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Paysage de l’information après la bataille

C’est fini pour les journaux quotidiens. Leur effondrement est inexorable et ce n’est pas la faute d’internet. “La prière matinale de l’homme moderne” n’est plus, depuis longtemps, que celle d’une petite élite intellectuelle, qui lit encore des journaux quand l’essentiel de la population s’informe par la radio, la télévision et internet.

Cette information-là est pourtant d’une très mauvaise qualité. De la radio le matin, à la télé le soir, en passant par internet dans la journée, ce n’est qu’un flux ininterrompu de buzz. L’information est réduite à un mash-up frénétique de tout et de n’importe quoi, entrelardé de publicité, réduisant tout à de la promotion et du divertissement. C’est le règne du zapping, le vide sidéral de TF1 et Canal+ qui se propage à tout l’espace : une timeline médiatique interneto-audiovisuelle qui ne renvoie du monde que l’image d’une succession sans fin et sans aucun sens de courts messages à la Twitter et de vidéoclip à la Youtube.

Mais c’est pourtant ce que “les gens” demandent ! Les chiffres d’audience, tous médias confondus, ne sont-ils rien d’autre alors que la preuve de ce que “les gens”, finalement, sont tous des “abrutis” ? Que reste-il de la démocratie dans ces conditions ?

A moins qu’il n’y ait une autre option, et que l’on puisse poser le problème d’une autre manière…

Savoir se déconnecter

A l’heure du soi-disant “web en temps réel”, comme si internet ne proposait pas déjà – quasiment depuis l’origine – des “solutions” en temps réel telles que le tchat !, quand tant d’utilisateurs “avancés” des réseaux vivent du matin au soir les yeux rivés sur la timeline de leur compte Twitter ou Facebook (qui a simplement perfectionné et tend à remplacer les “vieux” MSN et autres messengers), quand l’hyperconnexion permanente devient même – pour certains – le seul avenir du net (je vous assure pourtant qu’il n’en est rien :-)) ), savoir se déconnecter commence à (re-)devenir un atout et prendre du recul un excellent moyen d’apporter une valeur ajoutée à sa production en ligne.

Je parle bien ici de production et non de simple présence en ligne. Sans contenu, cette présence se ratatine bien vite en une sorte d’agitation phatique : “Hello the World !” Avec la limite contrainte des 140 signes d’un système de messagerie publique comme Twitter, on surfe d’ailleurs en permanence à la limite de cette communication sans contenu.

Les efforts pour essayer de redonner un peu de consistance aux messages en les truffant de mots-clés (Des “hashtags” signalés par la présence du préfixe “#”)], tout comme l’utilisation de liens “réduits” ([Les liens réduits transforment les adresses internet “en clair”, signalant le nom d’un blog ou du site de média sur lequel on renvoit, en une suite de chiffres et de lettres sans signification)] ne font bien souvent qu’ajouter à la confusion, faisant du tweet ([Le message sur posté sur Twitter)], un texte codé, et même quasiment cryptique, en réalité réservé à des initiés.

Le degré 0,1 de l’information

De toute façon, en 140 signes sur Twitter ou même en postant un simple lien sur un site de partage de signets comme Delicious et n’importe quel réseau social, on ne décolle guère du degré zéro de l’information. J’exagère. :o) L’alerte est déjà une information, mais la plupart du temps et pour la plupart des gens, elle n’a pas vraiment de sens. Disons donc que c’est le degré 0,1 de l’information.

Comme écrivait je ne sais plus qui (pardon à lui), l’information n’est pas tant le message sur le crash de l’avion, qui vous arrive sur Twitter avant tout le monde, que l’enquête du journaliste expérimenté qui vous apprendra trois semaines plus tard par un autre canal que la compagnie aérienne avait lésiné sur les contrôles de sécurité.

Cette information d’alerte n’est pas dépourvue de signification tout le temps, et surtout pour tout le monde. Elle est même parfois celle qui peut avoir la plus haute valeur ajoutée, mais dans certaines situations seulement, et ce ne sont pas – de très loin – celles qui concernent le plus de gens. Les militaires, les diplomates, les commerçants et les banquiers savent bien – depuis des millénaires – l’intérêt qu’il peut y avoir à connaitre certaines informations avant ses adversaires ou ses concurrents.

La rapidité – et l’exclusivité – peuvent alors conférer un avantage décisif, que l’on saura exploiter par ailleurs. Cette rapidité se paye inévitablement par la concision, elle se fait donc au prix du contexte et de la mise en perspective de cette information, de tout ce qui permet de la comprendre et d’éviter des erreurs d’interprétation. Mais ce risque est souvent très réduit chez ces militaires, diplomates, commerçants ou banquiers, car ce sont des gens bien informés. La mise en perspective se fait “naturellement”. Le contexte, ils le connaissaient déjà avant.

Cette information d’alerte, rapide et exclusive (ou plus ou moins réservée) ne présente, au fond, de réelle valeur ajoutée que dans un petit monde très restreint d’initiés, c’est à dire le plus souvent dans un cadre professionnel. Dans quelques cadres très particuliers d’initiés qui ne sont pas professionnels, certains peuvent attacher une importance au fait de savoir avant les autres, lorsque ça relève du jeu (et parfois du jeu social), d’une passion ou d’un centre d’intérêt. On peut attacher de l’importance à savoir avant les autres la date de sortie du dernier album de sa chanteuse préférée, mais cet “avantage” peut se révéler bien limité si l’on est pas en mesure de se procurer l’album et de s’en délecter. Quant à savoir avant tout le monde que cette même chanteuse vient d’accoucher… J’hésite à considérer vraiment ça comme une information, et à évoquer une quelconque valeur ajoutée, sauf – bien entendu – celle qui permet de briller un instant au bureau, devant la machine à café… B-)

Overdose d’alerte au détriment de l’info

Cette information d’alerte tend pourtant de nos jours à prendre une place démesurée dans notre diète médiatique quotidienne, au détriment ce cette information qui permet de comprendre, car elle replace la nouvelle dans un contexte, la documente et la remet en perspective. Il convient de se demander pourquoi on en arrive là, car ça ne va pas du tout de soi.

Les “tranches matinales” d’information à la radio suscitent auprès de la population un intérêt qui ne se dément pas. L’invention de l’information en continu a permis à France-Info de devenir très rapidement l’une des toutes premières radios les plus écoutées de France. Le modèle s’est rapidement transposé à la télévision et les chaînes françaises d’info en continu pullulent littéralement aujourd’hui au point qu’on se demande s’il y a de la place pour tout le monde (iTélé, BFM-TV et LCI, pour les plus commerciales, France24 et EuroNews, pour les plus ambitieuses – et réussies – sur un stricte plan éditorial et journalistique de la qualité de l’information).

L’énorme succès des JT du soir sur les télévisions hertziennes est encore plus spectaculaire (même s’il tend aujourd’hui à s’éroder). Voir [Le Figaro (chiffres de 2007-2008) :

Les JT n’occupent au maximum que 6 % du temps d’antenne, mais ils représentent 14 % de la consommation télévisuelle des Français et donc de l’audience. Le JT de TF1, largement leader, a fidélisé en moyenne 8,4 millions de téléspectateurs chaque soir entre septembre 2007 et juin 2008. Celui de France 2 a rassemblé 5 millions de téléspectateurs quand le «19-20» de France 3 en a rassemblé 4 millions et le «6 Minutes» de M6 a totalisé 2,3 millions de téléspectateurs en moyenne.

Les JT contre les quotidiens à 10 contre 1 !

