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Les journalistes “pris dans la toile” d’internet

Partant d’une tentative de définition très originale du journalisme comme une sorte d’“art du réglage” d’un très difficile équilibre de position, à la croisée de cinq paradoxes qui fondent l’identité professionnelle des journalistes, les chercheurs Nicolas Pelissier et Denis Ruellan envisageaient dès l’an 2000 que l’arrivée d’internet soit un “virage” extrêmement difficile à négocier pour les journalistes en raison même de ce qui fait leur identité.

Concentrés sur la gestion quotidienne de la précarité constitutive de leur relation à la règle, à leurs pairs, au public, à leurs sources, et à l’information, les journalistes se trouvent fondamentalement fragilisés par l’introduction “d’une technologie nouvelle telle qu’Internet (qui) est plutôt de nature à déstabiliser qu’à stabiliser (leur) identité professionnelle”.

Pour ces chercheurs, les journalistes sont littéralement “pris dans la toile” .

Il semble bien que le temps ne cesse de valider cette hypothèse de travail, datant déjà de près de dix ans, et qui est restée totalement inaperçue de la profession…

Je poursuis ma petite série de billets tirée d’une plongée dans les archives du web sur les travaux de recherches en sociologie du journalisme et d’internet.

Lire précédemment :

• 1/3 : Comment les blogs portugais font changer le journalisme (et en France ?

Aujourd’hui :

• 2/3 : A l’occasion d’un colloque de l’Association française de marketing, en 2000 à Montréal, Nicolas Pelissier et Denis Ruellan (J’ai rendu compte sur novövision du livre de Denis Ruellan : “Le journalisme, ou le professionalisme du flou”.) ont proposé une approche sociologique très originale du journalisme, qu’ils ont tenté de définir par ses propres paradoxes. Les journalistes seraient ainsi dans une position d’équilibre instable très fragile qui leur rend très difficile le changement.

Or ces paradoxes ne cessent de s’accroître avec le développement d’internet qui joue comme une sorte de catalyseur des contradictions de la profession. Jusqu’à pousser le journalisme à son point de rupture ?

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Nicolas Pélissier & Denis Ruellan : “Le journaliste pris dans la toile, les réseaux numériques, accélérateurs paradoxaux ?” , Actes du colloque de l’Association française de marketing, Montréal, 2000, (document téléchargeable en ligne au format .doc).

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L’identité paradoxale des journalistes

Dans un premier temps, nous rappellerons que la profession journalistique, de par sa position sociale complexe, est particulièrement exposée à toute une série de paradoxes pragmatiques, certes difficiles à vivre au quotidien, mais cependant constitutifs de sa construction identitaire. (…)

Dans un deuxième temps, nous tenterons de montrer en quoi l’introduction d’Internet dans les organisations médiatiques a toutes les chances de renforcer de manière « pathologique » ces paradoxes structurants, et donc d’accroître les difficultés professionnelles d’acteurs journalistiques plus que jamais situés à la confluence de deux rôles sociaux : le gardien du temple et le manageur de nouvelles. A mi-chemin entre une logique de magistère favorisant l’adhésion à une doxa et une logique entrepreneuriale inspirée par le marketing des services, le journaliste risque fort de se trouver « pris » dans une toile… qu’il aura contribué lui-même à tisser.

Le journalisme, comme concentré de paradoxes

J’ai toujours estimé pour ma part que la position du journaliste était par nature paradoxale. Je trouve là une puissante confirmation de mon intuition.

Paradoxale, rétive à la définition, l’identité des journalistes est insaisissable :

Toute son histoire montre ainsi que l’identité journalistique est rarement stable, que ses frontières apparaissent toujours en mouvement, et que l’adjectif peut être le plus approprié pour la caractériser reste celui de « floue » (Ruellan, 1993). « Professionnels du flou » , les journalistes ont régulièrement fait preuve d’une « plasticité » leur permettant d’absorber des chocs d’origine très diverses, notamment les tentatives d’instrumentalisation émanant de divers pouvoirs et les mutations technologiques engendrées par les avancées de la science (Palmer, 1983).

