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Le blog comme navigateur de réseau, ou comment on s’informe les uns les autres

Utiliser son propre blog comme navigateur de réseau, c’est découvrir… Un web qu’on se construit soi-même, avec ses rencontres, ses relations… Un web que l’on construit collectivement, en réseau. Qui part de soi, mais qui vous ouvre à d’autres. Un web à sa propre mesure, modeste et personnelle, mais qui ne vous est dicté par personne, qui n’est contrôlé par personne. Un web qui s’auto-organise en toute liberté pour le profit de chacun…

Et c’est bien une autre manière de communiquer, et de s’informer… les uns les autres.

Ça y est. Je définis à peine la nouvelle organisation des rubriques de novövision 2, et je n’ai pas encore annoncé en détail la couleur du programme que je m’assigne dans cette nouvelle – pour moi – expérience de blogging, que je suis déjà confronté à la limite de mon entreprise : j’ai envie d’écrire un billet que je pourrais classer dans chacune de mes rubriques et dans toutes à la fois !

Retour au blog, ai-je dis. Et plutôt ! L’outil me semble en effet recéler un potentiel énorme, que j’ai encore insuffisamment exploré et exploité pour le moment. En tout cas hors des directions que j’avais creusées jusqu’au maintenant.

Le blog, comme média personnel de publication et moyen d’assurer “une présence” en ligne, certes. C’est ainsi qu’est “né” et à émergé sur le web le “personnage” de narvic, et qu’il y a développé et diffusé sa réflexion. Mais le blog permet bien plus que ça.

C’est un puissant outil d’organisation d’un réseau personnel et c’est même un outil de navigation sur le web, à l’intérieur même de ce réseau et de ses ramifications innombrables. Bien au-delà des médias, de Google et de Twitter. L’expérience d’un autre web…

Mes échanges avec Thierry Crouzet sont décidémment toujours très féconds (par ses livres, comme par son blog… et surtout en direct). 😉 Nous avons essayé de formuler cette idée tout à l’heure autour d’un café, à Paris. A voir maintenant, qui des deux le premier la mettra en forme, la publiera et la propulsera dans son réseau, pour observer ensuite comment elle y est reçue, comprise, si elle intéresse ou pas, si elle reçoit des objections ou des prolongements, parmi les gens qui participent à nos réseaux… (J’ai un coup d’avance dans cette “course”, puisque Thierry est dans le train pour le sud à l’heure ou j’écris, et que je pourrais bien avoir terminé ce billet avant même qu’il n’entre en gare… 😛 Mais il me rattrapera peut-être par la suite, car il n’est pas impossible que son réseau soit plus étendu que le mien. )

Back-office, back-links, referers

L’idée est peut-être difficile à expliquer à quelqu’un qui n’a pas l’expérience du blogging, qui n’a pas expérimenté par lui-même le fonctionnement de cet outil, qui ne sait pas très bien ce que signifient, appliqués à un blog, des termes comme back-office, back-links ou referers… (J’ai bien souvent le sentiment que nombre de journalistes comprendraient bien mieux certaines notions-clés d’internet qui, à mon avis, leurs échappent, s’ils se mettaient sérieusement au blog. B-))

Pour un lecteur, et c’est le plus souvent de son point de vue que l’on définit un blog, c’est donc un espace de publication en ligne, le plus souvent personnel (et dans lequel l’auteur s’implique souvent personnellement), dans lequel cet auteur s’exprime souvent sous la forme de billet plutôt court, des billets souvent assez “autonomes” les uns par rapport aux autres et publiés généralement en ordre chronologique inverse (les derniers en premier). Et c’est ainsi qu’apparait en effet un blog pour un lecteur qui y débarque…

La face cachée d’un blog

Pour l’auteur en revanche, son blog lui apparait différemment, profondément différemment. Son blog lui apparait de manière double, il dispose d’une partie publique et d’une partie privée (celle que l’on nomme en bon français back-office).

