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La sagesse des foules

“La sagesse des foules”, James Surowiecki, (traduit de l’anglais), J.-C. Lattès, 2008, 384p., 19€.

Selon James Surowiecki, désigné par certains comme l’un des “gourous du Web 2.0”, les “foules”, même composées d’incultes ou de purs fantaisistes, se révéleraient bien plus “intelligentes” à résoudre les problèmes, même complexes, que n’importe quel spécialiste.

Pour peu que quelques conditions soient réunies, (diversité d’opinion, indépendance de jugement, certaines formes de décentralisation), la “sagesse des foules” se montrerait le meilleur des moyens de gérer l’ensemble de la société… Et ce serait ça la démocratie.

((MàJ) Il faut souligner que cette “sagesse des foules” ne relève nullement d’une quelconque coopération, ou collaboration, au sein d’un groupe pratiquant le dialogue. Bien au contraire. L’effet que l’auteur souhaite mettre en évidence ne concerne que des foules formées de l’addition des égoïsmes individuels. Le terme de “sagesse des troupeaux” serait donc mieux appropriés.)

Cette “sagesse des foules” s’avère finalement n’être qu’une reformulation, adaptée à l’ère d’internet, de la célèbre “main invisible” d’Adam Smith, qui fonda, il y a deux siècles, le courant de pensée qu’on appelle aujourd’hui l’ultralibéralisme économique.

Cette nouvelle version de la défense du capitalisme le plus débridé, censé assurer le bonheur social par l’épanouissement sans contrainte des égoïsmes individuels, frise bel et bien… la mystification.(vert)James Surowiecki est journaliste, chroniqueur économique du New Yorker. Il écrit aussi pour le New York Times et le Wall Street Journal.

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Présenté par certains comme “la Bible” du Web 2.0, l’ouvrage de James Surowiecki, qui vient d’être traduit en français, est à bien des égards singulier. La thèse avancée en 2004, qui enthousiasme les informaticiens des start-ups de la Silicon Valley, relève du domaine de la psychosociologie, mais elle est écrite par… un journaliste économique. La jaquette de l’édition française présente le livre comme “un best-seller du management”, mais la librairie où je l’ai trouvé le place au rayon “biologie” ?!

Surtout, la lecture de ce livre annoncé comme “révolutionnaire” ne montre pourtant que la reformulation actualisée d’une thèse fort ancienne, qui remonte au 18e siècle : “la sagesse des foules” de Surowicki n’est autre chose qu’un nouvel avatar de la “main invisible” d’Adam Smith (1723-1790), et le livre se révèle au bout du compte une apologie du capitalisme dans sa forme la plus ultralibérale, renvoyant à l’économiste Friedrich Hayek et à l’“école de Chicago”, faisant totalement l’impasse sur la critique fondamentale de cette approche portée par un large mouvement de la pensée contemporaine.

L’ouvrage rassemble un certain nombre d’exemples de situations où les décisions prises par des groupes quelconques se révèlent plus “intelligentes” que celles avancées par des experts de la question, et ce “même si la plupart des personnes dans un groupe ne sont ni bien informées ni rationnelles”.

L’auteur s’intéresse tout particulièrement à trois types de “problèmes” dans la solution desquelles “les foules” se révèlent plus “sages” que les individus les plus “intelligents” ou les plus “experts” : les problèmes de “cognition, coordination et coopération”. Il détaille les “conditions nécessaires pour que la foule fasse preuve de sagesse : la diversité, l’indépendance et une sorte particulière de décentralisation”.

De cette collection d’exemples empruntés aux domaines les plus variés, qui vont de l’émission télévisée “Qui veut gagner des millions ?”, à des expériences universitaires de psychologie cognitive ou d’économie, des aperçus sur la zoologie des abeilles, des fourmis et des macaques, le fonctionnement du moteur de recherche Google, la pratique des bookmakers, la stratégie des entraîneurs des équipes de football américain, ou encore diverses anecdotes de l’histoire économique et financière des USA, James Surowiecki suggère de généraliser les conclusions qu’il en tire à l’ensemble des sociétés humaines. Il y voit la justification de la supériorité du capitalisme ultralibéral sur tout autre forme d’organisation sociale.