Les cinq paradoxes du journalisme

Ce concentré de situations paradoxales, le journaliste ne pourrait y échapper, et il formerait même au bout du compte le fond réel de cette identité insaississable :

les relations à la règle.

De fait, les journalistes bénéficient d’une sorte de morale d’exception : « un civisme incivique, en quelque sorte, que borne une double impossibilité : impossibilité de se conformer à la loi, impossibilité de ne pas s’y conformer » (Lemieux, 1992, p.7), selon que le journaliste privilégie le respect de la loi, ou au contraire la recherche d’une Vérité ou d’un Bien public autorisant à s’affranchir des contraintes de la légalité.

les relations aux pairs.

Dans cette interaction, le journaliste est tiraillé par un double antagonisme, tant vis-à-vis de ses concurrents (recherche du scoop, donc singularisation, ou alignement sur l’information des « autres » en vertu du principe des « reprises » en boucle de cette information ?) que de sa hiérarchie (satisfaction des principes et intérêts personnels ou soumission aux contraintes de l’autorité, liées à « l’urgent, l’argent et les gens » ?).

les relations au public.

A quelle « distance » le journaliste doit-il se situer de son public ? Doit-il privilégier une « rhétorique de l’amont » (Ruellan, 1993), basée sur le principe de la distanciation et de la neutralité, ou une « rhétorique de l’aval » , centrée sur les notions de proximité, de visibilité, de service et de convivialité ? Le choix est forcément pénalisant, dans un sens comme dans l’autre, d’autant qu’il n’existe pas d’outils véritablement fiables pour évaluer l’appréciation réelle par le public des textes journalistiques.

les relations aux sources.

Le journaliste doit-il privilégier le recours aux sources institutionnelles (les porte-parole en tous genres) ou s’immerger dans la réalité complexe et informelle d’un « terrain » donné ? Dans un premier cas, il gagne en fiabilité mais perd en authenticité ; dans le deuxième, il gagne en authenticité mais perd en fiabilité. Par ailleurs, se pose la question du degré de proximité du journaliste avec les sources institutionnelles : s’ils s’en rapproche trop, il se « brûle » (électrocution), s’il s’en éloigne trop, il se « grille » (déconnexion). Entre perdre sa source ou perdre son crédit, le choix n’est pas simple.

les relations au produit, c’est-à-dire à l’information.

S’agit-il de privilégier la subjectivité ou l’objectivité, sachant que la quête de cette dernière relève de l’idéal ? Doit-on aller vers une information-miroir, basée sur la logique marchande du service, ou une information-magistère, héritière de la presse littéraire et politique des Lumières ? Cette tension se retrouve dès la naissance des premiers journaux. Elle se renforce aujourd’hui du fait de l’accélération de la vitesse de circulation de l’information, de l’emprise croissante de la communication sur nos sociétés et de la convergence croissante entre médias, publicité, télécommunications et systèmes professionnels d’information (Baldwin et alii, 1996).

“Un art du « réglage de distance »

L’analyse me semble, je l’avoue, toujours aussi séduisante aujourd’hui, ce pourquoi je me permets de la citer largement et de lui redonner l’écho qu’elle mérite à mon avis (et à l’occasion un petit plus de référencement en ligne…:o) ).

Ce mérite est de ne définir le journalisme ni par un statut, ni par une technicité ou même un sacerdoce, mais comme “un art”, et même un art subtile dont l’essence est un « réglage de distance » :

Pour le journaliste, une bonne gestion de ces cinq niveaux de relation implique tout un art du « réglage de distance » (c’est cet art qui constitue le « professionnalisme du flou » ), des capacités d’endurance et surtout de « métacommunication » : ces paradoxes pragmatiques ne sont supportables qu’à la condition que le professionnel puisse « prendre de la hauteur » sur les situations qu’il vit et communiquer sur elles, auprès de ses pairs comme dans l’espace public (…). Mais quoi qu’il en soit, ces paradoxes sont difficiles à vivre au quotidien et ils rendent le changement professionnel plus difficile à mettre en place que dans d’autres professions (Charon, 1994 ; Pélissier, 1999).