C’est dans le back-office que le blogueur rédige ses billets, stocke ses billets en attente de publication, rapatrie ceux qu’il a pu dépublier. C’est là aussi qu’il procède à un certain nombre d’opérations d’administration de son blog : la gestion de la modération des commentaires, l’introduction de nouvelles fonctionnalités sur le blog, la modification de l’apparence graphique qu’il revêtira pour le lecteur…

Une image de sa place sur la carte du web

Mais il se passe aussi d’autres choses dans le back-office, que les lecteurs ignorent et que l’on étudie pas suffisamment à mon avis. Depuis son back-office, le blogueur observe son blog, et comment il s’inscrit au sein d’un réseau à l’intérieur du web. Cette observation lui fournit même une sorte de carte, un plan du réseau dans lequel son blog s’inscrit, qui est une représentation de cette – toute petite – partie du web à laquelle il “appartient”. Et le blog lui offre également le moyen de naviguer directement dans ce web, son web, son réseau dans le web ou le web de son réseau…

Profil de lecteurs

Le blogueur dispose tout d’abord d’indications statistiques souvent très précises, presque indiscrètes, sur la fréquentation de son blog. Tous les systèmes de publication au format blog proposent de tels outils, et on peut les perfectionner encore en les complétant avec des outils d’analyse très puissants (notamment ceux proposés par Google, Google Analytics).

Ces outils permettent d’obtenir un nombre considérable d’informations sur les lecteurs d’un blog : quand viennent-ils, pour lire quoi, qui revient, à quelle fréquence, avec quel navigateur, quel système d’exploitation installé sur leur ordinateur, et même quel taille d’écran ? On peut suivre le parcours des lecteurs à l’intérieur de son blog. On peut même, dans une certaine mesure, obtenir des informations sur eux qui peuvent dévoiler des aspects très personnels, en décodant leur “adresse IP”. Imaginiez-vous, par exemple, que mon billet En ligne, les journalistes n’ont pas inventé grand chose avait reçu quinze visiteurs se connectant à internet depuis le journal Le Monde (Je vous épargne les détails, mais par certains recoupements, on peut même parfois réussir à carrément identifier une personne précise par ce moyen.)] ?

Inscription dans un réseau

Bien que le narcissisme fort connu du blogueur le pousse à passer un temps considérable à étudier ces statistiques pourtant abruptes (ce qui est d’ailleurs extrêmement riche d’enseignements sur son propre blog (Mais définir entièrement la ligne éditoriale de son blog en fonction de ces données, ça ne s’appelle pas autrement que de faire du markéting éditorial. Et cémal ! :-O )), ce n’est pas ça qui m’intéresse ici.

Le back-office du blog donne aussi à son auteur de très précieux renseignements que l’on appelle “back-links” et “referers”. Le premier terme désigne un “lien en retour” ou “lien entrant”, un lien hypertexte, placé quelque part sur le web, et qui renvoie à son blog, à sa page d’accueil ou à l’un de ses billets en particulier. C’est comme une citation. Le second terme désigne le “site référent”, c’est à dire celui qui a placé ce lien, que ce soit un autre site web, notamment un blog, ou bien un forum, ou bien un réseau social (comme Twitter ou Facebook), un agrégateur personnel (comme Feedly, Netvibes ou GoogleReader), un moteur de recherche, etc.

Un plan de navigation dans le web de son réseau

On peut sans difficulté savoir ainsi ce qui est lié, qui vous à lié, quand, combien de lecteurs ont été convaincus de suivre ce lien… (Pour être complet, il faut signaler que ces informations sont également en partie accessibles à n’importe qui, au sujet de n’importe quel blog, ou site. Des outils comme [“Backlink Factory”, du WikioLabs, ou le site IceRocket, par exemple, permettent de les obtenir également, mais généralement de manière moins précise et complète que les outils internes aux blogs.)

On peut aussi, et c’est à mon avis le plus intéressant dans l’affaire, remonter à la source de ce lien, et savoir dans quel contexte son propre texte a été lié.

Cette pratique, fort commune des blogueurs, consistant à “remonter les backlinks”, permet de voir comment son blog s’inscrit dans un réseau d’hyperliens sur le web. Il permet d’en reconstituer, d’une certaine façon, la carte, et de naviguer au sein du réseau que représente cette carte.

Un autre web que celui de Google ou Twitter

C’est, par ce chemin, une toute autre image du web qui apparait que celle que le “simple” internaute peut se former à travers des outils de navigation comme Google ou Twitter. C’est un autre web…

Ce n’est pas un web de “simples” lecteurs comme celui de Twitter. La diffusion de liens par Twitter est une pratique consistant pour un lecteur à recommander des lectures à son réseau personnel d'”amis”, abonnés à son “compte Twitter” (Une sorte de fil diffusé en continu de courts messages ne dépassant par 140 caractères)]. Cette recommandation se présente le plus souvent comme un simple lien, sans contenu, sans contexte.

