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Médias en ligne, une économie de bric et de broc [Presse Citron]

via A propos des médias en ligne, des revenus et des subventions – Presse Citron.

Le blogueur professionnel et indépendant Eric Dupin (Presse Citron) s’interroge, avec pertinence et sans mauvais esprit ;-), sur la solidité du modèle économique de certains pure-players de l’info en ligne lancés par des journalistes issus des médias traditionnels, de Rue89 à Mediapart, en passant par Arrêt sur Images et Electron Libre…

Il souligne la rapidité avec laquelle ces médias se sont institutionnalisés, intégrés par leurs pairs aux réseaux parisiens des médias professionnels.

Il note aussi l’étonnante capacité de ces médias à réussir des levées de fonds auprès d’investisseurs, tout comme leur agilité à obtenir des subventions publiques, alors que leur situation économique reste très fragile et incertaine.

Effets de copinage journalistique et parisien, proximité avec les institutions politiques, s’interroge le blogueur provincial (Lyon), avec, me semble-t-il, une petite pointe de malice. 🙂 Tout cela n’est-il que “châteaux de cartes” ?

Eric Dupin, sur Presse Citron :

“Voilà un peu ce qui me gêne dans ce type de modèle : la pérennité d’un site d’infos semble parfois moins dépendre de la qualité de son contenu et de certaines compétences en SEO/Webmarketing que de la capacité de ses fondateurs à lever des fonds ou à tirer des subventions. Je crains que cette façon de fonctionner ne révèle à terme des fondations très fragiles et ne provoque un effondrement tel un château de carte de certains médias en ligne, quand les actionnaires en auront assez de remettre au pot et siffleront la fin de la partie. Mais je suis aussi pragmatique : si la presse en ligne a encore besoin de financements externes pour assurer son développement et arriver à l’équilibre, soit, aidons-là.

De bric et de broc

On le voit, le modèle économique des sites de contenu et d’information en ligne français est loin d’être encore défini, et il est constitué aujourd’hui de bric et de broc : un peu de capitaux propres, un peu de pub, un peu de revenus hors médias, un soupçon de subventions, une pincée de levées de fonds et un saupoudrage d’abonnements. Auxquels on pourra éventuellement ajouter des revenus tirés de telle application iPad, à condition qu’elle en vaille vraiment le coup, ou d’autres à inventer sur un modèle freemium avec des goodies de valeur réservés à ceux qui souscrivent à une offre payante. le Huffington Post français reste encore à inventer.”

9 Comments

  1. Flatté d’être repris chez toi Narvic, tu es une de mes références en termes d’analyse de l’évolution des médias en ligne (sans malice) 🙂

  2. Je partage totalement l’opinion de M. Dupin (bien que la lecture de presse-citron ne soit pas ma tasse de thé). Le hasard m’a fait croiser Edwy Plenel dans les rues de Paris voici quelques jours, et j’en ai profité pour lui demander comment il comptait rendre ses articles achetables à l’unité. Sa réponse a été NON, abonnez-vous, ce n’est que 10€/mois, qu’est-ce que 10€/ mois ? Lorsque j’ai objecté que 10€ pour un seul titre c’était beaucoup il a semblé considérer que j’étais juste un affreux radin. La conversation s’est arrêtée là.

    Ma conclusion : qu’ils crèvent ! Un titre arrivera un jour avec des articles brillants ET le moyen pour les clients de les acheter, et Mediapart se fera bouffer. Tant pis pour eux. A mépriser leur lectorat ils ne récolteront que la faillite, et c’est très bien comme ça.

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