sur le web

Malaise dans le journalisme

Billet à double détente d’Alain Joannes, sur Journalistiques : il analyse en profondeur le contenu du véritable défouloir en ligne qu’est devenu le site américain des “Journalistes en colère”, et s’interroge sur la technophobie latente des journalistes français, telle qu’elle apparaît dans la dépêche AFP qui évoque ce site.

(noir)Défouloir en ligne(/noir)

En ligne depuis le début février, le site des “journalistes en colère” recueille aujourd’hui plus de 3000 commentaires :

(noir)(…) L’essentiel du site relève du défouloir, assez vulgaire et pauvre en arguments pertinents.

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(noir)On devine de réels sujets de préoccupations dans ce magma assez vulgaire de déceptions, plaintes, frustrations, craintes diffuses, gémissements et autres courroux plus ou moins recevables.
Il se confirme notamment que les patrons de presse ont bien, pour la plupart, l’intention d’exploiter les technologies électroniques afin de faire baisser les coûts au détriment de la qualité de l’information et des journalistes.
Mais, si les journalistes voulaient bien s’emparer, eux, de ces outils pour gérer eux-même les transformations de leur métier… C’est parce qu’ils refusent majoritairement de le faire, notamment en France, que les patrons ont le champ libre.

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(noir)Technophobie des journalistes(/noir)

Mais pourquoi donc la dépêche AFP qui parle de ce site porte-t-elle ce curieux titre : “USA: malades du tout-internet, des journalistes le disent … sur la toile” ?

Car sur le site, après analyse de centaines de commentaires, Alain Joannes lit autre chose :

(noir)Autrement dit, il n’est jamais question de “tout internet”. Les problèmes liés à l’influence du web dans les pratiques professionnelles sont évoqués en quantités infinitésimales.

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(noir)Du coup, la question intéressante est de savoir pourquoi, surmontée d’un titre mensonger, la dépêche de l’AFP déforme à ce point le contenu du site (…).
Une première réponse possible est que le journaliste de l’AFP n’a retenu que ce qui le perturbe, lui.
Deuxième explication, plus convaincante: reflet du journalisme à la française, viscéralement technophobique, l’auteur de l’article s’adresse, en fait, à ses collègues franchouillards avec un titre et un contenu qui sont faux mais qui devraient les “interpeller” dans leur vécu, voire dans leur ressenti frissonnant de frayeurs corporatistes.

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En effet, il serait peut-être temps que les journalistes français s’intéressent sérieusement à internet, avant que le nouveau régime de la diffusion de l’information en ligne ne s’organise sans eux !