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L’invention d’un gauchisme post-nucléaire

“L’insurrection qui vient”, Comité invisible, éditions La Fabrique, 2007, 7 €.

J’ai lu “L’insurrection qui vient”, ce livre signé du “Comité invisible”, que les uns nous ont présenté comme le “manuel” des saboteurs de TGV, le “bréviaire” d’une nouvelle “ultra-gauche” en voie de basculement dans “le terrorisme” et les autres comme “un inoffensif conglomérat de banalités”

Aucun lien n’est, pour l’heure, établi par la Justice entre ce livre et une quelconque dérive “terroriste” de l’ultra-gauche française. On peut d’ailleurs se demander de qui vient la véritable “dérive” dans cette affaire…

J’ai bien l’impression aussi qu’on n’a pas lu ce livre, ou encore trop vite lu ou bien mal lu. Il se révèle beaucoup plus intéressant qu’on ne l’a dit. Je ne sais si les thèses développées dans ce brûlot convainquent aujourd’hui beaucoup de monde ou si elles seront en mesure de le faire à l’avenir, il n’en reste pas moins que ce discours est beaucoup plus riche et élaboré que la caricature qui en a été faite. Il témoigne d’une pensée politique tout à la fois très originale et plongeant en même temps ses racines dans l’histoire politique des théories révolutionnaires des 19e et 20e siècles.

Ce manifeste se présente comme anarchiste, mais c’est bien du gauchisme des années 1970 dont il est l’héritier direct, en même temps qu’il renie cet héritage et se livre à une mise en accusation radicale de l’impuissance révolutionnaire du gauchisme et de sa collusion avec le “système” qu’il prétend combattre.

La critique sociale de la société moderne est élevée à une telle puissance qu’elle devient critique “d’une civilisation”, dont on décrit l’état de décomposition avancé, prélude au chaos généralisé que va entraîner sa fin annoncée comme très prochaine.

Ce néo-gauchisme, anarchisme communiste et spontanéiste, est fondamentalement pessimiste. Il n’ambitionne pas de fonder réellement un monde meilleur, mais d’en reconstruire des bribes sur les décombres fumants du passé, qu’il aura lui lui-même contribué à détruire pour accélérer sa chute.

Plus original encore, ce projet est présenté comme celui d’une génération, celle de jeunes d’aujourd’hui, en rupture de ban complète avec la société qu’ils vouent “au pillage”. Le monde qu’il veulent reconstruire sur les ruines est minimaliste : un réseau de petites “communes” autonomes librement associées, armées et clandestines, “auto-organisées” et “auto-suffisantes”, vivant sur le modèle du “jardin”, de l’“atelier” et de l’“épicerie”.

Le mot d’ordre de ce futur est “piller, cultiver, fabriquer”. Un avenir post-nucléaire, un monde à la Mad Max…La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie et ses services policiers ont jugé utile d’attirer mon attention – et pas seulement la mienne – sur un petit livre dont la parution m’avait échappé et qui est devenu du coup le plus inattendu des succès de librairie de la fin d’année 2009 :

Texte intégral disponible en ligne gratuitement sur le site de l’éditeur (en pdf).

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Le livre doit grandement son succès au fait qu’il ait été présenté comme une pièce à conviction à la charge des personnes soupçonnées de sabotage de lignes SNCF en novembre dernier : le livre, qui appelle à l’insurrection, ne prône-t-il pas, en effet (p. 100 et 101) :

Pour la méthode, retenons du sabotage le principe suivant : un minimum de risque dans l’action, un minimum de temps, un maximum de dommages. (…)

Saboter avec quelque conséquence la machine sociale implique aujourd’hui de reconquérir et réinventer les moyens d’interrompre ses réseaux. Comment rendre inutilisable une ligne de TGV, un réseau électrique ? Comment trouver les points faibles des réseaux informatiques, comment brouiller des ondes radios et rendre à la neige le petit écran ?

Ce livre subversif ayant été trouvé en possession des suspects, voilà bien la preuve (Petit rappel historique en note de ce qu’il convient désormais d’appeler “l’affaire de Tarnac”… (rappel des faits en annexe, en fin d’article)

Diabolisé par la police, discrédité par les gauchistes

Pour l’éditeur de “L’insurrection qui vient”, Eric Hazan, dans un entretien avec le journaliste Olivier Bailly, le 12 décembre sur Agoravox : “Il n’y pas eu (dans la presse) une vraie critique de ce livre…”

La presse s’est bornée à parler de « manuel insurrectionnel », de « bréviaire anarchiste », sans aborder le fond, à part, peut-être, Marc Cohen, sur Causeur, qui cite à l’appui des “vrais militants de la vraie ultragauche” (si, si ! Il en connaît.) :

Cette pseudo pièce à conviction n’est hélas qu’un inoffensif conglomérat de banalités toninégristes, bourdivines ou ségolénistes, cimentées par une ignaritude sans bornes, qui n’appelle donc qu’une franche rigolade, suivie d’une sévère correction.

Diabolisé par la police, discrédité par les gauchistes… Circulez, il n’y a rien à voir, et refermez-moi ce bouquin SVP.

