le salon

L’enjeu de l’info en ligne : moissonner et partager des liens

Seconde étape de mon petit voyage dans la blogosphère américaine consacrée à l’avenir des médias et du journalisme…

Après avoir enterré la presse papier en perdition, on s’intéresse aujourd’hui à l’information en ligne. Il s’y passe des choses, ça bouillonne…

David Carr enfonce un clou déjà bien planté, à l’aide de quelques nouveaux exemples récents : les médias ont perdu le contrôle de la diffusion de l’information au profit du consommateur qui est devenu le véritable éditeur des contenus qu’il consulte.

Il est rejoint par le provocateur Jeff Jarvis, qui se demande alors à quoi bon conserver tous ces éditeurs qui peuplent encore les rédactions des médias américains, puisqu’on peut désormais se passer d’eux.

Sauf qu’ils pourraient justement jouer un nouveau rôle qui manque aujourd’hui sérieusement en ligne : rajouter des liens dans les contenus, organiser les communautés, devenir le gentil coach qui veille sur les réseaux.

Les liens, justement, sont pour Tim O’Reilly l’âme du web, sa véritable monnaie. Il met en garde les sites qui optent pour une stratégie fermée en ne liant qu’eux-mêmes, en refusant les liens externes.

Les liens encore, au coeur de l’enjeu de la distribution de l’information en ligne sont devenu si nombreux que la surcharge d’information (information overload) menace.

Josh Acatone estime que les outils de tri de première génération basés sur la popularité, tels Dig ou Delicious sont devenus insuffisants : il nous faut maintenant des filtres pour nos filtres. Il se penche alors sur des outils de filtrage de deuxième génération qui tentent de mettre en jeu des critères de fiabilité et de crédibilité.

David Cushman et Francis Pisani réfléchissent à la même question mais se tournent vers une voie radicalement différente : l’outil le plus pertinent pour trier les liens, c’est l’homme et non l’algorithme, c’est mon propre réseau humain. Et d’ailleurs le réseau change de nature : ce n’est plus le contenu qui nous mène vers les hommes, ce sont désormais les hommes qui nous mènent vers les contenus…

Le consommateur est devenu l’éditeur de l’info

David Carr donne quelques exemples illustrant le fait que les médias ont perdu le contrôle de la diffusion de l’information au profit des consommateurs, et ils les encourage à s’adapter à la nouvelle donne en libérant leurs contenus.

(bleu)David Carr, dans le New York Times (10 août 2008) : “The media equation. All of Us, the Arbiters of news” (“L’équation des médias. Nous tous, les arbitres de l’info”)(/bleu)

Pour David Carr, la maxime prêtée à un vieux journaliste conseillant un débutant : “C’est nous qui décidons ce qui est l’actualité”, reste valable, sauf qu’une petite chose a changé, “le sens du pronom” :

(noir)“Oui, nous décidons ce qui est l’actualité pour autant que “nous” inclue désormais tous les êtres humains équipés d’une souris, d’une télécommande ou d’un téléphone cellulaire.”

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Et il en tire la conclusion que les médias doivent cesser de placer des “pare-feu” ou des “ceintures de chatesté” à la libre diffusion de leurs contenus en ligne, comme la chaîne NBC a tenté de le faire avec la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin.

La chaîne, propriétaire des droits de diffusion exclusif pour les Etats-Unis, a opté pour une diffusion en différé à une heure de grande écoute. Et elle s’est lancée dans une chasse à toutes les diffusions “pirates” sur le web précédent la sienne, “qui était vouée à l’échec, car non seulement l’information veut être libre, mais ses consommateurs sont rusés, connectés, et trouvent toujours un moyen de contourner les défenses que l’on met en place.”

D’ailleurs, la diffusion “officielle” n’en a même pas souffert, puisque l’émission à attiré une audience moyenne de 34,2 millions de téléspectateurs, un record pour une cérémonie d’ouverture aux Etats-Unis.

(noir)“Ces dernières années, le point de contrôle s’est déplacé. Les consommateurs n’attendent plus seulement une expérience des médias personnalisée ; ils l’exigent comme une condition de leur engagement.”

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“Parfois, l’algorithme du consommateur ne se contente pas de guider le choix du moment ou de la plate-forme, il conduit le processus d’information lui-même”, remarque même David Carr en rappelant les récents déboires de l’ancien candidat à la présidence John Edwards.

Les médias “mainstream” avaient largement passé sous silence une affaire d’infidélité conjugale. “Mais le public ne l’entendait pas ainsi. Armées de leurs propres mégaphones, des sources non-traditionnelles ont poussé cette histoire partout sur le web, jusqu’à ce qu’elle éclate, et que Mr. Edward aille finalement chez ABC News pour dire que c’était vrai.” D’ailleurs, lorsque sa femme s’est exprimée à son tour, c’est sur un site web (Daily Kos) qu’elle l’a fait.

