sur le web

Les agences de presse ont de l’avenir, pas les journaux

Tiens, on parlait de ça ici, très récemment… 😉

Le business des agences de presse n’est pas remis en cause par internet (cf. “Un journalisme de re-médiation”). Bien au contraire !

Alors que les journaux périclitent, le chiffre d’affaire des agences continue de progresser : “Notre métier d’agence de presse croît de 5 à 10% par an depuis quelques années” assure à l’AFP, le PDG du groupe Thomson-Reuters, Thomas Glocer.

(noir)“C’est une période effrayante pour les journaux. Mais tant que le malade ne meurt pas, c’est fantastique pour les agences de presse, car les journaux réduisent leur personnel et leurs bureaux à l’étranger et deviennent encore plus dépendants des agences”, a-t-il déclaré mercredi lors de la conférence “All Things Digital” organisée par le Wall Street Journal à Carlsbad (Californie).

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La situation de n’arrange pas pour les journaux en revanche. C’est le magnat de la presse Ruppert Murdoch qui le dit, sans prendre de pincettes (lors de la même conférence) :

(noir)“Tous vont avoir des problèmes. Dans les 5 ou 10 ans, cela ne sera plus économiquement viable de les imprimer”.

(noir)“Au cours des 5 ou 10 dernières années, ils ont fait toutes les économies possibles dans la production, avec les ordinateurs, mais pas dans le journalisme”.

(noir)“Maintenant ils vont devoir économiser sur le journalisme, et ils vont se détériorer terriblement.

(noir)“Certains pourraient disparaître. Et ils vont être concurrencés par les journaux locaux, ainsi que par les gratuits, qui jusqu’ici ne ne sont pas rentables ou à peine mais peuvent bouleverser le modèle économique des journaux”.

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3 Comments

  1. @ Narvic …

    Terrifiant de voir le cynisme de cet homme qui avoue sans fard que son entreprise vit sur la bête …

    Etre assez bête pour s’imaginer qu’on peut profiter d’une manière pérenne de l’affaiblissement de ses clients me stupéfie. Ce comportement de vampire est non seulement imbécile mais criminel.

    A moins bien sur que les agences de presse n’aient en vue d’autres clients pour leurs fast-news, aussi vite lues que digérées.

    En tout cas, tout cela n’est pas de bon augure. A classer dans la rubrique des désastres annoncés. Et vite !

    Manuel Atréide

    P.S. : les journalistes ne se tromperaient-ils pas d’adversaires en focalisant leur angoisse sur le web ?

  2. @ Manuel

    C’est allez un peu vite de dire que l’info des agences est de la fast news : les agences ne diffusent pas seulement des dépêches courtes et factuelles, mais aussi des articles de fond : des reportages, des interviews, des analyses et de l’information de complément de l’actualité : rappels historiques, biographies, témoignages, etc.

    En réalité, les agences fournissent une très très grande part de l’information qui est diffusée : elles disposent de réseaux de correspondants au niveau local et au niveau international, dont ne disposent aucun média national (grands quotidiens ou télé).

    Je ne suis pas sûr qu’il faillent interpréter les propos du patron de Thomson-Reuters comme du cynisme (même s’il y en a un petit peu 😉 ):
    il y a deux constats qu’il met en parallèle : ses clients déclinent économiquement et ça profite aux agences pour le moment. Sa formule sur le “malade” signifie qu’il est conscient que cette situation n’est pas durable, à terme, pour les agences non plus, à moins qu’elles trouvent de nouveaux clients, ou bien qu’elles réduisent elles-aussi leur activité.

  3. @ Narvic …

    J’espère que vous acez raison et que les propos de Thomas Glocer ne sont pas entièrement frappés du sceau du cynisme.

    Il n’en reste pas moins que de mon point de vue extérieur, le flot incessant et gargantuesque des dépêches d’agences n’est à l’info de qualité que ce que le Big Mac est à la cuisine : du fast / bad.

    Pour autant, je suis conscient que ces mêmes agences représentent sans doute la première source d’infos au monde et qu’il sera difficile d’envisager une réelle transformation du système sans elle. Au même titre d’ailleurs que la lutte contre la malbouffe ne se fera pas sans la coopération des grandes chaines de distribution que sont Mac Do, Burger King et autres rois de la junk food actuelle. Outre la capacité à produire en quantités enormes, les uns comme les autres ont les reseaux de distribution les mieux organisés du moment.

    Manuel Atréide

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