Pas si vite ! Ce livre est bien plus intéressant qu’on ne veut bien le dire. Tout d’abord il est fort bien écrit avec un ton et un style original, je souscris aux remarques d’Eric Kazan à ce sujet, dans l’interview citée. Je suis aussi très loin d’y voir, à la différence de Marc Cohen, la moindre trace d’“ignaritude”. Bien au contraire. Ce texte s’inscrit manifestement, même s’il ne le dit pas, dans une culture politique ancienne (dont il n’est pas inutile de mettre en évidence les filiations) pour en proposer toutefois une lecture relativement nouvelle.

Un néo-gauchisme, critique du gauchisme

Je comprends bien que cette nouveauté dérange les vieux gauchistes (ceux que Marc Cohen nomme “les vrais”), car le discours politique du “Comité invisible” les attaque frontalement et les ravale carrément au rang d’alliés objectifs de leur propre ennemi désigné, ce qui doit en effet être agaçant :

Les milieux militants (…) ne sont porteurs que du nombre de leurs échecs, et de l’amertume qu’ils en conçoivent. Leur usure, comme l’excès de leur impuissance, les ont rendus inaptes à saisir les possibilités du présent. On y parle bien trop, au reste, afin de meubler une passivité malheureuse ; et cela les rend peu sûrs policièrement. Comme il est vain d’espérer d’eux quelque chose, il est stupide d’être déçu de leur sclérose. Il suffit de les laisser à leur crevaison.

Tous les milieux sont contre-révolutionnaires, parce que leur unique affaire est de préserver leur mauvais confort.

“L’insurrection qui vient” est donc bien une critique radicale du gauchisme, mais elle émane – c’est probablement là que le bât blesse – d’une sorte… de néo-gauchisme, qu’on pourrait même qualifier de gauchisme post-nucléaire . Un gauchisme qui n’attend nullement l’avènement d’un nouveau Mai 68, mais se prépare à vivre dans ce monde qu’il voit venir aujourd’hui et qui ressemble bien plus à celui de Mad Max que le quartier Latin au printemps !

Si la critique sociale du “Comité invisible” est beaucoup plus radicale que celle du gauchisme des années 1970, puisqu’elle annonce, et même appelle, “la fin de la civilisation occidentale” bien au delà d’un simple dépassement du capitalisme, l’origine de cette analyse puise bien – sans le dire – aux mêmes sources que le gauchisme, ce en quoi je m’autorise à la qualifier de néo-gauchisme.

Reprenant la définition de Richard Gombin ([Richard Gombin, “Les origines du gauchisme”, Seuil, 1971)] du gauchisme comme une alternative révolutionnaire au marxisme-léninisme (le marxisme, en quelques sortes, “doublé par sa gauche”), on retrouve dans le néo-gauchisme du “Comité invisible” tous les éléments fondateurs de ce gauchisme des années 70 :

– la rupture de la filiation philosophique et historique avec le mouvement révolutionnaire de la première moitié du 20e siècle, dominé par le marxisme et la révolution russe, dont l’échec est constaté,

– le déplacement du discours de la critique sociale de l’analyse strictement économique du marxisme vers une “critique de la vie quotidienne” (Henri Lefebvre), intégrant notamment la critique de la société de consommation et des nouvelles formes d’aliénation de la société moderne,

– le rejet du rôle du parti révolutionnaire comme “avant-garde éclairée du prolétariat” et de la “dictature du prolétariat” au profit d’un “communisme de conseils” et “de conception “autonomistes” de la révolution et de la gestion de la société socialiste” (Richard Gombin).

“L’extinction d’une civilisation”

Mais ces trois éléments sont encore plus prononcés chez “nos” néo-gauchistes que chez “nos” anciens:

– la rupture de la filiation est si radicale qu’il n’est plus fait aucune référence aux mouvements révolutionnaires du 20e siècle (dont on sent bien pourtant que les auteurs maîtrisent les concepts et le jargon si spécifique : il leur échappe ainsi une “fausse conscience” à la page 54, et un “Tout le pouvoir aux communes” à la page 123, qui est une référence transparente à la Révolution russe : “Tout le pouvoir aux soviets”…). Les références historiques sont volontairement antérieures (1789, 1848, 1871).

– la critique sociale “de la vie quotidienne” est élevée au rang de critique “de la civilisation” occidentale, qui aliène les identités individuelles, dissout les relations sociales et détruit la nature. La critique va du rejet du travail à celui de l’économie, de l’urbanisme, de l’environnement, de l’Etat, de la nation, et enfin de la civilisation. Les traces de situationnisme sont clairement repérables, de même que l’influence de Pierre Bourdieu, qui n’est pas cité, mais évoqué plusieurs fois de manière transparente (on s’en inspire directement et on le stigmatise en même temps) :

À ce stade, une contestation strictement sociale, qui refuse de voir que ce qui nous fait face n’est pas la crise d’une société mais l’extinction d’une civilisation, se rend par là complice de sa perpétuation. C’est même une stratégie courante désormais que de critiquer cette société dans le vain espoir de sauver cette civilisation.

