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Nicolas S***, peopolisation et saturation de l’espace médiatique

La stratégie de saturation de l’espace médiatique et de recours effréné à la peopolisation en politique, mise en place depuis des années par Nicolas S***, atteint aujourd’hui un niveau de déploiement aussi hallucinant qu’inquiétant pour la démocratie.

L’overdose est telle que nous sommes tous aujourd’hui proche du malaise. Le coma médiatique total nous menace. Il est temps de faire quelque chose, et avant tout de penser à soi-même et à sa propre santé mentale.

Première mesure de sauvegarde personnelle : le jeûne ! Ne plus écrire le nom de Nicolas S***, ne plus l’écouter, ne plus le regarder… Me mettre à la diète médiatique de Nicolas S***, l’effacer de mon quotidien, de mon paysage, de mon horizon.

Après cette cure d’urgence, nous envisagerons d’autres remèdes pour traiter le mal à la racine…
(image empruntée ici et un tout petit peu retouchée)

En septembre, on en était là :

(noir)“Ainsi, rendu au point où nous en sommes la question n’est plus celle de la critique des médias. La question posée est celle de la volonté délibérée qui est à l’oeuvre visant à les asphyxier pour obtenir d’eux une forme nouvelle d’instrumentalisation.” (Jean-Luc Mélenchon, “S*** invente un nouveau jeu mortel : l’asphyxie médiatique”, 26 septembre 2007)

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Au point qu’on en venait à ça : “Dans le même esprit de désintoxication, le Rassemblement pour la démocratie à la télévision (RDT) appelle, le 30 novembre 2007, à une grande “Journée nationale sans S*** dans les médias”. Mais cette initiative devait “faire un flop”.

(noir)“Il a formaté des interventions très compactes parfaitement adaptées à ce flux de l’information continue et multidiffusée. On ne peut comprendre 2007 sans pointer cette spécificité de la communication présidentielle. Tout d’abord, c’est une communication “présencielle”. Il a compris, mieux que d’autres, que les Français reprochaient depuis des années aux responsables politiques de n’être pas là où les problèmes surgissaient. Souvenez-vous de l’Erika, ou de la canicule de l’été 2003… S*** avait expérimenté la méthode au ministère de l’intérieur ; il refait la même chose à l’Elysée : il sort du château et va à la rencontre de la France qui a des problèmes. Sa présence a valeur d’action, presque de solution.

(noir)En second lieu, le président tient moins des discours qu’il n’envoie des cartes postales : le verbe s’efface, en réalité, derrière l’image quotidienne conçue pour le journal télévisé. Cette occupation maximale de l’espace médiatique, jusqu’à la saturation, impose une présence quasi ubiquitaire.

(noir)Nicolas S*** a instauré une nouvelle écriture médiatique de l’action politique qui rompt avec la solennité ou la rareté de ses prédécesseurs. Cette écriture est fondée sur l’emploi du symbole et du geste. Le poids de l’image est prépondérant : S*** est un illustrateur qui écrit la bande dessinée de l’action gouvernementale.”(Denis Muzet, sociologue, “Sa présence a valeur de solution”, Le Monde, 5 mai 2008)

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Et le “problème” n’est pas seulement là, et il n’est pas tout à fait d’hier :

(noir)“La peopolisation n’est en effet que l’avant-garde caricaturale de la démocratie d’opinion. Elle envahit en fait beaucoup plus profondément la scène politique que son strass et ses paillettes ne pourraient le faire croire. Elle incarne, elle symbolise en effet le triomphe de l’image sur le verbe, de l’émotion sur la réflexion, de la subjectivité sur la rationalité. Elle consacre la victoire de la séduction sur la conviction.”

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(noir)“Quand Nicolas S*** prononce, lui, de longs discours très charpentés, accumulant les propositions savamment iconoclastes, mais qu’il donne une accolade millimétrée à Johnny Hallyday ou qu’il se fait photographier aux côtés de son ami Jean Reno, il se comporte de façon complètement schizophrénique : il travaille des textes, contestables mais réfléchis, puis il met en scène des postures qui ne peuvent que les éclipser, jusqu’à les effacer.”

