après le journalisme

La culture des journalistes est-elle soluble dans l’internet ?

Hier, deux émissions de télévision consacrées successivement à internet, le journalisme et l’information, l’une sur Arte et l’autre sur Direct8. Et quel contraste !

La première, sur Arte : une émission de propagande crépusculaire confinant à la désinformation, un tissu de préjugés corporatistes sur internet de la part de journalistes “installés”, au bord de la panique et se parlant à eux-mêmes.

La seconde, sur Direct8 : une approche informée, mesurée et pragmatique d’internet, avec des journalistes qui connaissent leur sujet et mettent de côté les fantasmes alarmistes, et qui sont confrontés à un rabbin juif, un curé catholique et un sociologue musulman, qui mettent en avant, de leur côté, l’éducation et le dialogue avec la jeunesse.

Quel contraste, et quelle illustration. Il est intéressant de se demander pourquoi certains journalistes voient internet comme une opportunité de réinventer leur métier (et ils y travaillent concrètement), quand d’autres se lancent dans des incantations terrifiées et stériles.

Deux cultures du journalisme, en fait, dont l’une voit internet comme une menace absolue remettant en cause, non pas tellement un monopole de l’information, que le fondement même du statut et de la légitimité sociale des journalistes professionnels, quand l’autre y voit une terre d’aventure où tout est à reconstruire, mais où il y a de la place pour tout le monde du moment qu’on accepte ce formidable changement de la règle du jeu…

Sur Arte, un journalisme de propagande

La très lamentable émission Théma au sujet de l’information sur internet, diffusée hier mardi 9 février sur la chaine de télévision Arte, me donne l’occasion de rédiger aujourd’hui ce billet, que j’avais en tête depuis quelques temps.

Deux reportages et un débat, plus de deux heures d’émission, et pas une seule fois un simple usagers des médias, un citoyen qui cherche à s’informer, en ligne ou ailleurs, n’est seulement consulté. Je ne parle même pas de lui donner parole pour qu’il s’exprime sur un sujet, sur lequel on peut considérer qu’il est possible qu’il ait un avis de citoyen… ou même de consommateur : il n’est même pas interrogé. Dans cette affaire, il n’existe même pas. Seuls des journalistes sont autorisés à s’exprimer entre eux, et parmi eux un seul (bonne surprise !) connait en réalité le sujet : internet, et tient à ce sujet un discours sensé et raisonnable : bravo Edwy Plenel, le patron-blogueur de Mediapart.

Pour le reste, une longue lamentation alarmiste et dramatisante de journalistes entre eux, alignant à un rythme époustouflant tous les poncifs, les clichés, les inexactitudes, les approximations, les erreurs et les préjugés, que diffusent propagent bien des journalistes professionnels aujourd’hui au sujet d’internet. Un ton infantilisant le public, qui est prié de faire ce qu’on lui dit et que l’on gronde implicitement… de ne justement pas faire ce qu’on lui dit, une arrogance insupportable de pontifes de la profession de journalistes, qui ne se remettent en cause pas une seule seconde eux-mêmes et nous prédisent avec effroi la fin de la démocratie, si on ne met pas un terme au plus vite à cette horreur inqualifiable qu’est aujourd’hui internet, où – effroyable imposture ! – il ne sont plus, eux les journalistes en chef, considérés comme l’unique source légitime de l’information.

Le terme même de “journaliste-citoyen” est lâché avec morgue à plusieurs reprises par le présentateur Daniel Leconte, comme une sorte de saleté dont il faut se débarrasser au plus vite, car ce qui nous menace, c’est bien ça, du moins faut-il le croire : le danger qui pèse sur la démocratie viendrait… des citoyens eux-mêmes, et la démocratie aurait en réalité bien plus besoin de journalistes professionnels… que de citoyens ! (Une attitude qui n’est pas sans me faire penser à ces intellectuels français qui nourrissent aujourd’hui, selon Jacques Rancière, une “haine de la démocratie”.)

Bref, on l’a compris, tout ça n’était pas de l’information. C’était de la propagande.

