net et news

L’info virale sème la panique

Je lis aujourd’hui un billet de François-Bernard Huyghe, publié le lendemain du mien sur ce blog (Paysage de l’information après la bataille), qui lui répond et le prolonge, comme en échos :

François-Bernard Huyghe : Web 2.0, propagation et crise

Lecture vivement recommandée. Un extrait pour vous convaincre :

(…)
Cette structure est intrinsèquement crisogène comme on dit anxiogène. Elle l’est d’abord par sa structure panique, propice aux contagions instantanées. Les réseaux sociaux en particulier semblent faits pour propager ce que les pratiquants appellent précisément des alertes : de par la brièveté du message lapidaire, de par la vitesse de sa diffusion, de par le sentiment d’urgence perpétuelle qu’ils instillent : tout événement semble à la fois appeler une réponse immédiate et comporter des développements en chaîne, menaçants ou prometteurs de nouveaux rebondissements. Le côté implicatif de la forme message qui nous rappelle que “nous” sommes concernés, qu’il nous faut faire quelque chose – ne serait-ce qu’un clic ou une réexpédition – , cela suppose une tension perpétuelle, renforcée par le sentiment de ressentir les flux qui passent pas nous. Dans une configuration qui favorise le “tous vigie, tous en alerte”, la différence entre l’urgent et l’important tend à s’effacer dans la perpétuelle compétition entre les nouvelles et les mobilisations, sorte d’état d’exceptions psychologique sans relâche. D’autant que celui qui a réagi le premier – “être hyperréactif” est devenu un compliment- reçoit une sorte de prime en terme d’attention des réseaux. L’obsession du scoop, de savoir avant , de produire avant le concurrent une information dont la valeur “de surprise” sera dégradée dans quelques heures ou dans quelques minutes est maintenant le lot de l’internaute moyen. L’urgent tend aussi à se confondre avec l’intense : nous entendons par là que, pour ceux qui sont placés sur les nœuds les plus riches de circulation des messages, leur nombre s’accroissant en quelques instants à propos crée facilement l’impression de l’exception ou l’illusion que le monde entier se passionne soudainement pour un événement. Et comme l’actualité de ce matin sera la vieillerie de ce soir auquel il serait ridicule de s’intéresser encore…
Outre le facteur vitesse, ce mode de circulation de l’information est rebelle à toute forme de contrôle. (…)

Lire l’intégral…