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Médias : ne misez pas tout sur les jeunes

Des études suisses confirment que les adolescents continuent à avoir une pratique diversifiée des médias. Ils ne sont pas “perdus” pour les médias traditionnels, si une offre adaptée leur est proposée.

Mais est-ce que les jeunes comptent tant que ça ? Les moins de 15 ans sont deux fois moins nombreux aujourd’hui dans la société suisse qu’il y a 50 ans !

Au vu de l’évolution démographique, les personnes âgées, qui restent réfractaires à l’usage d’internet dans leurs loisirs, pourraient rester majoritaires… jusqu’en 2030.Swissinfo.ch rapporte un colloque récent à Zurich sur le comportement des jeunes suisses en matière d’information et fait état d’une étude de l’association Recherches et études des médias publicitaires (REMP) à ce sujet :

(noir)La REMP a commandé une étude passant au crible les habitudes médiatiques de 504 jeunes de 14 à 20 ans dans toute la Suisse, ainsi que leurs visions d’avenir. Première conclusion: les jeunes ne sont absolument pas débordés par le flux d’informations.

(noir)Seuls 21% répondent «oui» à cette question. «Mais la capacité multitâche des jeunes est une légende», selon Karin Jost, qui analyse les comportements des jeunes dans le magazine «report» de la REMP.

(noir)Selon elle, «on peut attester cette capacité dans certains cas particuliers, mais pas de façon globale. Internet est utilisé de façon ‘monomédiale’, tv et radio sont des médias d’accompagnement. La télévision domine encore pour tout ce qui est divertissement», écrit Karin Jost.

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Le magazine «report» de la REMP est disponible en ligne (au format .pdf).

Pas de convergence des médias vers internet

Il ressort de ces études que les jeunes souhaitent “en obtenir plus” en y consacrant autant de temps. Ils passent ainsi d’un média à l’autre (internet, journaux gratuits, magazines, télévision, téléphone) selon ce qu’ils cherchent :

(noir)Les ados savent parfaitement utiliser les médias, anciens et nouveaux, de manière complémentaire, en privilégiant la télévision pour les films et internet pour les informations de fond. Certaines des fonctions des anciens médias – mais pas toutes – sont remplacées : les jeunes consultent par exemple les magazines pour s’informer sur la diffusion de leurs émissions favorites et sur leurs groupes de musique préférés.

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Intéressant également, la vision d’avenir que les jeunes ont de leurs propres pratiques :

(noir)Frappant dans cette étude: les jeunes ont aussi été interrogés sur leurs intentions. Sans surprise, ils disent vouloir utiliser encore plus Internet, encore plus leur téléphone portable, et encore plus les «podcasts». La tendance change avec la radio: il y a égalité (27% chaque fois) entre ceux qui pensent l’écouter moins et ceux qui pensent l’écouter plus à l’avenir.

(noir)Au rayon suivant, celui des journaux, ils sont plus nombreux à dire sans ambages qu’ils en liront moins à l’avenir (31% contre 24% qui ont liront davantage et 45% qui en liront la même quantité). Les livres aussi ont du plomb d’aile: 38% prévoient des lectures moindres, à égalité avec ceux qui liront comme aujourd’hui. Enfin, du côté des magazines, les pronostics à la baisse (43%) dépassent les prévisions de stabilité (39%) et encore plus d’accroissement (18%).

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Les jeunes continuent d’avoir une pratique diversifiée des médias, et ne sont donc pas “perdus” pour les journaux (du moins les gratuits) et les magazines, si on leur offre des contenus correspondant à ce qu’ils cherchent.

Le vrai marché, ce sont les vieux

Pourtant, il ne faudrait pas regarder de manière excessive l’avenir des médias à travers le prisme unique de la jeunesse, pour une simple raison… démographique :

(noir)Egalement présent à Zurich, Ulrich Reinhardt, directeur de la «Fondation pour les questions d’avenir» de Hambourg a tenu à relativiser: n’oublions pas, a-t-il dit, que «les jeunes sont en minorité. Il y a 50 ans, il y avait deux fois plus de moins de 15 ans qu’aujourd’hui… N’axons pas tout sur cette tranche d’âge, d’autant plus que ce sont les plus âgés qui ont le plus de moyens économiques…»

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Sur Le magazine «report», il ajoute :

(noir)La majorité des personnes âgées de 50, 65 et 80 ans continuent de bouder l’ordinateur et internet. Compte tenu de l’évolution démographique, les personnes qui rejettent l’utilisation du PC (pendant les loisirs) resteront majoritaires en 2030. Il est même probable qu’elle ne s’intéresseront pas du tout à ce médias.

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