– le rejet du parti et de la bureaucratie révolutionnaire (trotskistes compris) conduit le “Comité invisible” à se présenter clairement comme “anarchiste”, et à en prôner la forme spécifique d’anarchisme communiste (par différence avec un anarchisme “individualiste” à la Stirner, “mutuelliste”, à la Proudhon, ou “collectiviste”, à la Bakounine). C’est donc bien plutôt un “anarchisme communiste” à la Kropotkine, fondé sur la libre association par affinités, au sein de “communes”.

Un anarchisme communiste et spontanéiste

Cet anarchisme est fortement “spontanéiste” (et l’on retrouve là encore une influence clairement gauchiste – version 70’s – du “maoïsme spontanéiste“, ou “mao spontex” de Mai 68), mettant l’accent sur “l’auto-organisation”, notamment “locale”, et se refusant volontairement à la théorisation de son action (p. 114) :

Il n’y a pas à poser une forme idéale à l’action. L’essentiel est que l’action se donne une forme, qu’elle la suscite et ne la subisse pas.

Le refus du vote, même dans les assemblées générales, est affirmé. La coordination des “communes amies” (les différents groupes anarchistes constitués de par le monde) est assurée par “communication horizontale, proliférante”. La décision collective est présentée comme une sorte de phénomène émergent et spontané :

Si l’on parvient ainsi à déchirer ce fantasme de l’Assemblée Générale au profit d’une telle assemblée des présences, si l’on parvient à déjouer la toujours renaissante tentation de l’hégémonie, si l’on
cesse de se fixer la décision comme finalité, il y a quelques chances que se produise une de ces
prises en masse, l’un de ces phénomènes de cristallisation collective où une décision prend les êtres, dans leur totalité ou seulement pour partie.

Un discours antisocial, générationnel, pessimiste et minimaliste

La filiation du “Comité invisible” est donc manifeste avec le gauchisme des années 1970, même si elle est dissimulée sous la revendication de l’anarchisme, et débouche sur une critique radicale de ce gauchisme accusé d’impuissance et même de collusion avec l’ordre établi. Mais ce néo-gauchisme s’écarte très nettement de ce passé, par plusieurs aspects importants qui font l’originalité, à mon sens, de cette nouvelle “vision” révolutionnaire du 21e siècle. Le discours du “Comité invisible” se revendique lui même comme un discours générationnel, il est fondamentalement pessimiste et se replie sur un avenir minimaliste. Il est enfin marqué par une profonde nostalgie existentialiste, teintée de romantisme désespéré.

Les auteurs de ce “Comité invisible” affichent en effet clairement qu’ils tiennent un discours générationnel, un discours de la jeune génération d’aujourd’hui, par opposition à l’ancienne, et même en opposition avec elle. Les “vrais gauchistes” de Marc Cohen ne s’y trompent pas, d’ailleurs, en reprochant aux auteurs “la volonté d’exprimer la révolte d’un public très restreint : les djeuns”. Le “Comité invisible” est en effet clair à ce sujet:

Nous appartenons à une génération qui (…) n’a jamais compté sur la retraite ni sur le droit du travail, encore moins sur le droit au travail. Qui n’est même pas «précaire » comme se plaisent à le théoriser les fractions les plus avancées de la militance gauchiste, parce qu’être précaire c’est encore se définir par rapport à la sphère du travail, en l’espèce : à sa décomposition. Nous admettons la nécessité de trouver de l’argent, qu’importent les moyens, parce qu’il est présentement impossible de s’en passer, non la nécessité de travailler. D’ailleurs, nous ne travaillons plus : nous taffons. L’entreprise n’est pas un lieu où nous existons, c’est un lieu que nous traversons. Nous ne sommes pas cyniques, nous sommes juste réticents à nous faire abuser.

Qui plus est, le discours du “Comité invisible” n’est pas un discours de mobilisation sociale, mais bien au contraire un discours de “démobilisation” (p. 37), qui confine au séparatisme social, qui est – au sens propre – antisocial :

S’organiser par-delà et contre le travail, déserter collectivement le régime de la mobilisation, manifester l’existence d’une vitalité et d’une discipline dans la démobilisation même est un crime qu’une civilisation aux abois n’est pas près de nous pardonner ; c’est en effet la seule façon de lui survivre.

“Piller, cultiver, fabriquer”

Le projet du “Comité invisible” est bien de s’organiser pour faire face à la fin du monde. Non de renverser l’ordre social, car il serait d’ores et déjà “décomposé”. Il suffira d’accélérer un peu sa destruction finale par “l’insurection qui vient” en se préparant, comme dans Mad Max, à “lui survivre”

Ces nouveaux anarchistes doivent dont “se trouver” (titre du chapitre 8) pour pouvoir “s’organiser” (chap. 9) en “communes”, pour préparer la résistance collective face au chaos qui vient. Cette organisation est minimaliste et basée sur “l’autosuffisance” . Les images évoquées sont celle des “jardins”, des “ateliers” et des “épiceries”. On sent, au choix, l’influence du “small is beautifull”, d’une forme de retour à la terre – et au Larzac – des années 1970, voire un vieux retour du “communisme agraire” du 19e siècle.

