le salon

Pas de blackout chez narvic

Pas de blackout chez Eolas, et Authueil ne portera pas le deuil. Moi non plus.

Ce n’est pas faute, pour moi comme pour les deux blogueurs pré-cités, d’être opposé au projet de loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet et de l’avoir déjà dit depuis bien longtemps.

Et même d’avoir tenté d’expliquer les raisons de fond, bouleversant l’économie des industries de la culture et de l’information, qui font de cette démarche, à mon avis, un illusoire barrage contre le Pacifique, inefficace, et surtout… dangereux pour les libertés publiques : Comment internet disloque les industries de la culture et des médias

La Quadrature du net, qui fait par ailleurs un excellent travail pour essayer de faire comprendre pourquoi ce projet de loi est une très mauvaise idée, nous propose aujourd’hui d’organiser un blackout du net français. Je ne pense pas, à l’instar d’Eolas et d’Authueil, que ce soit une très bonne idée non plus, ni un très bon moyen d’action. Je ne m’y associe donc pas.

Je resterai donc en ligne, pour continuer à dire en ligne que ce projet de loi doit être rejeté, en espérant que nos parlementaires nous entendent. Oui, plutôt que de me taire, continuer à parler. Ne pas déserter le terrain. Bien au contraire.

Si je ne suis nullement un expert dans cette question, et je me garderai donc d’entrer dans une vaine tentative de démonstration au delà de mes capacités, je peux en tout cas vous faire profiter de mes lectures, celles qui m’ont convaincu et me convainquent chaque jour un peu plus de l’inanité de ce projet de loi. Si le web français s’éteint à cette occasion, il restera donc quelques lumières allumées pour dire pourquoi nous sommes contre.

Dans mes lectures récentes, je vous conseille donc également celles-ci, en complément :

« Hadopi est une mauvaise réponse faite par des gens désemparés »

(ReadWriteWeb France) Très intéressant entretien avec l’économiste Patrick Waelbroeck, qui met en évidence l’inefficacité prévisible de la loi Création et internet (Hadopi) et ses effets pervers attendus. L’un des risques est d’accentuer un clivage générationnel dans l’usage des technologies et la consommation des biens culturels, et d’encourager chez les plus jeunes le développement de pratiques underground.

Standblog : quelques liens pour se documenter ailleurs

Je reste en ligne… et à l’écoute. Car si le web s’éteint… on ne le verra plus. S’il se tait, on ne l’entendra plus.

6 Comments

  1. Narvic,

    Comme je l’ai déjà fait remarquer chez Authueil, l’important est de provoquer un écho rapide à la campagne menée par la Quadrature.
    En parlant de ce blackout sur vos blogs, même si vous ne changez pas l’apparence de ceux-ci, vous participez à la campagne. Et c’est ce qui importe, au final ;).

    P.S: Je pense que votre impact est même plus grand qu’un simple blackout, puisque vous proposez d’autres liens que ceux de la Quadrature, que Authueil conseille sur ce qu’il ne faut pas faire avec un député, et que Eolas préconise une action plus directe.

  2. @ Waldgänger

    L’enjeu de cette affaire, à mon avis, n’est pas tant de nous exprimer sur internet que de convaincre nos parlementaires, car c’est bien au Parlement que se fait la loi, et pas dans les blogs.

    Internet est un moyen d’expression et un lieu de débat, mais ce n’est pas là, ni dans la rue, que doit se tenir, à mon avis, le coeur du débat démocratique. Je préfère tenter de faire appel à l’intelligence de nos représentants, en prenant au sérieux le jeu de la démocratie parlementaire, qui procède du suffrage universel.

    On sait tous bien qu’internet ce n’est pas exactement le suffrage universel. Peut-être un jour, mais pas pour le moment…

  3. Bonjour,

    Je suis, hélas, d’accord avec toi. Le blackout est une réponse émotionnelle à une question technique.

    Cela dit je ne crois pas qu’on puisse ignorer la réponse internet, et par extension la réponse publique.

    Les blogs publics peuvent influencer un mauvais processus legislatif: en posant les bonnes questions par exemple.

  4. Le débat au Parlement est quand même largement déligitimé. Certes protester sur internet ne portera pas loin mais le parlement est tenu par les règles d’une majorité et d’un exécutif qui agit au nom des lobbies de la musique et du cinéma. Lobbies qui sont libéraux quand ça les arrangent mais appellent à la loi et à l’Etat pour n’avoir pas su s’adapter et n’avoir pas compris que de nouvelles entreprises se lèvent pour les relayer, certaines avec une philosophie bien différente.

    Plus largement, on peut quand même douter de la pertinence d’élus issus du suffrage universel certes mais qui par le mode de scrutin ne représente pas plus de 70% de la population en excluant de fait certaines forces politiques, y compris les plus nauséeuses. On peut aussi s’interroger après avoir vu la représentation nationale voter un texte (traité de Lisbonne) contraire à un référendum dans lequel s’était exprimé la volonté nationale, oubliant que le peuple est, dans une démocratie, le seul dépositaire de la souveraineté nationale. Il y aurait aussi argument à trouver dans le comportement et le carriérisme d’élus qui sont en vase clos et sortent peu ou prou des mêmes moules.

    Plus fun et face à Hadopi, une chanson – c’est peu de chose – qui a le mérite de faire sourire dans le fondu au noir auquel a appelé La Quadrature du net : http://donjipez.wordpress.com/2009/03/01/the-hadopi-song-on-vimeo/

  5. @ Donjipez

    Je n’ignore pas – tu imagines bien – les limites et les défauts de la démocratie parlementaire. Mais je ne crois pas non plus, du tout, pour le moment, qu’internet soit une alternative acceptable quand il s’agit d’élaborer la loi.

    Développons-donc des argumentaires, apportons des informations, exprimons aussi des avis, des témoignages et des opinions. C’est à ça que peut servir internet. Mais je ne crois pas vraiment utile d’entrer dans une logique de rapport de force, alors qu’internet est très loin de représenter le suffrage universel.

    Il me semble d’ailleurs très intéressant de s’interroger sur ce que représente vraiment internet dans le débat public… C’était un peu le sens de ce billet

  6. juste en passant, et sur un autre sujet, pardon , je pose une question sur mon blog et j’aimerais bien avoir votre avis, d’autant plus que j’ai vu que vous collaborez à slate….
    merci d’avance

Comments are closed.