sur le web

Mediapart : des doutes, toujours des doutes

Je n’avais pas reparlé de Mediapart ici, depuis que “se sont refermées les portes du pénitencier” (je sais, ça fait deux fois et c’est toujours aussi mauvais. Mais ça m’amuse toujours autant :o) ).

Je n’en rajoute pas, après huit billets en un mois, essentiellement à charge… Et je souhaite bon vent à sa rédaction.

Mais toute une brochette de journalistes ont exprimé ces derniers jours sur le net encore et toujours les mêmes doutes sur ce projet qui a décidément du mal à convaincre… Donc j’y reviens quand même :o) (histoire de replacer mon smiley préféré de la semaine…-

– Sur l’Observatoire des médias : “Mediapart : un succès ?” : Nicolas Kayser-Bril se fait traiter de “petit marquis” par François Bonnet (directeur éditorial de Mediapart) pour avoir osé écrire :

Mediapart est une excroissance du journalisme papier, pas un modèle pour le web.


Rafale de journalistes en commentaires, Emmanuel Parody, Gilles Bruno ou moi-même, nous étonnons de l’absence de flux RSS, de newsletter, et de vitrine d’appel pour le site : “Clairement, ça ne s’adresse pas à moi…”

Alain Joannes voit dans ces doutes la confirmation de “l’existence au sein de la profession d’une “fracture” culturelle qui recouvre, évidemment, un clivage entre les générations”.

– Journaliste lui-aussi, Hugues, sur Commentaires & Vaticinations, suggère carrément à Edwy Plenel de passer rapidement au “plan oBs”, comme NouvelObs :

L’impossibilité, désolante mais manifeste, de vendre de l’information sur le Web, l’absurdité d’en bloquer la propagation par mails ou par liens hypertextes, et surtout l’existence de concurrents gratuits tout aussi préoccupés par la qualité devraient donc conduire l’équipe de MediaPart à réfléchir rapidement à un plan B. (…) D’où l’idée de l’adossement à un groupe de presse solide, poursuivant peu ou prou les mêmes objectifs en termes éditoriaux (…)


En commentaire, Poil de Lama est à ranger dans la catégorie “jeune génération” d’Alain Joannes :

Je n’ai rien contre l’idée du journal en ligne, mais le fait est là: moi, je ne lis pas ça; ça ne me fait pas envie.


– Journaliste encore, sur Le Phare, Gilles Klein, s’étonne d’un choix éditorial de Mediapart.

“Georges-Marc Benamou n’ira pas à Rome” mis en avant, comme l’une des quatre infos à retenir de la “conférence” de 19 heures :

Est-ce cela le filtre exigeant d’une équipe d’une trentaine de professionnels chevronnés comme il y en a peu qui nous donne une lecture de l’actualité ? Qui tire du flot quotidien des informations la subtantifique moelle ?

Ce qui fait réagir Koz (tiens, un avocat !) au quart de tour :

Plenel avait pour seul projet pour Libération d’en faire un journal anti-sarkozy. Il est assez logique que, aussi peu intéressante soit l’information, mediapart accorde une place importante au moindre fait qui puisse être ou paraître défavorable à Sarko.

– Journaliste enfin, Olivier Zilbertin, sur blogOZ.fr, se moque de ce que “Mediapart a dépassé les 5000 abonnés, mais pour lire cet article il faut être abonné…”, ce qui est en effet amusant…

Mais surtout, il s’est livré à un intéressant relevé :

En faisant la capture pour illustrer ce petit clin d’oeil amical, je me suis rendu compte d’une chose: regardez les mots des titres de la “Une” à ce moment là. Piégés, Guerre, Polémique, Violence, Crise, Arnaque, Réservé
Du coup, j’ai retrouvé la capture faite le jour du lancement officiel du titre, le dimanche 16 mars. C’est à peine plus joyeux, en tout cas c’est très vendeur: Choc, Soumission, Arme fatale, Fusion, Tourmente, Suppression

(noir)Le mercredi 19 mars, j’avais fait une autre capture de la “Une”, je ne sais pas plus très bien pour quelle raison au demeurant. En tout cas, l’analyse des titres reste dans le même ton: Affaire, Guerre sans fin, Irak, Guerre (encore), Commissaire, Suspend, Transgénique, Impliqué, Vols, Impasse, Question raciale… Je sais bien que l’information n’est pas un carnet rose, mais tout de même, je sors de là un peu groggy, étourdi, pour ne pas dire neurasthénique.


N’en jetez plus…