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Denis Robert, un journaliste réduit au silence

(noir) “Vous voulez me détruire et me ruiner. (…) Vous vouliez que je me taise. Je me tais.”

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Harcelé et acculé par de multiples et très coûteuses procédures judiciaires, le journaliste Denis Robert, auteur de “Clearstream, l’enquête” (Éditions Les Arènes, 2006), annonce ce soir sur son blog qu’il jette l’éponge :

Denis Robert :

(noir)“Jet de l’éponge au seizième round.

(noir)Ce texte est ma dernière intervention publique à propos de Clearstream. J’ai pris la décision de refuser toute interview liée à la chambre de compensation luxembourgeoise et de ne plus l’évoquer sur Internet, dans les journaux, à la radio, à la télévision.

(noir)Cette décision est douloureuse mais réfléchie. Je la prends après ma lourde et incroyable condamnation pour diffamation (pour un montant de 12500 euros) par le tribunal de Bordeaux suite à des propos vieux de deux ans et plutôt modérés sur le fonctionnement de cette multinationale qui officie dans plus de cent pays, dont quarante paradis fiscaux.

(noir)Cette condamnation pour laquelle j’ai fait appel intervient le jour de la dernière audience civile du tribunal de Luxembourg où Cleastream me réclame 100 000 euros en réparation des 421 exemplaires vendus de Clearstream l’enquête dans le Grand Duché. Plus de 237 € par livre (2). C’est aussi le jour où le Parquet de Paris demande, dans son réquisitoire supplétif, mon renvoi en correctionnel pour recel d’abus de confiance et recel de vol de documents bancaires en déformant d’une manière particulièrement malhonnête la réalité de mes enquêtes.

(noir)Je jette l’éponge.”

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(noir)“Ma confiance envers la justice et les hommes qui ont à juger de mes écrits s’est émoussée. Les tribunaux sont plus sensibles à l’air du temps et au harcèlement juridique d’une société aux moyens inépuisables, qu’à l’examen des faits. Je suis condamné par des magistrats qui, la plupart du temps, ne connaissent des mécanismes financiers que leur livret de Caisse d’Epargne. (…)

(noir)J’ai le sentiment d’être plus poursuivi et sanctionné en écrivant sur la délinquance financière que si je faisais une apologie du nazisme ou du viol de la vie privée. Au bout d’un moment, cela n’a plus de sens, sinon, celui de donner du travail à l’avocat et aux juristes de Clearstream.

(noir)Mon blog est surveillé. En écrivant au jour le jour les fragments de cette histoire, je m’expose trop.”

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(noir) “Vous voulez me détruire et me ruiner. Vous vous servez de tout ce qui traîne pour me faire une sale réputation. Peut-être y parviendrez-vous. Peut-être pas.

(noir) Vous vouliez que je me taise. Je me tais.” (…)

(noir)Denis Robert.

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Je vous comprends, Denis Robert. Mais l’annonce de votre silence n’est pas une bonne nouvelle pour la liberté de la presse aujourd’hui, en France.

narvic.