sur le web

Mon blog préféré et mon blog détesté du moment

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(orange)Mise à jour (mercredi 9 juillet 2008 à 15h40) :(/orange)

Un article publié sur le site du journal 20minutes pointe vers ce billet. Cet article, signé V. G., est selon moi exemplaire d’“un bien mauvais journalisme”. Je m’en explique ici sur novövision.

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Luc (Ma vie en Narcisse), qui est d’ordinaire un très gentil garçon, me lance un défi. On peut voir ça comme une chaîne de blogs, et certains n’aiment pas. On peut aussi prendre celle-ci comme un exercice qui, finalement, m’amuse :

(noir)“Deux questions donc : quel est votre blog préféré ? Quel est votre blog détesté ?”

(/noir)

La première question est facile. Je pourrais me défiler en soulignant que j’ai déjà répondu largement : “Le Top23 novövision des meilleurs blogs en français”, mais ce serait pas de jeu, puisqu’il n’en faut qu’un. En fait j’ai déjà répondu aussi : “Laurent Gloaguen s’en va, Embruns reste en ligne !”, mais je n’ai pas vraiment dit pourquoi…

La seconde question est bien plus difficile. Elle l’aurait été moins, si la première réponse qui me soit venue à l’esprit n’avait pas déjà été prise par Luc lui-même : Jeanmarcmorandini.com, pour lequel je n’ai aucune difficulté à afficher moi-aussi publiquement ma détestation. A part lui, ce n’est pas si facile d’afficher sa détestation. C’est une démarche très agressive…

Contournons-donc un peu le problème, en modifiant la question selon la thématique habituelle de ce blog :

– qui fait, dans son blog, un journalisme d’avenir, qui innove et rénove ce métier en lui ouvrant de nouvelles perspectives ? C’est bien Laurent Gloaguen, d’Embruns (Et quelles perspectives ! Et quelle rénovation !). On lui a déjà dit qu’il était un média à lui tout seul. J’ajoute qu’il fait bel et bien du journalisme. Un genre journalistique pas si nouveau que ça d’ailleurs : il y a des antécédents. Laurent Gloaguen est un journaliste gonzo qui s’ignore..

– qui fait, dans son blog, un journalisme du passé, qui enterre ce métier, l’encrasse et contribue à sa perdition : Jean-Michel Aphatie (du coup : puni ! pas de lien !). Je laisse la parole à Jean-François Kahn pour l’explication de texte (dans Marianne n°584, de cette semaine, 2,50 €, interview remarquable toujours en kiosque) :

(noir)“Jean-Michel Aphatie, autre cas hélas, de soumission volontaire à la pensée dominante, explique que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes médiatiques. Déjà il avait ciré les pompes de Bernard Arnaud quand celui-ci s’était emparé des Echos contre l’avis de l’ensemble de la rédaction.

(noir)Voilà le problème : si les pouvoirs politiques et financiers peuvent peu à peu imposer leur loi aux médias – et pas seulement en France -, c’est que les pouvoirs en question trouvent toujours beaucoup de supplétifs parmi certains journalistes emblématiques qui font de ce ralliement le socle de leur propre réussite. Jusqu’au jour où… Regardez Robert Namias ou Alain Genestar !”

(/noir)

Je vous aime bien, Jean-François Khan. Je m’étais discrètement glissé dans l’auditoire, ce soir, de cette réunion de jeunes loups prometteurs qui vous avaient invité à parler de la presse et de son avenir. Vous portez vos soixante-dix ans avec une belle vivacité elle-aussi prometteuse, Jean-François (vous permettez que je vous appelle Jean-François ?). Mais vous avez renoncé au journalisme… Si c’est le prix à payer pour vous entendre dire de cette profession les vérités que les autres taisent, nous n’avons rien perdu avec votre retraite, qui ne s’annonce donc pas comme un retrait. Jean-François, vous devriez tenir un blog !