Qu’on s’arrête tout de même un peu sur ces chiffres : les JT du soir des principales chaînes regroupent tous les soirs près de 20 millions de Français devant leurs flashs d’information, quand la presse quotidienne nationale dans sa totalité, sur le même créneau de l’information généraliste du jour, n’assure plus aujourd’hui (chiffres 2004) qu’un tirage de 2 millions d’exemplaires/jour pour les payants (et 1,3 million pour les gratuits).

Le cas des gratuits semblerait d’ailleurs illustrer que la seule perspective de survie qui persiste pour le journal papier quotidien est précisément de s’aligner sur le “format” de la radio et la télévision : l’essentiel de ce qui buzz aujourd’hui, en bref.

Mais de toute façon, pour ce qui en est aujourd’hui de l’information de masse, quotidiens papier payants contre JT à la télé : on en est à 10 contre 1 ! La partie est terminée.

L’info, ça n’eut jamais payé !

Je me suis déjà largement épanché sur cette question depuis trois ans sur ce blog, mais j’y reviens encore une fois en modifiant un petit peu ma perspective. Le professeur Robert Picard le rappelait récemment, mais qui s’est intéressé un peu à la question le sait depuis longtemps (via Philippe Couve) : “L’information n’a jamais été un produit commercialement viable”. Enfin, il s’agit de l’information telle que la font les journaux quotidiens sur papier. Car pour ce qui est de cette information d’alerte, l’essentiel de ce qui buzz aujourd’hui, en bref, c’est commercialement viable pour TF1, pour Europe1, comme pour iTélé ou 20 minutes (sauf grosse crise du marché publicitaire, bien entendu)…

Si la presse quotidienne nationale est confrontée à une prétendue “culture de la gratuité” qui pulvérise son modèle économique, c’est moins la “faute” d’internet que se serait plutôt celle de TF1, Europe1 ou 20 minutes ! Et si l’on veut bien y regarder de plus prés, c’est même en réalité autre chose et c’est encore plus grave que ça pour l’avenir des quotidiens traditionnels.

Le modèle économique de ces derniers était de faire subventionner la production de l’information par les petites annonces, la publicité, et surtout, à mon avis, par ce qu’il est convenu d’appeler l’information service, ce qui dans la bouche de bien des journalistes est un peu méprisant, alors qu’il s’agit d’une information qui, elle, rend réellement et concrètement… service à ses lecteurs ! On fait donc depuis des décennies subventionner dans les quotidiens les salaires des éditorialistes de salon, comme celui des reporters au long cours, par des “lecteurs” qui en réalité n’achetaient pas les journaux pour ça et les lisaient même pour tout autre chose.

C’est humain de la part des journalistes de se le cacher à eux-mêmes (et aux autres), car c’est très blessant pour l’amour propre et nuisible à leur statut social, mais tous savent pourtant bien – depuis toujours – que les rubriques les plus lues – et de très loin – dans les quotidiens, ce sont la météo, l’horoscope et les mots croisés.

Les “grandes plumes” vivent littéralement aux crochets de la météo ! Et non seulement les lecteurs de cette information-là, l’information politique et générale, nationale et internationale (car il y en a tout de même quelques uns qui la lisent) ne payent pas et n’ont jamais payé cette information à son réel prix de revient, mais cette élite intellectuelle (car il s’agit bien de ça !) l’a toujours fait subventionner – sans le dire – par les autres, par ceux qui ne la lisent pas, car ça ne les intéresse pas, mais qui achetaient quand même le journal pour autre chose, et même par tous les autres contribuables qui ne l’achètent même pas. Ça relève tout de même d’une conception étrangement inversée de la solidarité sociale.

Le pigeon s’est envolé

La crise de la presse quotidienne a commencé bien avant que “la pub s’en aille” vers d’autres supports. Il ne faut pas confondre les causes et les conséquences. La pub s’en va car elle suit l’audience. Elle a quitté les quotidiens papier car leur audience s’est tout simplement effondrée… au profit de la radio, de la télé, de la presse municipale, des magazines et des gratuits et aujourd’hui d’internet.

Certes toute l’audience n’a pas fui. Mais celle qui est parti, c’est précisément celle qui rapportait : les lecteurs de petites annonces et d’information service. Et celle qui reste, c’est cette (petite) élite intellectuelle qui se pique de s’intéresser aux affaires du grand monde et dédaigne un peu les questions prosaïques d’ici bas : c’est ce lectorat qui se plait à considérer, comme le lui dit le grand philosophe Hegel, que la lecture d’un quotidien est “la prière matinale de l’homme moderne”. Excusez du peu, ça vous classe son homme dans l’échelle des valeurs sociales ! Sauf que cette élite est malgré tout près de ses sous, n’a jamais consenti à payer cette information ce qu’elle coûte et jugeait fort pratique d’avoir trouvé un “pigeon” pour la payer à sa place.

La crise des quotidiens, elle résulte surtout de ce qu’aujourd’hui… le pigeon s’est envolé.

Sous perfusion d’info-tweet… et de “promo”

Mais où donc ce pigeon est-il allé faire son nid et quelles graines va-t-il aujourd’hui picorer dans ses nouvelles mangeoires ? On en revient à internet et Twitter, à la radio, à la télé… à ces flashs d’information, en piqures quotidiennes… Des shoots, des flashs… un vocabulaire de drogué, pour une addiction sur laquelle les journalistes feraient bien de s’interroger un peu plus en profondeur. Mais ne sont-ils pas eux-mêmes les premiers affligés du mal qu’il s’agit pourtant de diagnostiquer ?

Qu’est-ce d’autre en effet qu’une “tranche matinale” à la radio ou un JT du soir à la télé, si ce n’est déjà une perfusion d’info-tweet, entrecoupée de vidéo Youtube ?

La télé tendait déjà depuis des années vers ce “format Youtube”, avant même que la plateforme de diffusion vidéo en ligne n’existe. Les programmes télé sont de plus en plus découpés en micro-tranches de quelques minutes, voire dizaines de secondes, qui se succèdent sur un rythme frénétique, entrelardés de publicité.

On a déshabillé ainsi les JT, pour présenter en dehors la météo, le trafic routier… On a multiplié les “pastilles” sur les thèmes les plus variés et improbables, mélangeant tous les genres et tous les styles. Le “Grand journal” de Canal+ atteint dans ce domaine un sommet dans le vide s’ajoutant au vide, comme l’analyse fort pertinemment Isabelle Poitte, pour Télérama : “Le grand journal” ? Météo, promo, dodo.

Même la radio se met à Youtube et formate désormais ses programmes matinaux en une succession de mini-séquences, ponctuées de chroniques et micro-interviews, désormais filmées, et aussitôt “buzzées” sur internet.

Aujourd’hui même France5, chaîne pourtant proclamée “éducative et culturelle”, se convertit au “format Canal+” en diffusant cette insupportable bouillie de “C à vous”, toute la semaine entre 19 et 20 heures.

Le zapping généralisé

Cette timeline audio-visuelle, cette succession de “pastilles” sans autre suite logique que de maintenir le téléspectateur en haleine, en attente de quelque chose qui ne vient jamais, si ce n’est de la publicité, ou toute autre forme de promotion, est-elle si loin de ce que proposent Twitter et Facebook ?

On a beaucoup glosé sur la saillie du patron de TF1 Patrice Le Lay sur le “métier de TF1” consistant à vendre “à Coca-Cola” du “temps de cerveau humain disponible” entre les publicités (voir sur ce sujet Acrimed – 2004). C’était pourtant franc de sa part et beaucoup de ceux qui s’en sont offusqués à l’époque nous jouaient les vierges effarouchées en manquant plutôt de conséquence.

