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De la démocratie numérique

“De la démocratie numérique”, Nicolas Vanbremeersch, 2009, Seuil/Presses de Science Po, 100 p., 14€.


Nicolas Vanbremeersch, 33 ans, diplômé d’HEC, a tenu pendant près de six ans le blog versac.net, considéré comme le principal blog politique français. Fondateur de publius.fr, pivot du débat européen en ligne, il a également créé la “République des blogs”, qui fédère plusieurs centaines de blogueurs politiques en France, et en Europe. Il dirige l’agence de communcation Spintank. (présentation de l’éditeur)

Le blogueur Versac s’essaye à un autre genre littéraire et reprend son nom de Nicolas Vanbremeersch pour publier sous forme de livre ce petit essai clair et stimulant sur “la démocratie numérique” (Ce livre n’est mis en vente qu’à partir du jeudi 19 mars, merci à Nicolas de m’en avoir accordé la primeur, et de me l’avoir offert. Il faut peut-être aussi préciser que j’ai, semble-t-il, un tout petit peu contribué à l’élaboration d’une ou deux des idées qui sont développées dans ce livre. Merci Nicolas pour avoir cité ce blog… 😉).

La thèse de Nicolas est relativement simple à formuler, elle est peut-être moins facile à valider. Si elle prête à débat, c’est précisément l’intention de l’auteur d’en ouvrir un sur la question (à cette occasion, il ouvre également un nouveau blog) : le web est-il en train de devenir “l’espace public numérique”, nouveau lieu d’expression de “la démocratie numérique” ?

Espace public numérique ? On discutera la notion au fil de ces pages. Il est clair que l’espace public s’est enrichi au long des années récentes d’une nouvelle dimension, qui prend de l’ampleur, faite de ces sites liés, mis en réseau, de cette immense activité de publication permanente. C’est bien à un formidable élargissement de l’espace public auquel on assiste : élargissement qui n’a aucun précédent, depuis l’invention de l’imprimerie.

(noir)Cette dimensions interroge. Quelle est son autonomie par rapport à l’espace médiatique ? A-t-elle une vie propre ou bien n’est-elle qu’un simple prolongement ? Quelles règles l’animent ? Qui en sont les acteurs ? Bouleverse-t-elle notre rapport à la réalité ?


L’auteur aborde la question de manière pragmatique – et plutôt avec finesse -, en se refusant à se faire ni un théoricien, ni “un prophète de l’internet” et en prenant ses distances avec l’idéologie du web 2.0. Il adopte le ton de la conversation plus que celui de la démonstration : “j’ai écrit ce livre comme un blog. Comme le mien du moins. Prenez chaque chapitre comme un billet, une petite touche qui vient constituer un tout”. Et le tout se lit d’ailleurs avec une grande facilité. Voilà pour la forme, abordons le fond. 😉

Espace public, d’abord, avant de s’intéresser à l’émergence d’un éventuel “espace public numérique”… La notion est ancienne et remonte au siècle des Lumières (elle est introduite par Kant). Elle a été beaucoup discutée au 20e siècle, par les philosophes Hannah Arendt et Jürgen Habermans notamment, dans sa relation avec le fonctionnement de la démocratie. En France, le sociologue Dominique Wolton poursuit ses recherches depuis vingt ans sur le rôle des médias, aujourd’hui, dans cet espace public.

Nicolas ne discute pas dans ce livre la notion elle-même d’espace public (qui prête pourtant en elle-même à un long débat intellectuel). On pourra se reporter à ce sujet sur ce petit livre, qui vient de paraître, et qui regroupe une série d’articles publiés ces dernières années sur cette question par la revue Hermès : “L’espace public”, Les essentiels d’Hermès, CNRS Editions, 2008, 8€. J’y reviendrai en fin de billet, en apportant ma contribution au débat ouvert par Nicolas…

Le livre est composé en deux parties : une “anatomie de l’espace public numérique”, qui présente le web comme “un territoire” et non “un média”, mais un territoire complexe, fluide et dynamique, qui se forme en prolongement de l’espace social mais fonctionne avec des logiques qui lui sont particulières ; dans une seconde partie, Nicolas observe “ce que ça change” dans le domaine politique.

J’aime assez la description du web qui est proposée, qui lui conserve toute sa complexité, sa plasticité, sa diversité, en tentant d’éviter des simplifications abusives, mais malheureusement courantes, aussi bien chez les détracteurs du web que chez ses inconditionnels.

