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De la productivité des journalistes…

Le Figaro rend compte du plan drastique d’économies engagé par Sam Zell, propriétaire du deuxième groupe de presse américain, Tribune Co, qui compte des titres de renom, tels que le Los Angeles Times, le Chicago Tribune et le Baltimore Sun.

La logique de ce plan est la même que celle appliquée au journal Le Monde : moins de pages et moins de journalistes. Mais à la différence de la presse française, pour laquelle la question est largement tabou, on n’hésite pas à aborder de front la question de la productivité réelle des journalistes…

Réduction du nombre de pages :

(noir)“Alors que le chiffre d’affaires publicitaire du groupe a baissé de 15 % au premier trimestre, Sam Zell veut consacrer autant de place à la publicité qu’au contenu éditorial. Cette mesure représenterait une économie de 500 pages par semaine, soit 12,5 % de la pagination des treize quotidiens publiés par le groupe.”

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Réduction des effectifs :

(noir)“La direction du groupe s’est également penchée sur le débit éditorial de chacun des journalistes. Elle a constaté d’importantes disparités dans la quantité d’articles produits. «Si on entre dans le détail, on découvre qu’il est possible d’éliminer un certain nombre de personnes sans vraiment perdre de contenu», a indiqué Randy Michaels, directeur opérationnel du groupe Tribune Co., précisant que le Los Angeles Times produit 51 pages par journaliste contre plus de 300 pages par rédacteur du Baltimore Sun.”

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51 pages par journaliste à Los Angeles, contre 300 à Baltimore… Une paille ! Et combien de pages par journaliste au Monde, au Figaro ou à Libération ?

5 Comments

  1. C’est pas du jeu! Alexandre Adler écrit naturellement de longues phrases. Il doit donc être avantagé si on se base sur du quantitatif.
    Plus sérieusement, je pense qu’en France aussi la question de la productivité des journalistes se pose, inévitablement. La question n’est pas taboue.

  2. Ecrire plus souvent, mais quoi ? De la dépèche d’agence de presse remoulinée ?

    Quel temps pour faire une enquête, vérifier les informations, interroger des gens ? Voilà qui confirme ta prédiction d’agrégateur humain…

  3. @ Eric et Enikao

    A mon avis (et selon mon expérience), ce discours de nombreux journalistes sur l’enquête, la vérification, etc., fait largement partie des mythes professionnels “à usage externe”…

    Dans la pratique, les journalistes qui vont vraiment sur le terrain, en chair et en os, ce sont pour la plupart ceux des agences de presse et des journaux régionaux : et ceux-là ont une productivité très très supérieure à ceux de la presse parisienne. A la fois en quantité, et sous un certain angle, en qualité aussi, puisqu’il s’agit réellement d’information de première main, récoltée à la source…

    De l’info de première main, récoltée à la source, il y en a, en réalité, bien peu dans la presse nationale (qui recycle beaucoup), en tout cas bien moins que ce que prétendent les journalistes… :o)

  4. Mais c’est 51 pages/journaliste par “combien de temps” ? Par semaine ? Par mois ? Par 6 mois ?

    Le figaro cite une économie de “500 pages par semaine” un peu plus haut dans l’article, mais est-ce que cette unité de temps vaut aussi pour la fin ?

    Voilà, c’était ma question idiote parce que je voudrai bien comprendre.

  5. @ Pingolin

    La période n’est pas indiquée, en effet, mais il est vraisemblable qu’il s’agisse de 51 ou 300 pages par journaliste et par an.

    Les 500 pages/semaines concernent l’ensemble du groupe, soit 13 quotidiens. Donc environ 2000 pages en moins, en moyenne, par an, pour chaque titre.

    A titre de comparaison, le Monde envisage, dans le plan de “sauvetage” proposé par sa direction, une baisse de la pagination de 1000 pages par an.

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