le salon

Les journalistes, une profession dominée qui souffre en silence

Ce texte était initialement un commentaire posté en réponses aux réactions que suscite mon billet précédent : “Le gouvernement a-t-il peur des journalistes blogueurs ?”.

J’ai décidé finalement d’en faire un billet à part entière et de le développer, en souhaitant qu’il permette d’ouvrir un débat salutaire sur l’état de dégradation dans lequel se trouve aujourd’hui le journalisme, à mon avis et selon mon expérience.

D’une réflexion sur l’état de soumission et d’impuissance dans lequel se trouve aujourd’hui le journalisme vis à vis du pouvoir politique, c’est à une réflexion bien plus globale que tout ça m’entraîne : une profession prolétarisée, sous l’emprise grandissante du marketing rédactionnel, de l’infotainement et de la fast news, qui est en train de plonger dans une crise totale dont elle ne se remettra peut-être pas, par incurie de ces dirigeants à anticiper l’avenir et les bouleversements technologiques et sociaux auxquels le monde de l’information est aujourd’hui confronté…

Alors, face à cette agonie annoncée, que faire ? Libérer la parole des journalistes, comme Eolas vient de le faire avec les magistrats, et comme Versac suggère de le faire aujourd’hui avec les journalistes ? C’est à vous de me le dire…

(Le billet d’Aliocha, dans lequel elle fait part de son amertume face aux attaques incessantes dont font l’objet les journalistes, de toutes parts et sans que l’on veuille entendre leur défense, ainsi que l’intervention de Versac, sur ce blog même, qui nous tend la main : “Journalistes et magistrats, même combat”, ne sont pas étrangers à ce billet).

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Peut-être que je sur-réagis, que je sur-interprète cet affaire [d’appel d’offre pour placer sous “veille” un certain nombre de blogs de journalistes et de sites de presse en ligne ] et que je relie deux choses qui n’ont pas de rapport (je suis incapable d’établir formellement de lien en tout cas, c’est vrai).

Cela dit :

• L’interventionnisme de Nicolas Sarkozy dans les médias, très important et même jamais vu auparavant, alors qu’il y a pourtant des précédents !) me semble aujourd’hui établi. Ça ne lui donne aucun pouvoir absolu et ce type d’« influence » ne s’exerce pas sur des détails, ni même en tenant la plume de ceux qui écrivent ou qui parlent au jour le jour.

• Ce pouvoir s’exerce dans l’influence sur la nomination des cadres des rédactions, dont le rôle, dans la coulisse de l’information, est ignoré du public et pourtant déterminant. Plus même que dans le contrôle des patrons de chaînes ou de journaux, c’est dans la sélection des cadres intermédiaires (directeurs de l’information, directeurs de rédactions, rédacteurs en chef) que s’installe une véritable capacité de filtrage de l’information.

• Il ne s’agit pas de censure, mais d’auto-censure. Il n’est pas jamais nécessaire d’empêcher la diffusion d’une information, quand la retarder, l’édulcorer, ou la noyer dans la masse est le plus souvent bien plus efficace, et prête beaucoup mois au risque de réaction en contre-coup.

• Il n’est que très rarement nécessaire de procéder par pression directe sur les journalistes : la carotte proposée aux plus carriéristes est préférée au bâton contre les plus honnêtes et les plus indépendants. Les travaux douteux ne sont proposés qu’à ceux dont on sait par avance qu’ils ne les refuseront pas.

• On ne procède que rarement à l’éviction des gêneurs, on préfère bloquer leurs carrières, les isoler, les marginaliser, les diriger vers des voies de garage ou les mettre dans des placards. Les évictions « avec éclat » sont le plus souvent réservées à des courtisans en disgrâce, auxquels ont permet ainsi (ultime gratification pour services rendus) de partir la tête haute en se refaisant une virginité de façade.

• Des clans et des coteries se sont formés dans les rédactions entre journalistes, et se propagent de rédaction en rédaction à mesure des mutations des uns et des autres, jusqu’à recouvrir l’ensemble de la profession d’un réseaux de clientèles dont les uns sont redevables aux autres et s’échangent mutuellement des renvois d’ascenseurs. Celui qui ne s’inclue pas dans un tel clan n’a aucun espoir de faire carrière, ni même de faire jamais vraiment un travail intéressant.

