sur le web

Les négriers du web 2.0

Je reprends ici un de mes commentaires, un peu énervé, sur Embruns, au sujet des négriers du web 2.0.

Le sujet initial du post est [la nouvelle plainte dont fait l’objet le site d’agrégation de contenus en ligne Wikio, qui refuse d’assumer toute responsabilité sur les contenus qu’il édite.]

Narvic, sur Embruns :

(noir)La recherche actuelle de la justice n’est pas celle d’une condamnation, mais de déterminer où se situe la responsabilité.

(noir) Et je comprend parfaitement que les juges soient très agacés par tout le business qui se développe autour de la rediffusion éditoriale (par RSS, par liens, peu importe…), qui est loin de se contenter d’héberger (voire qui n’héberge en réalité rien du tout et se contente de relier), mais qui sélectionne, trie, classe, hiérarchise, note, voire regroupe (avec la fonction “discussion” de Wikio, par exemple) des contenus éditoriaux, bref en les éditant (je ne vois pas comment on pourrait parler d’autre chose que d’édition des contenus dans cette situation…), mais qui refuse pourtant toute responsabilité juridique sur ce qui passe entre leurs mains et qu’ils triturent dans tous les sens… Il y a tout de même dans cette attitude une réelle lâcheté 2.0.

(noir) Alors en effet se pose le problème de la traçabilité, permettant de remonter à la source de l’info qui pose problème. Mais il ne faudrait pas que cette logique de la traçabilité revienne à faire peser toute la responsabilité sur les petits auteurs en bout de chaîne et dédouane totalement le business qui s’est greffé sur lui et lui suce la moelle.

(noir) Il est peut-être temps de réagir contre une très mauvaise direction que prend aujourd’hui le web 2.0, avec ces gros machins qui se sont posés au milieu de la place (moteurs, agrégateurs, sites de partage), qui tirent la totalité du profit de l’opération et ne partagent absolument rien avec les autres contributeurs.

(noir) Pour le moment l’UGC, le contenu généré par les utilisateurs, est une forme pure et simple d’exploitation, par de nouveaux négriers, une véritable escroquerie pour les contributeurs.

(noir) Le principal résultat de l’UGC et de toute l’économie du web aujourd’hui, c’est que tout le monde contribue gratuitement, y compris les professionnels de l’info qui travaillent à perte, et pendant ce temps là google a fait 1,3 milliard de dollars de bénéfice, rien que ces trois derniers mois ! Ça ne peut plus durer comme ça.

(/noir)

(orange)Mise à jour (samedi 14 h00) : à la suite du commentaire de Pierre Chappaz (le créateur de Wikio), ci-dessous, lire aussi sur novövision : “Affaire Wikio : ma réponse 2.0”.(/orange)

A lire aussi sur novövision :
Le web 2.0 est-il irresponsable ?
Agrégateurs, les nouveaux maîtres du net
En ligne, l’info ne paie pas
En ligne, l’info ne paie pas (2)

6 Comments

  1. Pas faux, mais c’est quand par Wikio que j’ai découvert votre article…
    et comme vous écrivez pour être lu, il y a création de valeur (ou service rendu) pour vous.
    d’autre part “Trop d’info tue l’info”, donc les suceurs de moelle viennent quand même insuffler de la vie dans le système. Mais de la à les déclarer au dessus des lois…

  2. Cher nono , traiter les gens de lâches, ça doit te donne un sentiment de puissance ? ça soigne ton ego ? j’espère que tu réfléchiras un petit peu plus quand même, tu peux par exemple lire le post que j’ai publié sur mon kelblog pour expliquer l’affaire.

  3. @ nrv100nrj

    Ta remarque n’est pas fausse non plus 😉

    Je ne conteste pas du tout l’existence et l’utilité des moteurs, agrégateurs, sites de partage et réseaux sociaux. Je les utilises moi aussi beaucoup, notamment Wikio.

    Mais je conteste le régime que ces “gros machins 2.0” imposent sur le partage de la valeur économique créée sur le web, par la “captation” de l’essentiel de la ressource publicitaire, sans partage avec les producteurs de contenus, sans lesquels ils n’existeraient pourtant pas.

    Je conteste aussi le refus du partage de la responsabilité : dans le monde du papier, il y a l’auteur d’un côté, les prestataires techniques comme les imprimeurs et les diffuseurs de l’autres. Et entre les deux, il y a les éditeurs, qui partagent avec les autres acteurs les ressources, comme la responsabilité.

    Sur le web, l’éditeur a quasiment disparu, et l’auteur se retrouve seul. Alors que je maintiens que le rôle que jouent ces “gros machins 2.0” est tout à fait comparable à celui des éditeurs. Je voudrais qu’ils l’assument et qu’ils partagent aussi la responsabilité éditoriale.

  4. Techniquement, comment un wikio pourrait surveiller son contenu éditorial ?
    Et google ?

    L’auteur sait ce qu’il ecrit, google ou wikio ne sait pas forcement ce qu’il diffuse car ses manipulations éditoriales sont le fait, non pas d’humains, mais de calculs, algorythmes …

    Ils n’editent pas, au sens ou un journal édite, faut pas créer d amalgames.

    Et puis wikio est je trouve assez sympa dans le sens ou pour lire les articles indexés par wikio, il fau aller sur le site source, ce n’est donc pas le bon exemple de lache sanguinaire. 🙂

  5. @ MB

    cf. plus haut, j’utilise aussi Wikio, que je trouve mieux fait que GoogleNews, par exemple 😉

    Sur le côté “sanguinaire” : c’est l’ensemble du secteur des “gros machin 2.0” qui me pose problème, par le mode de fonctionnement qui leur est commun (captation sans partage de la ressource publicitaire, et refus du partage de la responsabilité éditoriale avec les auteurs).

    Wikio, dans cette histoire est un petit poisson. Mais ne croyez pas que Google soit épargné (voir ici par exemple).

    Sinon, sur l’aspect technique, Google comme Wikio, ou Wikipédia, et même tous les fournisseurs d’accès tels que Free, Neuf, Alice, France Telecom et tous les autres, contrôlent en permanence ce qui transite sur leurs sites ou leurs réseaux, pour bloquer tous les contenus pédophiles, racistes et négationistes.

    La loi les y oblige tous (et sur cette question il n’y a aucune différence entre hébergeur ou éditeur qui tienne : c’est pour tout le monde), et ils contrôlent tous, plutôt efficacement d’ailleurs. Donc c’est bel et bien possible de contrôler les contenus.

    Ce n’est pas un problème technique, c’est un problème éthique, politique et économique sûrement, mais pas technique.

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