Pour vous y encourager, vous serez donc le seul et l’unique que je tague dans cette chaîne de blogueurs. Je vous explique, Jean-François : d’abord, il faut que ouvriez un blog ! C’est très simple à faire. Ensuite, il faut que vous poursuiviez la chaîne en relevant le défi que je vous lance. Ecrire un petit texte pour répondre à ces deux questions : “Deux questions donc : quel est votre blog préféré ? Quel est votre blog détesté ?”

J’ai pu constater ce soir que vous aviez Jean-François, une conception réellement très moderne et très libre du journalisme, bien plus que cet Aphatie, qui pourrait être votre fils ! Vous avez déjà tout compris du blog, vous me l’avez confirmé ce soir : écrire simple, court et direct, s’adresser directement à son lecteur, être sincère avec lui (pas sûr moi-même d’appliquer toujours toutes ces règles de base… Sauf la dernière !). Je suis persuadé que vous feriez, Jean-François, un excellent blogueur, que cette nouvelle expérience amuserait fort votre “nouvelle vie”, et vous permettrait de rester en contact avec ces lecteurs, dont vous aimiez tellement lire le courrier qu’ils vous postaient…

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Si Jean-François Kahn ne me lit pas, ce qui reste, tout de même, de l’ordre du possible : faites lui passer le message. Merci 😉

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Mise à jour (17h00) :

A la lecture du débat intéressant qui a lieu, ci-dessous, en commentaire de ce billet, et de la réaction de Nicolas (sur Versac), je réalise que le débat qui agite actuellement en profondeur la profession de journaliste, qui vit actuellement une crise majeure, n’est guère relayé par les journalistes eux-mêmes à l’extérieur…

Les propos en public de Jean-François Kahn apparaissent ainsi à certains comme “alarmistes”, alors qu’ils ne sont que l’échos d’un malaise général partagé par une bonne partie de la profession.

J’ai réuni dans un billet quelques liens vers des billets rendant compte (dans les blogs de journalistes parlant des médias) de trois récents forums professionnels (à Paris et à Lille), qui ont tous témoigné de l’ampleur de ce malaise et du désarroi des journalistes : “La grande crise silencieuse du journalisme”.

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Mise à jour 2 (21h00) :

Ça devient franchement marrant cette histoire : au début c’est une chaîne de blogueurs dans laquelle m’entraîne Luc. En cours de route, Nicolas répond à mon billet, et maintenant, c’est Jean-Michel qui répond à Nicolas sur son blog. Je suis bien obligé de mettre un lien vers le blog de Jean-Michel maintenant…

Cette chaîne prend une tournure inhabituelle, mais ça reste une chaîne finalement. B-)

17 Comments

  1. C’est vrai qu’elle est bien cette interview (si on adhère à l’ethos un peu… exubérante… du personnage).

    Et si vous ne faites pas court, vous respectez le reste des principes. (D’après moi)

  2. Quand Jean-Michel Aphatie invite Patrick de Carolis, il est suffisamment informé pour deviner les propos très fermes qui vont être tenus. Je ne vois là aucune soumission au pouvoir en place. Pour le reste il ne suffit pas de répéter avec Jean-François Kahn des accusations de cirage de pompes à l’égard de Bernard Arnault, mais il serait plus juste de lire ce qu’en disait Jean-Michel Aphatie, qui est plus équilibré que cette dénonciation.

    Dans un format, certes à l’ancienne, je considère Jean-Michel Aphatie comme un journaliste tout à fait respectable qui ne vend pas tous les matins du Sarkozy (pour ou contre, peu importe, ça fait vendre : Marianne comme les autres)

  3. JMA est parfois tenace dans ses questions, mais la pertinence de ces questions est à revoir. Il s’attache trop au côté people, aux désaccords entre les personnes, aux petits mots assassins, mais sur le fond, les chiffres, les programmes, rien, quedalle.

  4. @ René

    Non, non et non. Je maintiens Aphatie à la place où je l’ai mis et pour une raison de fond que JFK aborde, mais qu’il ne développe pas. Je vais donc le faire.

