sur le web

Le journalisme de liens : une vraie stratégie d’audience

Scott Karp, sur Publishing 2.0 publie des statistiques de classement des sites d’information américains qui mettent en évidence la place inattendue, et très intéressante, de sites de pur “journalisme de liens” (“link journalism”) tels que Drudge report.

Drudge report devance tous les autres sur le nombre de sessions par visiteur et le temps passé sur le site par personne, par rapport aux sites de contenu. Le journalisme de liens s’avère plus payant en audience que le journalisme de contenu !

Vous comprenez pourquoi novövision devient de plus en plus… un blog de liens… :-))

Drudge report est un site très fréquenté, qui ne connaît pas vraiment d’équivalent en français : un contenu constitué uniquement de liens hypertexte vers des contenus situés sur d’autres sites, sans aucun autre apport rédactionnel, ni commentaire. C’est encore plus “austère” que ma propre revue de lien (voir en page d’accueil), car mes liens sont commentés de quelques lignes de citation ou de résumé, ce qui n’est même pas le cas sur Drudge report. :o)

Pour juin 2008, selon Nielsen online, Drudge report se retrouve premier site américain par nombre de sessions par personne et par temps passé par personne sur le site.

Un site de liens se révèle ainsi être un site sur lequel on revient très souvent, et à force d’y revenir, même s’il n’y a que des liens à consulter, on finit par y passer pas mal de temps (en tout cas plus qu’ailleurs !).

Scott Karp remarque, avec une pointe d’ironie, me semble-t-il, que sur ces deux critères d’évaluation (qui marquent un réel intérêt du lecteur et pas un attrait éphémère et superficiel), Drudge report devance les sites de contenus originaux de qualité, qui traitent les sujets en profondeur, et vers lesquels il renvoie…

Ça lui fait penser à Google… :-)) Sauf que là, c’est un humain qui fait le tri des liens et pas une machine ! (sur novövision : par exemple “L’enjeu de l’info en ligne : moissonner et partager des liens”, ou encore “L’avenir du journalisme : tu seras un agrégateur humain, mon fils !” et aussi “SmallBrother.info : quand c’est un humain qui fait pour vous le tri de l’info… “…).

Bonne question de Scott Karp en conclusion: “comment se fait-il que votre site d’information n’ait pas encore de liens ?”

Here’s a list of the top 30 news sites for May 2008, ranked by sessions per person (source: Nielsen Online):

And here’s a list of top news sites for June 2008, ranked by time per person (source: Nielsen Online):

2 Comments

  1. Question intéressante. Les “largages” de liens apportent-ils une réelle valeur rédactionnelle ?

    Je pense que oui, si la sélection qu’opère le blogueur est pertinente par rapport au thème de son blog et qu’il garde une logique.

    Nous avons beaucoup de système de trie de l’information aujourd’hui sur le net, ils sont pour la plus part entièrement personnalisable et nous font voir ce que l’on veut voire. Quelque part, le trie humain réhabilite “le hasard” dans la navigation.

    Si vous cherchez quelque chose de précis susceptible d’intéresser beaucoup de monde, essayez de faire une recherche sur delicious. Vous serez sur certaine requête plus satisfait qu’avec google 🙂

    Le moteur de recherche humain est probablement l’avenir du web.

  2. À Antonin :

    « Le moteur de recherche humain est probablement l’avenir du web. »

    Ce n’est pas seulement l’avenir, c’est aussi le passé et le présent : tous les internautes sont des « moteurs de recherche humains »… Seulement, tous ne publient pas leurs résultats de recherche. Et encore moins nombreux sont les auteurs qui génèrent le contenu vers lequel pointent la majorité de ces liens. À vue de nez, sur le web, on doit avoir 2 % de partageurs/producteurs d’info potentiellement utile pour le public (sur toutes formes de sites internet — ce qui est déjà énorme) et 98 % de simples chercheurs d’info. Bien sûr, il y aura de plus en plus d’internautes, mais quels que soient le nombre et les outils de publication (déjà nombreux), cette proportion changera t-elle à l’avenir ? pas sûr. Par exemple, ce n’est pas parce que Youtube existe que tout le monde s’est mis à partager et à produire des vidéos — et je ne parle même pas de qualité ou de pertinence du contenu. Force est de constater que Youtube n’est pas l’avenir du web, c’est juste un outil de publication/partage/recherche en plus, complémentaire aux autres, lié à un type de contenu précis.

    Peu de gens savent ce qu’était le web hier ; pas beaucoup plus, voire personne, sait ce qu’il est réellement aujourd’hui ; je suggère de prendre toutes les précautions possibles pour prédire ce qu’il sera 😉

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