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Giraudo : Le Monde est mal parti

Le journaliste, et fondateur de la filiale du Monde le Monde interactif, Alain Giraudo, sur son blog chienecrase(point)com, donne son point de vue sur la situation du journal et explique “pourquoi le Monde n’est pas près de s’en sortir?”

Il rappelle en détail et de manière limpide l’historique :

“Pourquoi « Le Monde » est-il dans cette situation ?
– Le contexte général à la presse payante :
– une érosion de la diffusion
– l’assèchement des ressources publicitaires
– Le contexte particulier à l’entreprise :
– une gestion laxiste
– la construction ratée d’un groupe
– le rôle et la place de la SRM (société des rédacteurs du Monde)”.

Au passage, il met les pieds dans le plat sur deux question quasi-taboue : la “productivité éditoriale” réelle des journalistes du monde (faible, semble-t-il) et le rôle de la SRM (néfaste, selon lui) :

Combien de lignes par journaliste ?

(noir)Chaque fois les financements nécessaires au sauvetage ont été trouvé (plus ou moins miraculeusement d’ailleurs). Chaque fois cela a permis de ne pas se poser la question de la structure de production éditoriale du journal. J’ai été intégré dans une rédaction de 110 personnes, elle en compte aujourd’hui officiellement 340 (et les pigistes ne sont manifestement pas retenus dans ce chiffre). Pour parler grossièrement : combien de lignes produit en moyenne un(e) rédacteur(e) dans la formule lancée en 2005. Je crains que le calcul, s’il était fait, ne donne un résultat consternant. C’est un sacrilège, je sais, que de poser, dans le temple (autoproclamé) du journaliste indépendant, le problème en termes de productivité.

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La SRM: “imperméable à la logique capitalistique”

(noir)La SRM (société des rédacteurs du Monde) : c’est l’actionnaire le plus improbable qui soit puisqu’elle est majoritaire sans avoir jamais apporté un centimes en capital ; c’est l’actionnaire le plus imprévisible puisqu’il est capable de « faire sauter » en quelques heures un directeur qu’il a mis des mois a élire ; c’est l’actionnaire le plus imperméable à la logique capitalistique. Elle a usé et abusé de son pouvoir, agissant le plus souvent à contre temps.

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La révolution web n’a pas eu lieu

Alain Giraudo souligne également comment le tournant du web a été mal pris par la rédaction :

(noir)Je reviendrai sans doute sur les raisons pour lesquelles cette « révolution » ne s’est pas produite (le journalisme vache sacrée et les intouchables de lepost).

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2 Comments

  1. La question de la productivité est un grand classique. Il faut se dire qu’il y a et aura toujours quelqu’un qui la calcule. Par contre en parler est un éternel tabou.

  2. @Emmanuel

    En fait, on sait qui l’a déjà fait le calcul : Fottorino lui-même…

    « Nous serons toujours plus de journalistes aujourd’hui (après le plan de licenciements annoncé, qui supprime le quart de la rédaction) qu’on ne l’était en 1995 pour un journal qui faisait dix pages de plus »

    disait récemment le nouveau patron du Monde…

    Mais que faisaient donc les journalistes du Monde ces dernières années, pendant que sur les sites internet, de jeunes journalistes payés au lance-pierre travaillent comme des esclaves ?

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