sur le web

Le bruit et les messages

(noir)Mais comment, au quotidien, agréger tant de sources, et dégager le bon grain de l’ivraie ?

(noir)Il manque une agrégation humaine et “journalistique” de toutes ces sources pour faire ressortir du bruit les messages.

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Laurent Gloguen sur Embruns fait part de sa déception de “rencontrer si peu de billets sur le sujet de l’euthanasie” dans la blogosphère francophone et se demande ce qu’elle “apporte au débat public”, quand au même moment un gros buzz monte en mayonnaise, pour reprocher à l’acteur Olivier Martinez de tenter d’endiguer, par voies judiciaires, le flots des ragots que le net colporte sur sa vie privée… Il y a dans ce contraste quelque chose de choquant en effet.

“J’écris cette observation dans l’espoir d’être détrompé”, conclut le blogueur. Et de reconnaître à la suite d’un commentaire de lecteur qu’il s’est en réalité trompé.
Son lecteur, Olivier indique : “Mais des bloggeurs qui parle du sujet, il y en a pas mal si on survole Technorati ou Google Search“.
Et Laurent de répondre :

(noir)Mais tes liens, des recherches que je n’avais pas eu la curiosité de faire, ruinent un peu mon questionnement. Je suis sans doute trop focalisé sur la partie émergée de l’iceberg de la blogosphère, ceux qui sont “reconnus”, visibles.

(noir)Ce qui pourrait donner du grain à moudre à ceux qui accusent les blogueurs “classe A” d’auto-entretenir un phénomène.

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(noir)Une “agrégation humaine”(/noir)

On touche là un sujet qui m’est cher sur novövision et sur lequel je n’ai pas fini de revenir… Dans le flot ininterrompu d’information que déverse le net en permanence, le problème principal aujourd’hui devient celui de trouver l’information intéressante pour soi, celle que l’on cherche, qui existe vraisemblablement quelque part, mais qui est “noyée” dans la masse et reste donc invisible…

Des outils techniques ont été inventés et sont sans cesse perfectionnés, pour “agréger” de plus en plus de sources, les trier, les classer, et permettre au lecteur de se retrouver dans cette “orgie d’information”. Mais ces outils restent insatisfaisants…

Quand Laurent en appelle à une «agrégation humaine et “journalistique”», ça ne fait que souligner un peu plus qu’une large part du travail “traditionnel” sur l’information effectué par les journalistes se poursuivait au delà de la simple collecte des faits et leur restitution auprès du public.

Le journalisme propose aussi une hiérarchisation de l’information, une évaluation de la valeur d’une information au regard des autres informations. Informer, c’est donner une forme à ce qui n’en a pas à première vue, c’est donner un sens à ce qui semble ne pas en avoir… Et pour cela, il faut baigner dans l’information en permanence, la brasser dans tous les sens, la tordre et la malaxer, pour en faire sortir un jus qui ait du goût…

Sauf que sur internet, ce ne sont plus des journalistes qui font ce travail, ce sont des machines, et elles le font moins bien que les hommes… Les critères de recherche et d’évaluation de l’information proposés par les moteurs de recherche manquent toujours de la pertinence d’une recherche humaine.

La hiérarchisation est l’enjeu fondamental de l’information en ligne, et les journalistes sont en train de perdre cette bataille actuellement, au détriment de tous, en assumant pas encore ouvertement ce rôle d’“agrégateurs humains” d’information.

Et le public, lui non plus, ne voit pas encore pleinement la nécessité de cette mutation… Le public est grisé de l’accès direct aux sources que permet aujourd’hui le net. Cet accès direct donne un sentiment de liberté reconquise face à une information qui semblait confisquée par une “classe médiatique”, même si au final le résultat est d’accroître la confusion plutôt que de donner du sens.

Le public est aujourd’hui réticent à accepter la nécessité de replacer des “filtres humains” entre lui et la source d’information, un “intermédiaire” entre l’émetteur et de le récepteur, c’est à dire un “médiateur”, un “média”, et il préfère des filtres robotisés, qui lui paraissent moins suspects.

Sauf que derrière ces robots, il y a aussi des hommes pour programmer les algorithmes de recherche. Et ces hommes agissent dans une opacité bien supérieure à celle dans laquelle ont jamais agi les journalistes !

Les concepteurs des moteurs de recherche refusent en effet de rendre publics leurs algorithmes, il refusent ainsi de se justifier dans la transparence des choix éditoriaux qu’ils effectuent, et d’assumer la responsabilité de ces choix.

Quand Google est devenu le rédacteur en chef du web à la place des journalistes, a-t-on vraiment gagné en qualité, en indépendance et en transparence de l’information ?

(vert)La fonction “discussion” de Wikio Blogs(/vert)

(vert)Complément (samedi 18 h00) :(/vert) le sujet de ce billet, à savoir un billet de narvic, au sujet d’un billet d’Embruns, au sujet des billets de la blogophère francophone, au sujet de l’euthanasie, se rapproche de près de ce billet de Veille perso qui traite… du même sujet…

Mais c’est surtout l’occasion pour Pierre Chapaz, fondateur de Wikio, d’intervenir en commentaire chez Veille Perso pour mettre en valeur la nouvelle fonction très intéressante de son moteur de recherche de blog, qui sait désormais regrouper les billets de différents blogs sous une même “discussion”, lorsqu’ils abordent le même thème et se renvoient les uns aux autres…

Démonstration par l’exemple, Wikio regroupe déjà le billet d’Embruns, celui de Veille Perso et le mien sous une même “discussion”. C’est assez bluffant. Et totalement nouveau : on peut même commenter la discussion elle-même sur wikio, c’est à dire commenter les trois billets en même temps, ce que je m’empresse d’aller faire de ce pas… 😉