Pour David Carr, “la souris et la télécommande ont transformé le consommateur en éditeur et producteur”.

On a encore besoin des éditeurs en ligne

Jeff Jarvis se demande à quoi bon conserver tous ces éditeurs qui peuplent encore les rédactions des médias américains, puisqu’on peut désormais se passer d’eux.

Sauf qu’ils pourraient justement jouer un nouveau rôle qui manque aujourd’hui sérieusement en ligne : rajouter des liens dans les contenus, organiser les communautés, devenir le gentil coach qui veille sur les réseaux.

(bleu)Jeff Jarvis (BuzzMachine) sur The Guardian : “Are editors a luxury that we can do without?” (“Les éditeurs sont-il un luxe dont on peut se priver ?”)(/bleu)

Note : “Editeur” est à prendre ici dans l’usage anglo-saxon du terme. Il désigne un journaliste chargé du superviser et d’éditer les articles rédigés par les rédacteurs d’un journal. Dans l’organisation française de la presse ce rôle est partagé entre les rédacteurs en chef et les secrétaires de rédaction.

(noir)“Je ne dis pas que les éditeurs de toutes sortes ne remplissent pas de précieuses fonctions : donner du sens, corriger les erreurs, arranger la grammaire, couper pour ajuster, planifier la couverture, faire des choix d’informations. C’est dit : les éditeurs ont une valeur.”

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Mais en ligne ? On a tendance à publier d’abord, on modifie ensuite. Pour Jeff Jarvis, sur son blog, ses lecteurs sont ses éditeurs, et l’idée d’éditer chaque virgule apparaît futile. En ligne on n’a pas besoin non plus d’éditeur pour la mise en page, on utilise des gabarits simples que tout le monde peut remplir. Il n’y a pas de pénurie de place, seulement une pénurie d’attention.

(noir)“Et puis, vu que la plupart des lecteurs en ligne, sur la plupart des sites d’actualité “zapent” la page d’accueil et son “packaging” réalisé par l’éditeur – pour aller directement aux articles par une recherche ou des liens – on peut se demander si on a encore besoin d’éditeurs pour choisir les informations.”

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(noir)“Sur son blog, Steve Smith, éditeur à la Spokesman-Review, dans l’État de Washington, a écrit une élégie pour “le bison de l’ère de l’information”, le “newspaperman”. “Je suis parmi les derniers d’une race en train de mourir”, dit-il. Dans une rubrique de Roy Greenslade pour le Evening Standard, le directeur général du City AM, Lawson Muncaster, déclaré: “Je crois que la fonction de subediting est obsolète.” Greenslade prédit que la transition vers l’extinction va d’abord passer par l’externalisation du subediting, comme les journaux sont en train de le faire aux États-Unis et au Royaume-Uni.”

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(noir)“Pas si vite. Il y a encore un rôle pour les éditeurs, mais il change. Il y a un besoin d’ajouter du contexte et remplir les trous dans la compréhension – en utilisant des liens. Comme nous sommes passés d’une économie de la pénurie dans les médias à une économie de l’abondance, il y a une besoin d’organiser (to curate ?) : trouver les meilleurs et les plus brillants parmi une offre infinie de témoins, commentateurs, photographes et experts. Alors que l’information devient collaborative, c’est aux éditeurs qu’il revient d’assembler des réseaux parmi le personnel et le public ; ce qui fait d’eux des organisateurs de communauté. Je pense aussi que les éditeurs devraient jouer les éducateurs, contribuant à améliorer le fonctionnement du réseau.”

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(noir)“Les éditeurs sont un luxe que nous devons payer. Mais comme leur emploi change, leur caractère doit changer aussi. Les éditeurs vont devenir de gentils coach dont le travail consiste à veiller au bien dans le monde du web. Ils doivent être gentils. Sur cette base, certains pourraient choisir de se supplicier eux-mêmes.”

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(bleu)Laurent me signale un site qui met déjà en oeuvre cette politique :(/bleu) blogs.com, un “nouveau service de Six Appart qui vous aide à découvrir le meilleur des blogs” et dont la sélection est effectuée par “une équipe d’éditeurs qui sillonnent le web tous les jours”.

Les liens externes sont l’âme du web

Tim O’Reilly voit se développer sur certains sites une pratique consistant à multiplier dans les articles les liens internes au site au détriment des liens externe. Il met en garde contre les dangers d’une telle stratégie qui va à l’encontre de la logique du web et ne peut se justifier que lorsqu’on a du contenu à placer au bout de ces liens vraiment plus intéressant que ce qu’on trouve ailleurs.