Ils feraient pourtant mieux de se demander pourquoi le téléspectateur zappeur, qui a pourtant le choix, privilégie TF1 sur Arte ? Et combien de ces vierges effarouchées ne sont-elles pas justement les premières à préférer tous les soirs le mash-up de Canal+, indigeste bouillie d’information, de divertissement, de complaisance et de promotion, enrobée d’une pseudo-impertinence “branchée” sans aucune conséquence, et qui a élevé le zapping généralisé au rang de la forme majeure de notre époque médiatisée ?

C’est bien ça le problème : le téléspectateur dispose encore de choix, et l’on doit bien reconnaitre au bout du compte que l’audience reflète bel et bien ses préférences.

Un formidable complot

On peut tenter de s’en sortir en réchauffant le vieux plat du téléspectateur-robot manipulé par un complot global fomenté par on ne sait quelle officine, et visant inlassablement à l’abrutir et le décerveler.

On peut se morfondre en constatant que le complot est tellement efficace que c’est le le téléspectateur lui-même qui préfère se diriger en masse vers TF1 et Canal+ plutôt que vers les superbes documentaires qu’Arte diffuse souvent à la même heure… tout comme on peut se désoler d’un certain déclin des blogs (Jean Véronis sur Technologies du langage) au profit, semble-t-il, de Facebook et Twitter…

Si tout ça n’est qu’un formidable complot, au vu de sa remarquable efficacité, autant, en effet, s’arrêter de penser à son tour pour aller planter des choux dans le Larzac… ou à Tarnac, en attendant l’apocalypse nucléaire !

Ou bien ça n’est pas un complot…

Et le défi, c’est alors de comprendre… Et pour ça, il faudrait peut-être se remettre à penser.

Qui sait ce qui “intéresse les gens” ?

Le tableau le plus pertinent de la situation me semble plus que jamais être celui que dresse le sociologue Denis Muzet : “La mal info. Enquête sur des consommateurs de médias” (2006).

Je ne m’étonne guère à vrai dire que ses observations ne soient guère reprises par les journalistes et le grand ramdam médiatique, même si on le dit capable de tout recycler ( Le Nouvel esprit du capitalisme), même ce qui est censé le détruire. Car que peut-on faire de cette analyse ?

L’échange récent entre Jean-Luc Mélenchon et un jeune apprenti journaliste (transcription chez Embruns) , cet étudiant qui semble avoir déjà fort bien intégré le format que Science-Po propose à la profession :-P, est édifiant en ce que le ramdam médiatique qui en a résulté a parlé de tout sauf de l’essentiel.

La thèse de Mélenchon peut se discuter : elle revient à dénoncer le fait que les médias imposent à la population un agenda de l’information qui leur est propre, ce qui nuit profondément au fonctionnement du débat démocratique du pays (une thèse que Mélenchon illustre par la Une du Parisien consacrée au fumeux projet de rouvrir les maisons closes plutôt que d’analyser la signification politique du résultat des toutes récentes élections régionales). Mais c’est la réponse de notre apprenti journaliste qui a déjà tout compris qu’il fallait entendre :

L’étudiant : En tout cas, on dirait que ça intéresse les gens la réouverture des maisons closes.

On peut voir dans ce débat, et la réponse de Mélenchon, une sorte de querelle de légitimité, dont l’enjeu – ou l’otage – n’est autre que le peuple :

Le politique : Mais si vous leur parliez de choses intelligentes, ça les intéresserait aussi. Faut pas prendre les gens pour des abrutis…

La victoire de TF1 contre l’éducation populaire

La légitimité de Jean-Luc Mélenchon à participer à la détermination de l’agenda de l’actualité politique du pays, on la connait. Elle est claire. C’est celle du suffrage universel : “La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum” (Constitution, article 3). Et il est indéniable que Jean-Luc Mélenchon a reçu mandat du peuple pour exercer en son nom la souveraineté nationale. Mais quelle est la légitimité de notre apprenti journaliste ?

C’est qu’il saurait, quant à lui, en tout cas mieux que l’élu du peuple, ce qui “intéresse les gens”

Il n’a reçu aucun mandat des gens – ou du peuple (c’est censé être la même chose, non ?) – mais il a pourtant accès à des informations, l’audience !, dont la valeur serait supérieure à celle des urnes pour déterminer ce qui “intéresse les gens”… C’est l’argument imparable… aux yeux du journaliste : mais ça revient à dire que la zapette est plus légitime que le bulletin de vote.

C’est aussi la victoire de TF1 contre Arte (à laquelle il arrive aussi, il faut le signaler, de laisser dire d’insondables conneries :-(( ). C’est l’abandon de cette ambition, culturellement fondatrice de la gauche du XXe siècle et à laquelle Mélenchon veut croire toujours, celle de l’éducation populaire, celle qui consiste à ne pas prendre “les gens” pour des “abrutis” en essayant de leur parler de “choses intelligentes”.

Dans sa naïveté, notre apprenti journaliste est, sans s’en apercevoir, sur la piste qui conduit tout droit à légitimer le marketing éditorial et remiser le projet du “quatrième pouvoir”… Et il a peut-être raison, car ce qui intéresse les gens… c’est TF1, M6 et Canal+, c’est RTL et Europe1, c’est 20 minutes et Métro, etc. Et ce n’est ni Le Monde, ni Le Figaro, et encore moins les crépusculaires Libération, L’Humanité ou La Croix.

C’en est presque ironique que Mélenchon ait pris pour cible Le Parisien, le seul des quotidiens nationaux français qui tire encore son épingle du jeu, conservant sa diffusion et sa rentabilité quand les autres ont tous plongé depuis longtemps, en réussissant plutôt bien d’habitude à faire une information populaire de qualité : celle qui ne s’adresse pas qu’à une petite élite intellectuelle surtout parisienne, qui n’oublie pas de rendre service aux gens et ne se cantonne pas non plus à re-publier des dépêches d’agence de presse à peine réécrites… même si c’est au prix d’écrire court, très court, avec des mots simples, et de privilégier là-aussi les faits-divers et le people sur la géopolitique internationale, l’économie et la vie des idées.

Où est l’info dans les médias ?

Alors où dans les médias aujourd’hui propose-t-on des “choses intelligentes” ? Où ne prend-on pas “les gens” pour des “abrutis” ? Dit autrement: où propose-t-on une information qui soit autre chose que des messages courts, redondants et stéréotypés, mélangeant tous les genres, sans aucun sens ni hiérarchie, dans la confusion totale entre information, communication, promotion-publicité et divertissement, privilégiant tout ce qui est racoleur et sensationnel ?

Mais ce n’est pas ça le problème ! Car il existe toujours une offre d’information intelligente, ou à tout le moins qui donne des moyens à ses lecteurs de devenir plus intelligents, qui cherche à les informer, à faire comprendre bien au delà de simplement alerter, qui ne s’en tient pas à cette mythologie des faits bruts, mais propose au contraire de la documentation, de l’analyse, de la mise en perspective. Il y en a encore dans les journaux, dans les magazines. Internet regorge de ressources de ce genre pour qui prend la peine de chercher, et sait comment trouver. Il y en a même à la télévision et à la radio, du moment qu’on s’échappe, justement, des formats courts ou fragmentés qui envahissent les grands carrefours d’audience.

On ne propose pas d’information en 140 signes, même en un demi-feuillet, ou en 45 secondes de vidéo-clip. L’information, c’est dans les livres d’enquête, de témoignage ou de reportage qu’on la trouve, dans les longs articles d’analyse de la presse et dans des essais, et dans les documentaires à la télévision ou au cinéma.

