le salon

Ma théorie sur Brad-Pitt Deuchfalh

Le blog de Brad-Pitt Deuchfalh est brillant mais il intrigue. Depuis deux ans, l’auteur, qui vient de publier un livre tiré en partie de son blog, ne parvient toujours pas à convaincre qu’il est réellement ce garçon de quinze, qui raconte au jour le jour, avec sensibilité et un vrai sens de l’humour, les premiers émois érotiques et sentimentaux de l’adolescence.

narvic a repris l’enquête… et c’est sur la piste des Yavish, qu’il pense bien avoir découvert l’une des clés de cette curieuse histoire : le troublant syndrome des jeunes gens trop parfaits…Je lis et j’apprécie depuis longtemps ce blog étonnant et mystérieux qui raconte La vie rocambolesque et insignifiante de Brad-Pitt Deuchfalh. Tenue depuis 2005, cette chronique de la vie quotidienne et des premiers émois d’un jeune garçon de quinze ans est remarquablement écrite. Elle fait preuve d’indéniables qualités littéraires, ce qui a conduit d’ailleurs l’auteur à publier dernièrement “une version livre” de ce blog sur du vrai papier ( “La vie rocambolesque et insignifiante de Brad-Pitt Deuchfalh”, éditions M6 Eds, novembre 2007, 14€50. Le livre est constitué pour moitié de billets repris du blog (toujours en ligne), et pour moitié de textes inédits.).

La sensibilité de l’adolescent y est finement retrouvée, pour autant que je me souvienne de la mienne à cet âge, car moi aussi j’ai été un jeune garçon de quinze ans… Cette sensibilité transparaît au fil de billets qui racontent au jour le jour les petites histoires (toujours fort bien construites) de ce Brad-Pitt et sa petite famille : son père, pasteur d’une étrange communauté religieuse, sa mère, débile mentale depuis un accident de la circulation, dont son père était responsable et qui devait le conduire à ce mariage de “réparation” avec sa victime. Il y a le grand frère, Crocheton, qui passe son temps à étudier la généalogie, car il est persuadé, contre toutes les dénégations familiales, qu’il a été adopté. Et puis la soeur, Pendry, qui n’aime que les vêtements, voudrait être mannequin et se laisse tripoter par tous les garçons du lycée.

Résumé comme je viens de le faire, le portait de cette famille, rocambolesque en effet, est assez peu vraisemblable. Mais la crédibilité de l’analyse psychologique est là en revanche: cet intérêt prononcé, voire central, sans être obsessionnel, pour toutes les choses qui touchent au zizi, du propre “zboub” de l’auteur aux “nénés” des filles de son âge, des interrogations sur la vie, l’avenir, et sur la mort parfois, des envies de fugues, de petites humiliations et des leçons que l’on retient pour la vie…

Et puis il y a cet humour, ce comique même, qui fait mon bonheur, jusque dans le pipi-caca, que je n’ose plus me permettre en public, mais qui, je l’avoue, me fait toujours autant jubiler intérieurement. Je ne me lasse pas de ce prout bien sonore qui accueille le lecteur sur le site créé à l’occasion de la parution du livre…

😉

Morceau de choix (souvent cité déjà, mais je ne m’en lasse pas non plus…):

(noir)C’est marrant ces trucs que ça nous fait faire parfois le zizi. Bon, je suis désolé pour ceux, enfin, celles, qui n’en ont pas et qui peut-être ont l’impression de ne pas pouvoir comprendre ce dont je veux parler, mais c’est vrai, ça nous fait faire des trucs bizarres notre zizi des fois. Je me demande si Crocheton, quand il avait mon âge, lui aussi il a essayé de rentrer son zizi dans Jean-Pierre. Mais c’est pareil, je me vois pas lui poser la question. J’avais l’avant-bras en lambeaux, j’ai dit à mon père que j’étais tombé en cours d’EPS. Qu’on avait fait un cent mètres haies. Que je m’étais râpé sur le bitume. La vérité c’est que Jean-Pierre, lui, il avait aucune envie que je l’enfile. Putain je dois vraiment être fou. “Crocheton, est-ce que c’est normal de vouloir sodomiser son chat ?”, je me vois vraiment pas lui demander ça.

