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Internet, média sans journaliste

Benoît Raphaël, sur Demain tous journalistes ?, revient sur les profondes résistances internes de la profession des journalistes vis à vis du nouveau média internet.

Remise en cause de compétences acquises, de hiérarchies établies, conflits de générations, absence de vision prospective, incertitude du modèle économique… Ces raisons ont été souvent soulignées pour justifier ces résistances et ces blocages de la part de “ceux qui viennent du papier”, et même de la télé…

Et si la raison était plus profonde ?

(je reprend mon commentaire publié sur Demain tous journalistes ?)

(noir)J’ai souvent constaté ces résistances moi-aussi, et je les ai souvent mises sur le comptes de “mauvaises raisons”: ignorance du média internet, peur irraisonnée, remise en cause de situations installées, énorme fossé générationnel au sein des rédactions…

(noir)Je suis beaucoup plus circonspect aujourd’hui, dans la mesure ou la crainte diffuse de l’ensemble de la profession de journaliste, même si elle n’est pas toujours très précisément et justement exprimée, semble néanmoins largement fondée.

(noir)Internet ouvre la porte d’une nouvelle “société de l’information” qui est loin de se présenter comme un “eldorado pour les journalistes”.

(noir)Le rôle même du journaliste y est contesté, concurrencé, à tous les niveaux et dans toutes les étapes de la chaîne professionnelle, de la production à la diffusion de l’info.

(noir)L’accès direct aux sources et à l’audience, l’automatisation de la hiérarchisation et de la documentation de l’info, remettent en cause la nécessité même d’un intermédiaire professionnel de l’information entre l’émetteur et le récepteur du message.

(noir)Ce que l’ensemble de la profession dit confusément, à mon sens, dans cette résistance générale vis à vis d’internet : c’est que sur internet, on n’a pas besoin de journalistes ! Ou si on en a besoin, c’est pour un métier complètement nouveau, qui reste totalement à inventer, dont les contours sont pour le moment très flous et les perspectives d’en vivre… bien incertaines.

(/noir)