Le problème serait alors que “les gens” ne s’y intéressent pas ? Les livres de journalistes se vendent pourtant plutôt bien (en témoignent la revue XXI ou le formidable succès de librairie du Quai de Ouistreham de Florence Aubenas, un livre qui m’a bien plu d’ailleurs. Je tâche d’y revenir sur ce blog). Ça fait bien longtemps qu’on n’avait pas vu autant de documentaires programmés dans les salles de cinéma. Les émissions de reportage se multiplient à la télévision : même si TF1, avec “Haute définition”, et France2, avec “Les infiltrés”, sombrent dans le pur racolage et le sensationnel, ce n’est pas le cas d’“Envoyé spécial”, “Complément d’enquête”, “Pièces à conviction”, et bien d’autres… Ou sur internet, Médiapart fait un véritable effort d’enquêtes, telles qu’on n’en voit plus beaucoup depuis longtemps dans les quotidiens et même dans les news-magazines…

Le recyclage du bruit jusqu’à la nausée

Mais les gens se jettent aussi sur les indigents JT du soir, s’abreuvent des pauvres tranches matinales de la radio. Ils se gavent surtout de tous ces déplorables talk-shows de la trash TV, brassant à longueur d’antenne de l’infotainement, de l’easynews, de la promotion et du sensationnel : chez les Ruquier, Denisot, Ardisson, Aliagas (” 50mn Inside”), Estelle Denis (“100% Mag”), etc. Et sur internet, c’est pas mieux : je vous épargne LePost et Morandini ! 🙁

Et tous ceux-là brassent la même matière et se renvoient la balle en permanence les uns les autres. Ils brassent du vent, et c’est souvent un vent putride, qu’ils font monter en infecte mayonnaise, ou alors c’est de la pub. Ils forment à eux tous une énorme caisse de résonance pour le bruit qu’ils fabriquent et qu’ils recyclent jusqu’à la nausée. Ce sont ceux-là le problème, une partie du moins. L’autre partie étant que cette trash TV fait de l’audience et que son recyclage permanent du bruit finit par prendre le pas dans l’espace médiatique et noyer l’information…

“Les gens” sont-ils tous des “abrutis” ?

Mais pourquoi “les gens” font-ils ça ? Sont-ils définitivement “abrutis”, décervelés, déjà entièrement réduit à du “temps de cerveau humain disponible”, de la simple chair à promotion ?

Et si le problème était complètement mal posé ? Si la question n’était pas celle de choisir entre Jean-Luc Mélenchon d’un côté, Patrick Le Lay et notre apprenti journaliste de l’autre ? S’il fallait les mettre tous dans le même sac, car ils partagent, sur le fond, l’essentiel de leur analyse des médias et la même interprétation de la victoire de TF1 sur Arte ou de 20 minutes et Métro sur Le Monde et Le Figaro ? La seule différence restant que les uns s’accommodent de la situation, puisque c’est ce qui “intéresse les gens”, et que l’autre ne s’y résout pas et veut, comme on dit, “élever le niveaux“…

Le point commun de ces deux options, c’est qu’au fond, à mon humble avis, elle partagent très largement l’idée que “les gens” sont bel et bien des “abrutis”. On ne débat plus que sur la question de savoir si le malade est récupérable ou pas…

Le syndrome de la mal info

Il existe pourtant une autre option. Son grand mérite est précisément de ne pas commencer par prendre les gens pour des “abrutis”, d’observer comment ils s’informent, ou plus justement – puisque nous en sommes bel et bien là – comment ils “consomment de l’information”, en leur demandant pourquoi ils font ça et ce qu’ils en pensent.

C’est ce que leur demande Muzet, en se gardant bien de les juger. Ce qu’ils lui répondent est édifiant. Ce sont des gens inquiets qui lui parlent, angoissés même par la société, des gens qui vivent dans une sorte de sentiment diffus et permanent que le chaos est imminent, que la catastrophe peut survenir à tout instant et de n’importe quelle direction : accident, épidémie, attentat, crash boursier, crise immobilière, chômage, inondation… Ces Français se présentent au sociologue comme des consommateurs maladifs d’information, qui se tiennent en veille constante, à l’affût, tentant de voir venir la catastrophe pour essayer tant bien que mal de s’en prémunir, si possible, aux moins pour eux-mêmes et leur entourage.

Voilà pourquoi ils sont “branchés” du matin au soir sur ce robinet permanent à messages d’alertes, privilégiant l’info la plus brute et courte possible, multipliant les sources, se défiant des opinions et des analyses et mythifiant d’ailleurs très largement la prétendue neutralité des dépêches d’agence de presse, privilégiées dans leur imaginaire sur toute autre forme d’information journalistique.

Le sociologue nomme ça de la “mal-info”, comme un pendant à la “mal-bouffe”. Et le patient se sait malade, comme il se sait mal nourri. Il oscille entre intoxication et boulimie. Il ne se sent pas mieux informé pour autant, et d’ailleurs plutôt moins bien. Mais sa demande de réassurance permanente domine, seule à même de calmer un peu son angoisse existentielle à l’heure du 11 septembre qui hante les esprits, de la prolifération nucléaire et des états voyous, du chômage de masse qui s’est installé depuis longtemps, de la précarisation qui se développe, de la retraite qui n’est plus assurée, des crises bancaires qui éclatent d’un coup, du climat qui se dérègle, des épidémies de grippes en tous genres qui rodent et des nuages de cendres volcaniques qui vous tombent sur la tête sans prévenir…

De la frénésie à la panique

Alors on mélange tout. On confond tout. On ne sait plus où on en est. On s’agite mais on n’avance pas. Et les journalistes ne sont pas les derniers à entretenir cette frénésie, voire cette panique. Ils sont même les premiers à baigner dedans et ça leur donne au moins une petite utilité sociale d’alimenter le feu sous la marmite, quand ils sont eux-mêmes, au fond, pris des mêmes doutes existentielles et ne savent d’ailleurs plus trop à quoi ils servent. Comment aider les gens à comprendre, quand on ne comprend pas soi-même ?

Alors, si c’est ce que les gens demandent, ça sera toujours un boulot de le leur donner, même si ce n’est pas tout à fait celui du Tintin reporter dont on rêvait adolescent…

Le désespoir du journaliste

Qu’on ne s’y trompe pas. Si les journalistes sont aujourd’hui à ce point à fleur de peau dès qu’ils se sentent mis en cause, et se replient aussitôt sur le réflexe corporatiste d’invoquer à tout bout de champs une déontologie qui en réalité n’existe pas, ou la défense de la liberté de la presse qui serait en péril dès que l’on pointe leurs insuffisances, leurs manquements et leurs erreurs, c’est qu’ils ne sont pas très fiers de ce que leur profession est en train de devenir.

Certains se sentent encore préservés, dans quelques espaces protégés qui pourraient peut-être “tenir” encore un peu, au moins jusqu’à leur propre retraite (si celle-ci est financée !), mais ils voient bien les ravages autour d’eux : les plans sociaux qui s’enchainent dans la presse, la précarisation des jeunes condamnés au journalisme low cost, les patrons de presse qui rêvent de remplacer le plus de gens possible par des robots.

La plupart d’entre eux n’attend plus rien ni de ces patrons de médias, puisqu’on en parle, qui sont pour la plupart d’entre eux des industriels, des financiers ou des managers mercenaires, qui n’ont que faire du journalisme, de la qualité de l’information et surtout du public, ni des stars de la profession, ces vedettes médiatiques multicarte, qui ont su protéger leurs arrières en la jouant perso, entretenant des réseaux de connivence et de renvois d’ascenseurs avec ce petit monde des élites politiques, économiques et culturelles dont ils se sentent plus proches que de la plèbe des scribouillards.

Rien à attendre non plus, bien au contraire, de ces jeunes loups de la profession, prêts à toutes les concessions pour arriver, ces arrivistes avides de notoriété au moins autant que d’argent, qui n’ont aucun état d’âme à faire de la presse poubelle, et même parfois s’en gargarisent.