    Aphatie est un éditorialiste de magistère, il conçoit ce rôle comme celui d’un arbitre des élégances, ce qui lui permet d’être un éternel donneur de leçons, sans qu’il ne dise jamais clairement d’où il parle, lui ! Cette position est aujourd’hui intenable. Aucun journaliste ne possède une telle légitimité. Pas plus lui qu’un autre.

    A l’écouter, ou à le lire, il serait donc possible, comme par magie, de faire de la politique en mettant totalement dans sa poche ses propres convictions. Cette prétendue neutralité (qu’il serait le seul à avoir et qu’il dénie à ses interlocuteurs) est une immense hypocrisie. C’est à la limite du mensonge pur et simple. Voilà le scandale Aphatie : la fausse promesse de la neutralité, qui en réalité, est une arnaque.

    Pour parvenir à maintenir les apparence de la supercherie, Aphatie doit se cantonner dans un discours politique qui relève de l’eau tiède, et de la moralisation bien-pensante, qui met la majorité dans sa poche, car comment pourrait-être contre la morale ?! C’est parce qu’il prétend faire de la politique sans faire de la politique, qu’il se trouve contraint de se replier sur le terrain de la morale, et il n’y a rien de pire en politique.

    Je sais pour qui votent des Claude Cabanne (L’Humanité), Alain Duhamel (Libération, etc.), Jean Daniel (NouvelObs) et JFK (retraité), parce qu’ils l’ont dit. Je devine pour d’autres parce qu’ils n’en font pas vraiment mystère : FOG (Le Point), Chiristophe Barbier (L’Express), Etienne Mougeotte (Le Figaro), etc.

    C’est exactement cela qui les rend plus légitimes, eux, à s’exprimer en politique qu’Aphatie : j’ai au moins des éléments pour juger de leur honnêteté sur le fond, je sais d’où il parlent. Et je peux mesurer le degré d’indépendance intellectuelle qu’ils ont réellement vis à vis de leur famille politique, dans la distance qu’ils sont capables de prendre avec elle : c’est exactement ça qui donne une valeur à leur analyse. Pas la supercherie de la prétendue neutralité d’Aphatie.

    Déjà que je n’aime pas, d’une manière générale, ce journalisme politique français, qui n’est que du commentaire, et qui ne va jamais sur le terrain chercher de vraies informations nouvelles, celui de ces éditorialistes “qui passent leur vie à l’Elysée, au Parlement et dans les ministères”, comme dit JFK, et qui n’ont plus rencontré un électeur en vrai en face à face depuis des années… Mais avec Apathie, et sa prétention à être au dessus de la mêlée, non, non et non, … je ne supporte plus.

    :o)

  5. @ Bob

    Tout à fait juste : comme Apathie ne dit jamais d’où il parle (en laissant planer ce doute qu’il serait capable, lui, de parler depuis les nuages), son discours est d’une platitude absolue. Il manque totalement de pertinence, car il reste volontairement cantonné à la superficialité des choses.

    C’est le degré zéro de la politique !

  6. Merci Raveline 😉

    Au fond, ça m’embête de faire court sur certains sujets, et en plus, c’est difficile et ça rend beaucoup plus de temps… C’est long d’écrire court !

    Et puis, finalement, je m’aperçois que certains de mes billets très longs ne sont pas moins lus que les autres.

    Alors, je crois que je vais continuer à varier les plaisir… Et de contribuer de temps en temps au concours du plus long billet de la blogosphère… :o)

  7. Peut-on reprocher à quelqu’un de ne pas savoir pour qui il vote alors qu’il affirme voter blanc ? Il ne va tout de même pas s’inventer une famille politique si aucune ne lui correspond suffisamment pour qu’il dépose son bulletin dans l’urne, si ? Je lis le blog d’Apathie depuis un ou deux mois, et il me parait évident qu’il est de centre droit, je ne l’ai pas vu se drapper (si ce n’est en apparence mais de façon bien légère et sans réelle conviction) derrière une prétendue neutralité.