Les logiques des trois web

Nicolas observe que l’organisation de l’information sur le web s’opère à la rencontre de trois logiques co-existantes sur le web, auxquelles “répondent les lieux qui composent ce territoire” et qu’il désigne comme “les trois web” : “web documentaire, web de l’information, web social” :

C’est de la rencontre de ces logiques et de ces acteurs, individus, institutions, entreprises, professionnels du savoir et de l’information que naît l’espace public numérique. Leurs logiques ne sont pas les mêmes, et leurs connexions pas nécessairement naturelles. Chacun ne cherche pas à aller vers l’autre, mais c’est dans cette rencontre que réside l’immense nouveauté du web : la confrontation d’une logique sociale et d’une logique de l’information. L’opposition ou la rencontre entre une logique descendante, de l’auteur au lecteur, de l’émetteur au récepteur, sans voix ni voie de retour, et celle d’une relation entre individus de plain-pied.


Face aux logiques documentaires et médiatiques, sur le web, “la logique sociale domine”. Le web documentaire (cette gigantesque mise à disposition de contenus numérisés) “n’a pas de vie propre en ligne, faute d’interaction et de circulation” : “il laisse simplement à d’autres le soin d’opérer les mécanismes de tri, de hiérarchisation, d’accès.” Le web de l’information fonctionne encore très largement “dans la transcription de contenus issus de l’espace public traditionnel, essentiellement médiatique, vers le web”, mais il subit sur internet “une rupture profonde” :

Les médias perdent peu à peu le monopole de la médiation de l’information au profit de l’internaute lui-même. Ils perdent, également, le monopole de l’origine de l’information au profit de nouveaux acteurs, tous émetteurs, en des endroits multiples, sur leurs blogs, leurs sites.


Hyperconcurrence pour l’information au sein du web lui-même, mais également entre le web et les autres médias… et à la fin, c’est le web qui gagne, “en offrant une alternative plus riche, plus fonctionnelle, plus rapide dans sa mise à jour et plus personnalisée”. A l’opposé des discours alarmistes qui voient dans le web la source d’une désinformation et d’un maljournalisme, Nicolas observe “l’inverse” :

Le web agit souvent comme un formidable moyen d’approfondissement, de plus grand détail sur l’information, de correction plus rapide des erreurs, comme un accès approfondi, plus riche à l’actualité.


Les blogs, néo-cafés

Dans le web social, “la figure emblématique de cet espace est le blogueur”, qui est dans une logique de “sociabilité” et de “publicité de soi”, qui fait en définitive de cette “pratique de la médiatisation personnelle” une “mise en scène de soi à visée relationnelle”.

Cette “sociabilité virtuelle” prolonge souvent la “sociabilité réelle” sans s’y opposer (elle est souvent même “complémentaire”). Leur séparation “est donc trompeuse”. La sociabilité virtuelle présente toutefois des particularités. Aussi fragmentée que la sociabilité réelle, elle est aussi “plus décloisonnée”, car l’ensemble des publics y sont dans une plus grande “proximité”.

Les blogs apparaissent ainsi comme des “néo-cafès”, à l’image des cafés du 19e siècle qui jouèrent un rôle primordial dans l’expression des opinions et la formation des jugements : “c’est la blogosphère, ou la blogalaxie, prise comme l’ensemble des blogs, qui forme un grand café multiforme.”

Dans cette blogalaxie, la “monnaie des échanges” qui a cours, c’est celle du “plaisir” de la conversation, de l’échange et du partage, et la “réputation”. Ce fonctionnement “dans une logique sociale, en réseau”, souligne Nicolas, est essentiellement non-marchand. Vis à vis de la blogosphère, celui qui entre dans une logique de monétisation et de professionnalisation de son activité “change de statut”. Et l’irruption des annonceurs “a souvent perverti la monnaie de l’échange”.

La circulation de l’information dans cet espace se fait essentiellement “en réaction” : “Comme l’espace public numérique joue en complémentarité avec l’espace médiatique, ce qui circule en ligne est par nature plus alternatif, critique, en réaction”. Baignant dans formidable abondance d’information, il est le plus souvent dans une logique de sampling et de mémétique, “comme une gigantesque centrifugeuse” .

Les trois dimensions documentaire, informationnelle et sociale ont tendance à converger, mais “le web social est le poumon du web” : ce sont les interactions sociales, les liens, qui assurent la diffusion et la promotion des informations en ligne (jusqu’au coeur de Google).

