’effet pervers des classements et des digg-like

Je suis encore assez peu touché par ce phénomène (ma gloire est tout de même récente chez Wikio, et ne remonte qu’à quelques heures |-) ), mais je retiens la leçon de Fred Cavazza… Cela dit j’en vois déjà aujourd’hui l’émergence dans les statistiques de ce blog avec l’arrivée de quelques lecteurs nouveaux, directement depuis la page du classement de Wikio !

Je vais observer ça de près à l’avenir, et je n’exclue pas, à mon tour, de demander mon retrait de ce classement, si je constate, à la suite de Fred Cavazza, que l’audience apportée n’a finalement pas le moindre intérêt pour un blog dont la stratégie est basée sur son contenu.

On touche là un point sensible de la question de l’audience : si seule la quantité d’audience est prise en compte pour estimer la valeur d’un site de publication (un blog comme un site de presse, la problématique est exactement la même), tout pousse à tirer les contenus vers le bas !

On voit bien que l’audience de masse, c’est à dire l’audience agrégée, est réactive dans l’instant à l’information brève, délivrée rapidement, en continu, portant sur la surface des choses, le purement factuel, voire le totalement anecdotique (cf. Denis Muzet : “La mal info”). Elle est extrêmement moutonnière et sensible aux effets de buzz.

Les outils d’agrégation en ligne, comme les moteurs de recherche de blogs ou d’actualité et autres digg-like ne font qu’accentuer, voire potentialiser, ce phénomène. En apportant une audience, certes parfois massive, mais finalement sans intérêt. Le principe même de leur fonctionnement est la mesure ponctuelle de popularité : l’audience qu’ils sont en mesure d’apporter ne peut être que volatile et déqualifiée. C’est dire sans intérêt, et, si j’étais publicitaire, je m’interpellerais fortement moi-même sur ce point…

Cette audience-là est finalement très pourrie elle-aussi. Mi naïve, mi-voyeuse, et mi tout ce qu’on veut, c’est une volée de moineaux qui vole en tous sens sans se poser jamais nulle part.

Alors si, en plus, comme me prévient Fred Cavazza, ce référencement dans le classement Wikio me fait crouler sous sous les sollicitations de publicitaires véreux et d’étudiants boutonneux, alors “Non merci !” Je me sens finalement très bien avec l’audience que j’ai, c’est à dire vous, mes gentils lecteurs qui lisez jusqu’au bout mes billets interminables. Merci encore, et à bientôt. 🙂

11 Comments

  1. Merci pour cette longue analyse forte interessante.
    Je ne sais pas si ta plateforme de blog te le permet mais en utilisant wordpress il est possible de cacher son blog des moteurs de recherche. Si tu veux eviter le trafic “pourri” venant de google. Cela dit ce trafic venant de google est variablement pourri en fonction de la thematique des blogs. Ceux qui traitent par exemple de logiciels ou de programmation ou partage un savoir technique on plus de chance de convertir leur trafic en provenance de Google.

  2. «si seule la quantité d’audience est prise en compte pour estimer la valeur d’un site de publication (un blog comme un site de presse, la problématique est exactement la même), tout pousse à tirer les contenus vers le bas»

    C’est malheureusement le cercle vicieux auquel sont confrontés la plupart des sites de presse en ligne.

    Cer derniers vivent sur un modèle à la page vue : à chaque impression de page, ils servent une pub. Dans ce modèle, l’audience, même peu qualifiée, rapporte. Pour rapporter assez pour faire vivre une équipe de journalistes, de techniciens, de commerciaux… il faut du volume. Et le volume aujourd’hui sur internet, ça passe par google.

    Les sites de presse sont obligés d’aimer google (60 à 70% de leur traffic), même si le traffic rapporté par celui-ci n’est pas ou peu qualifié. De fait, je ne connais pas un seul site de presse en ligne qui n’ait fait un gros travail de SEO ces 3 dernières années.

    Malgé tout, je suis convaincu qu’on peut faire du volume ET de la qualité. Certains sites tels que rue89 l’ont prouvé. Par contre, la qualité, ça paie moins. Entre un rue89 et un Otto chauffeur de buzz, lesquels ont à peu près le même niveau de traffic (http://trends.google.com/websites?q=www.chauffeurdebuzz.com%2C+www.rue89.com&geo=all&date=all&sort=0), je suis persuadé qu’un chauffeur de buzz est plus rentable. Quant à ce que ces 2 sites apportent aux internautes, je pense que Rue89 remplit une fonction citoyenne que n’assume pas chauffeur de buzz et dont il se contrefout d’ailleurs.

    Maheureusement pour les sites de presse, la mission citoyenne n’est pas rémunérée aujourd’hui.