L’ensemble de la thèse est fondé sur un postulat fondamental, qui n’est justifié, ni même mis en question, à aucun moment :

(noir)“Par tradition, les économistes supposent, en toute raison, que les êtres humains sont essentiellement au service de leur intérêt bien compris. Cela signifie deux choses (peut-être évidente). D’abord, si on lui en donne le choix (en produits, services ou procédés), une personne choisira ce qui l’arrange le plus personnellement. Ensuite, ses choix ne dépendront pas de ce que les autres font.”

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S’ensuit une vision de la “rationnalité” des individus, qu’il est proposé au lecteur d’admettre sans qu’elle soit jamais, elle non plus, remise en question, et qui amène l’auteur à asséner :

(noir)“Mais au niveau individuel, il est rarement rationnel de coopérer.”

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Le fait que des individus coopèrent spontanément avec des gens qui leur sont étrangers : “Voilà des gestes, au sens strict, irrationnels.”

Telle expérience révèle que 25% des participants ont un comportement “égoïste – c’est à dire qu’ils sont rationnels, au sens économique (…)”.

La motivation sociale essentielle ne semble être que la recherche de “la performance économique d’une nation”, ce pourquoi “il était essentiel de briser la tradition d’une définition de la confiance en terme familiaux ou ethniques”.

(noir)“Les relations denses” (“comme au sein d’une famille, d’un clan ou d’un voisinage”) “peuvent souvent s’avérer un frein à la croissance économique, puisqu’elles encouragent l’homogénéité et favorisent les échanges personnalisés au détriment d’un échange marchand ouvert”.

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Tout cela conduit l’auteur à considérer l’observation de comportements coopératifs dans la société comme “un mystère”, qu’il ne s’explique que difficilement, si ce n’est ainsi :

(noir)“Nous pouvons disséquer ces actes et expliquer ce qui les suscite. Mais il y a quelque chose d’irréductible en leur coeur, et c’est ce qui fait toute la différence entre la société d’une part et une bande de gens qui vivent ensemble d’autre part.”

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On relèvera, sans insister, l’indigence intellectuelle et théorique d’une telle présentation, sur ce que des décennies de recherches en psychologie, anthropologie, sociologie, histoire de l’économie, bref tout l’apport intellectuel des sciences humaines et sociales !, ont montré de la complexité des questions dont la problématique est ici rayée d’un trait de plume, mais on les conservera à l’esprit en jetant un coup d’oeil à cette théorie présentée comme la légitimation intellectuelle du caractère efficient et “démocratique” du Web 2.0…

Les points essentiels de la “démonstration” de James Surowiecki s’appuient sur quelques expériences de psychologie comportementale et l’analogie avec quelques observations dans l’histoire des Etats-Unis ou la biologie animale.

Toutes références au vaste champs de la psychologie humaine ouvert par les observations d’un Sigmund Freud, par exemple, sont ignorées, comme est ignorée toute approche du comportement humain comme celui d’un être social et historique, qu’il est illusoire d’observer en faisant abstraction du contexte dans lequel il agit, comme si l’auteur n’en avait jamais entendu parler.

A un moment, il cite toutefois Karl Marx (p. 171), mais pour lui faire dire une telle banalité, qu’on a toutes les raisons de supposer qu’il ne l’a jamais lu. D’autant que la lecture réelle de cet auteur aurait de quoi contrarier la totalité de son propos, et lui demanderait – en tout cas – de répondre à l’objection fondamentale que celui-ci lui posait par avance.

Qui veux gagner des millions ?

La première partie de cet ouvrage est, d’après l’auteur, “si l’on peut dire, de la théorie”. Elle s’ouvre sur la remarque que, dans le jeu “Qui veux gagner des millions?”, la possibilité offerte au joueur qui sèche sur une question d’appeler à l’aide “un ami”, qu’il suppose expert, se révèle nettement moins efficace que l’autre joker dont il dispose et qui consiste à demander “l’avis du public” (65% de bonnes réponses dans un cas, 91% dans l’autre). On tâchera de s’en souvenir si l’occasion se présente…