    D’autre part, comme Apathie (désolé…) la théorie du complot et des media à la solde de Sarkozy me fatigue. Je ne préjuge pas vraiment de la réalité de ces propos, mais ça ne m’intéresse simplement pas. C’est branché d’être anti-Sarkozy, de voir sa main partout, de le comparer à Berlusconi ou Hitler, allons-y. C’est branché de parler de pensée unique, de journalistes à la solde du pouvoir, youpi. Ca fait vendre, mais je n’y vois pas d’information, rien qui fasse avancer le schmilblik.

    Les positionnements de droite comme de gauche sont aussi criticables les uns que les autres, les contradictions aussi fréquentes, et cela me parait être une position tenable de dire “ces politiques ne correspondent pas à l’image que je me fais de ma société”, sans pour autant s’ériger en baromètre ou jury universel et infaillible. Je n’ai pas ce ressenti côté Apathie, pour être honnête, et je n’arrive pas bien à cerner les critiques (j’ai récemment entendu Zeymour le citer dans une émission, juste pour faire un mot, et j’avoue ne pas avoir compris non plus, même si vous semblez avoir bien plus de réflexions derrière). Cela a peut-être peu d’importance 🙂

    En revanche, il est vrai que le style et les billets non relus peuvent être assez vite aggaçants. Et que les commentaires sont pour la plupart hors sujet et d’une médiocrité à toute épreuve.

  8. @ Pada

    Deux mises au point :

    – on ne parle certainement pas ici d’un quelconque “complot” dans les médias. Tout au contraire. Et on ne fait pas ici de “théorie” sur ce sujet.

    On tente au contraire de souligner un certain nombre d’informations et de témoignages, qui montrent qu’il y a manifestement un gros problème dans les rapports du pouvoir aujourd’hui avec les médias et dans son marketing politique.

    Mais on n’est pas en dictature ! (vous trouverez des tas d’informations – pas des “théories” – sur ce sujet en furetant sur ce blog, si le coeur vous en dit… 😉 )

    – sur Aphatie : je vous encourage à lire son blog, écouter ses chroniques à la radio et à la télévision plus en profondeur et sur la durée, vous rejoindrez peut-être alors mon point de vue…

    Mon point de vue qui est fort simple d’ailleurs : prétendre pour un journaliste être capable de parler de politique en mettant ses propres conviction dans sa poche, c’est une supercherie, que pourtant bien des journalistes politiques français maintiennent depuis des années.

    Cela contribue à faire croire qu’ils pensent tous pareil, alors qu’on sait bien que ce n’est pas le cas. Ça donne une image de pensée unique qui est toxique. Il faut arrêter ça.

    Qu’ils disent ce qu’ils pensent, et nous jugerons sur pièces.

  9. Jean-Michel Aphatie me donne surtout le sentiment que le conspirationnisme forcené de certains et les postures de preux chevaliers blancs des autres (quoique Kahn concilie fort bien les deux) exaspèrent profondément.

    Ce qu’ils dénoncent recouvre probablement une part de réalité mais le côté “je fais reluire ma probité” est assez gonflante.

  10. @Narvic,
    Il est quand même étonnant de reprocher à Jean-Michel Aphatie de se poser en donneur de leçons par comparaison avec Jean-François Kahn !! Même si j’aime bien ce dernier.

    Pour le reste, il y a différentes sortes de journalisme et de journalistes. De ceux qui sont engagés et dont on sait “d’où ils parlent” , au journaliste de terrain qui relate des faits, en passant par le chroniqueur qui exprime une opinion, jusqu’à l’interviewer dont fait partie Jean-Michel Aphatie.

    Cette diversité me plait bien, même si je regrette que le journalisme de terrain n’est pas une part plus belle.

    Jean-Michel Aphatie, dans son style, a choisi de ne plus voter. C’est une position personnelle que l’on peut commenter. Cela remet-il en cause un équilibre forcément imparfait qu’il tente de préserver dans le choix de ses invités, comme dans la teneur de ses questions ? Je ne le crois pas.