• L’ensemble de la profession des journalistes connaît parfaitement ce système et son fonctionnement jusque dans les moindre détails, mais continue de faire peser un très lourd silence sur ces pratiques généralisées. Pour une part la défense corporatiste joue à plein régime, mais pour une autre on redoute que la dénonciation de ces turpitudes ne jette le discrédit sur l’ensemble de la profession (et par éclaboussure n’atteigne la démocratie elle-même – ça s’est déjà vu dans le passé) et ne finisse de toute façon qu’en eau de boudin par la sanction de quelques lampistes sans que le système ne soit jamais remis en cause.

• Il reste fort heureusement de nombreux journalistes intègres et intellectuellement honnêtes, ils forment même l’essentiel de « la troupe », mais on ne les retrouve nulle part aux commandes, si ce n’est dans les très rares médias indépendants qui subsistent.

• La souffrance et la frustration accumulées chez les journalistes sont immenses, par cette situation autant que par le discrédit qu’elle jette sur l’ensemble de la profession dans l’esprit du public.

• A cela s’ajoute l’immense inquiétude sur l’avenir de tout ce secteur, miné par des décennies d’imprévoyance et d’incurie dans la gestion des mutations qui s’annonçaient. Toute une profession est confrontée à des défis technologiques et sociaux auxquels elle n’est pas du tout préparée, et qu’elle voit venir désarmée.

• Internet m’est apparu comme un espace de liberté retrouvée pour le journalisme et la liberté d’expression. Je ne suis pas naïf au point d’avoir imaginé que l’on ne chercherait pas un jour à l’encadrer à son tour.

Alors oui. Dans une telle situation, j’observe le moindre agissements du gouvernement avec la plus grande suspicion, si ce n’est avec une réelle défiance. Et je suis habitué à voir que les tentatives d’emprise les plus efficaces ne se présentent jamais sous un jour brutal et évident. Elle savent se faire fort subtiles et détournées, et se parent souvent des atours les plus anodins ou bienveillants.

Il me semble clair aujourd’hui qu’internet prend une place suffisamment importante dans l’espace public et dans la formation de l’opinion, pour que certains, qui laissaient tranquilles jusqu’alors ces ados et ces geeks jouer avec leurs gadgets, n’entendent plus laisser les choses en l’état désormais.

Je ne suis pas pour autant en train de dénoncer un vaste complot. C’est bien plus prosaïque que ça. Il s’agit juste de remettre un peu d’ordre sur internet, comme on a su si bien le faire dans la presse.

C’est pourquoi, selon moi, toute tentative de placer les blogs sous surveillance, avec toutes les bonnes intentions affichées que l’on voudra, est aujourd’hui très malvenue et ne peut nourrir que le soupçon.

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Et ce n’est là qu’aborder la question par son biais politique. Le journalisme se dégrade tout autant dans le marketing rédactionnel, l’effacement de la frontière entre l’information d’une part, la communication et la publicité de l’autre. C’est toute une profession qui est en train de basculer dans la course effrénée à l’audience, dans le people, l’infotainement et la fast-news

Le tout sur fond de paupérisation des rédactions et de prolératisation/précarisation massive des journalistes…

Alors que dire aux jeunes journalistes qui se lancent aujourd’hui dans cette profession pleins d’espoirs ?

L’un d’entre eux Donjipez; qui n’est plus si jeune que ça (MàJ) a laissé sur ce blog ce commentaire qui m’a marqué, touché même, à la suite de ce billet : “La liberté retrouvée ou la naissance d’un néojournalisme dans les blogs”. Il m’a touché car je n’avais pas le même état d’esprit en entrant dans cette profession et je vois dans ce témoignage à quel point elle est aujourd’hui abîmée…

Donjipez :

(noir)Formulé en termes plus aboutis c’est exactement ma tentative de démarche actuel.

(noir)Avec un certain cynisme : mon emploi me nourrit, il y a encore une ou deux fenêtres de tir pour se faire plaisir de temps en temps… et à côté je blogue et tente d’aller vers formes différentes. D’abord dans le commentaire ou la sélection d’infos et ensuite en apprenant l’usage des outils (video…) permettant des approches décalées et subjectives qui seules peuvent garantir une information honnête

(noir)Et, le sujet étant développé par ailleurs dans votre billet sur la mort des médias, si l’avenir passe en partie dans les supports traditionnels (papier d’abord) par un journalisme assis, le formatage et les relations maketing-com avec pratiques journalistiques est déjà un sujet central. Avec l’orientation aisément devinable des actionnaires et directions d’aller vers des démarches certes d’enrichissement par les « deskeurs » et SR mais avec un formatage qui va dans le sens du marketing rédactionnel.