Sur Direct8, mesure et pragmatisme

Etonnament, la bonne surprise viendra le même soir un peu plus tard, sur le même sujet, d’une chaine privée dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne brille pas par ses prétentions culturelles, elle ! : Direct8, la chaine de Vincent Bolloré. Qui plus est d’une émission… religieuse ! Dans Les Enfants d’Abraham, Mikaël Guedj donne en effet l’occasion, deux fois par mois, à un juif, un chrétien et un musulman de “commenter l’actualité” (“le Père Alain de la Morandais, le Grand rabbin Haïm Korsia, l’islamologue Malek Chebel”).

Ils recevaient hier deux journalistes pour parler d’internet, et ça volait nettement plus haut que sur Arte : Johan Hufnagel, rédacteur en chef de Slate.fr, et Olivier Levard, chef de rubrique à TF1 News, chroniqueur sur LCI et co-auteur du récent “Facebook : mes amis, mes amours … des emmerdes ! La vérité sur les réseaux sociaux” (que je n’ai pas lu).

On aura été presque surpris de voir ici, par contraste, des journalistes qui savaient de quoi ils parlaient, tenant des propos mesurés, mettant en évidence comment internet était tout à la fois plein de promesses et de menaces, qu’il fallait aborder la question avec réalisme, avec mesure et pragmatisme. On aura été surpris de voir le rabbin, le curé et le sociologue assurer tout à la fois qu’ils ne connaissaient pas très bien le sujet, et démontrer par leur curiosité, leurs questions, leurs remarques ou leurs réflexions… qu’ils en savaient en réalité beaucoup plus long que les journalistes qui pontifiaient quelques temps plus tôt sur Arte.

Le grand rabbin s’en tient surtout à un usage personnel du courrier électronique, qu’il trouve formidable, mais il n’a pas le temps d’aller sur Facebook. L’abbé en revanche va y faire son petit tour quotidien, pour échanger avec… ses 3000 amis sur le réseau social (chapeau l’abbé !). Et le sociologue sait bien que si on interroge Google, on aura moins de réponses avec la requête “Mahomet”, que sur celles “Jésus” ou “Moïse”, mais il se demande aussi, avec humour, si le résultat ne serait pas différent en ce moment – du moins en France – sur la requête “Mahomet + Burqa”

Ici, c’en est presque un soulagement, on se pose concrètement de bonnes questions : Facebook, tout à la fois un formidable outil de socialisation, mais peut-être aussi la source d’une nouvelle forme d’isolement ; comment mettre en œuvre sur internet un indispensable droit à l’oubli pour les gens (interview de NKM), sans donner un moyen pour les politiques de faire oublier leurs promesses (Hufnagel) ? ; Twitter mégaphone à rumeur, qu’il permet en même temps de juguler rapidement par l’effet de la régulation des membres du réseau eux-mêmes (Hufnagel cite l’exemple récent de l’explosion à Lille) ; internet favorisant la diffusion de messages alarmants (comme ceux des “complotistes”, présentés auparavant sur Arte sans aucune nuance, ni même de l’intelligence) et aussi précieux moyen de lutte démocratique pour les opposants iraniens (Korsia)…

Et nos trois compères rabbin, curé et sociologue, de tenir le discours mesuré de l’éducation à internet et du dialogue, notamment vis à vis de la jeunesse. Et nos compères journalistes de souligner que l’usage massif d’internet est encore très récent, que nous sommes dans une phase de découverte, que les usages ne sont pas stabilisés, que les choses vont s’organiser peu à peu de manière plus satisfaisantes qu’elles ne le sont peut-être aujourd’hui… Quel contraste avec la déclaration de guerre à internet des pontifes du journalisme sur Arte !

Une certaine culture des journalistes

Et une question me vient, une fois la télé éteinte hier soir, en me laissant glisser doucement dans la rêverie du premier sommeil : mais qu’est-ce que peuvent bien avoir dans la tête ces journalistes qui nous ont présenté hier soir sur Arte une émission aussi scandaleusement partiale, biaisée et mal informée ?

J’en reviens à cette “culture du net”, que j’évoquais ici récemment (“La culture du net survivra-t-elle au Web de masse ?”), m’appuyant sur les travaux de Domnique Cardon (“Vertus démocratiques de l’Internet”), pour voir à quel point ce sont bien ces usages si spécifiques et caractéristiques des internautes sur internet qui entrent en conflit direct et radical avec une certaine culture du journalisme professionnel, dont Arte s’est fait hier la propagandiste sans retenue.

