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USA : Journalistes licenciés, votre salut est dans les blogs ! (on vous l’offre)

Signe des temps, vision de l’avenir ! Ça ressemble bel et bien à une sorte de tournant symbolique dans l’histoire de la presse et du journalisme.

La plate-forme de blog américaine Six Apart (TypePad) lance un programme spécial – et totalement inédit – “de sauvetage”, pour accueillir les journalistes qui sont actuellement massivement licenciés dans les rédactions des journaux américains, en leur offrant un blog pro gratuit et des avantages en matière de publicité et de référencement.

La proposition est clairement affichée comme une offre professionnelle, destinée à devenir une source de revenu, amorçant pour ces journalistes une nouvelle carrière grâce au blog…

Déjà “plusieurs centaines d’inscrits en moins d’une journée” !

– Présentation en ligne du programme : The TypePad Journalist Bailout Program, Because your Tumblr and Tweets, while clever, will not pay your bills.

Marc-André Brouillard sur Branchez-Vous (en français) :

(noir)Le créateur de Movable Type et TypePad, Six Apart met sur pied le programme TypePad Journalist Bailout. Un programme destiné aux journalistes qui auraient récemment perdu leur emploi et qui voudraient s’assurer une présence en ligne par le biais d’un blogue TypePad.

(noir)Pour les journalistes qui répondent aux critères du programme, Six Apart leur offrira un compte TypePad Pro gratuit, qui coûte normalement 149,50$ (US) annuellement, une inscription au programme de publicité Six Apart Media ainsi qu’une visibilité sur le répertoire Blogs.com.

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La motivation affichée par Six Apart, “société fondée par des blogueurs”, qui “soutien le journalisme en ligne depuis le début”, est de “venir en aide” au journalisme, alors que la presse traverse une passe très difficile (voire catastrophique) aux Etats-Unis.

(noir) « Le fait d’avoir comme point de départ quelque chose de dynamique et de positif est une amorce importante pour les nombreux journalistes qui souhaitent prendre le contrôle de leur carrière dans une industrie qui traverse d’énormes bouleversements», explique Anil Dash sur le blogue de Six Apart.

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Anil Dash, sur le blog de Six Apart, s’avoue dépassé par le succès inattendu de son initiative : “plusieurs centaines d’inscrits en moins d’une journée”.

Anil Dash n’annonce pas “une solution miracle” et ne sera pas en mesure de répondre à toutes les demandes. Il s’agit pour lui de fournir des outils aux journalistes pour prendre en main eux-mêmes leur présence en ligne, mais il a bien en vue l’émergence d’une “nouvelle vague de journalistes indépendants”. En bonne logique participative, il invite les journalistes à définir avec son équipe les outils qui leur sont nécessaires…

Une mise à jour a été publiée sur le site du programme pour inviter les candidats à la patience.

The TypePad Journalist Bailout : :

(noir)Update: Wow, the response has been amazing! We’ve gotten a flood of submissions, and hadn’t quite planned for this much of a reaction. It may take us a day or so to respond, but please keep the emails coming to [email protected] — we do want to hear from you. You can check out our blog post about TypePad and Journalism to find out more of our inspiration behind the program, and of course you’re welcome to follow Six Apart on Twitter to keep in touch with us.

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Ce programme me fait irrésistiblement penser à l’idée évoquée cet été, selon laquelle c’était plutôt Google qui viendrait au secours du journalisme :

Google est le seul avenir du journalisme

4 Comments

  1. Alors là ! Soit j’extrapole, soit je n’ai pas pigé mais on tient ce qui pourrait être un changement radical. Pour allez vite, le choix actuel se situe entre le salariat dans un média et le journaliste indépendant ou pigiste pro qui vit de commandes parfois régulières mais doit aller taper aux portes pour proposer son travail.

    Je ne suis pas sûr de la méthode exacte qui pourrait se mettre en place. Mais en gros : la plateforme d’hébergement accueille les pigistes (en l’espèces les journalistes licenciés) et va au travers de l’agrégation sous ses couleurs de blogs sans doute très divers remplacer le media-support. Financièrement la ventilation globale des revenus entre la plateforme, les blogs les plus générateurs d’audience et les autres reste à trouver.

    Mais on serait quasi dans une ébauche du retour du “pouvoir” aux journalistes avec une sorte d’hébergeur – agence de presse. Où viendront se servir les titres “historiques” en déclin qui font de plus en plus apppel à des services extérieurs pour alimenter leurs colonnes et pages web.

    On ne serait ainsi plus lecteur (y compris de leurs sites) de Libé, Le Monde… mais de Typepad, WordPress. Et à la façon d’un netvibes chaque lecteur pourrait y établir ses préférences, filtres… pour voir remonter les infos et les auteurs qui l’intéressent en priorité.

    La question du modèle éco n’est certes pas totalement résolue et je reste persuadé que le tout pub est une aussi mauvaise voie que le payant. La notion de produits dérivés ou rattachés à la marque, à certains sous-groupes ou blogs me paraitrait à creuser…

    Ne sachant la puissance financière de ces hébergeurs je ne peux aller plus loin dans mon idée mais il peuvent être une des alternatives attendues… avec simplement le passage vers un autre media impliquant une autre façon de bosser.

    Mais peut être vais-je un peu vite en besogne 🙂

    http://donjipez.wordpress.com/
    http://donjipezliens.wordpress.com/
    http://donjipez.20minutes-blogs.fr/

  2. Je ne sais pourquoi, mais cela me fait penser à la vague des externalisations que les grandes entreprises ont connues dans les années 1980-1990. Ici, cela serait une externalisation totale des employés qui deviendraient de “faux” indépendants.
    Pour rappel, les grandes sociétés ont externalisés une partie de leurs tâches. Leurs ex-employés devant se créer leur boîte. Une grande partie des risques reposaient alors sur ces nouvelles entreprises (PME) externalisée. Mode de fonctionnement qui convenait parfaitement aux grandes entreprises dans un système fonctionnant en flux tendus. Dans les modèles ultimes, on trouve des entreprises qui dès le départ ont fonctionné sur ce principe; un des exemples souvent observé étant Nike.

  3. @ Lyonel Kaufmann Je dois reconnaitre que j’ai livré une vision optimiste de la question. Si on regarde des pratiques récentes ton argumentation est à prendre largement en compte.
    J’ai d’ailleurs lu ça récemment qui va dans le sens de ton analyse sur la précarisation : http://www.marianne2.fr/SOS-Bouclage-un-pas-de-plus-vers-la-precarite-des-journalistes-_a93235.html?preaction=nl&id=5908832&idnl=25553&

    On se rapproche du rêve des patrons de presse : un produit avec peu de journalistes maisons et des gens à statuts variés et précaires… Sauf qu’en allant dans ce sens ils vont vers la cata de bilan annuel en bilan annuel….

    Et je ne parle pas d’Etats généraux trop discrets pour être honnêtes et qui ont généré un regroupement et des réflexions en réunissant ceux que les pouvoirs ne voulaient pas voir à la table des discussions.

    Autre question : le pouvoir ne sera-il- pas directement aux plateformes fournisseuses de la matière première info qui pourront imposer leurs conditions aux médias ?

    En tout cas les choses sont très mouvantes et les entreprises du secteur trad ne peuvent se permettre de se tromper encore

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