Pourtant, les choses changent. Les frontières se floutent. Les journalistes bloguent, intègrent les commentateurs et internautes dans la production et la sélection de leurs contenus. Aux frontières entre ces trois mondes se joue actuellement la manière dont le web va se structurer et trouver ses nouvelles formes.


De nouvelles médiations

Ce qui change ? Certains parlent de “désintermédiation” et ceux dont c’était le métier d’être des intermédiaires, notamment les médias, craignent pour leur survie : “De fait on assiste à un éclatement de la chaîne de production et d’accès à l’information ou à la création”.

Le discours tenu par ces médias menacés tient en un mot : sans nous le chaos.

Le chaos n’est pas certain. La probabilité est plus celle d’une réallocation des rôles et de l’émergence de nouveaux modèles de médiation.


Il s’agit plus d’un mouvement, en profondeur, de réallocation générale de l’attention et de l’autorité, qui se traduit par l’émergence de nouvelles autorités, dont Eolas est un exemple frappant, ou encore Florence Devouard, chercheuse française devenue présidente de la Wikimedia Fondation, par reconnaissance de ses pairs contributeurs sur Wikipédia. Quant aux journalistes, à eux de se réinventer en ligne un rôle et une fonction, qui pourrait être celle de la re-médiation (il parraît que c’est moi qui dit ça… 😉 ).

Vers l’atomisation de l’espace public ?

Nicolas prend le pari que cet espace public numérique, qui est encore aujourd’hui essentiellement complémentaire de l’espace médiatique et en réaction face à lui, sera demain “l’espace déterminant, majoritaire”. Au risque que son “hyperfragmentation” conduise à l’atomisation sociale et à “la fin de l’espace public ?”

C’est ce que redoute par exemple Cass R. Sunstein (“Republic 2.0”, Princeton Université Press, 2007), qui avertit de la menace que les blogosphères ne se referment sur elles-mêmes, constituant des “cocons d’information”. Nicolas évoque aussi le risque sectaire (qu’il soit religieux, identitaire ou politique)…

Il y a cependant pour lui des raisons d’espérer. S’il y a juxtaposition de communautés en ligne, ces communautés lui semblent rester ouvertes, car elles sont interconnectées : il y a entre elles “circulation des idées et des personnes” :

Mon sentiment est que ce qu’apporte le web est moins le développement des communautés que la capacité à les rendre plus ouvertes, plus liées les unes aux autres, faites d’individus plus mouvants et moins engagés.


“Vers une opinion publique connectée ?”

La conclusion est donc finalement optimiste. En tout cas, y a de l’espoir… “L’espace public s’est immensément agrandi” avec le web, même s’il ne faut pas être angélique. Cet espace n’est pas égalitaire : “Les inégalités restent. La maîtrise de la langue et des codes sociaux reste encore un élément essentiel pour asseoir sa visibilité et son pouvoir dans cette sphère publique”. Mais quelque chose de nouveau est peut-être bien en train d’en sortir :

Le temps de la démocratie représentative et de la délégation aveugle et passive du pouvoir à travers des instruments limités et peu impliquants (adhésion binaire, réponse aux sollicitations du politique) semble sur le déclin, face aux nouveaux pouvoirs dont disposent les internautes. Ces derniers commencent à fabriquer, souvent sans y avoir préalablement pensé, une autre relation au politique.


Certes “cette évolution vers un web comme place centrale de l’espace public prendra encore du temps” , il y a des outils à forger, des normes à établir, “elle parait néanmoins inéluctable” . Au final, “les quelques millions de blogueurs actuels sont des pionniers étranges, dont on regardera dans quelques années les pratiques comme autant d’archaïsmes (…)” Et une chose est sûre : tout cela ne fait que commencer.

Objections ou interrogations ?

Puisque Nicolas voudrait que ce livre soit le point de départ d’une nouvelle conversation, je me lance. 😉 Je n’ai pas tant des objections à faire à sa réflexion, que des interrogations à formuler. Je suis très largement en accord avec la description du web qui est proposée et de ce qui s’y produit. Mais tout cela conduit-il vers “un espace public numérique” ou à sa disparition ?

J’ai déjà fait part de ces doutes, en décembre dernier : Mort des médias et mutation de la démocratie. Je peux tenter aujourd’hui de les préciser.

