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Le Monde, Mediapart : Giraudo met les pieds dans le plat

Le journaliste Alain Giraudo, ancien patron du Monde Interactif, ne pratique pas la langue de bois. Il semble avoir même un certain penchant à mettre les pieds dans le plat sans se soucier d’éclabousser les convives (et j’apprécie plutôt ce genre de franchise).

Dégainant deux billets en rafale aujourd’hui, il règle un compte, quasiment définitif, au journal Le Monde et au journal en ligne Mediapart :

Giraudo, “Pourquoi je suis en colère” (à propos du Monde):

(noir)“Je fais partie de ceux qui ne croient plus (et ce depuis au moins dix ans) à l’avenir de la presse écrite imprimée sur du papier et vendue dans des kiosques ou par abonnements. Je n’y crois pas parce qu’y croire serait pratiquer le culte des obélisques supports d’une forme ancienne d’écriture, les hiéroglyphes. Je n’y crois plus parce que ça ne fait plus sens de couper des forêts pour faire de la pâte à papier sur laquelle seront imprimées dans des conditions imposées par un syndicat unique des nouvelles obsolètes entrelardées de commentaires insidieux, nouvelles qui s’avèrent dans trop de cas erronées mais qui ne sont que rarement rectifiées, nouvelles qu’il faudra malgré tout diffuser en brûlant du pétrole.”

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(noir)“Ceux qui brandissent aujourd’hui la « liberté de la presse » ont autre chose en tête que la « liberté de l’information ». En fait ils voudraient que par une sorte de miracle une activité irrémédiablement en déclin soit maintenue sous perfusion afin essentiellement de préserver des emplois. Or pourquoi faudrait-il préserver des emplois dans la presse écrite telle qu’elle est aujourd’hui? Parce que celle-ci est plus démocratique qu’une autre forme de diffusion des informations ? C’est du baratin – il n’y a plus que quelques présidents de conseil généraux qui s’imaginent que le quotidien local influence le vote des électeurs.”

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Et de pointer, de la part des journalistes du Monde, “la règle des trois refus qui détermine le niveau de blocage social:”
“refus de l’adaptation du niveau d’emploi avec le niveau de l’activité économique”
“refus de l’évolution technologique”
“refus de la structure hiérarchique de la rédaction”

Et le briseur de langue de bois d’en rajouter aussitôt une couche au sujet de Mediapart…

Giraudo : “Braderie de l’info sur Mediapart avant fermeture définitive?” ;

(noir)“Je pense que le site – caricature de journal imprimé jusqu’à en être payant – d’Edwy Plenel est complètement à côté de la plaque.”

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(noir)“L’idéologue du journalisme d’investigation dont le net n’a jamais été la tasse de thé s’est fourvoyé dans une formule éditorialement et économiquement improbable. C’est son erreur (celle d’Edwy Plenel) et celle de son équipe. Ils ont encore les moyens de redresser le tir choisissant un créneau bien précis, en y pratiquant l’excellence et l’ouverture. Mais la liberté de l’information n’a strictement rien à voir là dedans. Edwy Plenel était libre d’investir son argent et sa matière grise dans un projet moins bancal. Il a fait un pari. Il est simplement sur le point de le perdre au moment où Rue89 est peut être en passe de le gagner (…).”

(/noir)