Les procédures de la prise de parole et de sa légitimation sur internet sont en effet l’exact inverse de celles qui ont cours dans « l’espace public traditionnel, celui de la presse, du livre, de la radio et de la te?le?vision », comme dit Cardon, et qui justifiaient – à leurs yeux du moins – le statut dont bénéficient les journalistes professionnels dans la société traditionnelle.

“L’élargissement de l’accès à l’espace public sur Internet s’est en quelque sorte « payé » d’un abaissement des contraintes de distanciation qui ont fondé les formes du discours public (politique, journalistique, intellectuel) en le plaçant dans l’horizon régulateur de la raison, de l’autocontrôle, de l’argumentation et du détachement vis-à-vis des intérêts particuliers.(…) Internet nous a appris que, pour élargir le cercle de l’expression publique, il était nécessaire de tolérer des énonciations à la première personne, des points de vue assurés et des voix frêles, des coups de gueule, des affirmations péremptoires, des propos hasardeux, poétiques, loufoques, drôles et vibrants.”

Et c’est de cette tolérance, que nos journalistes sur Arte ont refusé de faire preuve hier, face à la diversité des expressions non formatées qui apparaissent sur internet, qu’ils ne songent pas un instant à interroger (pourquoi y a-t-il des complotistes ?), mais qu’ils veulent rejeter dans l’obscurité sans discussion, se faisant par là des apôtres d’une censure sans débat, dont ils seraient les seuls agents, et cela au nom de la démocratie, dont ils seraient les seuls garants !

Le sociologue prévient pourtant :

“Le couplage « distancié » entre identité civile et information d’intérêt général qui constitue la forme légitime d’expression publique dans notre conception de l’espace public n’y occupe (sur internet) qu’une place très spécifique, même si très visible. Et il serait dangereux et réducteur de considérer le web à partir de cette seule perspective qui n’en fait qu’un espace d’informations, de circulation d’idées et d’évaluation critique.

Nos journalistes d’Arte se trompent donc radicalement de perspective, en n’envisageant internet que comme une sorte d’extension de leur propre domaine de l’information, mais où ils seraient dépossédés du rôle indispensable qu’ils y jou(ai)ent auparavant. Ils se trompent tout simplement de terrain !

Je suis frappé de voir comment cette myopie s’est exprimée hier chez ces journalistes. Internet n’est pas du tout ce qu’ils croient. Ce n’est pas un simple “espace d’information” – dont ils s’estiment, sans le dire, les propriétaires -, c’est d’abord et avant tout un espace d’expression et de socialisation – à la disposition de tous. Et si des opinions non formatées, non conventionnelles, voire carrément illégales, y deviennent visibles, ça ne signifie nullement qu’elles n’existaient pas déjà auparavant. Elles étaient tout simplement interdites d’accès à l’espace public traditionnel par les “chiens de garde” qui y distribuent la parole, ce qui rendait ces expressions artificiellement invisibles, c’est à dire… censurées.

A travers toute cette émission d’Arte, une forme de nostalgie était quasiment palpable, chez ces journalistes, de ce monde d’avant internet, si bien tenu par ses “chiens de garde”, et l’on sentait aussi très nettement, même si c’est resté implicite, un appel pressant à rétablir la situation précédente – même si on s’est bien gardé de dire comment il convenait de le faire !

La perte d’un statut et d’une légitimité, bien plus que d’un monopole

Cette nostalgie, et cette ambition, affleurant mais jamais explicitement formulée, c’est celle d’un retour à ce monde que décrit Cardon :

“L’espace public traditionnel est le résultat d’un long processus de professionnalisation et de domestication des locuteurs (c’est moi qui souligne) qui a donné naissance à la production de statuts réservés pour ceux qui prennent la parole en public, à une organisation syndicale de la presse et de l’édition et à des outils juridiques de protection de la liberté d’expression. D’exigeantes règles de publicité administrent un contrôle a priori (le sacro-saint rôle de gate-keeper des médias et de l’édition) des énoncés avant leur mise en visibilité. L’espace public traditionnel était public parce que les informations rendues visibles à tous avaient fait l’objet d’une sélection préalable par des professionnels obéissant à des normes déontologiques qui se sont construites en même temps que le droit permettant de punir, en les invisibilisant, les propos contrevenants à ces règles.”