C’est un lien entre une personne (le détenteur du compte Twitter) et un texte (le billet qui est lié) (Un autres services en ligne, comme le site de stockage et de partage de liens Delicious, est également un service de recommandation “de personne à texte”, et propose quant à lui un peu plus de “contexte” que Twitter, puisque le lien est souvent complété d’un mini-texte de présentation et de quelques mots-clés.).

Ce n’est pas un web d’aglorithme. De manière indirecte et automatisée, Google intégre dans les résultats qu’il propose sur ses pages de recherches un grand nombre de données diverses (dans un cocktail dont la composition comme le savant dosages restent secrets), qui forment une autre carte du web. Le Web de Google…([ Google assure que les résultats qu’il fournit sont calculés sur des critères de “pertinence” (ce qui reste à démonter, à mon avis), liés à la fois à l’adéquation entre les termes de la requête de l’internaute qui effectue une recherche et le contenu du texte que Google lui recommande (après que ses “robots” ont analysé ce texte), à la “popularité” du texte en question (évaluée par le nombre de liens sur le web qui “pointent” vers ce texte et la nature des sites qui proposent ces liens), mais aussi en prenant en compte les “habitudes de navigation” des internautes (des données que Google enregistre massivement et stocke, sans ce que l’on sache exactement ce qu’il en fait vraiment ! Mais c’est un autre problème…))].

Un réseaux de conversations dans les blogosphères

Le web sur lequel on navigue en suivant la carte de ses propres referers est ainsi celui de la part de la blogosphère à laquelle son blog appartient : son propre réseau. En relevant l’ensemble des back-links “inter-reliant” l’ensemble des centaines de milliers de blogs français qu’il a référencés, Wikio propose ainsi une fascinante carte des blogosphères, le (ou la ?) [Wikiopole :

Il s’agit-là bien plus que de simples liens de site à site (en fait: des blogs), car derrière ces blogs il y a des personnes. Ce sont donc aussi des liens de personne à personne, et en même temps de texte à texte, puisque chacun de ces liens est placé dans un contexte qui lui donne un sens. La carte ainsi formée est celle d’un réseau de conversations.

Il va sans dire que ce réseau de conversations est d’une richesse bien plus grande que celui dont rendent compte, ou permettent, des navigations à partir de Google ou Twitter. Ses dimensions sociales et sémantiques (Je parle bien du sens, de la signification, que l’on peut attribuer ou déduire de ces liens, en fonction du contexte dans lequel l’auteur du blog liant a lié, et de ce qu’il à lié.)] sont bien plus importantes. Ce web-là est bien plus intéressant. 😛

Naviguer dans les conversations

On part de son propre blog en remontant ses referers, on lit ce que l’on trouve au bout, les commentaires que suscite déjà la conversation qui se tient là-bas, puis on suit d’autres liens qui sont proposés sur place, remontant vers d’autres conversations, différentes mais liées

L’ensemble forme un réseau de conversations, qui est l’expression de la grande conversation générale de la blogosphère ([On devrait toujours dire les blogosphères, car tous les blogs ne sont reliés entre eux, comme le démontre la Wikiopole: des groupes de blogs se forment, plus reliés entre eux qu’ils ne le sont vers d’autres blogs…)].

Et naviguer de cette manière sur le web est une expérience à laquelle on ne peut pas pleinement accéder, et participer, ni même la comprendre, si l’on n’a pas soi-même un blog.

Site de médias = cul-de-sac des conversations

Dans une telle expérience de navigation, on rencontre bien sûr régulièrement des liens vers les contenus des médias traditionnels, qui se sont importés en lignes dans leurs “sites de journalistes”. Que ces sites soient d’ailleurs des sites adossés à des médias hors web ou des pure-players ne change rien à l’affaire. Ces sites “de journalistes” ne sont pas intégrés réellement dans ces réseaux de conversations. Leurs billets peuvent y être cités, mais ces citations fonctionnent comme des cul-de-sac dans le cadre d’une navigation de ce genre. Ces sites éteignent les conversations.