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Délicieux… Même si le trait est tout de même parfois un peu forcé, dans la gamme “psychanalyse pour magazine féminin” : une relation ambivalente peur/respect avec son père, un oedipe fort conventionnel, exprimé par un rêve érotique le mettant en scène sa mère…

Depuis quasiment l’origine, ce blog a été remarqué (Second au classement des meilleurs blog 2005, dans la catégorie “Sélection des internautes.) et il intrigue… Je ne suis ni le premier, ni le seul à m’interroger sur l’identité de Brad-Pitt Deuchfalh, et sur son âge véritable… On a même accusé la prolixe romancière Amélie Nothomb de se cacher derrière le gamin, ce qu’elle dément

C’est que l’auteur, s’il reste farouchement invisible, défend mordicus qu’il existe bel et bien, qu’il a aujourd’hui 17 ans et que tous ses écrits sont tirés de sa propre vie quotidienne. Et le bougre tient la distance depuis deux ans, sans s’être emmêlé les pinceaux une seule fois dans son histoire durant tout ce temps.

Il refuse d’apparaître en public à l’occasion de la promotion de son livre, mais il accorde une interview par mail à Eric, de Presse-Citron, puis un entretien audio indirect à un autre blogueur-écrivain passé de l’écran au papier, Ron l’Infirmier.

Il affirmait récemment s’être montré une seule fois, à un journaliste de Télérama, ce dernier garantissant son anonymat. La publication de cet entretien non signé, dont un fac-similé (en réalité fait main…) était diffusé par avance sur son blog par Brad-Pitt Deuchfalh lui-même, était annoncé pour le 27 février. Mais Ron, l’infirmier, qui guettait la parution, ne voit toujours rien venir…

Bref le cas Brad-Pitt Deuchfalh continue de défrayer la chronique

narvic mène l’enquête

Il était grand temps que je jette mon grain de sel dans ce débat. Car j’ai une théorie sur la question, et je meurs d’envie de vous en faire part en détail…

La première question est celle de l’âge. Dès l’origine, de nombreux lecteurs doutent avec moi que l’auteur ait réellement quinze ans (17 aujourd’hui).
On n’écrit pas comme cela à cet âge, avec une telle maturité, une telle maîtrise de la langue, sans faille, sans maladresse, et une telle richesse de vocabulaire, même quand on est très brillant…

Je n’ai pas de preuve à l’appui de mon sentiment (je n’ai aucune preuve de quoi que ce soit d’ailleurs dans cette affaire), mais j’ai tendance à projeter mon propre cas sur celui de ce garçon, et je trouve avec les autres que ça ne colle pas. C’est que je fus moi aussi, un adolescent brillant à son âge. Si, si… (Puisque personne ne juge bon de me taguer sur cette chaîne populaire actuellement entre blogueurs, je décide unilatéralement de vous faire part de ce fait sans importance que vous ignoriez à mon sujet)]. Je devais obtenir en effet les secondes meilleures notes au baccalauréat de français dans mon académie à l’époque (je ne fus devancé que d’un cheveu par une jeune fille, qui était dans ma classe, et qui devait me demander de l’épouser par la suite. Mais c’est une autre histoire… Enfin, pour ne pas vous laisser sur votre faim: j’ai refusé le mariage, mais je l’ai embrassée quand même…).

Quoiqu’il en soit, aussi brillant ai-je pu être aux yeux de ces professeurs, je n’écrivais pas du tout comme un Brad-Pitt Deuchfalh, (j’en ai gardé quelques traces, que j’ai relues à l’occasion de ce billet…). Même si la qualité de l’écriture pouvait surprendre, mon âge se sentait bien à toutes les lignes, par la maturité et l’expérience, par la profondeur et la précision dans la description des sentiments ou des émotions… qui manquaient manifestement. Ce qui manque aujourd’hui à notre Brad-Pitt, pour que son âge soit crédible, c’est justement l’inexpérience et l’incompréhension face à des émotions inconnues qui vous submergent pour la première fois. Trop de maîtrise de soi…

Question de génération

Sans preuve, j’ai tout de même quelques indices, qui trahissent des références culturelles ou historiques qui ne sont pas celle d’un adolescent d’aujourd’hui, mais d’un adolescent qui aurait aujourd’hui la quarantaine. Si je les remarque, c’est que ce sont aussi les miennes…

Ainsi Brad-Pitt Deuchfalh [évoque-t-il le 20 juin 2005 le personnage de Skelettor, un surnom que lui donnerait son frère pour se moquer de sa maigreur. Un commentateur, Caro, pointe aussitôt gentiment l’invraisemblance :