Face à la société, la délinquance est encouragée, et même “le pillage”, “la fraude” (escroquerie aux assurances sociales). Le coup de main et la “débrouille”, l’économie “au noir”, inspirés des “savoir-faire des bidonvilles”, comme mode de vie acceptable, même si transitoire, car une fois les supermarchés d’alimentation pillés, il faudra produire soi-même… Dans ce monde, il faudra aussi “être armé”, même si le groupe affiche une sorte de pacifisme de dissuasion. Il faudra aussi organiser des “zones d’opacité”, propices à la clandestinité.

Le programme est résumé d’un slogan clair : “Piller, cultiver, fabriquer”.

L’imminence de la catastrophe

Ce discours fait preuve d’un pessimisme fondamental, et fait clairement référence au mouvement punk (dès la première page). Les membres du “Comité invisible” vivent dans “le sentiment de l’imminence de l’effondrement” .

Ils expriment aussi une forme de nostalgie existentialiste, presque romantique, d’un monde où l’on “existe”, où l’on “éprouve” des “sentiments”, un monde de “vérité“, où l’on se reconnaît par l’“amitié”… Le reproche de fond, plusieurs fois répété, envers la société contemporaine est qu’elle empêche les gens d’“exister”. Le thème n’est jamais vraiment développé, mais il affleure de manière récurrente tout au long du livre. A cette nostalgie répond une forme de romantisme du chaos, du “néant” et du “champ de ruine” qu’est déjà la société actuelle, ou qu’elle sera bientôt.

Le modèle est évoqué sans cesse comme celui de l’avenir, il est présenté comme inéluctable et même souhaitable : les émeutes françaises de 2005 généralisées à l’ensemble de la planète, attisées par les membres de ces “communes amies”, “auto-organisées” et “auto-suffisantes”, dispersées de par la monde et reconstruisant, entre elles et pour elles, sur les décombres fumants du monde, un nouvel avenir qui permettra enfin à chacun d’“exister”.

Ce serait, à mon sens, une faute de repousser ce discours d’un revers de la main en le ridiculisant, comme d’en faire une quelconque preuve à conviction dans une affaire douteuse. Il faut au contraire en reconnaître l’originalité et la cohérence et s’interroger sur sa capacité réelle à convaincre certains jeunes aux marges désespérées d’une société qui s’enfonce bel et bien dans la crise.

L’intellectualisation de la violence et sa justification politique ne sont pas des nouveautés. Mais il faut, j’en suis persuadé, observer de très près cette résurgence, présentée sous une forme réactualisée, à destination spécifique de la jeunesse, ne serait-ce que pour voir si elle prend ! Les émeutes de 2005 n’ont pas produit de discours politique consistant. “L’insurrection qui vient” entend donner un cadre théorique et un programme politique, même s’il est minimaliste, aux émeutes qui pourraient venir. Ça mérite qu’on s’y intéresse sérieusement à mon avis.

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Rappel des faits (revue de presse)

Tarnac, un dérapage médiatique ?

Le mardi 11 novembre, une vaste opération policière est menée dans le cadre d’une enquête “antiterroriste” après des sabotages de voies ferrées les jours précédents en plusieurs endroits de France, qui avaient considérablement désorganisé le trafic des TGV.

L’opération conduit à l’interpellation de 20 personnes à Paris, à Rouen (Seine-Maritime), dans la Meuse près de Nancy (Meurthe-et-Moselle) et à Tarnac (Corrèze) (11/11/08. Europe1.fr). Dix personnes sont placées en garde à vue, dont neuf sont mises en examen, dont cinq sont incarcérées (15/11/08. Lemonde.fr), dont trois sont libérées (02/12/08. AFP). Ne restent, à ce jour, que deux personnes en détention en lien avec cette affaire, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle semble… se dégonfler.

L’arrestation avait été très vite et fortement médiatisée, donnant lieu immédiatement à des conférences de presse de la ministre de l’Intérieur, du président de la SNCF et du procureur de la République de Paris.

Elle avait aussitôt fait les gros titres de tous les journaux de presse écrite, radio et télévision, évoquant, derrière les termes de “sabotage” et “terrorisme”, un “résurgence de l’ultra-gauche”, une “mouvance anarcho-autonome”. Avec quelques symboles excitant l’imagination, repris en boucle, évoquant un certain romantisme révolutionnaire resurgi du passé : l’image de ce désormais fameux crocher (“Le croc du diable, ou le terrorisme illustré”, sur Arhv), un groupe désigné comme “comité invisible”, et un manifeste au titre évocateur : “L’insurection qui vient”. Rappels historiques immédiats des “années de plomb”: Action directe, Brigades rouges, Bande à Baader…

Début décembre, les responsables de la lutte antiterroriste nuancent et minimisent la gravité des faits (03/12/08. NouvelObs.com). L’avocate de l’une des personnes incarcérée souligne dans la remise en liberté de son client “un désaveu assez radical de la manière dont cette affaire a été présentée politiquement et médiatiquement” (03/12/08. Lemonde.fr). Tandis que le père de l’un des deux qui restent en prison dénonce : : «L’affaire de Tarnac est forgée de toutes pièces!» (24heures.ch. 08/12/08)

André Gunthert souligne, sur Arhv (03/12/08. “Tarnac, nouvel Outreau?”), le véritable retournement médiatique qui s’affiche d’une semaine sur l’autre à la une de Libération, en rappelant que “C’est toute la presse, unanime, qui a suivi la joueuse de flûte”, en se plaçant “au service de la thèse ministérielle”.