La description des trois web proposée par Nicolas est assez opérationnelle et rend plutôt bien compte de la prépondérance, sur le web, du social sur le médiatique et le documentaire. Le chercheur Franck Rébillard, dans un livre dont je recommande encore une fois la lecture à tous (“Le web 2.0 en perspective”) en propose une autre, qui met l’accent sur une difficulté : le web comme “dispositif de communication total”.

L’effacement de la frontière entre public et privé

Le dispositif de communication, entre les individus, les groupes, les institutions, est “total” en ce qu’il regroupe, pour la première fois, dans le même canal, tout ce qui relève du privé et du public, comme tout ce qui relève du professionnel et de l’amateur (tout cela empruntait auparavant des canaux bien distincts). Ce regroupement de toutes les communications sociales dans le même dispositif entraîne, me semble-t-il, un très fort mouvement de dissolution des frontières, où, si elles ne sont pas dissoutes, elles en deviennent de moins en moins visibles ou discernables. Il y a de la confusion sur le web.

Si le web est appelé à devenir un “espace public”, c’est un espace extrêmement flou, voire fluctuant, où coexistent des espaces que ne sont pas cet espace public. Il n’est pas toujours facile de savoir vraiment où l’on est, et même de s’entendre sur la nature précise d’un espace dans lequel on se trouve à plusieurs en même temps. Il y a souvent ce type de malentendus sur le web.

Et même, ce brouillage des espaces public et privé, professionnel et amateur, ne revient-il pas à faire du web un seul et unique “espace total”, qui est bien plus et bien autre chose qu’une nouvelle forme de “l’espace public bourgeois” de Jürgen Habermas ? Et je ne suis pas loin d’y voir s’imposer un Big Brother… ou à tout le moins de voir s’imposer une sorte de dictature de la transparence où l’idée même d’espace public s’efface complètement… car il n’y a plus de différence entre le public et le privé.

L’antagonisme entre public et communautaire

Je tire ma seconde interrogation d’un intéressant article (réédité dans le livre que je citais au début), tiré de la revue Hermès n°10 (1992), du philosophe Etienne Tassin : “Espace commun ou espace public? L’antagonisme de la communauté et de la publicité”. Le philosophe introduit une distinction fondamentale entre ce qui est “commun”, qui relève de la “communauté” et ce qui est “public”, qui relève de “la politique” et de “la civilité” .

L’espace commun/communautaire, c’est tout ce qui relève de l’“adhésion”, voire de la “conversion”, et dans sa forme ultime de la “communion” (comme “commune union”). Or tout cela ne relève pas, selon lui, de l’espace politique. L’espace public, c’est précisément le lieu où l’on se retrouve en dehors de son appartenance communautaire, le lieu où on la met de côté. L’individu ne se présente pas dans l’espace public dans toute la dimension de ce qu’il est, il est en retrait de lui-même et considère les autres de la même manière : c’est un espace civilisé, où sont nécessaires des règles de civilité particulières qui imposent une certaine “distanciation” entre les gens. C’est cette distanciation qui crée l’espace politique du débat. Tout le contraire de l’espace commun/communautaire, qui encourage au contraire le contact fusionnel.

Mon interrogation vient de ce que je ne vois pas cette distinction commun/public opérer sur le web social, qui est, à mon sens, quasi uniquement régi par des logiques commnautaires de regroupement – et d’exclusions – par affinités, c’est à dire des logiques antagonistes à celle de l’espace public. Ce point de vue rejoint en partie l’objection relevée par Nicolas de Cass R. Sunstein, en arrivant par un autre chemin. Il y a, selon Etienne Tassin, grand danger politique à laisser “coloniser” l’espace public par le communautaire. Sur le web, il y a tout lieu de se demander comment pourrait tout simplement émerger un espace public d’un fonctionnement social qui est essentiellement de nature communautaire ? L’un ne procède pas de l’autre.

Un avenir pour le journalisme ?

Ma dernière interrogation me renvoie plus à moi-même et se rapporte à l’avenir du journalisme. Nicolas cite l’une de mes réflexions de l’an dernier (mai 2008) et mon espoir de l’invention d’un “journalisme de re-médiation”. Je suis plutôt moins sûr aujourd’hui qu’hier qu’il soit possible et qu’il va arriver. J’en viens à me demander si l’évolution du web ne va pas plutôt conduire à l’explosion ou la dilution du journalisme, tellement elle remet en cause ses frontières et sa définition. D’autres modes de régulation de l’information que le journalisme sont peut-être en cours d’émergence (aussi bien dans la sélection/hiérarchie de l’information, que dans sa vérification et sa correction). Quant au commentaire et à l’éditorial, le problème ne se pose plus pour les journalistes. C’est celui des blogueurs. 😛

Voilà pour ma – première – contribution au débat ouvert par Nicolas. Et que tout le monde s’exprime ! 😉


4 Comments

  1. Merci pour cette très bonne synthèse “De la démocratie numérique”. Pour ne rebondir que sur un point – nonobstant l’intérêt des autres nuances développées – je m’interroge depuis plusieurs années sur la prophétie de Cass Sunstein et sur le risque d’abandonner l’espace public aux communautés.