Diverses expérimentations, relevant de la psychologie de groupe, tendent à montrer que, globalement, un groupe se montre plus “intelligent” dans la résolution de certains problèmes que le plus “intelligent” des membres de ce groupe : calculer le poids, une fois équarris, d’un boeuf présenté sur pieds ; “classer des objets en fonction de leur poids” ; estimer “le nombre de bonbons dans un bocal”

Le marché boursier se révèle un bon champs d’observation : après l’explosion de la navette Challenger, en 1986, il n’aurait mis que quelques minutes à deviner sur laquelle des quatre entreprises cotées, sous-traitantes de la Nasa, l’enquête officielle (qui a pris des mois) allait faire porter la responsabilité du désastre. Sans pourtant qu’aucune rumeur n’ait circulé, ni qu’aucun délit d’initié ne soit décelé. Un mystère ? Non : la “sagesse des foules”, car “le marché ne se trompait pas”, “une demi-heure après l’explosion, le marché savait”.

(noir)“Le marché a été intelligent ce jour-là parce que les quatre conditions qui caractérisent les foules douées de sagesse étaient réunies : diversité d’opinion (chaque personne doit détenir les information en propre, quand bien même ce ne serait qu’une interprétation excentrique de faits par ailleurs connus), indépendance (les opinions des personnes ne sont pas déterminées par les opinions de ceux qui les entourent), décentralisation (les personnes sont capables de se spécialiser et de s’appuyer sur un savoir local) et agrégation (certains mécanismes sont en places qui transforment des jugements privés en décisions collectives.”

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Une “offensive d’écervelés”

L’auteur aligne les exemples, avançant que quasiment n’importe quel problème (du pronostic sur l’élection présidentielle américaine à la détermination de la politique moyen-orientale du gouvernement) trouverait d’utiles bénéfices à être confié à des “places de marché”, c’est-à-dire à des groupes d’individus quelconques qui seraient amenés à faire des anticipations sur l’avenir, en plaçant de l’argent, de la même manière que les traders le font en bourse. Car le marché ne se trompe pas…

L’auteur regrette bien, au passage, que le projet de création en 2003 d’un “Marché de l’Analyse Politique” (Policy Analysis Market), qui devait fournir au gouvernement des analyses sur la situation au Moyen-Orient destinées à éclairer sa politique, et faisant appel à ces techniques de “place de marché”, ait été repoussé par des sénateurs “qui l’accusèrent d’être une “offensive d’écervelés” et “inutile” “, le public américain étant “non moins épouvanté”.

Tous cela ne fonctionne que si l’on dispose toutefois, dans l’inorganisation générale, de bonnes procédures “d’agrégation” des informations éparses (“La centralisation n’est pas la solution. Mais l’agrégation l’est.”), et la meilleure des procédures entre toutes celles que l’on connaît reste bel et bien… le marché.

Même s’il s’agit de “faire des paris sur des catastrophes possibles”, ce que d’aucuns jugent en effet “insultant” et “immoral”. Mais “c’est, en un sens, ce que les marchés font souvent : ils brident l’immoralisme pour améliorer le bien commun”.

Selon James Surowiecki, le résultat de telles méthodes se révèle toujours supérieur à tous les autres, même si personne ne sait pourquoi. Mais un économiste ne disait-il pas : “Bien que les marchés semblent fonctionner en pratique, nous ne sommes pas certains de leur fonctionnement en théorie” ?

Même le développement réussi du système d’exploitation pour ordinateurs Linux, par une communauté d’informaticiens bénévoles et faiblement organisés, apporte de l’eau à son moulin, car “Linux n’est pas si différent d’un marché”.

(noir)De telles solutions consistent certes, “de facto (à) s’en remettre au hasard pour la résolution des problèmes. Mais jusqu’à présent, en tout cas, cela a été d’une remarquable efficacité, faisant de Linux l’un des concurrents les plus dangereux de Microsoft.”

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Et tout, finalement, tirerait bien du bénéfice à s’aligner… sur le marché.