Ça ne rime à rien de tirer sur des journalistes qui ne sont pas loin de monter eux-mêmes dans l’ambulance. Comme le voit venir Bernard Poulet, c’est “l’euthanasie de la classe moyenne des journalistes” qui se profile, alors même que l’ensemble de la classe moyenne est aujourd’hui à la dérive

C’est quand “les gens” auraient justement besoin que les journalistes se fassent plus pédagogues que jamais, ce qui demande d’abord, comme pour toute bonne pédagogie, de ne pas perdre son sang froid, que les journalistes sont eux-mêmes au bord de la panique et qu’ils contaminent ce que véhiculent les médias de leur propre malaise.

Le malaise et la gangrène

Le malaise, c’est ce qui conduit des journalistes, “honorablement connus” pour ne pas s’être illustrés dans le pire jusqu’à maintenant, au dérapage caractérisé dans le sensationnalisme et le racolage de “Haute-définition” sur TF1 comme des “Infiltrés” sur France2. Et la profession ne moufte pas plus que ça. Il est vrai qu’elle avait déjà avalé la pilule Julien Courbet sans en dire plus…

Le malaise, c’est aussi la trash télé à la “50mn inside”, sur TF1, qui se pique de faire du “journalisme” et même des “enquêtes” : c’est signalé à tout bout de champs en annonce des sujets, en sous-titrage des interviews de journalistes (car les “enquêtes” de “50mn Inside” ne consistent pas à aller recueillir des informations à la source, mais à interroger des “journalistes” !). Ces derniers le sont probablement pour le fisc, certainement pas au regard de l’éthique, car le résultat, c’est un ramassis de ragots sur les “peoples”, une contorsion constante pour en dire le plus possible sur leur vie privée tout en évitant de tomber sous le coup de la loi censée la protéger. Ça ne choque pas plus que ça la profession, les “journalistes” semblent même se bousculer pour venir s’y montrer !

Le malaise, ce sont ces brochettes d’éditorialistes autorisés qui pérorent, car ils ont un avis sur tout bien entendu, sur les plateaux de ces talk-shows de trash TV, prétendant faire quelques secondes de journalisme, incarcérés qu’ils sont entre des tombereaux de promotion, de publicité, et de pure couillonnade. Du journalisme ? On commente bien plus souvent chez Denisot les bruits de couloirs qu’on est parvenu à glaner par téléphone dans les cabinets ministériels qu’on n’apporte jamais la moindre information recueillie à la source dans la vie réelle des vrais gens qui habitent ce pays.

On atteint même un sommet avec les deux guignols qui se donnent en spectacle tous les samedi chez Ruquier et qui se déshonorent en ridiculisant leur profession. A moins qu’ils ne se ridiculisent en déshonorant le journalisme.

Le malaise, c’est encore la énième opération généralisée de publicité gratuite consentie sur à peu près toutes les chaines de radio et télé du matin jusqu’au soir durant deux semaines pour vendre les deux derniers livres de BHL, qui répond complaisamment à toutes ces aimables invitations pour venir justement raconter comment il est lui-même maltraité dans les médias. On rêve. Ma consolation, c’est que ces livres n’ont intéressé personne, comme quoi l’énorme machine promotionnelle a des ratés. Mais ça révèle aussi bien des choses sur le fonctionnement de cette machine.

Qu’il est loin le temps où un Jacques Chancel (si c’est bien lui. C’est si loin, je ne me souviens même plus), disait que la culture à la télévision ce n’était pas de “dire aux gens ce qu’ils devraient aimer, mais de leur faire découvrir des choses qu’ils pourraient aimer” !

Etc., etc. Sans parler du navrant spectacle de la TNT, qui mériterait un blog à lui tout seul !

Le journaliste, ou le maitre ignorant

Si “la” profession (et j’ai déjà écrit ce que je pensais de ce mythe de “la” profession des journalistes) n’a pas réagi plus que ça à cette dérive progressive, qui est arrivé, il faut bien le reconnaitre, surtout par la télévision, avant de gangréner tous les autres médias, c’est à mon avis un signe que les journalistes n’y croient plus, ou qu’ils sont totalement déboussolés.

Si je maintiens que le journalisme est une pédagogie de l’actualité (et ce n’est pas une technique ou une méthode, c’est un art, ou mieux, c’est un artisanat), il faut admettre que c’est une pédagogie qui, en 2010, n’a toujours pas fait “son” Mai 68.

On ne saurait que conseiller à tous les journalistes aujourd’hui de se plonger dans le livre passionnant du philosophe Jacques Rancière sur “Le maître ignorant. Cinq leçons sur l’émancipation intellectuelle”.

Où l’on réalise que le maître n’a pas toujours besoin de savoir pour apprendre quelque chose à son élève. Que tout cela est moins une question de transmission que d’émancipation. Que, au fond, on apprend toujours seul, en soi-même. Que l’on découvre par soi-même bien plus que l’on apprend de quelqu’un.

Et c’est pour ça que l’éducation est un chemin vers l’émancipation. C’est pour ça que le peuple n’est pas un abruti. Et c’est pour ça que la démocratie est possible et que les journalistes peuvent y jouer un rôle.

—-

Epilogue :

Si j’ai choisi ce titre pour cet article, c’est qu’après avoir longtemps cru qu’internet était un défi pour la survie du journalisme et que c’était là que se jouait la bataille décisive, je suis revenu sur mon point de vue initial.

Si le journalisme va si mal aujourd’hui, c’est qu’une bataille décisive s’est déjà jouée sans qu’on en mesure l’importance, et que les journalistes l’ont perdue.

Le journalisme tel que je l’ai connu, et appris (moins en école de journalisme officielle – puisque je suis passé par là, que sur le terrain : le vrai, dans la boue des campagnes et les cages d’escalier des cités, pas sur les plateaux de télévision où je refuse d’aller) était déjà moribond depuis un moment quand j’y suis arrivé. L’âge d’or de ce journalisme remonte aux années 60. Ils ne cesse de s’effacer depuis.

C’est bien un autre journalisme qu’il faut inventer aujourd’hui, qui fasse voler en éclat la plupart des conventions qui prévalaient encore jusqu’à il y a peu, et dont certains maintiennent encore le mythe alors qu’ils ne défendent qu’un fantôme.

L’opération est difficile. Il faut se débarrasser de ses oripeaux qui ne sont plus aujourd’hui que des lambeaux, se tailler un nouveau costume en tentant de ne conserver que l’essentiel… et repartir à l’aventure, en voyageant léger…

Et pour ce qui est des lecteurs qui veulent essayer de se guérir de leur propre mal info, Denis Muzet dans son petit livre n’en reste pas au diagnostic, mais propose aussi un traitement. C’est de l’automédication, mais ça semble concret, accessible, et ça pourrait être efficace. Ça n’est pas remboursé par la Sécu, mais ça ne coute que 3 euros et il y a plus à lire (en quantité comme en qualité) que dans trois numéros du Monde ou de Libé réunis. 😉

28 Comments

  1. Mais Hubert, à ton réveil, on pourra s’associer pour tenter de faire quelque chose pour améliorer la situation. 😉

  2. Superbe billet en forme de synthèse des réflexions et pistes qui animent ce blog. J’espère que beaucoup de d’étudiants en journalisme vont le lire, le relire, le transmettre…

  3. Très bonne synthèse, appuyée sur l’analyse en effet cruciale de Muzet. A laquelle on pourrait encore ajouter, que le récit (ou le film) de la catastrophe fait vendre, peut-être plus que tout le reste. Je travaille en ce moment sur la mythologie de la bombe atomique après la guerre, avec l’intuition à vérifier que cette figure forme la matrice du récit médiatique catastrophiste – un très bon produit!