La relation au web de ces “sites de journalistes” est de nature profondément différente de ce que l’on rencontre dans les relations de blog à blog. Ces sites ne s’intègrent pas à l’écosystème des blogosphères, car ils prétendent constituer en eux-mêmes un écosystème complet, ou du moins suffisant, fonctionnant principalement dans une relation auteur/lecteurs fermée (avec une simple petite ouverture aux commentateurs ([…des commentateurs auxquels, généralement, les journalistes ne répondent pas, laissant les commentateurs entre eux, comme dans un forum)]). Chacun constate que les conversations qui se développent dans les commentaires de ces sites sont le plus souvent, d’ailleurs, d’une navrante pauvreté.

Le phénomène est dû, essentiellement, à la nature des textes (et donc des liens qu’ils peuvent contenir et proposer) de ces “sites de journalistes”. Leurs auteurs, par la posture de surplomb qu’ils prennent, affirment se placer d’une certaine manière au-delà de ces réseaux de conversations, dans leur prétention à une certaine objectivité, rendant compte de l’actualité.

Ces sites de médias ne participent donc pas de ces réseaux de personne à personne, “matérialisés” par les liens de blog à blog. Ils en sont exclus, car ils s’en sont exclus. Ils ne sont pas très différents pour moi (à moins que je connaisse personnellement le journaliste-auteur que je lie, ou qui me lie, bien entendu. B-) ) d’un lien vers (ou depuis) une archive anonyme, ou un texte collectif comme Wikipédia, par exemple.

Explorer la richesse des réseaux

Parmi mes bonnes résolutions de ce début d’année 2010, celle-ci est l’une des plus importantes pour moi. C’est bien une sorte de redirection personnelle. C’est ce web des réseaux de conversations, auquel je suis intégré car je participe à ces conversations depuis mon blog, qu’il m’intéresse vraiment d’explorer. Pas ce “web des journalistes” qui ne participent pas à ces conversations, car ils ne sont pas réellement plongés dans le web et restent à sa surface…

Le web de Google et celui de Twitter ne m’intéressent pas plus. Ils sont trop anonymes, ou impersonnels. Ils manquent de consistance, par manque de relations sociales et du sens que l’on tire de ces relations, de ces réseaux personnels que l’on se constitue sur le web… en navigant depuis un blog.

Peu m’importe, en définitive, le niveau de l’audience de mon blog désormais. C’est la richesse des conversations qu’il peut susciter et auxquelles il me permet de participer, les idées, les échanges qui peuvent en émerger, la richesses des relations sociales qu’il me permet d’établir et entretenir, qui comptent vraiment pour moi.

C’est bien, j’en suis conscient, une pratique qui est totalement “au-delà” des médias traditionnels, et même de la vision que les journalistes peuvent avoir de la communication (même quand ils se transportent sur le web, en important leur vision avec eux, sans voir qu’ils passent, à mon avis, à côté de l’essentiel) !

C’est utiliser mon blog, comme navigateur personnel pour circuler dans les réseaux de conversations, ce que je souhaite explorer désormais. Et mon intuition me dit que c’est bien ainsi qu’on expérimente vraiment une nouvelle manière de faire, et même de concevoir, l’information : une information… écriture, une information… mutuelle, une information… conversation, une information… en réseau.

C’est un web qu’on se construit soi-même, avec ses rencontres, ses relations. Un web que l’on construit collectivement, en réseau. Qui part de soi, mais qui vous ouvre à d’autres. Un web à sa propre mesure, modeste et personnelle, mais qui ne vous est dicté par personne, qui n’est contrôlé par personne. Un web qui s’auto-organise en toute liberté pour le profit de chacun.

Alors, rendez-vous à tous, ici-même dans les commentaires, et dans tous vos blogs. Je surveille mes back-links pour remonter jusqu’à vous (et je ne viendrai chez vous ni par Google, ni par Twitter)… B-)

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Mise à jour (0h30) : A relire ce billet, j’y trouve comme une contradiction. B-) Ce billet s’adresse, au fond, surtout à des blogueurs. Ceux qui peuvent me lire, éventuellement me lier dans un billet sur leur propre blog dans lequel ils répondraient et commenteraient le mien, et participeraient ainsi à ce jeux de la construction de réseaux personnels de réflexion collective en ligne auquel je les invite.

Et je consacre pourtant un temps fou dans ce billet à décrire dans le détail des choses que n’importe quel blogueur connait bien et pratique au quotidien.

