sur le web

Le web coopératif, il faut le vouloir !

Article important d’Hubert Guillaud et Daniel Kaplan, sur InternetActu : “Vouloir un web coopératif”, à lire pour le week-end (c’est long et ça donne à réfléchir. Une nourriture très riche, avec plein de vrais morceaux de liens dedans !)…

(noir)“On aurait donc tort de penser qu’un web massivement relationnel annonce, par construction, un monde massivement coopératif. Parce que ça n’est pas le problème principal des utilisateurs. Et parce que ça n’est pas du tout le problème des opérateurs des plates-formes du web 2.0.”

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Hubert Guillaud et Daniel Kaplan remettent, utilement, quelques idées en place sur le caractère coopératif d’internet :

(noir)“La discussion sur la “portabilité” des profils associés aux réseaux sociaux est sans doute la plus symbolique du moment.

(noir)Elle marque d’une part la fin d’une certaine naïveté vis-à-vis des acteurs du web 2.0 : Rupert Murdoch, Yahoo! Time Warner, Google ou Microsoft y sont pour gagner de l’argent, pas pour transformer le monde en coopérative.

(noir)Mais elle signale surtout que l’explosion des “contenus générés par les utilisateurs” provient plus d’une soif de relation que d’une exigence de participation, au sens d’une intervention dans les décisions et processus collectifs. En nous distinguant en 2006, Time nous prêtait sans doute des intentions, voire des capacités, qui n’étaient pas les nôtres.

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Cette participation, il faut donc la bâtir. Elle ne viendra pas toute seule par la magie de la technologie 2.0 : il n’y pas de génération spontanée de la démocratie en ligne ! Pas de “divine surprise”

Restaurer “le permis de s’en foutre”

Qui, alors ? Et d’abord, tout le monde a-t-il envie de participer ?

Face à la “normativité participative”, cette injonction qui court sous bien des discours “techno-eschatologiques” de la démocratie en ligne, n’est-il pas temps de restaurer :

(bleu)“Le permis de s’en foutre, de s’investir ailleurs, de consommer, de rêvasser, de réfléchir très longtemps…” ?

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Et que ceux qui veulent coopérer coopèrent… Les outils sociaux du Web 2.0 sont très utiles pour cela, mais il faut des volontaires… et des volontés. Où va-t-on les trouver ?

Redonner de la voix aux créateurs

N’est-il pas temps aussi de relativiser un certain discours ultra, anti-élitiste et anti-experts, pour ramener tout le monde dans le jeu de la coopération et de la participation : les “activistes”, les “institutions”, les “médias”, et surtout… les créateurs !

(noir)L’échange avant la création : dans le web social, la valeur, voire la légitimité se déplace de la production vers l’échange, du producteur vers le public – certes devenu, lui aussi, plus ou moins producteur. Les plates-formes sociales par lesquelles se découvre aujourd’hui la musique se fichent bien de promouvoir (et encore moins de financer) la création : on ne manque pas de musiciens qui rament ! Qui prendra le risque de soutenir une création ou une idée originale et qui coûte cher, dans la phase où l’on ne peut pas la présenter à un quelconque public ?”

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(bleu)Oui, mille fois oui. Dans la conversation en ligne permanente du web social, qui oscille le plus souvent entre bavardage et cacophonie, il faut revenir à l’écoute des créateurs, des producteurs de sens, et permettre à cette petite musique d’émerger au dessus du bruit. Pas question de restaurer l’élitisme pour autant, mais il faut associer à la coopération tous ceux qui ont des choses à dire, quelque chose de constructif à apporter…(/bleu)

A côté de cette blogosphère (et des sites sociaux) qui “poursuivent des conversations… faire émerger les lieux de discussion et les espaces de création… C’est bien là que se joue… la coopération.

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Cet article poursuit la réflexion de fond engagée par Hubert Guillaud : “Où sont les coopérations fortes ?” C’est l’occasion de s’y replonger…