Alors, gigantesque dérapage journalistique, nouvel emballement médiatique ?

A y regarder de plus près, l’histoire s’est déroulée de manière un peu plus complexe. Il y a manifestement un unanimisme médiatique initial, déclenché par une opération de communication conjointe du ministère de l’Intérieur et de la direction de la SNCF. Le principal message relayé les tout premiers jours est : les auteurs sont arrêtés, ces sabotages sont terminés. Avec un “accent” spécifique selon que la communication émane de la SNCF (aucun cheminot n’est en cause) ou du ministère (ces terroristes d’ultragauche étaient sous surveillance serrée depuis des mois).

Le message rassurant est destiné à trois cibles simultanément : l’ensemble de la population, bien protégée par une police efficace qui ne s’est pas laissée prendre de court, la clientèle de la SNCF, qui pourra voyager en toute sécurité durant les fêtes de fin d’année, le personnel de la SNCF et ses syndicats, qui vivaient fort mal le soupçon qui pesait sur eux, en raison de la connaissance du réseau ferré impliquée par la nature des sabotages.

Face à la pression communicante conjointe politico-commercialo-managériale, du ministère de l’intérieur et de la SNCF, massivement efficace durant les premiers jours, des contre-pouvoirs ont en réalité rapidement joué leur rôle pour inverser la vapeur.

Les juges d’abord, qui refusent rapidement de dramatiser cette affaire, constatant la faiblesse du dossier : ils résistent aux pressions manifestées par les réquisitions du parquet, minimisent les chefs de mises en examen, se font parcimonieux en placements en détention (15/11/08. Lemonde.fr) et reviennent même sur certains de ceux déjà prononcés (03/1208. Déjà cité). Les juges activent aussi rapidement leurs “contacts” dans la presse, qui se montre vite sceptique : “la prudence reste de mise, a-t-on indiqué de source judiciaire” signalait NouvelObs.com, dès le 12/11/08, dans une synthèse de dépêches AP et AFP titrée : “Pas d’implication formelle des personnes gardées à vue”.

Les journalistes poussent leurs investigations autour des personnes mises en causes, notamment à Tarnac où des habitants se mobilisent derrière des élus. L’express.fr titre ainsi le 17/11/08, par exemple : “Cellule invisible: “paranoïa anti-terroriste”?”

Une autre synthèse du déroulement de cette affaire par Chloé Leprince sur Rue 89 : “Autonomes et sabotages : retour sur une enquête très médiatique”.

Alors ? Emballement médiatique. Certes. Nouvelle illustration de la propension de la presse à relayer immédiatement les yeux fermés une opération de communication institutionnelle politico-commerciale ? Manifestement. Mais des contre-pouvoirs ont fonctionné pour enrayer puis inverser le phénomène : les juges et la mobilisation “citoyenne” ont agi, et la presse alertée a finalement fait son travail… et machine arrière par la même occasion.

Comme le résume Cholé Leprince :

La libération de trois mis en examen dans l’affaire de la SNCF affaiblit la thèse de l’apparition d’un “terrorisme d’ultra-gauche” organisé.

13 Comments

  1. Merci pour cette note et ce commencement d’année des plus optimistes 🙂

    Elle ne me donne pas envie de lire le livre car j’y retrouve un discours suranné : au même titre que le communisme et le libéralisme (enfin!) ne sont plus crédibles, l’anarchisme ne l’est plus non plus. Il y a à repenser cette idéologie au même titre que les autres. Et je n’ai pas vu un renouveau dans les extraits cités.

    En revanche, une violence s’inscrivant dans la mouvance des années 70 est effectivement possible. Elle serait bien plus grave car populaire. Il y manque des leaders s’appuyant sur un avenir cohérent et une construction politique réaliste (peut-être en veille quelque part).

    Une erreur révélatrice : viser les seuls jeunes comme objectif de mobilisation. Aller donc voir les quadras qui sont à l’aune de la “retraite” car bientôt “inutiles” alors qu’ils ont connu le chômage, la précarité et n’auront pas, pour beaucoup d’entre eux de retraite décente. Ils sont tout aussi capables de descendre dans la rue (tout autant que les trentenaires) et avec une rage accumulée depuis un moment. Mais cela suppose un discours qui ne soit pas basé sur la seule révolte suivi d’auto-gestion spontanée à la “peace and love” pour faire court.