(/noir)

Voilà. On en est là.

Ce blog pessimiste s’est souvent fait l’échos de l’impasse dans laquelle se trouve aujourd’hui le journalisme. J’entends bien qu’il rencontre un certain échos, de l’intérêt et même parfois de la bienveillance. Mais à quoi bon ? Si tout cela ne débouche sur rien…

Je me suis pour ma part délibéremmet tourné vers internet, en espérant qu’il sera possible pour moi de m’y faire une petite place, avec un métier que j’aime, en rendant service à mes concitoyens. Cette perspective reste bien incertaine… Mais je n’oublie pas ces milliers de confrères qui souffrent aujourd’hui en silence dans des médias moribonds, déjà assurés qu’il seront les premiers à payer la facture de l’immense crise de la presse et des médias qui s’annonce et dont les Etats-Unis nous renvoient déjà l’échos assourdi.

Des jours bien noirs s’annoncent pour les journalistes.

Dois-je reprendre à la volée cette suggestion de Versac ?

(noir)“Je gage que si, dans les états généraux de la presse était créé un blog des « journalistes en colère », leur donnant la parole pour exprimer tout ce qui ne va pas sur leur métier, ils en auraient beaucoup à dire, également. Si j’avais le temps, j’aurais presque envie de l’ouvrir, tiens.”

(/noir)

J’ai fait part en commentaire de ce billet de Versac de mon scepticisme initial sur une telle démarche. Mais peut-être ai-je tort. Qu’en pensez vous ? Est-il utile, à l’image de ce qu’Eolas a fait avec les magistrats, d’en appeler aujourd’hui à libérer la parole des journalistes (qui sont nombreux à me lire en silence, je le sais bien) ?

Est-ce utile de recueillir les témoignages des journalistes pour nous dire aujourd’hui comment ils vivent leur métier au quotidien, quels sont leurs problèmes, à quelles difficultés ils sont confrontés, comment ils voient leur avenir ?

C’est à vous de me convaincre de le faire. Eolas a démontré qu’un blog était tout à fait en mesure de réussir une telle opération. Mais peut-être le silence des journalistes est-il finalement bien plus dur à briser que celui des magistrats…

Et surtout, à quoi tout cela pourrait-il servir ?

10 Comments

  1. Le site angryjournalist.com propose déjà aux journalistes de sire anonymement les mécontentements, leurs frustrations, bref tout ce qui ne va pas dans leur métier de façon générale ou de façon particulière. Plus de 7106 commentaires à l’heure actuelle!

    Plus globalement je dirais que cette remise en cause des journalistes vient directement d’internet et des blogs qui, en fournissant des informations de qualité, une réflexion et des points de vue argumentés, font s’aperçevoir à leurs lecteurs qu’il est impossible d’atteindre ce niveau dans la presse traditionnelle.

    D’où le décalage croissant et la critique facile des auteurs de blog dont Eolas est un bon exemple. Avec son blog, il s’habitue et il habitue ses lecteurs à une plus-value incroyable de qualité d’information, ce qui est impossible avec les journaux traditionnels. Il raille donc d’autant plus facilement leurs défauts et les raccourcis qu’il ne le fait pas lui-même!

    Tu l’as montré à plusieurs reprises mais le format des articles et leur taille prédéterminée indépendamment du sujet sont incomptatible avec des explications fouillées et balancées qui demandent des lignes, toujours et encore. L’avenir de la presse est partagée entre des quotidiens gratuits qui fournissent l’information brute et des journaux qui fournissent des explications détaillées car les nouveaux lecteurs le demandent (sans doute est-ce pour ça que les plus jeunes se détournent du papier, ils savent que sur internet se trouve bien plus raisonnablement des explications, et des explications de plusieurs points de vue possible).

    Les blogs ont montré l’intérêt pour les lecteurs d’informations de qualité, par des professionnels d’une matière donnée et non par de bons journalistes. Un journal innovant s’attacherait les services d’un avocat prêt à expliquer les finesses des arrêts a priori incompréhensibles et scandaleux, comme il s’attacherait les services d’un professeur, d’un économiste, etc. N’est-ce pas ce que l’on fait sur internet avec les blogs? On va lire les spécialistes d’une matière pour avoir leur point de vue et leur avis après avoir pris connaissance des gros titres…

  2. Merci de me citer 🙂 Juste une précision, arrivé à la quarantaine le qualificatif de “jeune” fait plaisir mais ne relève plus vraiment de la réalité surtout quand les stagiaires commencent à vous appeler monsieur (ptits cons va…)

    Pour ton billet je n’ai rien à ajouter, malheureusement.