(noir)Sketetor c’est pas vraiment une référence pour un mec de 15 ans !! T’en aurais pas plutôt le double ?? Je te trouve vachement cynique et détaché pour un gars de 15 ans…

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Ce à quoi l’auteur se sent obligé de répondre bien vite, sans être pour autant très convaincant :

(noir)Tu n’as pas tout à fait tort Caro : Skeletor c’est un truc de vieux… seulement voilà, y’a 2 ans je crois, c’était l’anniversaire de Crocheton, et mon pere ayant décidé de ne pas consacrer plus de 5 euros à cet evenement il a trouvé dans une “foir’à-tout” un veux coffret “les maitres de l’univers”. On se nourrit de ce qu’on nous offre. Désolé.
Ci-joint la photo du sus-nommé coffret

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Même remarque au sujet de “Superman, Hulk, Flash, Bruce-Lee et Wolverine.” : c’est “mon” époque, pas la “sienne”…

Ailleurs (je ne sais plus où, pardon), le père de Brad-Pitt évoque l’avenir de son fils, qui changera après “le service militaire”, supprimé, comme chacun sait, en 1997, et dont la perspective ne doit guère encombrer l’esprit d’un adolescent d’aujourd’hui. Mais il y a 25 ans…

Brad-Pitt se déclare par ailleurs grand fan du chanteur à midinettes Mat Pokora, (il tente, sans succès, de convaincre son éditeur d’organiser une rencontre) ce qui me semble un peu étrange pour un adolescent mâle hétérosexuel… Les fans du blondinet sont plutôt des gamines qui se pâment dans les Skyblog en langage SMS…

Sur la piste des Yavish

Mais c’est en partant sur la piste de l’étrange communauté religieuse des Yavish, dont son père est le respecté pasteur de 127 adeptes habitant le village, que je me suis forgé mon intime conviction…

(noir)(1er juin 2005) Papa qui est pasteur dans la communauté yavish qui est à la sortie du village, papa est très croyant bien sûr. Papa m’a toujours dit que mon destin serait une route de lumière car j’ai été conçu le jour du seigneur.

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De Yavish, aucune trace n’est décelable d’une quelconque communauté religieuse parmi les 2800 occurences du terme répertoriées par Google que j’ai passées en revue. La plupart de ces occurences renvoient… à Brad-Pitt lui-même, à un prénom parfois donné à des garçons sur l’île Maurice, à quelques noms de famille, à d’obscures (pour moi) références russes ou hongroises… et à l’univers des jeux de rôle (un personnage des chroniques d’Altaride, et un joueur allemand d’EverQuestII prénommé le “vilain nain paresseux”…). Mais aucune communauté religieuse, car elle n’existe probablement pas…

Les moteurs de recherche alternatifs Exalead ou Altavista ne viendront pas à mon secours. C’est Yahoo qui me mettra sur la piste…

Un document universitaire pour étudiants évoque le terme YAVISH, et l’associe étrangement à celui de YAVIS…

(noir)What is the YAVIS syndrome? Why is it detrimental for the elderly?
Why might YAVISH be an improved name for the syndrome?

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(noir)(traduction Google) Qu’est-ce que le syndrome de YAVIS? Pourquoi est-il préjudiciable pour les personnes âgées?
Pourquoi YAVISH pourrait être un meilleur nom pour le syndrome?

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Il existerait donc un “syndrome YAVIS”, qui ne serait pas sans rapport avec les Yavish ? Pas de réponse aux questions posées dans le document lui-même… Reprenons l’enquête sur cette piste. Qu’est-ce que le “syndrome YAVIS” ?

Pour le coup, il intéresse aussi les francophones. Et plus particulièrement… les psys, ce qui ne manque pas d’intérêt.

Ce document suisse, “Psychiatrie, psychothérapie et psychologie“, précise :

(noir)YAVIS est en fait l’acronyme de Young Attractive Verbally skilled Intellectual Successful people, en d’autres termes, des personnes relativement jeunes, belles, s’exprimant avec aisance, intellectuelles et ayant tout pour réussir dans la vie, qui font elles-mêmes la démarche, parce qu’elles sont motivées et désireuses de coopérer, de suivre une psychothérapie d’une certaine durée.

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Intriguant, vu l’affaire qui nous concerne…

Cet autre document consacré aux psychothérapies nous éclaire

(noir)Enfin, il semble que les patients qui bénéficient le plus (de la) thérapie analytique se rapprochent du patient type YAVIS (jeune, séduisant, …).