    Une erreur grave : cette violence peut tout autant se construire sur l’extrême-droite, notamment du fait d’un replis nationaliste lié aux conséquences de la mondialisation libérale. Elle est malheureusement, compte tenu de la « droitisation » de l’Europe (extrême en sous-main dans certain pays comme l’Italie) à craindre. Il est dangereux, voire irresponsable, de prôner le désordre et la violence sans tenir compte de cet aspect dans des démocraties affaiblies par des peuples blasés. Voir l’Histoire pour les conséquences…

    Mais merci encore pour m’avoir éviter de lire le livre en m’ayant informée par ta note.

    Et bonne année 🙂

  2. Très intéressant, en faisant table rase du passé on finit par se rapprocher de projets de sociétés radicalement non-solidaires, “éclatés” ; objectif avoué de la pensée libertarienne, une forme de ketchup conceptuel venu des Etats-unis (mais culturellement très adapté à leur conception historique de l’occupation et de l’organisation du territoire de leur fédération) qu’on ne sait être ni d’extrême-droite, ni d’extrême-gauche, selon les canons idéologiques européens.

    Culturellement, cela me fait penser à un dégoût du soi européen et français, un forme de pessimisme suicidaire né de l’à quoi bon, pour se laisser posséder par n’importe quelle autre culture étrangère transversale, mais en refoulant son caractère universaliste (car après tout, ce n’est nullement le projet).

  3. Un article brillant, sur un livre et une “affaire” plus porteurs de sens que ne veulent le croire nos borgnes médias verticaux..

    (ce terme d’ “affaire” devrait d’ailleurs être défini comme qualifiant les moments clefs des mues sociales – mais passons)

    Cela me renvoie aux Freemen, ce réseau informel qui, s’il avait vu le jour en 2008 et non plus de deux ans auparavant, serait aujourd’hui qualifié “d’ultra gauchiste”.

    Une chose me gêne, à ce propos, dans ta qualification de “gauche post-nucléaire”. J’aurais dit “humaniste post nucléaire”, sans être plus satisfait de cette expression, mais afin de ne surtout pas reporter cette erreur de prisme (ou de paradigme). La mue n’est pas à gauche. Elle est “en bas” (bottom up) et “devant” (ni à droite ni à gauche). Et comme tu le dis à juste titre, elle ne bâti pas un autre monde – il est en route avec ou sans nous – mais se dote des savoirs et des usages prompts à y “résister”. Voir à y sur-vivre. Y vivre mieux et y laisser une trace plus soutenable.

    Pour finir, je vais dans ton sens : la “révolution” n’est ni le sens ni le but de ces dangereux utopistes. Ils ne souhaitent pas la fin d’un monde mais le constatent.

    ils ? Allez, avouons le, Tarnac est un peu le phalanstère inavouable de la blogosphère ultra-post-nucléaire 🙂

  4. @ Tous

    Ce texte se situe lui-même à “gauche”, mais une analyse aussi anti-sociale et anti-politique peut être facilement “tirée” vers l’extrême droite, si les “commaunutés” anarchistes se forment sur une base nationaliste ou ethnique…

    @ Nicolas

    Le texte ne tient pas compte d’internet (puisque le projet est justement de mettre à bas tous les réseaux existants !), mais le thème de l’auto-organisation, d’agrégation des individus par affinités, de décision émergente et spontanée est très présent en effet dans la blogosphère ! 🙂

    Le côté “phalanstère” du “groupe de Tarnac” saute en effet aux yeux. Reste à observer si d’autres vont éclore dans les années qui viennent et si cette “littérature” parvient à toucher les jeunes des banlieues qu’elle vise directement…

    Je n’ai pas insisté sur un lien direct entre ce livre et le groupe de Tarnac car le lien reste pour l’heure très hypothétique. Il n’est pas prouvé, comme une rumeur le dit, que Julien Coupat soit l’auteur de ce livre…

  5. @Nico: Je rêve ou tu viens d’inventer le bayrouisme post-nucléaire? 😉

    @Narvic: Merci pour cette note de lecture indispensable – que je regrette bien de ne pas avoir lu dans les pages d’un de nos “grands” quotidiens…

  6. @narvic

    Oui, si l’affaire était bien basée sur du terreau libertaire tel qu’il subsiste encore en France ou sur une forme d’anarcho-syndicalisme impliquant de fortes solidarités sociales et un goût pour le fraternel et l’aventure commune.

    Mais là, je ne vois point d’universel pointer à l’horizon, comment se rassurer avec des communautés fermées et surarmées ? le film “The Village” sans se pencher sur les dérives politiques extrêmistes de tels projets, montrait les limites de ce genre de montage idéal.

    Sans compter que philosophiquement, on est dans des constructions mesquines qui ne peuvent garantir par exemple le même niveau de santé qu’une nation de moyenne importance peut assurer.

    Evidemment certains types de personnes seront attirées par de tel projet, mais seront bien mal supportés par des personnes qui aspirent à une vie intellectuelle, artistique, fécondes en échange.