(bleu)Tim O’Reilly, sur O’reilly radar (18 août 2008) : “Is linking to yourself the Future of the Web ?” (“Se lier soi-même, c’est ça le futur du web ?”)(/bleu)

Tim O’Reilly relève que, sur plusieurs sites qu’il consulte (TechCrunch, New York Times), se sont multipliés récemment les liens internes au site, placés dans les articles, au détriment des liens externes. Il note que le professeur de journalisme Jay Rosen fait la même remarque au sujet du New York Times, alors que parfois un lien serait même essentiel pour l’article.

(noir)“Je comprends la valeur de placer des liens vers les autres articles de son propre site – tout le monde fait ça – mais faire ça de manière exclusive c’est une petite déchirure dans le tissu du web, une petite déchirure qui va s’élargir si on ne s’y oppose pas.”

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(noir)“Presque tous les organes de presse traditionnels n’offrent que leur propre contenu, rejetant le rôle d’agrégateur comme une invitation aux lecteurs à quitter leurs sites.”

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(noir)“Quand cette tendance se propagera (et je dis bien “quand” et non pas “si”), ça va devenir une taxe sur l’utilité du web, qui doit être contrebalancée par l’utilité de la page (où l’on se trouve). Si elle est réellement bonne, avec un paquet de données utiles que l’on ne trouvera pas facilement ailleurs, ça peut-être une taxe acceptable. En réalité, ça peut même être bénéfique et un bon moyen d’accroître la valeur du site pour ses lecteurs. Mais si c’est uniquement conçu pour capturer des clics supplémentaires, ce sera une dégradation de la monnaie fondamentale du web.”

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(noir)“J’aimerais bien donner deux lignes directrices pour tous ceux qui adoptent cette stratégie de se lier soi-même : s’assurer qu’il n’y a pas plus de 50% des liens sur une page qui ramènent vers votre site (et ce nombre est peut-être même trop élevé), s’assurer que les pages que vous pointez au bout de ces liens soient vraiment plus valables que n’importe quel autre lien externe que vous auriez pu fournir.”

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(noir)“Le web est un excellent exemple de système qui fonctionne parce que la plupart des sites créent plus de valeur qu’ils n’en capturent.”

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(bleu)Katherine Thompson, sur The Editors Weblog (18 août 2008), signale d’ailleurs en Grande-Bretagne “les expériences de la BBC avec les liens externes” (/bleu)

Il s’agit d’une expérimentation sur quatre semaines, uniquement sur le site britannique de la BBC, consistant à développer les liens dans le corps des articles, vers le site BBC News, mais également vers d’autres sources externes, telles que Youtube, Wikipedia, Flickr, ou d’autres organes de presse.

(noir)Steve Herrmann, éditeur de site web de BBC News indique à propos de cet essai : “Nous voulions inclure ces sources, car elles favorisent le partage de contenu, ont un énorme éventail de contenu de pertinence éditoriale potentielle, sont techniquement facile à travailler et nous voulions également évaluer vos réflexions sur le fait de nous relier à ces sources générées par les utilisateurs.” “

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– On a déjà évoqué ici les difficultés des médias en ligne français, eux-aussi, à proposer des liens externes dans les articles mis en ligne sur leur site : in “Quand l’info devient liquide…”, lire “Sortir des cul-de-sac en ligne” (mars 2008)

Nous avons besoin maintenant de filtrer nos filtres

Pour Josh Catone, l’enjeu de l’information en ligne aujourd’hui ce sont les outils de filtrage sociaux. Reconnaissant les insuffisances des outils de première génération, tels Digg, Reddit, Delicious, etc., car il sont basés essentiellement sur la popularité des contenus, il observe l’émergence d’une deuxième vague d’outils de filtrage de l’information, qui tentent d’appliquer un tri basé sur la crédibilité et la fiabilité de l’information.

(bleu)Josh Catone, sur sitepoint.com (19 août 2008) : “The Future of News Filtering: By Credibility?” (“Le futur du filtrage de l’information : la crédibilité ?”)(/bleu)

(noir)“En mai dernier, mon ancien collègue Corvida prédisait que les filtres sont la prochaine étape logique pour les médias sociaux. Les sites de médias sociaux comme Digg, Reddit, Delicious et Techmeme sont d’ailleurs eux-mêmes des filtres – filtrant l’actualité et les informations en fonction de ce que vos lecteurs et les autres rédacteurs estiment valable et intéressant. Mais ces sites de médias sociaux sont devenus eux-mêmes une partie du problème de la surcharge d’information (information overload, envoyant tellement d’information que, comme le prédit Corvida, nous allons avoir bientôt besoin de filtrage pour notre filtrage.”

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(noir)“Mais au moins une chose est claire dans mon esprit : le filtrage est l’avenir de l’information. Le fondateur de Y Combinator Paul Graham a récemment dit que les sites de filtrage de l’information comme Digg et Reddit n’étaient “que le début” de la prochaine évolution des sites web de distribution de l’information. Graham lance aux innovateurs du web un défi de mettre au point un nouveau type de sites d’information qui pousse plus loin la diffusion de l’information. “L’information va se transformer de manière significative dans un environnement plus concurrentiel du web”, écrit-il.”