Je passe sur la seconde partie de l’ouvrage qui n’est, au dire de l’auteur lui-même qu’une série d’“étude de cas” (le marché appliqué au trafic routier, à la recherche scientifique, au management des petites équipes, jurys et autres commissions, à l’entreprise…), pour en venir au chapitre final, qui justifie ô combien la profonde justesse de la thèse…

Au fond, la démocratie elle-même n’est-elle pas le plus bel et le meilleur exemple d’un fonctionnement de “place de marché” ou s’exprime dans toute sa splendeur la “sagesse des foules” ?

(noir)“Je penses que nous savons maintenant qu’à long terme, le jugement de la foule va nous offrir la meilleure chance de prendre une bonne décision et que cette prise de conscience va faire pâlir les notions traditionnelles de pouvoir et de leadership. J’espère, tout en restant prudent, que c’est ce qui nous attend et que nous pourrons ainsi avoir de plus en plus confiance non en des chefs isolés mais en nous-mêmes.”

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Voilà donc où s’est faite la jonction entre le chroniqueur économique de New York et les hippies geeks de la Silicon Valley, qui le portent au pinacle aujourd’hui : l’ultralibéral associé à l’ultralibertaire…

L’alibi démocratique

Sur le fond des arguments avancés par James Surowiecki, on peut probablement trouver des enseignements et quelques applications à tirer de ces expériences de psychologie de groupe, en management ou en pédagogie par exemple. Mais l’auteur transpose, en douce, ces enseignements tiré d’un environnement limité à des conclusions portant sur la sociologie de masse. Et c’est là que ça ne va plus. Et c’est dans ce glissement que s’exprime la nature réelle de son projet qui est, en définitive… idéologique.

Le passage subreptice de la notion de “groupe”, un groupe limité dans un champs clos dans des circonstances particulières et souvent de nature, soit exceptionnelle, soit artificielle, à une généralisation au terme de “foule” est proprement abusif.

Et de là à en tirer une quelconque conclusion sur la pertinence des millions de résultats proposés par le moteur de recherche Google, le pas, pourtant bel et bien franchi par l’auteur, frise la mystification. Quant à la justification finale par le preuve démocratique, on préférera d’autre définition de la démocratie qu’une “place de marché” qui prend toujours les bonnes décisions…

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Complément (dimanche 18 mai) : Un élément de la présentation de James Surowiecki que je n’ai pas, réflexion faite, suffisamment souligné, est le caractère profondément antisocial des conditions nécessaires, selon lui, pour que puisse s’exprimer cette “sagesse des foules”. Les groupes étudiés parviendraient à un “bon résultat” dans la prise de décision collective d’autant plus qu’ils sont hétérogènes, inorganisés… et qu’ils ne communiquent pas entre eux.

Il s’agit bien là d’agréger les égoïsmes d’individus isolés et pas du tout de profiter d’une quelconque efficacité du dialogue ou de la coopération, de la richesse du lien social au sein d’un groupe. La prise en charge collective du problème, dans une optique de collaboration, se revélerait même, selon sa logique, contre-productive. En ce sens, le terme de “sagesse du troupeau” me semblerait bien mieux adapté à ce que l’auteur désigne, et au bout du compte ce qu’il prône.

Le parallèle final qu’il fait entre cette “sagesse du troupeau” et la démocratie n’en est que plus désagréable.

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4 Comments

  1. Merci pour ce résumé dont la production semble avoir fait suite à une lecture difficile et irritante !
    Votre note me fait réagir suite à 2 lectures récentes que j’ai eues : The Black Swann et Wikinomics, qui peuvent apparaitre à côté de The Wisdom of the Crowds si on le recherche sur Amazon. Et il me semble de plus en plus que ces ouvrages, vendus comme des références de la pensée 2.0 censée révolutionner nos modes de communication et d’organisation, ne sont que des mystifications de bas étage.
    Ainsi The Black Swann ne semble que reprendre un principe simple de la théorie du Chaos appliquée aux marchés financiers. Pourquoi pas, mais une fois passé les 10 premières pages du livre, le stade du pamphlet ou de la théorie ne dépasse pas celui d’une simple affirmation jetée en l’air par un singe intelligent.
    Quant à Wikinomics, j’ai fini par jeter de rage le livre après quelques affirmations bien senties comme “Le web a été créé pour le bien de l’humanité”. Mal traduit, mal écrit, j’ai vraiment regretté mes 25 euros, si bien que je vais finir par arrêter de vouloir me cultiver en lisant des productions bas de gamme vendus comme de profondes pensées théroriques.