    Cette “parole” s’exprime dans les couloirs, encore un peu. Un peu au bistrot mais le système qui nous (PQR) fait passer d’un artisanat (produire de l’info qu’il faut vendre par ailleurs pour assurer la pérennité de la boite) à un système d’entreprise qui vend notamment de l’info, qui est un support d’infotaintment (avec ses retards stratégiques et ses difficultés financières) a aussi mis en place les structures pour exploser les sociabilités de rédaction et mettre fin aux 3e mi-temps.

    Ton idée d’une porte ouverte, aux expressions d’une profession me parait en tout cas intéressante. La preuve ayant fait le malin à parler de mon (mes) blogs au boulot:

    http://donjipez.wordpress.com/
    http://donjipezliens.wordpress.com/
    http://donjipez.20minutes-blogs.fr/
    http://twitter.com/Donjipez

    C’est pas la pub ça 🙂 )

    je ne pense pouvoir aller plus loin dans mes propos. Direction et syndicats pourraient y voir des attaques personnelles…

  3. (troll ?)

    Bof. Je radote sans doute, mais je m’en fiche un peu de lire un florilège de propos de salariés attachés à leurs métiers, plus ou moins précaires (plutôt plus donc), plus ou moins pas satisfaits de leurs patrons. Je suis au courant. Et les journalistes ne sont pas les seuls, les premiers, les derniers, à être dans ce cas.

    La fiction “les journalistes” pourrait se retrouver coincée par et dans ce qui ne la définit pas (encore, mais elle y va tout droit si elle ne fait rien) aux premier et second ordres : être dominé.

    Je serai par contre très (très) intéressé pour lire des propositions, des réflexions, des pistes sur les pratiques, les modèles économiques (individuels, collectifs) à essayer, des autocritiques éventuellement, par des journalistes avec/sans blogs, nationaux/régionaux, papier/pas papier. C’est exactement pour ça que je viens ici, car également inquiet au sujet du bien public caché derrière “la profession”.

    Peut-être que des non-journalistes pourraient soumettre leurs réflexions, plus que dans les commentaires.

    Bref, de la révolte, des trucs tournés vers l’avenir, rassemblés ici. Merde quoi.

    (troll alors ?)

  4. Tiens, tu cites le nom de Sarkozy?

    Mais la question de l’appel d’offre est sérieuse (même si elle nous a fait rire sur twitter au début). Elle révèle une idéologie, idéologie qui serait favorisée par l’utilisation d’une technique, avec des effets dont on ne mesure pas encore le côté terrible.

    Et tu as raison d’aller plus loin: “libérer la parole”.

  5. Le “malaise dans la profession” dont vous faites état va à mon avis bien au-delà des seuls journalistes et se répand sur l’ensemble de la société française, de plus en plus en proie à un vrai “malaise dans la civilisation”.

    Les tentatives d’emprise du pouvoir sur les blogueurs, on en comprend aisément la logique et on ne peut que s’y opposer : le blog, c’est fluide, c’est la liberté, la rapidité de circulation de l’info, l’intelligence non bridée.

    Bravo Narvic
    (une bibliothécaire issue de la presse quotidienne régionale, et toujours proche de journalistes)

  6. Le carriérisme et le corporatisme du journalisme est la garantie de son asservissement au silence et au système destructeur infotainment/rentabilité des entreprises d’information comme toutes les autres industries.

    La seule porte de sortie est d’inventer pour l’information un modèle économique original qui ne soit ni entreprise publique ni contraint de grasses dividendes.

    Si les journalistes (je ne considère pas ici les techniciens de l’infotainment et de la rentabilité) n’inventent pas ce modèle rapidement, (peut-être dans la société civile ?) ils vont disparaître comme Internet fera disparaître tous les intermédiaires inutiles (ex : major musicales) – avec les blogs, plus besoin d’interface entre les gens qui savent et les gens qui veulent savoir-

    Alors, le modèle économique de l’opensource prendra le relais comme contre-pouvoir nécessaire et les journalistes au chômage participeront de leur mieux à ce qu’ils auraient dû organiser.