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(noir)“Deux sites pensent que la prochaine vague de filtrage de l’information sera moins basée sur la popularité et plus sur une mesure de la crédibilité. Le problème que de nombreux utilisateurs rencontrent avec les sites de médias sociaux comme Digg et Delicious c’est qu’ils récompensent plus la popularité qu’ils ne mettent réellement en valeur le meilleur contenu. Deux startups, NewsCred, qui est censée être lancée demain, et NewsTrust, qui a déjà quelques années, visent à trier l’information sur la crédibilité et la fiabilité plutôt que sur sa popularité.”

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(noir)“Pour l’essentiel, les deux sites fonctionnent sur le même principe – les utilisateurs notent les informations selon qu’ils estiment que cette information est ou n’est pas crédible et fiable. C’est différent de la manière de procéder des autres médias sociaux, où les votes positifs ou négatifs (“up or down”) relèvent de critères personnels – ça peut être la crédibilité, ou ça peut-être le côté cool, ou parce que les copains du votant ont déjà voté pour l’article.”

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(noir)“Si le principe est le même, le mécanisme de vote de Newstrust est plus complet. NewsCred opte pour l’approche simple – chaque article tiré d’une sélection pré-établie de sources (sites d’information et blogs), peut être “crédité” ou “discrédité”, ce qui permet d’établir un score de crédibilité pour cet article. Newstrust a une approche plus vaste. Les articles sont notés de une à cinq étoiles, dans 11 catégories, incluant l’équité, l’équilibre, le contexte, l’importance, le style et la confiance. Les notes individuelles sont combinés, avec un calcul de moyenne, pour une note globale sur l’article qui, en théorie, reflète l’ensemble de ces facteurs.”

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(noir)“Les sites permettent aux utilisateurs de commenter les articles et d’ajouter de nouvelles informations et des sources. NewsCred permet également à l’utilisateur de personnaliser les sources auxquelles il donne la priorité dans la constituons de sa page principale, donnant aux utilisateurs un ensemble de filtres pour réduire le flux d’informations.”

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L’avantage de NewsCred est sa faible barrière à l’entrée des utilisateurs et sa facilité, mais le système de NewsTrust est probablement meilleur car plus susceptible de fournir un résultat précis. Ces deux sites présentent en tout cas pour l’auteur une nouvelle approche intéressante, “pouvant déboucher sur une meilleure manière de réduire le bruit dans le signal que l’on trouve dans les sites de vote traditionnels “up/down”.”

Les hommes comptent plus que les liens

Pour David Cushman et Francis Pisani, l’outil le plus pertinent pour trier les liens, c’est l’homme et non l’algorithme, c’est mon propre réseau humain. Et d’ailleurs le réseau change de nature : ce n’est plus le contenu qui nous mène vers les hommes, ce sont désormais les hommes qui nous mènent vers les contenus…

(bleu)David Cushman, sur Faster Future (16 juillet 2008) : “Portability is the new pointworthy: Why links won’t matter”

(noir)Avec le passage à la portabilité en RSS, widgets, gadgets, applications, etc., la distribution devient de plus en plus complexe ; de moins en moins de rapport avec une destination centrale, depuis laquelle on diffuse et vers laquelle on pointe, de plus en plus avec un réseau de gens cherchant et partageant les uns avec les autres.

(noir)Dans le monde de l’utilisateur comme destination, nous devons réfléchir à un web dans lequel les liens n’ont pas d’importance. Difficile à imaginer, non ?

(noir)Les liens effectuent un tâche fantastique en étendant les réseaux de confiance. Ils pointent les gens qui sont intéressés par un élément de contenu, ou le point de vue d’une personne, vers un autre qu’ils pourraient trouver utile. Il font un excellent travail de découverte des gens à travers les contenus. Mais nous entrons dans un monde où le contenu est découvert à travers les gens.

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Dans un autre billet :

(noir)“Ce que je sais, c’est que je me tourne vers les personnes pour me fournir des liens – pas vers les algorithmes.”

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(bleu) Francis Pisani, sur Transnets (20 août 2008) : “Comment découvrir des infos inattendues ?” (/bleu)

(noir)Les liens qu’on trouve sur Google ou tout autre moteur de recherche sont d’un intérêt limité. Ils ne nous renvoient qu’aux questions que nous nous posons et que nous savons formuler. Franchement, ça ne va pas très loin.

(noir)Il est bien plus enrichissant de suivre les innombrables pistes que nous suggèrent les gens que nous connaissons ou que nous suivons. Nous pouvons le faire en suivant leurs courriels aussi bien qu’en parcourant les sites ou en lisant les articles qu’ils sélectionnent sur Delicious pour ne citer qu’un outil parmi les plus connus.