  4. Quelque chose me dérange dans cet article : « Enfin, il s’agit de l’information telle que la font les journaux quotidiens sur papier ». Sous entendu : pas de l’information d’alerte, degrés 0.1 de l’info.
    Si je comprends bien le raisonnement, la presse quotidienne meurt car elle a perdu « son pigeon » qui la finançait en achetant le journal pour les soft news. Aussi, ce qui intéresse les gens, c’est le buzz, l’information d’alerte, l’immédiateté… en témoigne l’audience des JT, des chaînes infos en continu, de la radio, d’internet. Tout le contraire de l’analyse, du recul, de la mise en contexte qui devrait être le cœur de métier du journaliste.
    Mon interrogation est simple : peut on vraiment être convaincu de la soit disante qualité de l’information proposée par les quotidiens papiers ? Libé, Le Figaro, Le Monde serait de l’Information avec un grand I. Ceci, j’en doute. Eux aussi suivent le buzz, eux aussi proposent peu de valeur ajoutée. C’est la presse que B. Poulet décrit comme morte.
    Je m’étrangle également quand je lis qu’Envoyé Spécial est une bonne émission de reportage et d’investigation. Certes il y a pire, les émissions racoleuses comme Les Infiltrés, mais de là à dire qu’Envoyé Spéciale est une émission de qualité…Le mieux reste l’ennemi du bien.

  5. Je m’arrête au milieu de l’article. Je le reprendrai plus tard, mais j’ai du mal à supporter pareille énormité énoncée de façon aussi professorale… mais totalement fausse.
    “les JT du soir des principales chaînes regroupent tous les soirs près de 20 millions de Français” det plus loin “pour ce qui en est aujourd’hui de l’information de masse, quotidiens papier payants contre JT à la télé : on en est à 10 contre 1 ! La partie est terminée.”

    Deux infos donc :

    1/ les quotidiens en France en se résument pas -et de loin- aux quotidiens nationaux. La PQR fait à peu près 3 fois leur diffusion. La diffusion moyenne des quotidiens en France, PQR et gratuits compris, n’est donc pas de 2 mais de près de 10 millions d’exemplaires.

    2/ vous comparez l’audience de la TV à la diffusion des quotidiens. S’il vous plait, un peu de vigilance ! La diffusion c’est le nombre d’exemplaires, l’audience, le nombre de lecteurs de ces exemplaires diffusés. L’audience totale de la Presse Quotidienne chaque jour est de 23,594 millions de lecteurs… (Source : http://www.audipresse.fr/epiq2009/PQUG%20Audience23.html)

    La presse quotidienne rassemble chaque jour PLUS de Français que les JT toutes les chaines de TV réunies.

    Vous pourrez toujours arguer que les gratuits et/ou la PQR ne sont pas votre propos, mais alors quel intérêt d’aller chercher des comparaisons aussi étranges que le Monde avec TF1 ?

    Allez, je remonte là où j’ai laissé votre article !

  6. @ Bruno

    Je me demande bien pourquoi je devrais répondre à quelqu’un qui émet un avis sur un billet qu’il n’a pas lu, renvoyant à d’autres billets qu’il n’a pas lus non plus (vous auriez dans ce cas la réponse à votre problème). J’espère que vous n’êtes pas étudiant en journalisme, mais si c’est le cas vous êtes déjà fin prêt pour devenir critique littéraire à la télé, pour parler brillamment des livres que vous n’avez pas plus lus que ce billet.

    Cordialement.

  7. @ AAA

    Je m’en tiens pour ma part à une approche que j’estime plus objective que la vôtre du traitement de l’information. La comparaison me semble claire entre le traitement d’un événement dans un quotidien, quel qu’il soit, en un article de plusieurs milliers de signes et celui de la radio et de la télévision en quelques dizaines de secondes, ce qui veux dire l’équivalent de quelques centaines de signes seulement. Pour ne pas parler du contenu d’une édition complète du Monde (plusieurs dizaines de pages grand format), par rapport à un journal TV de 20 heures : faites juste l’essai vous mêmes un peu pour voir et ressaisissez au clavier la totalité de ce qui est dit dans un JT pour remettre en page le tout au format du Monde. Vous verrez combien ça fait de page. On en recause après (et si je vous dit ça, c’est d’autres l’ont déjà fait avant vous et je sais d’avance ce que va donner la petite expérience à laquelle je vous convie pour votre édification personnelle).

    Pour ce qui est d’Envoyé spécial, vous prenez quel point de repère pour votre jugement, les reportages diffusés dans le Grand Journal de Canal+ ou ceux de chez Ruquier ?

  8. J’avais parlé de newsjunkie et révélé mon addiction, mais je ne sais pas s’il faut parler de mal-info dans certains cas. Il est aussi des curieux touche-à-tout qui veulent prendre le pouls du monde et qui cliquent les URL raccourcies de leurs flux parce que la personne qui l’émet est digne de confiance et constitue d’habitude un poteau indicateur de contenu intéressant. Souvent, il s’agit de billets, dossiers et articles, et pas de simples “alertes”.

    En revanche, la consommation boulimique et en boucle de la même information permanente (et parfois sur plusieurs supports : radio sous la douche, quotidien gratuit dans le métro, écran au bureau, télé dans le salon) est intéressante. Je ne sais pas si le phénomène est français ou plus global, mais il y a quelque chose de rassurant à se dire que l’on se tiendra prêt éventuellement s’il arrive quelque chose. Quoi, on ne sait pas trop, mais comme tu le soulignes la menace est aujourd’hui diffuse autant qu’imprévisible : un volcan, la météo, un terroriste, une grève massive, une pandémie, un krach, des émeutes, un plan social… Car si l’info récurrente et quasi invariable a un rôle calmant, il serait intéressant de le mettre en relation avec la surconsommation d’antidépresseurs dont l’Hexagone s’est fait une spécialité.

    Tu parles beaucoup des quotidiens, mais peut-être que les quotidiens nationaux généralistes n’ont plus de sens aujourd’hui ? Il y a un quotidien “sportif” (en fait : 80 % de football me souffle-t-on), il y a deux quotidien de l’économie, pourquoi n’y en aurait-il pas d’autres, spécialisés ? En politique, en people, en international. Bien sûr, pas au prix des quotidiens actuels…

    Un journal doit-il proposer une “vision du monde” et embrasser l’ensemble des thématiques ? Je n’en suis plus sûr. Quand j’achète un quotidien, j’ai l’impression de payer trop de pages qui ne m’intéressent absolument pas. Les pages saumon des cotations boursières du Figaro ? Mais je n’ai pas envie de payer pour des séries de chiffres qui ne me parlent pas ! Les pages culture du Monde ? Je ne m’y reconnais pas souvent. Les pages jeux / météo de Libé ? Sans intérêt. Les pages sport de tous les quotidiens ? Je ne les regarde même pas. Nous sommes tous un peu des pigeons comme tu le dis, parce qu’on nous fait payer (par la publicité, les subventions et les sujets qui “marchent”) pour des choses qu’on ne veut pas. Et dans une époque très libérale, je m’étonne que personne ne procède à des calculs marginaux. 1,30€ pour 2 articles, 3 brèves et un dossier, soit 15 minutes en tout, c’est au moins 1,10€ de trop pour 40 pages alors que ce que j’ai lu tiendrait sur 4 (allez, 6 avec les pubs).

    Un peu de grain à moudre sur le format mitraillette / spectacle de Canal + : j’avais décortiqué le temps de parole du Grand Journal pour Tout ça (http://tout-ca.com/2010/02/01/la-grosse-mystification-du-%C2%AB-grand-journal-%C2%BB).

  9. @ ?