Un équilibre précaire bouleversé par internet

Les chercheurs sont ainsi conduits à penser qu’“Internet pourrait être appréhendé comme un « catalyseur » de paradoxes déjà existants, et comme le générateur de paradoxes d’un nouveau genre, ce aux cinq niveaux susmentionnés”. Internet, ou l’“accélérateur paradoxal” de la dissolution de l’identité des journalistes…

les relations à la règle.

Les chercheurs identifiaient deux niveaux distincts où internet brouille l’application des règles (internes et externes) s’appliquant au journalisme.

Au niveau interne se pose tout d’abord, vis à vis de leur employeur, la question de la propriété intellectuelle des journalistes pour la diffusion de leurs œuvres sur les nouveaux médias. Le débat est en effet très vif aujourd’hui à ce sujet, et toujours pas tranché dix ans après (Lire : Acrimed : Hadopi contre le droit d’auteur des journalistes (je cite ce texte en témoignage du débat en cours, mais je n’en partage pas l’analyse (Note Du Blogueur)).)).

Au niveau interne toujours, se pose la question de la délimitation des frontières professionnelles (pour l’attribution de la carte de presse), vis à vis de nouveaux acteurs de la production de contenu en ligne (que ce soit de gros groupes… ou des blogueurs (Les chercheurs n’utilisaient pas le terme de “blogueur” en 2000, mais ils avaient pourtant fort bien identifié le problème :

Peut-on attribuer aisément une carte de presse à des journalistes auto-intitulés créant leur propre journal exclusivement en ligne ?)

Au niveau externe, cette contrainte du journaliste de naviguer sur la frontière de la légalité ne peut que se renforcer dans un univers encore “peu ou pas règlementé”. Les chercheurs soulignent par exemple les questions de la qualification des sources et des capacités de vérification.

les relations aux pairs.

Internet augmente tout à la fois les “moyens nouveaux pour obtenir des scoops mais aussi pour les diffuser mondialement et instantanément”, ce qui est une source d’accroissement de la concurrence interne entre journalistes, et en même temps “il augmente les « effets de reprise » des médias entre eux, favorisant un certain « suivisme » lié à la nécessité d’être « toujours plus vite, partout les premiers »”.

Par ailleurs, internet est un outil technologique qui peut être mis au service “d’un travail coopératif et d’une plus grande convivialité dans les rédactions, en favorisant une dé-hiérarchisation et une autonomisation des acteurs”, ou de tout autre chose :

Le J.A.O. (« Journalisme Assisté par Ordinateur » ) dont on se prend à espérer l’avènement, a pour le moment d’autres effets induits (…) : aggravation de la dépendance des acteurs rédactionnels vis-à-vis de nouvelles « techno-hiérarchies » ; apparition de nouveaux impératifs de rentabilité liés à l’information en continu et aggravant les pressions hiérarchiques sur les salariés ; travail supplémentaire pour des acteurs journalistiques qui ne sont pas toujours rémunérés en conséquence ; émergence d’une nouvelle élite qui ne sera pas forcément la plus compétente et la plus éthique, mais la plus habile pour naviguer sur le réseau (« prime » allouée aux fonctions techniques et documentaires) ; nécessité de prendre du temps pour « répondre en temps réel » aux requêtes et réactions du public (…) ; enfin, accentuation d’un mouvement actuel de précarisation de pigistes de plus en plus amenés à se délocaliser, à se concurrencer et à se transformer en « représentants de commerce » des nouvelles. Ces dérives, largement constatables en Amérique du Nord (…), sont d’autant plus probables que l’introduction d’Internet dans les rédactions n’a pas vraiment été préparée, discutée et négociée, et que la généralisation de son usage reste souvent un non-dit (et non-pensé…) dans les relations sociales internes…

Les travaux du chercheur Yannick Estienne (“Le journalisme après internet”) (ou ces quelques références sur le net) démontrent – depuis – la pertinence de cette crainte.

les relations au public.