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Première étape du voyage : De la fin des journaux, à la fin des journalistes… et de l’info

20 Comments

  1. Suivre les liens recommandés par ceux en qui nous avons confiance … Je suis émerveillée par cette découverte (sourire).

    Et en pratique, ça signifie quoi ?

    Qu’il faut laisser le lecteur mettre plus de liens vers l’extérieur dans ses commentaires ?
    Qu’il faut le laisser éditer nos articles, carrément, pour y placer des liens ?
    Laisser cette latitude aux seuls potes de notre petit cercle ?

    L’expérience de la Wikipedia n’a pas suffi, c’est déjà oublié ?
    Bonjour le spam !
    Et la Wikiasari, pourquoi n’en est-il pas fait mention ?
    C’est sale, un moteur communautaire ?
    Qui veut conserver quel pouvoir, exactement ?

  2. @ Szarah

    Ça signifie juste que ça donne un peu d’air frais de réentendre ce genre de discours, qui était submergé depuis un bon moment par un autre qui me convenait beaucoup moins : pas de magie des systèmes qui s’auto-organisent tout seuls, pas de sagesse des foules qui nous demande de nous prendre tous pour des fourmis ou des abeilles , et en plus d’en être content…

    Ça signifie aussi que c’est sans grand intérêt d’avoir plein de votes chez Digg ou wikio, ou des milliers de soi-disant “amis” sur Facebook qu’il ne faut pas surestimer l’intérêt d’être référencé dans Google…

    Ça signifie que les réseaux informatiques ne sont que des outils au service des réseaux humains, que c’est à ceux-là qu’il faut s’intéresser, et que ces réseaux-là se construisent patiemment et qu’ensuite ils se cultivent. A ce prix, ils peuvent mener très loin…

    Je ne crois pas qu’il s’agisse de “conserver” un pouvoir, mais plutôt d’en reconquérir un… 😉

  3. J’espère que vous m’êtes reconnaissant de vous donner l’occasion d’aussi belles précisions 🙂

    Sérieusement : suivre les liens recommandés par un cercle de confiance, la plupart d’entre nous n’a jamais rien fait d’autre, c’est le seul moyen pour ne pas perdre son temps. Mais il s’agit de chercher de l’information, pas de la vendre.

    Un très grand nombre de sites existent pour ramener à eux le plus grand nombre possible de clients potentiels, pré-ciblés si possible. C’est pour eux qu’existent les moteurs et les agrégateurs, les classements et la publicité, et ça fonctionne relativement bien.

    Ne perdons pas de vue que l’information, c’est une marchandise comme une autre, il faut réussir à la “placer”. Et le fait qu’elle ne paraisse pas monétisée ne l’exonère pas de tout soupçon. On peut “vendre” des gadgets aussi bien que des voyages … ou des salades.

    Et un réseau de recommandations, ce n’est rien d’autre que du “social marketing”, ça reste du “viral” et ce n’est pas automatiquement innocent.

    Oserais-je dire “au contraire” ?

  4. Sûrement pas innocent, en effet, et même très politique. Le débat a tourné dans cette direction en commentaire du précédent billet de la série, mais il convient ici aussi : nous parlons de systèmes d’association/cooptation. Même s’ils peuvent rester ouvert, il y a bien une certaine forme d’élitisme, ou au moins de communautarisme, là-dedans…

    Quand au financement : si des réseaux sur le net se superposent à des réseaux humains hors du net, la question du financement devient tout de suite plus ouverte, et aussi plus classique.

    Des activités ou des services non finançables en ligne peuvent s’appuyer sur des services complémentaires hors web qui eux le sont…

    On a surtout réfléchi jusqu’à maintenant à des financement pur web, pour des activités pur web (le tropisme technologique n’y est pas pour rien). On a encore peu cherché dans les directions hybrides in/out web, jouant sur des offres complémentaires…

    Et la question n’est même pas nécessairement celle de la rentabilité financière : il existe de nombreux modèles associatifs hors ligne qui dégagent suffisamment de ressources pour payer des salaires.

  5. Juste une précision au sujet de l’expériementation de la BBC : en fait le système mis en place (Apture) permet d’ouvrir le lien dans une mini-fenêtre au dessus de l’article, le lecteur n’a même plus besoin de quitter la page pour accéder aux informations liées, le “compromis” est intéressant mais ce système ne fonctionne que pour des contenus bien spécifiques

    on peut tester avec les liens Wikipédia depuis cette page par exemple : http://news.bbc.co.uk/1/hi/uk_politics/7553608.stm

  6. Bonsoir,

    un lien, cela vaut de l’argent, suffisement pour pervertir n’importe quel système.