    Votre mépris ne vous rend pas vraiment service. Mais peu importe, je ne suis ni journaliste ni étudiant, et ai malgré tout le sens de la rigueur. J’ai lu votre article jusqu’à son terme et vous allez donc pouvoir éclairer ma lanterne que les liens et vos autres billets malheureusement illuminent peu :

    1/ pourquoi comparer une diffusion à une audience ?
    2/ pourquoi réduire les quotidiens payants à leur plus petite part : les quotidiens nationaux ?

    Accessoirement, puisque ma lecture complète et assidue vous autorise à considérer mes interrogations, j’apprécierai beaucoup de savoir quelle source fiable indique que “les rubriques les plus lues – et de très loin – dans les quotidiens, ce sont la météo, l’horoscope et les mots croisés” ?

    Si cette source existe j’en aurai un usage professionnel tout à fait intéressant.

    Je conçois que mes réactions psycho-rigides vous paraissent agaçantes, mais peut-on s’étonner qu’un lecteur s’intéresse aux chevilles de certaines argumentations dans un post sur le journalisme, et même sur ce que devrait être le journalisme, fait de pédagogie, de recul et d’investigation, si je vous ai bien lu.

    Ces remarques n’altèrent d’ailleurs en rien l’adhésion qu’on peut avoir à vos thèses et observations, mais elles auraient pu les enrichir. Encore eût-il fallu les considérer.

  10. Alors la bravo, je n’aurais pas pu trouver mieux comme phrase que celle ci:

    “C’est le règne du zapping, le vide sidéral de TF1 et Canal+ qui se propage à tout l’espace : une timeline médiatique interneto-audiovisuelle qui ne renvoie du monde que l’image d’une succession sans fin et sans aucun sens de courts messages à la Twitter et de vidéoclip à la Youtube.”

    Je suis entièrement d’accord…

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  11. @ Bruno X

    J’hésite encore avant de me faire une opinion à ton sujet. Sais-tu vraiment où tu as mis les pieds en débarquant ici ? Es-tu un lecteur de ce blog de longue date ? Combien des 600 billets de ce blog as-tu lus ? As-tu perçu cette idée, que je défends ici depuis quelques temps déjà, que ce blog n’est rien d’autre que l’expression d’une “pensée en train de se faire” et qui prend le risque de s’exposer en public, au risque justement de ses imperfections et de ses insuffisances ?

    Et d’ailleurs, tu es qui, toi, pour te permettre de venir chez moi chier dans mon salon ?

    Commence donc un peu par te justifier toi aussi d’abord, juste pour commencer. Moi, je ne fais que ça ici depuis plus de trois ans et quelques millions de signes déjà publiés. Et toi ? (l’adresse de ton blog, STP ?)

    On en recause quand tu veux. Et sur ton blog, si tu préfères…

    Cordialement.

  12. @ Hubert

    Faire quelque chose ? Pour commencer: refuser d’écrire court ! Mais je crois qu’en ce qui te concerne, sur InternetActu, comme pour moi, sur novövision, c’est acquis… :o)

    Pour le reste, ça mérite qu’on en discute, non ? 😉

  13. navric dit “que reste-t-il de la démocratie alors ?”

    J’allais dire, ouf, un “gros mot” vient de gâcher la fluidité du message mais, après une seconde réflexion, pas vraiment. Que reste-t-il du “spectacle” ? Eh bien, votre message donne clairement la réponse, du spectacle.

  14. @Narvic. Je te suis (dans tes pas de côtés ou dans tes analyses) depuis un moment déjà. Et je trouve ça particulièrement stimulant. Ta capacité à te placer en déséquilibre (propension ancienne, je crois!) te permet d’avoir souvent une intuition d’avance. Et comme tu te donnes le temps, ces intuitions se transforment généralement en analyses éclairantes. Mais il t’arrive, comme tout le monde, d’avoir des pré supposés trop bien établis.

    Cette vieille lune de la prétendue supériorité de la presse sur la tv en matière de quantité d’informations véhiculées en est un. “Un JT”, nous assénait un prof à l’école de journalisme (oui, moi aussi, mais il y a plus longtemps), un JT tient dans une seule page du Monde!” Déjà à l’époque, ce raisonnement me semblait assez bancal. Comment pouvait-on en toute rigueur, comparer en termes de signes, un texte et un contenu mêlant, mots, images et sons ? Parce qu’hier pas plus qu’aujourd’hui (“ressaisissez au clavier la totalité de ce qui est dit dans un JT pour remettre en page le tout au format du Monde”), on ne prenait pas en compte le contenu informatif de l’image et du son d’ambiance. Pourtant, la moindre description d’un paysage ou d’une atmosphère prend bien quelques lignes à un reporter de presse écrite. Après mes premiers reportages TV, j’ai rajouté un terme à l’équation, le montage. Bien plus qu’une technique d’assemblage. Un langage, avec sa grammaire (très évolutive) et son vocabulaire.

    S’il fallait traduire en signes, le contenu informatif d’une image et le sens produit par un rapprochement d’images et de sons entre-eux, est-ce que l’équation serait toujours aussi “déséquilibrée”?
    Mais le fait est que les écoles de journalisme et beaucoup de concepts ont été crées au temps du texte roi.
    L’oxymore “presse audio-visuelle” témoigne de ces racines historiques professionnelles.

    Et finalement, c’est le net qui aura donné tout son sens à ce concept de “presse audio-visuelle”. Et fait apparaître ainsi un potentiel nouveau. Celui d’une information augmentée.

    Si les journalistes de télé, par exemple, pouvaient prendre conscience de cette formidable opportunité : pouvoir mêler textes, images et sons, infos et données, illustration et récit, opinion et services, réactivité et profondeur, linéarité et durée d’exposition, universalité et interactivité.

    SI FTV pouvait prendre conscience de son potentiel en la matière : au quotidien,400 caméras, 800 cartes de presse, une omni présence territoriale (régions, outre mer), des dizaines de documentalistes, des graphistes..

    Les patrons de presse écrite eux ne s’y sont pas trompés. Partout en Europe, ils tentent de limiter le développement web des télé et radios publiques ….pour cause de concurrence déloyale (argent de la redevance).

    Il y a de la place pour de la “bonne info” sur le net et pas seulement dans des recoins connus des seuls explorateurs ou partagée par les veilleurs. Notamment de la bonne info de service public…

  15. @ miltrist

    Je suis d’accord que le service public (radio, comme télé et web) place effectivement la barre souvent plus haut que “le privé” en matière d’information, en général.

    Sur la “quantité d’information” respective de l’écrit et de l’audiovisuel, on ne dispose pas vraiment d’instrument de mesure fiable, bien entendu. Sauf que… Quelle proportion parmi les images diffusées par la TV en illustration des reportages des JT ne sont que des images prétextes dont le contenu en information est en réalité quais nul ? Je crois me souvenir de remarques fort pertinentes de Jean-Luc Godard à ce sujet, qui me semblent toujours aussi valables aujourd’hui.

    L’essentiel des JT n’est toujours, à mon avis, que de la radio illustrée. Une véritable utilisation de l’image pour véhiculer de l’information, on n’en trouve à mon avis que dans les documentaires…

  16. Quelle arrogance et quelle vulgarité !

    C’est impressionnant. Les remarques de Bruno sont pourtant tout à fait pertinentes et cordiales.

    Les 600 billets de novövision seraient donc un Opus Magnum exigeant humilité et acquiescement béat ? Et sous prétexte d’une “pensée en train de se faire”, on ne pourrait soulever aucune critique ?

    Il faut fermer les commentaires si le professeur Narvic ne souffre aucune contradiction…

  17. @ Courageux anonyme

    “Vulgarité”, “arrogance”, “mépris”… Mais je rêve !