    Ce qui semble noble dans ce genre de projet est toujours l’inspiration (même si elle n’est pas nommée) spiritualiste ou “pour le bien de l’humanité”.
    Le seul ennui c’est que dès que l’on commence à intellectualiser une démarche spiritualiste on sombre rapidement dans la folie sectaire.
    Les démarches efficaces sont plutot dans l’action, ou la multiplication des petites actions comme le soulignait Gandhi dans ses exemples. Mais je peux me tromper sur cette référence.

  7. J’ai pensé à la même chose que toi Django, aux libertariens américains (et quelques rares français). Sauf que ceux-ci se base sur un axiome de “non-agression” , et ne prône donc pas le pillage.

    Je trouve d’ailleurs étonnant si ce n’est choquant de les qualifier d”humanistes.

  8. Merci bcp pour ton article tres interessant, d’autant plus que le visionnage recent de plusieurs documentaires de Pierre Carles m’ont donne un lieu de reflexion parallele a ton sujet.

    Toutefois je me demandes, Marc Cohen (proche de Alain Soral)…. a gauche ? non serieusement, causeur.fr c’est la vieille garde communno-anarchiste qui a rejoint les rangs des reactionnaires de droite sous la coupe de E Levy , non ?

  9. je signale ici Tous Coupat, tous coupables, de Alain Brossat, qui vient de sortir aux Editions Lignes.
    cf. ici, présentation et “bonnes feuilles” :
    http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/Tous-Coupat-tous-coupables.html

    ce premier extrait des “bonnes feuilles” pour montrer comment cette analyse résonne à mon goût avec la vôtre, narvic, et donner appétence :

    Il suffit de lire vraiment L’Insurrection qui vient pour se convaincre de ce qu’il est aussi, en son cœur même et non point accessoirement, tout autre chose qu’un simple texte gorgé de lectures bien orientées : non pas certes un précis de guerre civile ou un manuel d’insurrection comme se sont empressés de l’affirmer les stratèges approximatifs qui entourent Mme Alliot-Marie ; mais assurément un livre qui tranche sur les habituelles vaticinations à propos de la fin de la politique, la montée de la barbarie (à moins qu’il ne s’agisse de la guerre civile qui fait rage et de l’imminence avérée d’un nouveau 1789) – en ceci : cet écrit est tout entier porté par une sorte d’appétit praxique, c’est un livre qui, constamment, s’efforce d’enchaîner, à des analyses, des perspectives d’action. Ce n’est pas un essai qui, comme tant d’autres, se contente d’exceller dans le pessimisme radical, dans la lucidité désenchantée (« Dieu, quel désastre ! ») ; c’est, à l’inverse, un texte qui, tout bonnement, s’efforce de reprendre à de nouveaux frais la question politique par le bout de l’action – que faire, que faire aujourd’hui, et que faire d’aujourd’hui, dans ce présent, dans cette situation même ?

  10. Effectivement vous ne connaissez du gauchisme que ce que vous en avez lu (origines, idéologies, vous le constatez, c’est tout-mêlé et pas significatif).
    Effectivement vous fantasmez sur mad max.
    Effectivement vous ne pouvez pas mobiliser la Bavière, la Catalogne, l’Andalousie, le CMDO… (20e siècle et libertaire alors que votre placo est marxiste).
    Effectivement, “tout le pouvoir aux communes” est une références à 1917 pour le PCF (et soviet en français ça veut dire russe ;-)).
    Et puis en fait, l’anarchisme et le socialisme ne sont même pas de gôche (cf Impasse Adam Smith).

    les principales caractéristiques et plaies du gauchisme 70 sont le sectarisme, l’onanisme intellectuel et le sissionisme. Les idéologies mobilisées étaient plutôt des jouets pour se faire la guéguerre entre gauchistes que des outils pour sortir de l’impasse capitaliste/individualiste.

    Le pseudo-“comité invisible” me semble à l’opposé de ces traits constitutifs du gauchisme : il ne semble pas chercher des disciples mais des hommes et des femmes libres ; le verbiage politico-marxiste a été soigneusement évité (comme vous l’avez bien remarqué) ; il veut montrer ce qui rassemble. Et en fait il n’existe même pas et revendique de ne pas être une force (alors que tous les gauchistes ont la plus grosse). Il s’est déjà manifesté sous la forme du parti imaginaire, de la revue tiqqun, sans jamais aucun prosélytisme.

    Ce “néo-gauchisme” ne semble être qu’un phantasme de néo-journaliste.
    Votre néo-mission est accomplie : parmi tout tes phantasmes Sandrine (#1) a trouvé un écho aux siens et ne lira pas ce livre… “Anarcho-autonomes d’ultra-gauche” et “néo-gauchistes post-nucléaire” même combat : étiqueter pour ne pas penser, ressortir les vieux schémas pour moisir avec ce monde…

    je crois pas que je vais me faire chier avec les 576 autres “billets” de deux (qui sont bien placés, j’espère).