    Les deux solutions que je vois à la survie de l’information libre :
    – soutenir massivement de nos deniers et influence les projets indépendants comme Médiapart et Rue89
    – réfléchir et créer le modèle de l’information citoyenne par et pour les citoyens avec les journalistes

    Les seuls moyens de sauver la profession de journaliste reposent sur les nouveaux modèles comme Médiapart, le service public (après avoir bouté Sarkozy en quatre ans) et la société civile (le don). Le reste est voué au modèle opensource (dit journalisme citoyen..etc) ou à la frénésie de rentabilité, l’infotainement, l’info comme support de pub.

  7. Bonjour Narvic,

    Je viens de chez Aliocha, qui vous a mis en lien.

    Je dois vous avouer que je ne comprends pas votre pessimisme car je trouve qu’en dépit des difficultés que vous signalez et qui,c’est vrai, sont minantes, il vous est néanmoins possible d’accéder en tant que journalistes à un nouveau “continent histoire” par l’internet.

    Internet c’est l’Amérique.

    Ce que vous décrivez, c’est le Vieux Monde (c’est le cas de le dire, tiens!).

    Il faut émigrer, sans esprit de retour.

    Il faut vous concevoir comme l’élément avancé d’une division blindée qui fonce droit devant elle sans se préoccuper de ce qui se passe derrière ou sur ses flancs.

    C’est justement vous les éléments les plus mobiles parce que les moins incrustés dans le système.

    Plutôt que de défendre un système médiatique qui ne vous accorde pas la place que vous lui réclamez et que par ailleurs le citoyen critique souvent à juste titre pour sa complicité avec les puissants, sa cruauté envers les faibles, et parfois pour son incompétence (qui n’est pas telle que ce qu’on en dit en ce sens qu’elle est discutable, car elle relève du fait polémique et du choix), vous faites bien de vous engager dans la voie et la voix du blog, et vous feriez mieux encore en vous renforçant par la création d’alliances horizontales et transdisciplinaires.

    J’observe d’ailleurs que vous en caressez le projet, qui a déjà un commencement d’exécution, puisque je suis là en partant d’Aliocha, alors que mon point d’origine est le blog d’Eolas.

    Donc, pourquoi vous lamenter alors que vous êtes sur le bon chemin?

    Liquidez le passé, foncez droit devant, devenez offensif.

    Allez zou!

    Et vous ne me direz pas que vous manquez de matière!

  8. On ne récolte que ce que l’on a semé dit le proverbe.

    Il est facile de s’en prendre aujourd’hui à internet, au gouvernement, à la conjoncture, …
    Toute la profession passe la moitité de son temps à se plaindre.

    Des années de compromission avec les pouvoirs politiques et économiques en place ont décrédibilisé les journaux, et par ricochet les journalistes. Même ceux qui n’y sont pour rien ont laissé faire par omission.

    Arrêtez de vous lamenter sur votre sort et battez vous avec les armes que vous avez, car vous en avez.
    Envisagez cette opportunité pour vous débarrasser du joug de vos rédactions despotiques.
    Vous êtes maitres de votre destin.

    Internet redonne à tous la liberté d’expression et la pluralité de ton qui sont le fondement de notre république.

    Profitez en !

    Et si cela signifie la disparition des intermédiaires entre le peuple et vous, et de ceux qui se sont gavés de cette situation pendant des décennies, alors tant mieux.

  9. Pas de fausses naivetés, please…

    Le malaise que vous décrivez est déjà installé dans maintes professions où le corporatisme a déjà fait ses dégâts…

    Les professions médicales, par exemple.

    Alors on peut taper sur le Président (il nous faut un guignol qui sert de punching ball en France, alors va pour le Président).

    Mais les pouvoirs ont toujours maintenu ce genre de jeu obscène entre eux : à qui sera le plus fort et chacun joue de ses armes.

    Cela s’appelle la démocratie, chacun tente de faire respecter son territoire et observe l’autre avec sa morgue qui lui est propre.

    Vous rêvez peut être d’un pays dirigé et intermédiarisé par une caste d’intellectuels qui distribuerait les points de bonne ou mauvaise conduite.

    C’est fini, tout comme l’époque du pouvoir exécutif silencieux, opaque et monté sur un piédestal est morte aussi.
    La faute des réseaux et d’une circulation accrue des informations dans tous les sens ?
    Peut-être, mais je ne peux m’empêcher à l’instar des mails au-dessus à vous encourager à trouver vos nouvelles armes dans la nouvelle situation.

    A l’ère industrielle tous les pouvoirs s’enorgueillissaient de leur manque de transparence, regardez où cette opacité nous a conduit dans la finance…

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