    Le premier vient ici, commentant pour la première fois, en commençant par me dire que j’avance “des énormités” “totalement fausses” sur un “ton professoral” alors qu’il avoue qu’il n’a pas lu ni le billet qu’il commente, ni ceux qui lui sont liés, et je devrais prendre ça comme une gentille invitation au dialogue !!

    Le second vient à son secours sans voir que la vulgarité et l’arrogance sont précisément dans l’anonymat de son propre commentaire.

    Alors non, certainement pas, je n’ai pas ouvert ce blog pour m’affliger ce genre de commentateurs. Je les laisses aux champs de bataille stériles de bien des sites de médias. Ici, c’est un blog, c’est un salon, et c’est le mien. Vous vous êtes trompé d’endroit.

    Ici, l’espace des commentaires est ouvert à ceux qui souhaitent dialoguer avec moi, de bonne foi, et uniquement à ceux-là. Et cette bonne foi, j’en suis ici le seul juge. Je ne suis pas masochiste au point d’offrir ici gracieusement l’opportunité pour des anonymes de venir m’invectiver. J’ai un conception autrement plus haute que ça du dialogue.

    Vous allez peut-être finir par me convaincre qu’il est plus judicieux, en effet, de passer à la modération a priori, ou bien d’imposer une inscription préalable avec une adresse mail valide.

  18. @narvic

    A la relecture, je vois bien que j’ai ripé dès le début. Le commentaire sur le “ton professoral” etc. était bien lourd et peu approprié. Une réaction un peu rapide, sanguine, mais il est vrai que je commente peu habituellement les blogs.

    Donc on ferme le ban. N’ayant pas de goût pour les insultes, je ne viendrai plus dans votre salon, mais contrairement à ce que vous pensez j’y venais souvent. J’ai également un blog http://anacoluthe.blogspot.com/ sur lequel je poste de façon assez parcimonieuse, par manque de temps. Vous pouvez y faire vos commentaires quand vous voudrez.

    Je ne comprends pas bien le procès en “justification” et, pour finir, je trouve dommage que l’idée que vous vous faîtes de vos lecteurs conditionne vos réponses, mais encore une fois, j’aurai dû commencer autrement. Tant pis pour mes questions.

    Et effectivement, si les nuées vous ennuient, mieux vaut faire de votre salon un club privé.

    Bruno

  19. Dommage que Bruno s’en aille sans avoir eu sa réponse… Une bordée d’insultes, oui, mais de réponse à sa question, point.
    Drôle de façon de concevoir l’argumentation.
    Arrivé sur votre blog par un buzz Google, j’ai lu votre article avec intérêt et attention. Très bonne 1ère impression sur votre travail.
    Mais la lecture de votre échange avec Bruno m’a sacrément refroidi.
    Ok, son introduction n’était pas des plus habiles, il l’a lui-même reconnu. Mais ses remarques méritent réflexion. Qu’est-ce que c’est que cette attaque sur la personne ? Êtes-vous à ce point à court d’arguments que l’agression soit votre seule réponse ? “Chier dans votre salon” ? Claaasse….

    Donc ne m’en veuillez point, cher Monsieur, si je vous annonce que ma 1ère visite sera également la dernière (même si je pense que je ne vous manquerai pas trop). Je vous laisse à vos fans qui, apparemment, sont les seuls à avoir droit de cité.

  20. @ Bruno

    Dont acte. Et toujours bienvenu sur ce site, du moment qu’on ne commence pas me dire que je suis un con, pour attendre ensuite que je réponde aux questions qu’on pose au con. 😉 Ailleurs, ça se passe peut-être comme ça, mais pas ici… Et c’est pas d’hier que c’est comme ça la règle dans cette maison…

    @ Seb Garcia

    Etonnant que vous ne considériez que le ton de ma réponse, sans vouloir considérer celui de la question initiale (sur laquelle Bruno s’explique d’ailleurs ci-dessus).

    —-

    Sur le fond : Il est vrai que je mets en parallèle un chiffre d’audience (celui des JT) et un chiffre de tirage (celui des quotidiens nationaux). Ce n’est peut-être pas totalement satisfaisant statistiquement, mais faute de mieux, c’est la comparaison qui me parait la plus valable.

    – Mes chiffres sont ceux de la Direction des médias (organisme gouvernemental), tiré de l’annexe d’un rapport officiel bien connu (suivre le lien pour la source). La plupart des sources concernant la diffusion de la presse quotidienne sont à mes yeux douteuses (sur cette question des trafics de statistiques d’audience courants dans la presse quotidienne, se rapporter, notamment, au livre d’Emmanuel Schwatrzenberg, chroniqué dans la bibliothèque de ce blog. Je ne vous mets pas de lien. Vous chercherez).

    – Non seulement le tirage est sujet à caution, même contrôlé par l’OJD (fausse facturation courante pour l’encre et le papier pour gonfler artificiellement les chiffres), mais la diffusion elle-même l’est encore plus (fournitures d’exemplaires “de complaisance” dans les hôtels et les aéroports, par exemple). Ensuite, le calcul permettant de passer du tirage à l’audience, à travers la diffusion, est une extrapolation qui n’a rien de scientifique (tirage, moins bouillon, multiplié par un coefficient de circulation au numéro qui est tout simplement arbitraire – et manifestement exagéré).

    – Ensuite, je refuse de mélanger le tirage de la presse nationale et celui de la presse régionale quand il s’agit de traiter de la couverture – comme précisé – de “l’information politique et générale, nationale et internationale”, qui nous occupe dans ce billet. [pour ce qui est du tirage de la presse régionale, se reporter au billet consacré à cette question, cité dans le texte – Pour ceux qui ne l’auraient pas vu !]. Car, la couverture de l’info générale par la presse régionale, pour la connaitre très bien, et pour avoir moi-même contribué à la faire durant des années, est finalement encore moins consistante que celle des JT.

    Ne reste de l’objection, un peu rapide à mon goût, de Bruno, que pas grand chose au final.

    Tous les éléments qui figurent dans cette réponse sont accessibles sur ce blog, ce qui n’apprend rien à ceux qui le lisent régulièrement, et pour les novices… qu’ils cherchent un petit peu avant d’intervenir (il y a Google, et même un moteur interne à ce blog).

    Alors voilà, je viens de faire une réponse pour vous dire que la réponse à votre question figure déjà dans ce blog. Si je passe mon temps à me répéter pour chaque nouvel arrivant, tenir un blog n’a plus le moindre intérêt pour moi.

  21. Citation de narvic :
    “le calcul permettant de passer du tirage à l’audience, à travers la diffusion, est une extrapolation qui n’a rien de scientifique (tirage, moins bouillon, multiplié par un coefficient de circulation au numéro qui est tout simplement arbitraire – et manifestement exagéré).” …

    Non. Depuis 40 ans que l’AUDIENCE de la presse est mesurée, et ceci est valable dans le monde entier, l’audience n’a jamais été un coefficient de circulation applique a la diffusion ! L’audience est une mesure par sondage qui n’a rien a envier en termes de sérieux a celle de la TV. Elle est réalisée chaque année auprès de 25 000 personnes (3500 pour la TV) par Audipresse (www.audipresse.fr). L’étude des quotidiens (EPIQ) est d’ailleurs controlee par le comite scientifique du CESP, comme d’ailleurs l’étude Mediamat de la TV.
    Je pense que les AUDIENCES TV et presse sont vraiment comparables.

  22. @ Kacem

    Comment vous dire, au regard du passif, que je ne suis pas du tout convaincu ? D’autant que la mesure d’audience des sites sur internet, par exemple, a donné lieu exactement aux mêmes dérives dernièrement… (nombreuses références sur ce blog, pour qui veut bien se donner la peine de chercher…)

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