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En d’autres termes, le “syndrome YAVIS” (concept psy forgé dans les années 60) désigne le phénomène, scientifiquement constaté et mesuré, que les jeunes gens séduisants, s’exprimant avec aisance, intellectuels et ayant tout pour réussir dans la vie, réussissent plutôt mieux leurs psychothérapies que les autres, et peut-être la séduction qu’ils opèrent sur le psychothérapeute lui-même n’y est-elle pas étrangère… Un rêve de thérapeute, quoi…

“Young, Attractive, Verbally skilled, Intellectual, Successful”… Ça ne vous rappelle personne ?

N’est-ce pas le portrait tout craché de notre “jeune” et “séduisant” Brad-Pitt, s’exprimant sans conteste “avec aisance”, manifestement “intellectuel”, et, au vu de ses états de service blogosphérique et littéraire, indéniablement “successfull” ?

Tout ne s’éclaire-t-il pas ? La vie rocambolesque et insignifiante de Brad-Pitt Deuchfalh n’est-elle pas une illustration par le blog de la théorie des “YAVIS people” ?

La religion, dont le père de notre Brad-Pitt est le pasteur, avec ses fameux 127 adeptes qu’il s’en va évangéliser tous les dimanches, n’est elle autre autre chose qu’une allusion directe, voire une métaphore humoristique, inaperçue jusqu’à maintenant, de la psychothérapie ? Une thérapie qui fonctionne d’autant mieux que le patient n’est pas malade, ce qui ne manque pas de sel !

Le Yavish est une bien belle religion… 😉

Et pour être plus clair encore, notre Brad-Pitt, dont on a vu qu’il a plus le profil d’un quarantenaire que d’un adolescent, mais qui connaît pourtant bien leur psychologie, ne nous a-t-il pas laissé des indices sur sa réelle profession : psychothérapeute ?

Voilà, c’est la thèse de narvic. Rendez-vous le jour où le masque de Brad-Pitt Deuchfalh sera levé…

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8 Comments

  1. Pourquoi donc enlèverait-il le masque ?!

    Il n’y a guère que dans les contes pour enfants que l’on met bas la peau de l’âne faiseur d’or…

  2. il suffisait de demander.

    Narvic,
    Vous avez été tagué: a votre tour de nous livrer 6 détails sans importance et si possible, un chouilla embarrassants (je le rappelle parce que certain de vos illustres confrères (peu) ont confondu l’exercice avec une sorte de compliment masqué 😉

    Donc voila, a vous de jouer, de nous livrer ce que vous avez de plus futile et ridicule. Puisque pour le sérieux et l’élégance, vous avez déjà fait toutes vos preuves.

  3. @Gasper

    Vous me prenez un peu de court. Je ne m’y attendais pas…

    😉

    Mais bon, je m’exécute sans délais…
    (merci pour les compliments).

    @Shaggoo

    Je ne veux pas obliger notre Brad-Pitt à se dévoiler, il fait bien comme il veut…

    Mais le mystère pique ma curiosité, alors je me prends au jeu 😉

  4. keiser/kaiser/césar?
    d’après Wikipedia, que je ne trouve pas fiable, mais c’est pour aller vite, ce serait un musicien.

  5. @lil

    Bien sûr, je me suis posé cette question moi aussi… Mais “musicien”, je ne vois pas le lien avec le problème de l’âge (on est “keiser” tant qu’on a pas 21 ans), c’est une limite, un seuil, une frontière, avant de rejoindre pleinement la communauté yavish…

    L’interprétation de l’énigme doit forcément prendre en compte cet aspect des choses…

    Pour le moment, je ne trouve toujours pas de solution… Mais si on s’y met à plusieurs…

    Qui d’autre a une idée ?

  6. @ lil

    Vous êtes en effet pris au jeu, vous aussi 😉

    Votre hypothèse est séduisante, mais je viens d’éplucher la production de ce psy au sujet de l’Oedipe, et je ne trouve pas de lien probant… Il semble surtout s’intéresser à la violence et à l’inceste. On est plutôt loin de l’univers très “gentil” de notre Brad-Pitt…

    Continuons l’enquête 😉

  7. Brad Pitt Deuchfalh n’enlèvera jamais son masque.
    D’ailleurs, il est mort.
    Une autre théorie possible : celle selon laquelle Brad Pitt Deuchfalh serait un collectif de trentenaires oeuvrant dans le domaine de la communication…

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