    Du personnel chargé d’enrichir un contenu avec des liens, dépense inutile, il existe des scripts qui font cela suffisement bien pour que la majorité des consommateurs s’y laissent prendre.

    Votre cheminement : le journalisme se porte mal, on va créer des liens pour augmenter le nombre de consommateurs; c’est celui de tous les commerçants qui multiplient le nombre de liens, de voies d’accès à leur boutique.

    Au final, rien ne change, il y a plus de liens vers votre contenu mais pendant ce temps le nombre totaux de liens sur le web a lui aussi augmenté,

  7. Une réflexion amusante, narvic, sur le fait de reconquérir un pouvoir. J’ai du mal à croire qu’on puisse prendre un pouvoir avec des journalistes, justement des gens qui ont assez systématiquement obéi soit aux entreprises, soit aux politiques.
    Si les journalistes veulent rentrer dans le jeu de l’information ce sera pour y introduire à nouveau leurs anciens maîtres. On ne brise pas les chaînes qu’on a portées depuis un siècle et demi, du jour au lendemain. 😉

    Je ne vois pas très bien en quoi Google News a fait du tort au journalisme, bien au contraire, il a accru le trafic vers les journaux.
    Google serait un concurrent s’il se mettait à faire ses propres articles, ou à reprendre les articles existants sur son site, mais ce n’est pas le cas. Faut qu’on m’explique ce curieux présupposé de voir en Digg ou Google comme des ennemis. Rien de clair dans la démarche initiale.

    Pour la prospective, il manque la prise en compte de la distinction qui est de plus en plus apparente aujourd’hui entre l’ordinateur et le téléphone mobile.
    Les derniers modèles de téléphone, qui commencent déjà à être sérieusement connectés, seront allègrement dépassés en design, fonctionnalités Web, possibilités de connexion, d’ici à quelques années. Comme toute technologie informatique, les coûts d’acquisition et d’utilisation iront décroissant.

    Personne ne sait encore à quelle révolution ont va arriver, comment le public va distinguer dans l’utilisation les deux univers. L’expérience Web va se déplacer sur le mobile, avec un public beaucoup plus identifiable qu’auparavant pour les publicitaires, donc in fine, peut être, le marché avec des potentialités gigantesques qu’attendaient les marques des médias.

    Donc d’ici à deux ou trois années de là, tout ce qui se dit ou s’écrit sera à revoir.

  8. @ thierryl

    On devrait parvenir assez rapidement à une téléphonie plurimédias totalement gratuite financée par l’affichage de publicités ciblées avec précision (notamment du point de vue géographique). On aura aussi l’interrogation vocale (“pizza ?” > pub pour la pizzeria la plus proche) mais c’est du gadget : les nouvelles générations ont déjà le pouce agile et hypertrophié (voilà une vraie mutation technologique, haha).

    Il n’y a pas de soucis à se faire : l’avenir, c’est la mobilité, la gratuité et la publicité “contextuelle” à l’utilisateur (sa localisation, son profil connu, sa requête).

    L’humain ne fera pas mieux que les robots sur ce coup-là.

  9. @ thierryl

    Encore une fois vous me renvoyez systématiquement au corporatisme des journalisme, contre lequel je lutte, combien de fois me faudra-t-il l’écrire ? Je plaide pour une ouverture complète de cette profession refermée, et dans une certaine mesure justement à sa “déprofessionalisation” (la fin de la corporation et de sa “mission”, au profit d’une définition par la fonction et la compétence, comme la plupart des autres métiers). Je crois aussi, d’un autre côté, qu’on a toujours besoin de journalistes pour traiter l’information en ligne, comme on a toujours besoin de plombiers et de mécaniciens. De plus votre vision du “pouvoir” des journalistes relève largement du fantasme.

    Votre idée fixe vous amène donc une nouvelle fois à me lire de travers : je ne parle pas du tout du pouvoir des journalistes dans le commentaires que vous évoquez. Je parle du pouvoir des gens sur leur propre vie. Pour voir du corporatisme des journalistes là-dedans, il faut l’amener soi-même dans ses bagages.

    Par ailleurs, et nous repassons cette fois du côté des utilisateurs (vous comprenez bien que je passe constamment du point de vue du producteur, du diffuseur et du consommateur ? Je doute, car vous interprétez systématiquement mes propos du seul point de vue depuis lequel VOUS avez décidé que je parle).

    Google News et Digg vous conviennent. C’est très bien. Gardez-les.

    Mon propos n’est nullement de savoir si Google et Digg font du mal au journalistes (toujours votre idée fixe et tordue dans la manière de me lire !), il est que Google et Digg font du mal à mon information personnelle, en tant que personne, comme pékin moyen qui cherche à s’informer (vous savez qu’on est pas journaliste 25h sur 24 ?).

