sur le web

L’introuvable déontologie des journalistes

Quand une juriste, Sabrina Lavric, sur le blog Dalloz, part à la recherche de la déontologie des journalistes, l’enquête se révèle plus difficile que prévue et l’objet en question se trouve pour le moins insaisissable… Au point de se demander s’il ne s’agit pas au bout du compte que d’une “simple formule magique”

(noir)À y regarder de plus prêt, la question déontologique est, en matière de journalisme – tous supports confondus – plus compliquée qu’elle n’y paraît. Et le passage au numérique, s’il accentue le phénomène, n’est pas la cause essentielle du « maljournalisme » dénoncé de l’intérieur, par la profession elle-même (on citera, entre autres, P. Cohen et E. Lévy, Notre métier a mal tourné, Mille Et Une Nuits, 2008 (Note de lecture du livre de Lévy&Cohen sur novövision. ) )

(/noir)

(noir)Or, le constat suivant s’impose : si par déontologie, on désigne la norme dont l’irrespect produit une sanction par les « pairs », on doit, en matière de journalisme, conclure à son absence… (…) L’obtention de la carte de presse n’est nullement conditionnée par le respect d’une démarche éthique mais par un critère purement économique, voire patrimonial (…). La Charte des devoirs professionnels adoptée par le Syndicat national des journalistes en 1918 (révisée et complétée en 1938) énonce bien quelques principes (vérité, indépendance, respect des sources, entre autres), mais celle-ci est purement déclarative et dépourvue de toute sanction organisée par la profession (la « juridiction de ses pairs » qu’elle évoque n’existe pas). (…) Quant à la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels, elle ne constitue pas l’« ordre des journalistes » que souhaitaient instaurer ses pères fondateurs, en 1936.

(/noir)

Il était utile de rappeler ces faits. Mais c’est la conclusion de l’auteure qui reste la plus intéressante, à mon sens :

(noir)L’absence d’un véritable code déontologique masque peut-être le problème majeur de la profession : celui de la connivence – avec les « capitaux », le « pouvoir », l’audience – et, in fine, celui de la – subtile – ligne de partage entre journalisme et communication…

(/noir)