Ce billet s’adresse à des blogueurs (ou de futurs blogueurs) mais je l’ai écrit pour des des lecteurs de blog qui ne bloguent pas. C’est ça ma contradiction. |-)

A la réflexion, j’ai probablement péché par excès de “pédagogisme”, ce qui me conduit à une expression presque naïve de ma pensée, qui ne rend pas vraiment compte de ce que je voulais exprimer. Il va falloir que je m’y remette pour un “deuxième essai”. Ce blog est [un atelier d’écriture, je ne cesse de le dire. :-))

Je médite là-dessus, et je vous tiens au courant… 😉

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11 Comments

  1. Les fils RSS ont quand même largement décimé cette notion de réseau autonome. De plus, le spam empêche aujourd’hui la plupart des blogs de montrer à tous d’où vient le commentateur.
    M’enfin, je ne voudrais surtout pas plomber l’ambiance, d’autant que cela me rappelle le bon vieux temps des débuts des blogs. *soupir*

  2. On ne se comprend pas tout à fait. Ton commentaire est un commentaire de lecteur, pas de blogueur. 😉 Je te parle d’autre chose. Pas quelque chose qui aurait disparu avec les RSS. Mais quelque chose qui existe aujourd’hui, et que je pratique comme ces autres blogueurs que je lie sur mon blog et qui lient le mien. C’est de ces réseaux-là que je parle. Quant aux commentateurs qui ont un blog et en laissent l’adresse dans leur messages : ils entrent immédiatement dans ce circuit.

  3. Votre réflexion m’a beaucoup intéressée.
    J’ai un peu la même expérience actuellement…mais avec twitter. Si, si…
    Je me suis rendue compte qu’au delà des messages eux-mêmes, ce qui m’intéresse le plus en ce moment, ce sont les liens entre les différents comptes et la façon dont ils bougent.
    Quand quelqu’un vous ajoute dans ses followers, vous allez jetez un coup d’oeil sur son compte : qui c’est, qu’est-ce qu’il écrit, qui d’autre suit-il, qui le suit, a quoi ressemble son blog, etc…
    Quand vous créez une “liste” (je préférerais parler de “groupe”) pour rassembler des comptes qui vous plaisent et qui ont un point commun, alors les détenteurs de ces comptes peuvent noter qu’ils apparaissent sur une nouvelle liste, et aller voir votre compte en retour.
    Quelque chose qui m’amuse beaucoup, c’est qu’en général, j’ai besoin de 2 ou 3 “contacts” avant de me décider à follower quelqu’un. Par exemple, je tombe sur un RT qui me plaît, je note dans un coin de ma tête le nom de l’utilisateur ; 6 mois plus tard, je me retrouve sur un article de son blog, quelques jours après je me demande à quoi ressemble son compte twitter, et là, hop, je l’ajoute à mes following, je décide de l’inscrire dans mon réseau pour de bon.
    J’ai pas mal joué avec MentionMap pour mieux identifier ces réseaux twitteriens : http://apps.asterisq.com/mentionmap/#

  4. C’est pas faux. Je suis effectivement passé de blogueur à lecteur ces dernières années, ou du moins de blogueur à agrégateur anonyme, ce qui revient “presque” au même.

    D’un autre côté, il ne faut pas se voiler la face, un blog comme le tien en particulier, est principalement “composé” de lecteurs, même s’il encourage au final à entrer dans la danse, ce qui le met sous un éclairage singulier. Mais ce n’est pas le cas de beaucoup d’autres qui se complaisent dans leur jus, entre “huiles”, un peu comme savent si bien le faire les journalistes, et qui fuient comme la peste les relations hasardeuses, occultant toute une partie de leur réseau véritable. 😉

  5. En fait il faudrait développer un plugin pour que la carte soit visible, et donc exploitable par le lecteur… qu’il puisse entrer dans le monde que l’on tisse même s’il n’est que lecteur. Du travail pour moi si je m’ennuie.

  6. Un autre outil permet également de se construire un réseau : http://www.pearltrees.com/. Certains l’utilisent pour centraliser leur présence en ligne et d’autres comme un outil de gestion de favoris.

    Une navigation à partir de son propre arbre vers les sites liés par d’autres permet de découvrir des ressources insoupçonnées. Un des meilleurs outils à mon avis.