    Mes réflexions ne vous concernent donc pas. Elle ne s’adressent qu’à ceux qui ne sont pas satisfait de la qualité de l’information que l’on obtient par ce filtrage automatisé. Elle ne s’adresse qu’à ceux qui souhaitent être mieux informés qu’aujourd’hui. Et pour y parvenir, je pense que l’intervention des humains dans le filtrage est bien ce qui se révèle le plus efficace. Je pense aussi que ces humains doivent avoir certaines compétences, il doivent avoir du métier. Horreur, revoilà les journalistes. Arrêtez de me lire, vous allez encore sursauter. Décidément, tout ça n’es pas pour vous. Retournez sur Digg !

  10. @ Palpitt

    En effet, d’ailleurs le Washington post expérimente lui aussi le système d’Apture.

    On peut ajouter qu’il y a un aspect technique loin d’être négligeable dans cette question des liens externes dans les sites de presse.

    Les journaux utilisent des CMS (système informatisé de gestion des flux de contenus) depuis les années 80, avant le web ! Ces systèmes étaient tournés vers les rotatives uniquement.

    Le transfert sur internet des contenus prévus pour le “print” s’est fait souvent en branchant une simple “bretelle de dérivation” sur le système existant, avec une “couche logicielle” supplémentaire. Dans bien des cas, il n’a pas été prévu la possibilité d’ajouter des liens dans la version destinée au net.

    Y parvenir demande des réorganisations techniques importantes, délicates et coûteuses. C’est une des dimensions du problème…

  11. @ un_blogger

    On ne se comprend pas : je ne me place pas du point de vue d’une défense du bout de gras des journalistes.

    Vous vous trompez sur mon “cheminement”. Il faut le prendre à l’inverse de ce que vous dites.

    L’information sur le net – actuellement – n’est pas satisfaisante :les messages sont noyés dans le bruit, il est très difficile de trouver ce qui a vraiment un sens au milieu de la cacophonie.

    Parti de là, je vois que les outils automatisés basés sur la popularité ne sont pas du tout une solution : il ne font que brasser le bruit et renforcer la cacophonie.

    Je vois que la solution la plus efficace, ça reste des humains qui font l’évaluation et le tri et organisent la diffusion.

    Là encore, je ne me place que de MON point de vue, de celui de MOn information personnelle que je cherche à améliorer.

    Je pense donc, comme Cushmazn et Pisani, que mon réseau perso est un bon filtre (bien meilleur que Google et Digg).

    Je pense aussi, comme Jarvis, qu’il serait utile de réintroduire des humains dans les sites professionnels aussi : un nouveau métier (on n’est pas obligé d’appeler ça un journaliste, si ça vous dérange), éditeur web, c’est bien suffisant…

  12. @ Szarah

    Je croyais qu’on parlais d’information ?

    Votre remarque ne porte que sur de nouvelles techniques marketing pour diffuser du “fast-news”, de la “mal info”, qui ne sert qu’à caresser le cerveau de consommateurs inquiets, et n’est conçu que comme support pour la publicité.

    Je ne doute pas que l’on invente sans cesse de nouvelles techniques sophistiquées et des stratégies pointues pour perfectionner ce système. Et les robots sont sûrement très efficaces pour ça.

    Pendant ce temps-là, d’autres cherchent justement des stratégies pour s’extraire de ce système. Et sont à la recherche des moyens d’être mieux informés… Là, les robots se révèlent très nettement moins performants… :o)

  13. @ narvic

    mon métier est justement de contribuer à la cacophonie ambiante de manière à ce que l’on n’entende plus que le message que je veux faire passer, celui pour lequel je suis payé.

    Bypasser les filtres humains, automatiques, tricher sur la popularité, le contenu… nous sommes nombreux à savoir le faire.

    C’est contre cela que vous devez vous battre.

    Si vous voulez vaincre le système, il vous faut tout d’abord en sortir, l’étudier puis revenir taper là où ça fait mal.
    Actuellement j’ai l’impression que vous étudiez seul dans votre coin, pourquoi ne pas venir apprendre chez l’adversaire?

    Ps : le mot “journaliste” ne me dérange pas, juste que je trouve que ceux qui font que l’on devrait l’écrire avec un “J” majuscule sont de moins en moins nombreux où peut être sont ils toujours aussi nombreux mais cachés par les autres.

  14. @ Narvic

    “Je croyais qu’on parlait d’information ?”

    Pour ma part, je parle bien d’information.

    J’ai horreur de dire ça, mais vous il me semble que vous commettez une erreur fondamentale : celle de qualifier l’information.

    Il n’y a pas d’information plus “noble” ou plus “futile” que d’autres, tout est question d’utilité pour une personne donnée à un moment donné.

    AUCUN signal n’est universellement inutile. Aujourd’hui ou demain, ou un autre jour, il servira à quelqu’un.

    La théorie élitiste du “bruit de fond” est une ignominie qui insulte l’expression de la masse.