Les chercheurs identifient déjà, avec internet, une tendance à l’accroissement de la ségmentation du public, au point que ce dernier pourrait même disparaitre en tant que singulier au profit d’un pluriel : “Le public peut-il survivre à la démassification que suppose l’Internet ?”

Ils y voient un risque que “le journaliste (perde) son statut de garde-barrière (gate keeper) pour devenir un accompagnateur de nouvelles au visage souriant”, contraint de suivre ces publics dans un rôle qui relève plus de la communication que de l’information.

les relations aux sources.

Les chercheurs s’interrogeaient (en 2000) sur le poids prépondérant en ligne des informations relevant de la communication institutionnelle. Ils ne semblent pas avoir anticipé l’irruption des utilisateurs et le fameux UGC, dont je me garde de surestimer l’importance, mais qui modifie tout de même la donne en profondeur, dans un sens en offrant aux journalistes l’accès à de nouvelles sources, et dans un autre en leur opposant une nouvelle concurrence.

Ils identifient bien en revanche l’explosion des informations disponibles en ligne, qui est une forte pression pour les journalistes à se replier du terrain vers un travail de bureau.

les relations à l’information.

Sur ce dernier point, ce retour vers l’an 2000 ne cesse pas d’être troublant pour moi : information en continu, durée de vie raccourcie des informations, “information « à la carte » , bref, en « libre-service »”, tous ces aspects de la nouvelle donne de l’information en ligne sont déjà identifiés, alors qu’il faudra des années aux journalistes pour en mesurer la profondeur (et certains ne l’ont toujours pas fait)…

La circulation en-ligne présuppose une information « à la carte » , bref, en « libre-service » . On peut ainsi considérer l’Internet comme un hypermarché de l’information brute. Cet hypermarché, intemporel et aux dimensions infinies, livre sa marchandise de plus en plus « à domicile » , via les technologies « de poussée » . Le journaliste perdrait alors sa fonction de magistère pour se transformer en prestataire de services les plus divers. Mais les choses ne sont pas si simples… Ces caractéristiques énoncées, on peut avancer que l’information en-ligne a toutes les chances d’être « tiraillée » par au moins trois types de tensions antagoniques constitutives de potentiels paradoxes pragmatiques pour le journaliste : objectivité vs. subjectivité ; différenciation vs. uniformisation ; raccourcissement vs exhaustivité.

La question de l’objectivité et de la subjectivité se pose en effet de manière totalement renouvelée : le service “à la carte”, pousse vers “un journalisme plus « contextuel » , plus « référentiel » , en rupture avec le modèle hyper-subjectiviste de la presse française d’opinion”, en même temps que d’un autre côté la subjectivité revient en force dès lors que le journaliste se voit dans la position de laisser “au public lui-même le soin de construire sa propre réalité (auto-médiation)”.

Second paradoxe, “Internet est un nouvel outil de différenciation de l’information (principes du « one-to-one » et de l’information « à la carte » ) mais il constitue aussi un instrument d’uniformisation et de standardisation”.

Et “troisième paradoxe : certes, nous l’avons vu, Internet favorise une tendance à l’exhaustivité de l’information ; mais simultanément, il engendre un raccourcissement généralisé des formats journalistiques” (que, vous l’aurez reconnu, on ne pratique délibérément pas sur ce blog. :-P).

“Le journalisme n’est plus l’information”

“Que devient le journalisme dans cette reconfiguration de l’espace informationnel ?”

