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Le journalisme vu du Québec : conservateurs et innovateurs

La dernière publication du Centre d’études sur les médias (CEM), signée Philippe Marcotte est consacrée à “La qualité du journalisme vue par ceux qui le pratiquent”, signale Colette Brin sur le site québécois de l’observatoire du journalisme :

(noir)La conception qu’ont les journalistes de la qualité de l’information tend à cautionner les pratiques actuelles, tout en déplorant certaines dérives : information-spectacle, approximations, cadence accélérée.

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Intéressant, l’étude révèle, après “analyse d’une soixantaine d’entretiens de journalistes et cadres de la presse quotidienne et de la télévision à Montréal”, un clivage de la profession en deux groupes (“dont l’auteur prend soin de ne pas exagérer l’opposition”) : les “conservateurs” et les “innovateurs”. Les deux groupes “ne se découpent pas, comme on pourrait le penser, entre vieux et jeunes, médias de prestige et médias populistes, presse écrite et télévision. Les différences sont donc toutes en nuances, mais significatives.”

(noir)Les deux groupes se distinguent notamment par leur interprétation de l’intérêt public, critère fondamental de sélection et de traitement de l’information. Pour les conservateurs, l’intérêt public est lié au hard news, à l’information « lourde », aux affaires de la Cité; pour les innovateurs, il se mesure plutôt à l’impact, à la capacité d’un sujet à incarner une tendance sociale, à faire réfléchir. Bref, pas d’information de qualité qui ne saurait intéresser le public. Les innovateurs, plus nombreux encore parmi les cadres des médias, ne voient pas d’incompatibilité entre l’information de qualité et le succès commercial de l’entreprise de presse, contrairement aux conservateurs.

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