    Il y a quelque chose de très français, voire de très jacobin, y compris du point de vue philosophique, à ne vouloir que des individus parfaits, au sens de leur parfaite indépendance de vue et d’esprit, au sein de l’espace public numérique. Un individu ne s’ouvre à la société et ne reçoit d’elle qu’à travers les multiples communautés qu’il habite. Si l’on se limite au débat public et politique, l’on y vient fort de ses convictions et idéaux, partagés par d’autres individus qui vont porter la même vision politique que soi. Cela est-il nécessairement négatif ? Tocqueville, dans “De la démocratie en Amérique” voyait au contraire dans les communautés la condition sine qua non à la survie de la liberté face aux pressions égalitaristes de la société dans son ensemble. Si l’on observe le “graphe social” des communautés politiques en ligne, en Europe ou en Amérique du Nord, on réalise que les individus s’inscrivent dans une communautés d’opinions ou de valeurs et que, à travers elle, ils se projettent au sein des communautés voisines (et parfois antagonistes) pour y débattre. Loin de se replier sur elles-mêmes, les communautés de l’espace public numérique permettent à ce dernier de se structurer, de canaliser et d’organiser la conversation autour de lignes de partage bien évidemment mouvantes, moins figées que les lignes de partage traditionnelles de la politique…

  2. C’est marrant, je lisais il y a quelque temps ce livre
    sur les origines culturelle de la révolution française et la formation de l’opinion publique et je me faisais moi aussi cettre réfelxion que le web était le lieu où se construisait une nouvelle opinion publique.

  3. Merci pour cette note.

    Je prolonge sur tes questions/interrogations, mais rapidement, j’y reviendrai sans doute dans un billet.

    Le sujet d’Etienne Tassin, je l’ai un peu trop survolé, je pense. Il faudrait que je relise mon livre (quelle horreur) pour reprendre ce que je mets dessus, mais oui, c’est la question, et finalement un autre angle pour imaginer la disparition de l’espace public, que celui de Sunstein.

    En fait, je crois qu’on n’a pas la réponse. Comme je le dis, la connexion à autrui, et le mélange privé public opère sur les deux dimensions : il dissèque, réduit ce qui est commun, ce qui éloigne de soi, et en même temps, il connecte, par la médiation de ces autres, à de nombreux sujets, qui refont un exercice de publicité…

    La tension que Tassin met en valeur est palpable, tangible. Elle est sans doute un des angles les plus importants pour comprendre ce qui se passe, sur le fond… A suivre, en tentant de comprendre des traces dans ce que l’actualité de notre petit monde nous offre…

  4. le débat posé articulé autour du JOURNALISME et des journalistes pose t-il le seul DEBAT INTERESSANT le citoyen et la démocratie ..CELUI De L’INFORMATION en France ??

    ne serait il pas plus riche d’angler le sujet vers les ENJEUX democratiques liés à la QUALITE DE l’INFORMATION Dont la finalité est d’accompagner tout citoyen dans le processus de vivre en CONSCIENCE ET EN RESPONSABILITE sa vie qu’elle soit privée, politique, citoyenne, HUMAINE…des humains DEBOUT et LIBRES qui ne peuvent s”appuyer que sur des informations HONNETES..des miroirs verites plurielle..et pour que les journalistes SOIENT au coeur de ce debat il eut fallu qu’ils se conduisent eux mêmes EN HUMAINS DEBOUT, LIBRES, INDEPENDANTS, ethiques, honnêtes…ce qui demeure en FRANCE une ambition trop élevée pour ces ambitieux en mal d’IMAGE et prets à journaliser le faux, l’intox, la communication, la collusion avec les politiques pourcu qu’ils s’affichent à la UNE !! l’information est malade de ces ego-journalistes qui ont enfoui..tres loin le sens de la VERITE..lire et relire et rerelire ..CAMUS…et l’on trouvera illico le seule direction de refondation utile..l’exigence et le souci éthique !!

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