Comme nous l’avons expliqué, le propre du journalisme est de produire de l’information sous contrainte, en faisant sienne une série de paradoxes identitaires qui tiennent aux règles, aux pairs, aux publics, aux sources, et en définitive aux produits. Il n’y a pas de journalisme sans une attitude un tant soit peu frondeuse, corporative, détachée de son public, distante des sources, et déterminée à transmettre une information qui n’est pas attendue. Le journalisme est par chaque individu réinventé, un cocktail d’attitudes face à la mission d’information ; le journalisme est une interprétation (par définition subjective) du réel, c’est une recréation unique de ce qui a été. De même qu’il n’y a pas de journalisme qui ne sache tenir compte des règles sociales, composer avec les objectifs d’une hiérarchie de son entreprise, écouter les attentes d’un public, établir une relation équilibrée avec les sources, proposer un produit conforme à une attente. Le journalisme est un acte social déterminé par un ensemble d’interactions : il est dans un marché, il vit aussi par lui.
Ce qui caractérise, et donc différencie le journalisme par rapport à d’autres pratiques d’informations, c’est la capacité de l’individu à se situer entre les deux pôles de chaque paradoxe, d’être dans la tension sans céder à l’une des deux forces, pour résumer d’être le paradoxe fondamental entre l’intention de magistère et l’intention de miroir
: dire ce qui doit être dit (en vertu d’un projet supérieur, une mission), ou dire ce qui est attendu (en qualité de prestataire de service à un client). Etre journaliste, c’est assumer auprès d’un public un double rôle, contradictoire et donc complémentaire, de directeur de conscience et de serviteur docile, de professeur et de bouffon. Etre journaliste, c’est être aussi autonome qu’hétéronome. Etre journaliste, c’est se sentir à l’étroit dans ces pratiques d’information dirigées par les nouveaux opérateurs de l’internet.

Pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour, et en même temps avec ! Voilà que j’en reviens à la position du journaliste.

L’internet accélère une tendance amorcée depuis une vingtaine d’année : l’information n’est plus l’apanage du journalisme, la première ne se confond plus avec l’autre. C’est au prix de cette distinction, et de cette perte de pouvoir, que le journalisme garde(ra ?) son originalité sociale et que pourront se développer par ailleurs des activités d’information légitimement non journalistiques.

Ça fait maintenant près de dix ans que des chercheurs avaient repéré ça, et moi, il m’aura fallu ce long travail d’accouchement sur ce blog pour le réaliser !

Ça me pose tout de même un problème. Je souscris bien entendu à ce qui est dit, car j’estime que cette analyse est d’une rare pertinence (au point de bafouer les règles et les usages relatifs à la propriété intellectuelle en allant, dans ce billet, bien au-delà de ce que m’autorise l’exception de citation, car j’ai bien compris que c’était légitime parfois pour un journaliste de franchir les lignes jaunes. J’ai donc lu dans ce texte comme une sorte d’autorisation par anticipation. :o) ).

Mais mon problème est ailleurs. Il se pose aux sociologues comme aux journalistes : comment se fait-il que les sociologues n’aient pas été écoutés, pourquoi les journalistes n’ont-ils pas entendu ?

Que de temps perdu !

Alors qu’on pouvait savoir depuis près de dix ans que c’était bel et bien à une redéfinition en profondeur de ce que fait le cœur même de leur métier que les journalistes étaient confrontés avec internet, certains l’avaient compris, et nous n’avons pas entendu, et nous avons perdu notre énergie ailleurs. Un vrai gâchis.

2 Comments

  1. A propos des “cinq paradoxes du journalisme “, j’approuve mais il en manque: ceux relatifs à l’économie et à la gestion de ce secteur et de cette profession (d’ailleurs le paradoxe sur le “produit” développé par les auteurs devrait aborder, par essence, la dimension marketing…). Grosso modo, la profession journalistique se satisfait de bénéficier des avantages (quand ils existent) nés du fait de travailler dans une entreprise, bien gérée, voire excédentaire (quelques cas existent toujours), ou dans une entreprise de presse dans laquelle on s’efforce d’accomoder deux logiques a priori contradictoires (il existe quelques cas encore): la logique éditoriale/journalistique et celle commerciale/managériale. Et dans le même temps (paradoxe), les jorunalistes ne veulent pas, dans leur très grande majorité, se soucier des questions “sales”, pas légitimes ou dignes d’intérêt, i.e. celle (de faire évoluer) du modèle économique de leur entreprise, son adaptation aux bouleversements profonds du marché (et de la consommation de l’info), et notamment de la mise en place des nouveaux outils multimédia…

  2. @ Matou

    Réflexion très juste. Les relations très “embarrassées” des journalistes avec la publicité qui les fait pourtant vivre sont une autre illustration de ce que tu dis.

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