    (Cette phrase qui précède, je la destine à l’intelligence de ceux qui réfléchissent).

    Il n’existe pas d’information purement “commerciale” : depuis toujours, les voies du commerce ont véhiculé non seulement des marchandises mais aussi des idées, des savoirs, de la culture.

    Vous êtes historien de formation : rendez donc justice au commerce.

    Et faites de même pour la publicité, parce que la publicité, c’est avant tout de l’information.

    En corollaire, toute information fait la publicité de quelque chose.
    Il n’y a pas d’innocence dans sa livraison.

    L’objectivité, ça n’existe pas.

    La simple révélation d’un fait naturel (“Eclipse de lune cette nuit”) est une intervention.

    C’est cela, l’information : un moyen pour intervenir dans la vie des autres.

    Vous n’imaginez tout de même pas que la livraison de liens pourrait échapper à cette fatalité ?
    Ces liens seraient “publicitaires”, d’une façon ou d’une autre.
    Porteurs d’un sens qui serait giratoire s’il émanait d’un “groupe” (sourire).

    Prôner les liens “communautaires”, c’est vouloir réinventer l’ourobouros.

    Tout le monde a quelque chose à vendre.
    Y compris les salades américaines d’intellectuels à qui il reste vraiment beaucoup de chemin à faire avant de parvenir à la compréhension (je me répète, là).

    (Mince, de cette intervention j’aurais pu faire un billet chez moi, je suis vraiment nulle question auto-promotion).

  15. Szarah a dit

    Il n’y a pas d’information plus « noble » ou plus « futile » que d’autres, tout est question d’utilité pour une personne donnée à un moment donné.

    Nous sommes bien d’accord : il y a une information noble : celle qui répond à mon besoin. et une information futile : celle qui n’y répond pas. Tout est en effet une question d’utilité. :o)

    J’ai le sentiment que vous noyez un peu dans les nombreux paradoxes du relativisme philosophique. Le relativisme est une philosophie acrobatique (et du coup passionnante). L’une de ses impasses est le relativisme absolu, et s’il est absolu, il n’est plus relatif. 🙂 Pour maintenir un équilibre, qui restera toujours précaire, le relativisme ne tient que s’il n’oublie jamais d’être relatif… à quelque chose.

    Fin de ma parenthèse philosophique 😛

  16. Je reprends :

    “Pour maintenir un équilibre, qui restera toujours précaire, le relativisme ne tient que s’il n’oublie jamais d’être relatif… à quelque chose.”

    Vous avez l’art du paradoxe constructiviste ! 🙂 Je me faisais cette réflexion en vous lisant…vos propos souvent laissent émerger un entre deux que vos lecteurs exploitent pour élaborer des constructions et des représentations…intéressant ! 🙂

    En même temps, votre propre vision s’affine et prend sens…joli parcours interactif !

  17. @ Florence

    Disons que ma démarche tente de rester toujours… dialectique. 🙂

    “Le faux est un moment du vrai” disait Hegel

  18. Connaîssez-vous les possibilités de filtrage des requêtes et les utilisez-vous ? Il est très courant que par manque d’information à ce sujet le néophyte se prenne à tempêter contre les moteurs et aille jusqu’à imaginer des solutions abracadabrantes alors qu’il suffit de maîtriser l’outil – ce qu’on ne saurait attendre d’un lambda mais d’un brillant dialecticien, oui (sourire).

    Voyez à “opérateurs de recherche” et amusez-vous bien. Pour moi, le sujet est vidé, ce fut une agréable distraction et merci.

  19. Erreur Szarah, la dialectique ne fait au contraire que commencer…et le sujet est PLEIN de possibles et très SERIEUX ! 🙂

  20. @ Szarah

    Accordez-moi Szarah, s’il vous plaît, d’avoir exploré un peu les techniques de recherche d’information et les méthodes de recoupement, à la fois hors ligne et en ligne. 😉

    Sur un sujet très étroit, celui que je surveille ici de manière quasi obsessionnelle : le journalisme et internet, je pense avoir une bonne approche de ce qui est disponible en ligne en matière de contenu pertinent.

    Je penses avoir poussé, sur cette unique recherche, assez loin mes investigations croisées et comparatives sur les deux méthodes de recherche que j’oppose : les outils automatisés et les réseaux d’humains.

    C’est après toutes ces précautions que je me permets de réaffirmer qu’en matière de recherche précise Google est une merdre incapable de dénicher une aiguille dans une botte de foin et que mon réseau est diablement plus efficace. 😛

    Sinon, selon d’autres approches, les outils automatisés ne manquent pas d’intérêt (d’ailleurs je continue à les utiliser 😉 ), mais ce n’était pas l’objet de notre conversation aujourd’hui…

    @ Florence

    Merci de votre soutien. 😉

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