    Préfèrerait-on une alternance artificielle entre un nterviewer étiqueté de gauche, puis de droite, puis du centre, puis de …

  11. @ Koz

    Moi je vois dans la position d’Aphatie une posture, que je trouve profondément artificielle.

    Je ne crois pas que JFK dénonce une conspiration (je l’ai encore écouté attentivement et longuement hier soir, en petit comité) : il avance des éléments concrets, qui mettent en évidence la profonde sclérose du journalisme politique français, qui s’est enfermé dans un dialogue en tête à tête avec les politiques. Et ne va plus jamais sur le terrain à la rencontre des “vrais gens” (à l’exception de quelques très rares : Raphaëlle Bacqué, du Monde, par exemple).

    Il souligne aussi que le langage des journalistes français n’est plus approprié à son lectorat, que l’organisation féodale des rédactions est désuète, qu’aucun journaliste ne devrait rester au même poste plus de trois ans de suite, qu’ils devraient redonner de la place à la polémique : dire ce qu’ils pensent et dire avec qui ils ne sont pas d’accord, etc., etc.

    Vous voyez, ce que dit JFK est finalement très simple et concret. Et c’est tiré d’une expérience, que je partage.

  12. @ René

    Pour moi Aphatie et JFK sont dans une position totalement différente :

    – Aphatie s’est donné un rôle, s’est mis lui-même à une place, d’où il prétend faire de la politique sans en faire. Je ne partage pas du tout cette vision du journalisme, et même je “milite” contre !

    Le journaliste n’a pas une telle position particulière. C’est d’autant plus vrai avec internet, qui le fait descendre de son piédestal, pour parler aux autres d’égal à égal, au milieu de l’arène.

    Ce journalisme “à la Aphatie” est terminé. Le journalisme ne donne une quelconque légitimité à s’exprimer en public que lorsqu’on va chercher l’information à la source et sur le terrain. Ce que les journalistes politiques français ne font plus.

    – JFK est dans une position très différente : la place d’où il parle est celle d’un journaliste “jeune retraité”, qui fait part de son expérience à ses confrères, et qui met sur la table un certain nombre de faits que tout le monde soupçonne mais que les journalistes préfèrent ne pas regarder.

    C’est à partir de ces faits qu’il invite l’ensemble de la profession à réfléchir en profondeur sur le malaise de la profession, dont se font l’échos actuellement tous les forums professionnels, mais qui transparaît peu à l’extérieur (mais dont je parle beaucoup ici) :

    quelques informations dans ces billets sur le malaise général des journalismes:

    “La dernière chance des journalistes”
    “Face au net : des journalistes désemparés”

    Vous verrez l’illustration du malaise qui agite actuellement l’ensemble de la profession.

  13. En fait, si je comprends bien, ce qui vous dérange, c’est de ne pas connaître le positionnement politique d’Apathie ?

    Pourtant, il n’a jamais cherché à cacher son parcours. Il n’a jamais nié avoir été militant de gauche et adhérent au Parti Socialiste pendant de nombreuses années. Tout comme il n’a jamais caché son profond dégoût des manœuvres politiciennes qui l’ont fait partir.

    En fait, pour moi, son positionnement est très clair… Vous vous demandez d’où il parle, et au nom de quoi ? Et bien, il parle en tant que militant déçu de la vie politique française. Ce n’est pas suffisant ?

  14. @ Aymeric

    Ce positionnement me dérange parce qu’il se décrit comme non politique, mais se pose au dessus de la politique, sur un plan moral, surplombant, dégagée.

    Je n’aime pas cette position surplombante et moralisante tout en étant apolitique. Je la crois parfaitement artificielle. Pour moi, c’est une posture.

    Où bien, il s’agit-là d’une position réellement “politique” de JMA, qui exprime un dégoût profond pour les politiciens : alors qu’il se présente réellement en militant !