  7. Bonjour
    il y a un écueil à votre approche (que vous avez d’ailleurs souligné dans votre PS): la règle des 1%.

    1% des personnes intéressées participent vraiment aux discussions webbeuses (ou 10% si on considère les commentaires).

    Il y a à mon sens un autre problème, ou au moins illusion, j’ai toujours du mal à le formuler complètement, mais c’est une idée qui m’est venue en regardant Tcrouzet à @si, il y a une forme de relativisme moderne dans cette vision. Instinctivement j’adore votre approche très libertaire. En substance tous les points de vue se valent. A chacun de se construire SON echelle de référence. Mais on se heurte rapidement en faisant cela à l'”infobésité”. J’ai peu de temps et payer quelqu’un pour qu’il hiérarchise à ma place l’information qui m’est pertinente et, in fine, pour moi un gain de temps extrêmement précieux. Se pose alors la question fatidique comment faire pour savoir si la personne/ou l’organe qui fait ces choix est qualifiée? On en vient à la réputation. Et je dois avouer malgré les boutons que je peux provoquer en disant cela, que les diplômes reconnus sont un moyen (mais pas le seul) pour moi, d’établir la réputation de celui qui me vend l’info.
    Et je peux prendre le sujet en sens inverse, sur les 70+ flux qui crachent tous les jours dans mon agrégateurs (et que je sélectionne avec soin), qui m’apporte quotidiennement mon flux d’info et d’analyses le plus pertinent?
    L’information la plus exhaustive en gardant le bruit le plus faible possible? Je peux le tourner comme je veux voici mon top 6 (et ca ne bouge pas bcp).

    Lemonde, @si (payant), Rue 89, slashdot, dedefensa (payant), pc impact…
    Sans oublier Techmeme, mais bon c’est un peu particulier.

    Et à coté de cela, on a des blogs “pépites” qui ne génèrent pas vraiment de flux, mais du fond (pour les domaines liés au web): novovision, standblog, internetactu, affordance, l’atelier, aixtal…

    bonne journée

  8. Peu m’importe, en définitive, le niveau de l’audience de mon blog désormais.

    Tu rejoins la tendance actuelle du marketing-web 😉 à privilégier les audiences qualifiées aux audiences plus larges mais moins faciles à exploiter pour le marketing.

    Finalement tu fais du marketing éditorial sans le savoir, comme M. Jourdain ?

    fourminus

  9. Je suis blogueuse et en plus je blogue sur le blogging… et pourtant la contradiction de votre traitement ne m’as pas du tout perturbée. Au contraire, j’ai apprécié votre “pédagogisme”, car je trouve qu’il est enrichissant de se voir proposer une représentation des choses, y compris sur des sujets que l’on connaît. Dire l’évidence parce que cela fait partie de la structure de la représentation que l’on veut donner à voir me semble au contraire une bonne base quand l’on veut échanger : tout n’est pas évident pour tout le monde, et tout le monde ne met pas la même signification sur ce qui lui semble évident !

    Dans certains paragraphes, vous avez abordé le blogging d’une manière à laquelle je n’aurais pas pensé. Par exemple, j’aime bien votre insistance sur la face cachée du blog, et ce réseau personnel que l’on tisse en backoffice. (j’ajouterai que cela m’a apporté quelques précisions pas inutiles de vocabulaire. ;-))

    Je m’interroge à propos de ce que vous dites sur Twitter, car ce réseau est mon plus grand pourvoyeur de visites mais aussi d’échanges. J’estimerais à 90% mes commentateurs rencontrés via Twitter. Dès que je ne tweete plus mon audience diminue, mais surtout mes commentaires se tarissent, mis à part quelques fidèles abonnés au blog par RSS. Ceci est peut-être du au fait que mon blog est relativement jeune et que je n’ai pas encore bien fidélisé mon lectorat ?
    J’aimerais aussi dire que je n’utilise pas Twitter que pour échanger des liens, j’y noue des relations, j’y fais la fête parfois ! Je sais que c’est mal considéré par certains qui voient ces futilités comme des polutions, mais pour prendre une analogie, à un repas entre amis on commence par les futilités et c’est souvent en fin de soirée que l’on en vient à des sujets plus “profonds”. Twitter permet de se découvrir, au-delà des centres d’intérêts paratagés, des “atomes crochus” plus subjectifs qui stimulent l’échange.

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