    P.S. : il faudrait vraiment penser à procéder à quelques changements sur ta zone de commentaire. Ca permettrait de réagir plus facilement à tes billets. Je connais un site, qui après avoir augmenté la taille du champs de commentaire a vu la participation aux article grimper en flèche. Je ne peux pas en dire plus, secret professionnel 😉

  3. Salut garçon 😉

    Il y a probablement aussi des solutions “anti-Google” de ce type avec SPIP (qui garde de toutes façons la réputation de ne pas être au top pour ce qui est du référencement. Mais finalement est-ce un mal pour ce blog ? 🙂

    Comme je parle ici pas mal d’actualité, à travers la manière dont la traitent les médias, je me retrouve référencé par Google sur des termes très variés, parfois sans aucun rapport avec la thématique.

    Il me renvoie pas mal de monde sur des requêtes avec les termes de médias, journalisme, presse, information, etc. Mais aussi penthotal, bocal à poisson rouge ou règlement intérieur ?!?

    Finalement, je crois que je vais laisser les choses en l’état pour le moment, et regarder comment ça évolue… 😉

  4. @ Grégoire

    Ton analyse de l’audience des médias en ligne est très pertinente. On voit malheureusement les dégâts qu’elle produit : la course à l’audience non-qualifiée, l’audience immédiate et massive, au détriment de la construction d’une audience qualifiée et fidèle, ce qui prend plus de temps, et demande plus d’investissement dans le contenu.

    Je comprends que ces médias sont pris à la gorge par une pression à la rentabilisation rapide : mais ça donne quoi ? Des canons à dépêches, du pipole, du trash et du buzz, comme lepost.fr ou 20minutes…

    Ils sont tous à la recherche de passer au plus vite la barre symbolique du million de visiteurs uniques par mois, censée ouvrir en grand la manne publicitaire…

    C’est ce fonctionnement publicitaire qui me semble foireux ! A part les annonces Google, qui sont très rusées, le reste de la pub en ligne me semble très inadaptée au média internet dans son fonctionnement actuel (mais c’est vrai que je m’aventure sur un sujet que je connais mal).

    Il me semble en tout cas que les publicitaire devraient être à l’affût des audiences qualifiée plutôt qu’à celle du buzz… Et ils devraient plutôt s’intéresser à chaque contenu qui marche, chaque article, chaque billet, plutôt que se centrer sur des sites, ce qui n’a pas beaucoup de sens, vu le fonctionnement de l’audience en ligne…

    PS : sinon, la zone de commentaire est redimensionnable à volonté manuellement (en tirant depuis le coin inférieur droit), mais peut-être que personne ne le voit… 😉 Je vais réfléchir à ton conseil…

  5. Loin de me comparer à ce blog, j’avoue adopter une démarche similaire. Mon blog est un laboratoire, et je ne cherche pas le trafic pour le trafic.

    Pire, je ccrois même que je me fiche un peu du lectorat. Mon usage intempestif de tags m’apporte certainement son lot d’égarés, je n’ai analysé mon visitorat dans le détail qu’à l’occasion d’événements pouvant l’impacter (passage ou lien sur des médias plus connus).

    Pour le reste, j’ai choisi de ne pas être référencé du tout.

    On prend d’autant plus de plaisir à écrire que son blog est une tribune qui crée des discussions, sans forcément créer des obligations.

    En tout cas bravo pour ce billet que j’ai beaucoup apprécié.

  6. et euh à propos, pourrais tu supprimer mon adresse mail à côté de mon commentaire stp ? Non pas que j’ai honte de mes propos, je les assume parfaitement, mais tu affiches les adresses mail en clair à côté des commentaires dans un beau “mailto” que les moteurs de spam vont se faire un plaisir de parser…. C’est un coup à se faire spammer sa boîte 🙁

  7. Bravo, c’est très clair et pensé.

    (à propos de clair, je suppose que c’est votre coté élitiste –faut le mériter, pour écrire ici ! ! Mais le noir-au-blanc des commentaires m’arrache les yeux ! )

  8. Bonjour,

    SPIP, une mauvaise réputation pour le référencement ? C’est bien la première fois que j’entends ça. Après c’est comme pour les autres, il y a les extensions pour optimiser le tout.

    Par exemple, celle qui permet aux articles d’être affichés dans Google Actualité (si l’envie t’en prend, c’est sur spip-contrib)

    Pour revenir sur le fond, ce qui est, je trouve le plus énervant dans cette course aux statistiques, c’est le délayage pas croyable auquel se livrent les journaux et les blogs.

    Un blog tel que monetiweb va avoir un titre intéressant pour un billet divisé en 3 parties (faut tenir la fréquence coco, rappellent-ils) pour enfoncer des portes ouvertes la moitié du temps.