  15. Bonjour narvic,

    Je vous trouve à la fois très clairvoyant et un peu dur sur le coup…

    La lecture de l’article que vous indiquez (« ces journalistes complices de la mise au pas des médias ») est assez intéressante car retraçant quelques lignes de l’histoire des relations incestueuses entre les médias et le pouvoir, mais l’article le serait encore plus si JFK ne venait pas tacler individuellement certains confrères, sans véritablement démontrer ce en quoi ceux ci sont complices de l’opération de cadrage des médias. L’article s’avérerait passionnant et instructif si JFK n’usait pas de ce type de rhétorique capable de désarçonner définitivement le plus bienveillants de ses lecteurs : ” (à propos des journalistes complices du pouvoir) Il y a dans tout cela un coté T. Meyssan. Même quand Al-Quaida revendique les attentats du 11 septembre, et en décrit par le menu l’organisation, il y a des gens qui disent, “non, ça n’est pas vrai (…) c’est la CIA”. Et bien il se trouvera toujours des gens pour expliquer que Sarkozy n’exerce aucune pression sur les médias, précisément parce que Sarkozy exerce une vraie pression sur eux”

    Que Sarko tente d’exercer, inlassablement, une pression sur les médias, on peut volontiers le concevoir. Qu’il y soit parvenu et qu’il soit en passe d’y parvenir, la chose reste à démontrer. Car il me semble qu’il existe une addiction plus forte que celle d’être reconnu en haut lieux, c’est l’addiction morbide des medias pour le buzz, le buzz, ou l’illustration d’un conformisme grossier, plus avide et puissant encore si il emporte avec lui les symboles du pouvoir.

    Pour en revenir à Aphatie, vous avez raison de dire que c’est une figure du journalisme à l’ancienne. Son lectorat, ses notes rédigées comme étant une fin en soi, le fait qu’il n’investisse pas, ou trop rarement, la zone commentaire, sont autant de signes qu’Aphatie utilise le blog comme une autre rubrique d’un médias traditionnel. Pour autant, je n’ai jamais eu l’occasion de constater en lisant son blog les signes de servilité et de complicité que JFK dénonce. J’ai au contraire le souvenir qu’Aphatie, à l’époque ou tous les éditorialistes parlaient d’état de grâce permanent, était le premier des « journalistes emblématiques » à relever les incohérences de la politique de Sarkozy. Je crois d’ailleurs me souvenir que c’est sur cette indépendance de ton et d’analyse qu’il avait bâti le succès de son « blog ».

    “Aphatie, l’apolitique”: c’est vrai, je suis d’accord avec vous, cette posture est étrange, car incompréhensible pour le commun des mortels dont le cœur penche forcement d’un coté ou d’un autre. Ceci dit, ça n’empêche pas Aphatie d’être resté un militant dans l’âme : militer pour le non cumul des mandats, militer pour résorber la dette, militer pour la réhabilitation de la Turquie… un militantisme c’est vrai assez indéchiffrable puisque puisant ses points d’encrage de part et d’autres de l’échiquier politique, mais un militantisme de « cause » pugnace, obtus parfois, digne du plus revendicatif des adhérents de formation politique.

    Pour conclure, plus mauvaise utilisation du blog (en tant qu’outil), c’est très bien vu de votre part, ce qui n’’empêche pas Aphatie de faire bon usage de sa plume.

  16. merci de nous informer que les personnes en charge de nous informer nbe font pas bien leur métier.
    Mais j’avour que j’ai vraiment du mal à suivre JFK : à vouloir sortir le mot qui claque, il perd en nuance et en subtilité ce qu’il gagne en impact. Bref, c’est des gros titres, et pas mal de vent derrière.
    Quant aux attaques répétées contre JMA, j’avoue ne pas comprendre non plus : un intervieweur non complaisant, nuancé, qui dit sur son blog et même à l’antenne ce que certains ne disent quen off, ça fait du bien. Surtout quand la démagogie et le cliquant n’y sont pas . Contrairement à JFK
    bref.
    Enfin, sur la conspiration des puissants qui empechent les journalistes (des échos, du fig, etc.) d’écrire ce qu’ils veuelent ou pensent… franchement…c’est sérieux ?
    les apotres de la théorie du complot auraient besoin d’arguments plus solides pour convaincre !

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