sur le web

Le pouvoir de faire le catalogue

Le chercheur François-Bernard Huyghe invite chacun, pour ne pas être dupe, à se forger “une culture des médias”, qui fournirait “une connaissance des mécanismes de fabrication, de traitement et de diffusion des messages médiatiques mais aussi de leur réception”.

Dans cet article d’une vingtaine de pages (à télécharger au format .pdf), il dessine les contours de cette formation aux médias, qui “s’organiserait suivant quatre axes : la persuasion que produisent les messages, l’émotion qu’ils suscitent, la sélection qu’ils impliquent et la réorganisation mentale qu’ils provoquent.” Et il tente d’apprécier le fonctionnement spécifique du média internet, de discerner où réside sa capacité à “infuencer” les opinions et les comportements d’une manière nouvelle ou différente : en ligne, “le vrai pouvoir devient donc celui de « faire le catalogue » et de créer des pôles d’attraction”.

Sa conclusion :

(noir)On le voit, sur le Web 2.0, l’influence (mesurable à la capacité de faire réagir autrui dans un certain sens) a de moins en moins une source unique facile à identifier et obéit moins encore à un schéma linéaire. Il semblerait plutôt qu’Internet devienne un magma où soudain se dessinent des formes : il naît une structure d’attention sur certains points, structure qui, elle même, reflète une
bizarre cartographie de la confiance. Des essaims d’internautes se portent au même « lieu » dans le cyberespace, créant un effet d’agrégation tandis qu’en sens inverse des unités de sens (des
énonciations, des thèmes…) se répandent, se transforment, chaque repreneur les réinterprétant à son tour pour les relancer. Pareil système paraît échapper à tout contrôle.

(noir)Or il semblerait que « tout » soit sur Internet comme tous les livres que l’on pourrait écrire avec les 25 lettres de l’alphabet figurent quelque part dans la bibliothèque de Babel. À certains
égards, le vrai pouvoir devient donc celui de « faire le catalogue » et de créer des pôles d’attraction. Cela résulte notamment des systèmes d’indexation de l’information disponible (et
notamment le fameux Google ranking qui ouvre la voie à des stratégies de manipulation des robots sémantiques, pour ne pas dire des stratégies du tricheur) mais aussi quelque chose de
mystérieux qu’il faut bien appeler « l’art de diriger l’attention ». (c’est moi qui souligne)

(/noir)

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