  11. @ uju

    Votre remarque “vous ne connaissez du gauchisme que ce que vous en avez lu” est franchement comique et ridicule, puisque vous ne jugez que sur ce ce billet qui est… une note de lecture qui rend compte d’un livre. :-)) Vous avez remarqué qu’on n’y parle pas non plus de plomberie et du temps qu’il fait. :-))

    Alors oui, quand je parle d’un livre et des idées qui y sont exprimées, c’est effectivement à d’autres livres que le compare. :-))

    Sinon, je vous laisse à vos jugements péremptoires et définitifs sur les gens sans chercher ni à les connaître ni à les comprendre, puisque vous ne vous situez pas sur un terrain de dialogue, mais dans la position du procureur.

    Et dans le genre étiquettage et prêt-à-penser, vous en montrez un bel exemple dans votre commentaire.

    Effectivement, passez votre chemin et retournez à vos certitudes. Vous ne trouverez vraisemblablement pas de confirmation que vous avez raison ici, puisqu’au fond, c’est uniquement ça que vous semblez chercher.

    Et pour ma part, c’est une démarche qui ne présente aucun intérêt : je n’ai pas ouvert ce blog pour y faire de la polémique à 2 sous, mais pour réfléchir en commun avec ceux qui partagent mes centres d’intérêt. Ça peut se faire dans la collaboration ou dans une certaine forme de confrontation intellectuelle si on n’est pas d’accord, mais ça demande pour commencer d’accepter les règles minimums du dialogue : le respect de la parole d’autrui, l’honnêteté intellectuelle et un effort d’argumentation de bonne foi. Vous n’en prenez pas le chemin.

  12. y’a pas un que sais-je sur le débat public que je m’instruise un peu ?

    Personne ne vous oblige à fantasmer en public sur un éventuel “néo-gauchisme post nucléaire” après avoir étalé votre ignorance du gauchisme…

    Je ne suis pas là pour vous lécher bisou-bisou gentil, ou pour faire de la pédagogie avec les faux-doctes qui font métier d’expliquer aux neuneux des “trucs” qui “buzzent” et qu’ils ne comprennent pas. On trouve beaucoup de sources et d’informations sérieuses sur le gauchisme, sur l’antiterrorisme et sur ce livre.

    Vous tentez de me faire tomber d’un prétendu aplomb, mais pour ça il faudrait vous baisser un peu…
    (il ne me semble pas avoir fait, pour ma part, l’économie sur la partie argumentation de fond avant de vous juger (j’assume d’autant que je préfère revenir sur mes jugements que de laisser dire n’importe quoi) et il est vrai que je n’attends pas vraiment votre réponse sur le fond qui ne pourrait être que la confirmation que vous ne maîtrisez rien au sujet.

    vous savez, je n’ai pas laissé de message sur les blogs qui essayent de faire de l’humour autour de ça. (j’ai beaucoup d’humour). Vous, vous essayez simplement de capter de l’attention, de jouer au buzz, de faire de la mousse.

    néo-gauchisme post-nucléaire (parce qu’en plus on est sorti du nucléaire ?) mon dieu…
    Et en plus vous essayez (sincèrement ?) de comprendre ?

    l’honnêteté intellectuelle vous pousse ainsi a entretenir la confusion dans les esprits en mélangeant des morceaux d’un gloubi-boulga politique préconstruit sur un livre original. C’est le respect de la parole d’autrui qui vous pousse à faire dire au “comité invisible” le contraire de ce qu’il écrit en voulant à tout prix en faire des “néo-gauchistes post-nucléaires” (par honnêteté envers un bon mot)? (ils combattent le gauchisme, sont plutôt anars et vous en faites des néo-gauchistes. Vous vous rendez comptes que c’est presqu’une insulte ? S’ils étaient vraiment gauchistes et un groupe constitué, vous n’auriez déjà plus de dents ;-))

    Enfin, la bonne foi sur internet… (je ne prostitue ma parole nulle part, c’est ma seule médaille et je ne représente que moi)

    Pour la même question de réfléchir en commun avec ceux qui partagent nos centres d’intérêt, on peut aussi fonder un club, une association (pour ma part je participe à une bibliothèque associative réelle dont l’un des centres d’intérêt est la manière dont le gauchisme confisque l’action populaire et l’autre la manière dont la parole populaire est confisquée et travestie par les verbieurs professionnels).

    bon blabla noyé dans le blabla,
    je continue à vous lire (parce que au contraire chaque article est une preuve que c’est bien la médiocrité, l’à peu-près et les inventeurs du fil à couper le beurre tiennent (pour l’instant) le haut du pavé sur ce jeune internet).

  13. @ uju

    et blablabla, et balblabla, et je suis le meilleur et je suis le seul à comprendre et tous les autres sont des cons et des médiocres.

    Vous vous êtes tout simplement trompé d’endroit. Ici, ce n’est pas un lieu pour déverser votre bile. C’est précisément un salon, et c’est mon salon. J’y fais ce que je veux et c’est moi qui fixe les règles : la première d’entre elles est qu’on n’est pas autorisé à venir chier sur ma moquette. Alors si vous n’entendez pas les respecter, ciao ! Allez troller ailleurs.

    Encore un message hargneux de ce genre, et ce ce sera la porte, avec effacement de toutes traces de votre passage. C’est comme ça que ça se passe ici. Le règlement est affiché à l’entrée et il ne prête pas à discussion.

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