  2. @ Capitaine

    Vous avez bien saisi mon “irritation” à la lecture de ce livre. 😉

    C’est plus un contexte que le livre li-même, qui m’a irrité : car après tout ce monsieur écrit ce qu’il veut et je ne suis pas obligé de le lire…

    Seulement je vois ce “concept” de sagesse des foules repris à toutes les sauces Web 2.0 sans jamais détailler vraiment de quoi il s’agit et sur quoi il est appuyé.

    Quand j’entends défendre que la démocratie ne fonctionne jamais mieux que lorsque des individus isolés vaquent à la satisfaction de leur intérêt égoïste, et que le dialogue et la coopération sont des freins à la prise de bonne décision collective, ça me provoque tout de même comme un malaise…

  3. La vision inverse du livre (par des économistes bien sûr).

    Ne l’ayant pas lu, je réserve mon jugement, mais sur votre post, par pitié, évitez d’accoler “ultralibéral” et Adam Smith, c’est tout à fait ridicule. Ca ferait rire à la fois les libéraux et les antilibéraux (ces derniers n’oubleint jamais de rappeller qu’Adam Smith défendait la nécessité d’intervenions de l’Etat dans de nombreux domaines, défendait les syndicats ouvriers contre les associations de patrons, etc.). La main invisible n’a rien d’un concept ultralibéral, c’est un anachronisme et un non-sens.

    Et pour le reste du livre, si votre commentaire est une juste image du discours de l’auteur, vous confondez souvent ignorance et idéologie. Par exemple, Kenneth Arrow, un des plus grands économistes néoclassiques a démontré que même en faisant les hypothèses que vous critiquez, la manière dont le marché et le vote agrègent les préférences sont radicalement différentes (et qu’en fait dans ce genre de cas, le vote est un mauvais moyen de faire émerger les préférences sociales). Surowieczki ne se trompe pas parce que c’est un très méchant complotteur ultralibéral, mais un ignorant qui ne connait pas un théorème vieux de cinquante ans. Si vous voulez de l’ultralibéral sur le sujet, en voici.

    Pour terminer ce petit cours de pensée économique, allez lire Yochai Benkler, autre “gourou du 2.0”, ou regardez cette vidéo, qui montre de manière convaincante qu’il y a bien eu une révolution du web qui fonctionne par la mobilisation des foules, mais qu’elle ne repose pas sur les mêmes déterminants que le marché tel que nous le connaissons jusqu’ici.

    (je mets tout ça parce que ce genre d’absurdités sur un blog intelligent m’énerve).

  4. @ Markss

    J’admets que j’ai rédigé cette note de lecture sous le coup de la profonde irritation que ce livre à suscité chez moi…

    Vu la notoriété de ce livre dans le monde d’internet, je m’attendais à bien autre chose que le pamphlet idéologique que j’ai finalement découvert.

    Ma lecture récente du livre tout chaud de Francis Pisani et Dominique Piotet, « Comment le web change le monde. L’alchimie des multitudes », qui est d’une autre trempe, et qui revient très en profondeur, avec beaucoup de prudence, sur les notion de sagesse des foules et d’intelligence collective, me permettra rapidement de remettre les pendules à l’heure (la rédaction de cette note de lecture figure parmi mes priorités, mais je manque de quelques mains actuellement).

    L’analyse de Pisani/Piotet sur les phénomènes collectifs qui sont à l’oeuvre sur internet aujourd’hui les amène à faire une profonde différence entre des phénomène de nature agrégative (Google, Flickr…) et ceux de nature coopérative (Wikipédia, Linux…).

    Cette distinction me paraît fondamentale. Elle est absente chez Surowiecki, qui fait en la matière un amalgame qui m’irrite.

    Cette analyse de Pisani/Piotet les amène a finalement rejeter les expressions de « sagesse des foules » comme d’« intelligence collective », en proposant de leur préférer cellle qu’ils ont forgée d’« alchimie des multitudes », qui me parait bien moins polémique et beaucoup plus féconde.

    Je vous en reparle bientôt.

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