    Pour les journaux, il y avait un exemple frappant hier (j’aurais du faire une capture d’écran) : ma page d’accueil personnalisée affiche les RSS du Monde, Libé et le Fig, à deux ou trois exceptions près, tous les RSS étaient consacrés à Bétancourt (donc 25/30).

    Pour le mot de la fin, une anecdote entendue un jour : Zitrone importuné par un individu lui aurait rétorqué “Monsieur, veuillez ne plus vous compter au nombre de mes admirateurs”, la prochaine étape pour les blogs trop célèbres ?

  9. Votre analyse est (un peu longue, certes) excellente.

    Je viens aujourd’hui de faire un billet d’humeur pour dire à peu près la me^me chose mais en plus provoquant et surtout court.

    J’ai été “victime” d’un google qui m’envoyait des lecteurs obsédés de sexe car j’avais mis une minuscule photo – juste pour rigoler – qui avait le malheur de comporter le mot “sexy”. J’ai mis plusieurs semaine à m’en débarasser, même après avoir changé et la photo et l’intitulé.

    Leçon : se tenir à carreau.

    Les arrivées sur site par recherche ne sont pas faites pour être fiables, elles sont du passage qui générent du flux pour 80%. A nous de faire très attention à nos titres, mots-clés, je viens de revoir entièrement mon blog (300 articles+pleins de photos) pour tout réajuster, enfin le résultat se fait sentir, les mots recherchés arrivent et ils restent quelques minutes plutôt que 1 sec. pour lire vraiment. Là on est content.

    Cependant les unes accrocheuses, faites dans l’actualité chaude, rapportent plus de lecteurs, dont certains peuvent aussi devenir fidèles.

    il est aussi à remarquer que la plupart des fidèles ne disent rien, restent anonymes. J’ai même des amis qui m’écrivent par mail, quand ils me connaissent, ils n’osent pas, en fait ils ne m’ont jamais vriament répondu à ma question “pourquoi tu ne commentes pas en direct ?”

  10. Salut Narvic …

    Un petit retour après une période d’absence et je tombe sur cet excellent papier. Et je me demande tout à coup … je suis quoi, en tant qu’internaute ? Un bon lecteur ? Une pollution ? Un troll ? Un toutotrechoz ?

    La question que pose Fred Cavazza est tout à fait pertinente, et en même temps, révèle une tentation totalement illusoire : comment contrôler son lectorat ?

    La seule réponse qui soit est de ne pas écrire !

    Le web est un réseau, (voila une belle lapalissade …). C’est son essence même, son mode de fonctionnement, d’évolution, d’agrandissement. Le contenu du web ne peut pas être envisagé comme étant indépendant, solitaire, ermitique, isolé dans une splendide tour d’ivoire …

    S’exprimer sur la toile, c’est s’ouvrir aux autres. Et ces autres ne se privent pas d’utiliser cette ouverture pour s’exprimer à leur tour, si l’envie leur en prend.

    Alors, oui, il y a à boire et à manger. Des gens qu’on va avoir envie d’inviter chez soi comme des gens qu’on n’a même pas envie de croiser dans la rue. C’est ainsi, c’est le quotidien du web. De la vie réelle d’ailleurs !

    Tenir un blog, c’est laisser l’inconnu pénétrer son monde. S’ouvrir aux surprises, bonnes ou mauvaises. Tenir un blog, ce n’est pas seulement écrire des articles, mais revenir aussi pour répondre aux autres.

    Bref, tenir un blog, ce n’est pas monter à la tribune de l’agora pour faire un beau discours, mais être au milieu de l’agora pour lancer une conversation. On ne peut s’échapper tout de suite, c’est impoli.

    Il faut du temps pour tenir un blog. Savoir aussi parler aux autres, attirer ceux qu’on veut voir rester, décourager les importuns.

    On ne résoud rien en essayant de couper un fil du réseau dans lequel on est inséré. Car, ce n’est jamais suffisant. Les trolls et autres indésirables savent toujours trouver les autres fils, les autres portes.

    Oui, c’est vrai, on a parfois de mauvais lecteurs de blog sur le web. Mais, vouloir les choisir, c’est ne pas comprendre la toile. Ils n’ont pas besoin d’une quelconque autorisation pour venir. Et si c’est le cas, ce n’est plus un blog. C’est un réseau privé. Hors de la toile.

    Non ?

    Manuel “jenecékoi” Atréide

  11. @ Manuel

    Rassurez-vous, vous êtes bienvenu sur ce blog et vos commentaires sont appréciés… 😉

    Sur le côté “lectorat privé” : certains y viennent, comme mikiane par exemple, qui a un blog “à deux niveaux” : une partie ouverte à tous, une partie pour laquelle il faut s’inscrire… C’est une expérience intéressante : j’espère qu’il nous en donnera un retour dans quelques temps…

Comments are closed.