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(noir)“Il ne s’agit pas là de pittoresque marginal ou d’excès frivole mais du coeur même de la peopolisation et de l’essence de la démocratie d’opinion, donc d’émotion. L’univers politique est en effet submergé par ce mascaret-là. Cet été, la presse people a battu ses records de diffusion avec les photos volées de Ségolène R*** en maillot de bain ou celles de Nicolas S*** main dans la main avec Cécilia. Pendant ce temps, les quotidiens de qualité étaient à la peine. (…) Il ne reste plus qu’à remplacer les deux tours de scrutin par un jeu télévisé.” (Alain Duhamel, “Peopolisation, la politique toc”, dans Libération, 6 septembre 2006

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Mais au bout d’un an de pouvoir, le bilan est lourd et l’image est écornée…

(noir)En un an, la désillusion est complète, on est passé de l’illusion du pouvoir recouvré du politique au constat renouvelé de son impuissance. La conjugaison de l’aveu d’impuissance sur le terrain économique et de la réapparition du Nicolas S*** nerveux et agressif qui inquiétait les Français est désastreuse. Le roi est nu et il n’y a plus de pilote dans l’avion, au moment où se réinstalle l’insécurité généralisée, économique et sociale. (Denis Muzet)

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Du coup la stratégie semble changer

(noir)Je ne crois pas à un retour à une monarchie présidentielle à l’ancienne. Ce n’est pas S***, et il aurait tort. Le mode de gouvernance médiatique qu’il a inauguré n’a pas été remis en question. Ce qui l’a été, ce sont ses excès, le passage de la geste à la gesticulation, de la fresque à la frasque.”(Denis Muzet)

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Mais en fait, la nouvelle stratégie, c’est ça !(On notera au passage l’attitude assez putassière de Libération dans cette affaire, et cet éditorial d’anthologie de son directeur Laurent Joffrin qui invente l’“ouverture sentimentale” en politique., dans un pur moment de poésie journalistique !

Evidemment, les réactions des lecteurs sont violentes : “Dans un commentaire sur les messages reçus, publié dans l’édition de lundi de Libération, Didier Pourquery précise que “80% environ” des messages sont des réactions “de rejet, de fureur, de dégoût”, de condamnation, de mépris.” Mais l’objectif semble atteint : +43% de ventes !)

(noir)“Carla B*** est aujourd’hui le plus puissant outil de communication de Nicolas S***.”

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(noir)“Dans l’opération «reconquête de l’opinion» préparée à l’Elysée depuis que la cote de popularité de Nicolas S*** a touché le tréfonds des sondages, son épouse occupe une place majeure. A travers elle, il s’agit d’abord d’adoucir l’image du chef de l’Etat : voilà un homme apaisé, à la stabilité retrouvée, heureux en amour… Le message peut aussi se résumer ainsi : si une fille comme elle (artiste, de gauche, «jet-seteuse» rangée…) s’entiche d’un type comme lui, c’est qu’il ne peut pas être mauvais. «Il est fort ce S***», comme on entend au zinc.” (Antoine Guiral, “Un miroir qui éclipse mais valorise son mari”, dans Libération, 21 juin 2008)

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La saturation confine à l’overdose. Le malaise est proche ! Virera-t-il à la crise de fureur ou bien à la mélancolie ?

(noir)“Comme un polichinelle qui pendouille hors de sa boîte. Se souvient-on encore des joutes fiévreuses, du “casse-toi pauv’con”, des analyses pour contrer l’adversaire? Ces derniers temps – je le note au passage –, j’ai l’impression que le ressort est cassé. N’arrive plus à m’intéresser, le vendeur de journaux. C’est à la lumière de l’entretien de CBS dans Libé et du peu d’intérêt qu’il suscite chez moi et dans ma partie de blogosphère (ce type est si inconsistant que ce n’est que par ses femmes qu’on s’aperçoit des fluctuations de son image), que j’en prends conscience. Ses phrases, ses sauts, ses tics – S*** ne m’amuse plus. Non qu’il m’ait jamais beaucoup fait rire. Mais le goût de l’ironie ou de la caricature pouvait encore, il y a peu, atténuer l’amertume. Là, non. Même plus exaspéré. Je suis juste fatigué, dégoûté, honteux. Est-ce le KO par abandon? Le même que celui des grévistes, des syndicats, assommés par l’avalanche? Ou ce moment de l’histoire des tyrannies, du ressac où se préparent d’autres passions, plus dures et plus violentes?” (André Gunthert, “S*** ne m’amuse plus”, aujourd’hui sur Arhv)

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Une remède contre la mal info : le jeûne médiatique

Comme le conseille Denis Muzet, dans “La mal info” (2006, éditons de l’Aube), le premier temps de la thérapie, c’est “le jeûne médiatique”. Pour ma part, je m’y mets dès maintenant. Et j’oublie jusqu’au visage et au nom d’un certain Nicolas S***, qui n’apparaîtra plus sur ce blog avant un bon moment. D’ailleurs, comme vous le constatez : il a déjà disparu. :o)

2 Comments

  1. Et le plus putassier dans Libé était la page entière de réactions de lecteurs le lundi suivant… Même quand ça fait mal, ça fait encore vendre…

  2. @ André

    Laurent Joffrin semble tellement vouloir coller au plus près à sa propre caricature que ça m’en laisse pantois.

    Mais de quoi ce bonhomme est-il fait ?

    Un problème quand même, c’est qu’il emporte Libération dans ce naufrage.

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