sur le web

Les réseaux sociaux, algorithme à visage humain de recherche d’information

Intéressant article de synthèse de l’universitaire blogueur Jean Véronis Technologies du langage) sur l’évolution (ou plutôt l’immobilisme) du moteur de recherche Google sur ses dix ans d’existence, sur Dream Orange (blog de la marque Orange).

Je retiens surtout ses réflexions sur les pistes de recherche qui pourraient concurrencer l’hégémonie actuelle de Google, et surtout l’une d’entre elles : les réseaux sociaux, ou “l’algorithme de recherche” à visage humain…

J’en viens au passage qui retient tout particulièrement mon attention, qui rejoint mes préoccupations récurentes sur ce blog concernant : les stratégies de recherche sociale de l’information :

En raison des “mutations structurelles du web”, “le problème qui guette l’internaute est la saturation de l’information” : “Dans un tel contexte, il ne s’agit plus tant d’aller chercher de l’information que de filtrer celle qui arrive, ou demander qu’elle arrive de façon structurée, “pré-digérée”.”

(noir)Le rôle des réseaux sociaux

(noir)De tels outils sont en gestation : ils permettront d’agréger les informations similaires ou apparentées pour faciliter la lecture, de créer des “alertes” sur des sujets prédéterminés, de faire émerger du brouillard informationnel le “buzz” du moment, etc. Dans l’attente de technologies qui sont pour l’instant dans les laboratoires, mais ne manqueront pas d’en sortir, ce sont les réseaux sociaux (Delicious, Facebook, MySpace, Twine, Twitter, etc.) qui commencent à jouer le rôle de filtre et de fournisseur intelligent d’information. Les réseaux auxquels participe l’individu lui fournissent de nombreuses “recommandations” de l’information, par partage de liens, de tags, et de messages d’alertes et d’attention variés. L’information arrive désormais à l’individu en grande partie par ses réseaux, qui jouent un rôle analogue aux algorithmes de pertinence des moteurs de recherche généraliste, mais de façon personnalisée : si une information m’arrive, c’est qu’elle m’a été recommandée par des gens qui partagent mes problématiques et mes centres d’intérêt. Comme chez les fourmis, l’algorithme est la collectivité…

(/noir)

Face à la croissance de l’infobésité, de la surcharge informationnelle, à laquelle Google parvient résister, mais sans proposer d’outils réellement efficaces pour l’endiguer, j’ai le sentiment que la stratégie de Google plafonne. En attendant l’apparition des outils “sémantiques”, dont Jean Véronis ne cache pas qu’ils sont encore bien loin d’être au point et ne verrons pas d’applications pratiques avant longtemps ( Jean Véronis : le Web Sémantique ? “A dire vrai je n’y crois pas trop. Ou plutôt, pour fonctionner, le Web sémantique aurait besoin de technologies sémantiques qui me semblent encore assez hypothétiques (car personne ne taguera à la main ses pages, ou alors ce sera totalement bordélique et/ou spammé). Donc à suivre, mais je ne vois pas ça à grande échelle pour tout de suite.”) , c’est donc bien du côté des outils de recherche sociale que réside le potentiel le plus important d’amélioration de l’accès à l’information en ligne.

6 Comments

  1. Bonsoir,

    D’abord je me permets de te recommander l’ouvrage de Toby Segaran : “Programming Collective intelligence”, qui n’est pas sans lien avec vos préoccupation (mais qui est technique). Si tu n’aimes pas les editions o’reilly, les editions Manning ont sorti un ouvrage similaire.

    Sur l’abondance d’information, je ne crois pas que ce soit une nouveauté. Je sais pas si tu as eu l’occasion d’y assister, mais à une époque Copernic a été une révolution (c’était si on veut un agregateur de moteurs de recherche). Et puis google est arrivé, et Google n’est pas parfait, mais Google est bien, et à l’époque c’etait suffisant, et aujourd’hui il n’est pas égalé.

    Je n’ai rien contre d’autre paradigmes de recherche, mais je vois au moins une faiblesse dans ceux qui se servent des “réseaux sociaux”*. Il faut que les dits réseaux exposent des api de qualités, et que celles ci soient cohérentes à travers le temps. Investir dans un outil de recherche qui utilise les infrastructures de parties tierces (et rien d’autre) me semble être un obstacle important.

    Quant au web semantic…

  2. J’aimerais savoir une chose, sur le site de Jean Veronis, il apparaît que cet article est une commande d’Orange.

    Etant donné la “gentillesse” avec laquelle sont traité dans cet article les produits d’Orange (le moteur de recherche qui porte son nom et Voila), j’espère que nous ne sommes pas en train de disséquer et de prendre au sérieux du publi-reportage de commande pour blogueur.

    Sinon, cela pourrait être un nouvel article pour vous avec le titre suivant :

    “Les blogueurs monnayent leur célébrité en faisant du publi-reportage à la une.”

    😉

  3. Juste pour clarifier : je suis consultant et conseiller scientifique de France Telecom et d’Orange depuis de nombreuses années (et de pas mal d’autres boîtes aussi). Orange m’a en effet demandé ma réaction aux 10 ans de Google, et j’ai accepté volontiers car j’avais des choses à dire (et que j’aime bien l’espace dreamOrange). J’ai dit strictement ce que je voulais sans aucun contrôle (et d’ailleurs je ne suis pas tendre envers le moteur d’Orange, que je traite au passage de pâle clone de Google). Cet article n’a pas été rémunéré. On peut donc difficilement le qualifier de publi-rédactionnel.

    je n’aurais d’ailleurs accepté 1) ni de subir la moindre pression quant au contenu 2) ni d’être payé pour ce que je dis.

  4. @ Django

    Je vois que Jean Véronis est venu te répondre ici-même, mais ne crois-tu pas qu’il aurait été préférable d’aller lui poser cette question directement sur son propre blog ? Le premier lien de mon texte mène directement au billet de Technologies du langage où ce “disclaimer”, comme tu dis, figure de manière tout à fait claire.

  5. Tout a fait d’accord avec cet article.

    Pour faire part de mon expérience dans ce domaine:

    Pour ma veille, j’utilisais Netvibes et ses flux rss presque tous les jours depuis 3 ans. Après 2 semaines d’utilisation de twitter, c’est devenu le service que je j’utilise le plus. Il a complètement remplacé Netvibes et permet de faire remonter rapidement beaucoup d’info utile.

    Bien sur la qualité des recommandations dépends de la qualité et de la diversité du réseau social.

    L’algorithme, ce sont les gens que je suis. Ce qui intéressant par rapport a un moteur informatique, c’est la découverte de nouveautés: le réseau social peut apporter des informations plus variées: par exemple je suis beaucoup de travailleurs du web, mais je suis aussi intéressé par leur gouts musicaux que leur avis sur une dernière techno…

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