Or sur internet, ça ne se passe pas du tout comme ça. La légitimité de s’exprimer est acquise pour tous d’emblée, sur un pied d’égalité. La légitimité des discours qui “émergeront” de ce flot incontrôlable de bruit, pour devenir visibles plus que les autres, parce qu’ils circuleront bien plus largement, seront relayés, répétés, jusqu’à couvrir le reste, n’est pas acquise a priori, en fonction du statut de celui qui s’exprime et des procédures qu’il applique. Cette forme originale de légitimation des discours se construit sur internet a posteriori, comme “conséquence d’une hiérarchisation ex-post effectuée par les internautes en fonction de leur position dans la structure des réputations sur la toile” dit Cardon. C’est, comme l’analyse la philosophe Gloria Origgi, le web dans son ensemble qui est une machine sociale à hiérarchiser l’information (octobre 2008, sur novövision).

C’est bien plus grave pour le journaliste professionnel, et notamment pour celui qui est situé au sommet de l’édifice hiérarchique des rédactions, le rédacteur en chef, que la perte d’un monopole sur l’information. C’est la remise en cause fondamentale d’un statut qui fondait a priori une légitimité exclusive dans l’espace public.

Sur internet, une légitimité à reconstruire

Ce que remet en cause ce fonctionnement d’internet, ce n’est pas tant l’utilité des journalistes en eux-mêmes, dont le rôle d’apporteur d’information nouvelle et de vérification de l’information qui circule, n’est nullement remise en cause. Bien au contraire, il est plus utile et nécessaire que jamais. Mais c’est la manière dont ce rôle est légitimé. Il ne tient plus à un statut établi a priori, mais à une réputation que le journaliste se construit lui-même à l’intérieur même des réseaux, dans les interactions sociales qui s’y nouent, en fonction de la place qu’il acquiert “dans la structure des réputations sur la toile”.

Pour tous ces journalistes qui “jouent le jeu d’internet”, car ils tiennent un blog, répondent aux commentaires des internautes sur leurs articles, se créent un réseau social sur Twitter ou Facebook, partagent des liens sur Delicious ou des vidéos sur Youtube, tout cela n’est d’ailleurs nullement un problème. Ils se taillent eux-mêmes leur propre réputation en ligne, et ils ne sont pas les plus maladroits des internautes à le faire. Et cette réputation leur confère une légitimité reconnue par leurs pairs, sauf que les pairs en question ont changé ! Ces pairs ne sont plus les autres journalistes du corps professionnel, ce sont d’autres internautes, sans statut particulier a priori, mais qui se voient reconnaitre eux-aussi une légitimité en ligne, assise sur la réputation qu’ils ont eux-mêmes contribué à construire.

A quels journalistes professionnels internet fait-il donc peur ? Certainement pas à ces journalistes-là. Et Hufnagel comme Levard sur Direct8 en donnaient hier soir une bonne illustration.

Il y a donc des complotistes sur le net ? Certes, mais qui est légitime à les contester ? Ceux qui éructent sur Arte, sous-entendant qu’il faut simplement les faire taire par la censure, ou bien ceux qui se lancent dans un véritable travail concret de contre-enquête en ligne et de désintoxication de l’opinion à propos du 11 septembre, comme la rédaction de Rue89, ou Tristan Mendès-France sur son blog ?

Non, ceux à qui internet fait peur parmi les journalistes sont ceux qui ont le plus à y perdre : les rédacteurs en chef assis sur leur statut et le réseau personnel très opaque de connivences et de renvois d’ascenceurs qui les a placés là et qui les y maintient, sans se soucier à aucun moment des lecteurs, téléspectateurs… ou citoyens. Et aussi ceux qui estiment que ça demande trop d’efforts de se lancer ainsi sans filets sur internet pour reconstruire à partir de rien une position qu’ils croyaient acquise, ceux que ça sort de leur routine et de leur confort, et ceux qui ont perdu l’envie et la curiosité, qui valent pourtant tous les diplômes quand il s’agit de savoir qui est un bon journaliste.

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Complément indispensable à ce billet (22h50) (de la télé qui a une autre gueule qu’Arte, sur le même sujet, mais ce n’est pas franco-allemand, c’est québécois !) :

Lucidité québécoise sur la mort du journalisme et la renaissance de l’information

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7 Comments

  1. Narvic, tu as raison sur le fond (ça va d’ailleurs me faire faire l’économie d’un billet sur mon blog :), mais pourquoi faire à ton tour ce que tu reproches aux 7 journalistes en colère, de la caricature? Tu réduis les journalistes en place à ces sept là, dont je te signale en passant que la majorité d’entre eux bosse ou eût bossé pour la télévision, dont on connaît la rigueur et le sens de la déontologie (à cet égard, le remord souriant de Chabot quand elle avoue s’être fait ballader par Internet en faisant porter à Internet la responsabilité de sa légèreté est un moment d’anthologie). Les rédacteurs en chef ne sont pas tous des types assis dans leur fauteuil par un hasard de connivences, il en est de très compétents, il en est qui croient au mouvement, qui s’interrogent, qui font avancer leurs canards, leurs rédactions, qui se font violence – et ils sont de plus en plus nombreux. Par ailleurs, les 7 journalistes en colère posent aussi de (rares) vraies questions – et plus encore le doc de la veille, sur Arte, consacré aux imposteurs, qui lui aussi mélange tout mais met le doigt sur des questions qui font mal et qu’on se pose tous, toi et Benoît compris (enfin, j’espère), la manipulation, les effets de foule, la modération des imbéciles, et que les articles de Rue 89 (ou d’autres, ils ne sont pas seuls) ne suffiront pas à évacuer.

  2. @ Eric

    Je ne mets pas tous les rédacteurs en chef dans le même sac, il y en a même qui ont des blogs, des comptes Twitter actifs et qui expérimente en vrai comment ça fonctionne, internet, et peuvent dire des choses intéressante sur le sujet (je ne sais pas moi: Plenel, Hufnagel, Raphaël… et toi :o) par exemple).

    Mais quand je vois qu’on donne la parole à Val sur le sujet (internet ne t’a pas oublié Philippe Val !) à Chabot ou Elkabbach, comment ne pas être à son tour en colère ? A mes yeux en tout cas, ces gens ont gaspillé toute crédibilité en matière de journalisme depuis longtemps. Ils ne disposent d’aucune légitimité à disposer de telles tribunes, et les journalistes professionnels qui tolèrent qu’on les laisse parler en leur nom ne peuvent trouver comme circonstance atténuante que la dure réalité d’avoir des enfants à nourrir et un appartement à rembourser (ce qui n’est pas mon cas, en effet). 😛

  3. “Les journalistes professionnels qui tolèrent” n’ont pas tellement le choix: Jeambar ne les a pas appelés (moi compris, alors que j’ai bossé avec lui pendant 6 ans).

  4. L’émission d’Arte, et surtout son casting, ça fait peur. Réunir ce qui se fait de pire en matière de déontologie journalistique pour parler de l’avenir du journalisme, c’est comme si on engageait Brice Hortefeux pour raconter des berceuses aux enfants. Arte nous avait habitué à mieux.

    En revanche, je ne sais pas trop que penser de ton amour inconsidéré pour la télé de Bolloré.

    Ce message a été posté par une personne de mauvaise foi et qui n’a pas la télé. 😉

  5. Bonjour les gens.
    Entièrement d’accord avec l’ensemble de l’article.
    Cependant, la référence au dossier de Rue 89 sur le 11/9 me fait un peu bondir, puisque celui-ci n’était rien d’autre que la validation de la version officielle/propagande communément admise (et défendue mordicus) par les médias “aux ordres” et leurs séides bien connus comme Pujadas (que j’ai vu à l’oeuvre sur le sujet lors d’un JT: un monument de désinformation) et les autres.
    Je connais bien la chose, puisque je me suis permis d’y intervenir à plusieurs reprises pour y souligner certaines incohérences des plus énormes par rapport à la fois aux faits, mais aussi à la VO et aux validations apportées par la sois-disant enquète de Rue 89.
    Rue 89 qui s’est d’ailleurs copieusement fait incendier par l’immense majorité des internautes ayant réagit sur leur site.
    Pour situer, dans l’enquète de Rue 89, il est notoirement admis que, je cite de mémoire: “un Boeing 757 se pilote d’un doigt”.
    Rien que ça.
    Bref: circulez, y’a rien à voir. L’antithèse parfaite de l’information objective.

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