bibliothèque

Dans les revues : Presse en ligne et critique des médias

Je signale la parution de deux numéros très intéressants des revues scientifiques Réseaux et Mouvements consacrés à des thématiques qui m’intéressent sur ce blog.

Presse en ligne

Réseaux

– n° 160, 2010/2-3
– 344 pages
– 29€

Critiquer les médias ?

Mouvements. des idées et des luttes

– n°61, 2010/janvier-mars
– 186 pages
– 15€

J’ai déjà évoqué plusieurs des articles de la revue Mouvements sur ce blog, dans ce billet : Pour une critique de la critique des médias :o). Je vais revenir notamment, dans un prochain billet, sur celui de Yannick Estienne : “Indymedia aujourd’hui”.

Je vais tâcher de revenir aussi sur l’ensemble du numéro de Réseaux, qui propose une série très riches d’articles scientifiques de fond sur l’état de la presse en ligne aujourd’hui, en France et dans le monde, avec en introduction une synthèse sur l’état de la recherche internationale en sciences sociales sur la question.

Je retiens particulièrement un article sur lequel je pense revenir en détail, car il illustre une idée que j’ai souvent défendue sur ce blog : l’état actuel de la législation, qui ne reconnait en ligne que deux types d’acteurs, les “hébergeurs” et les “éditeurs” (LCEN), n’est pas satisfaisant. Reprenant un modèle issu de la presse papier ou de l’édition, distinguant éditeur et simple prestataire technique, cette distinction ne rend pas compte de l’apparition en ligne d’une nouvelle sorte d’acteur, dont le rôle apparait aujourd’hui comme déterminant, tout à la fois en partie éditeur (mais pas pleinement) et en partie diffuseur. Franck Rébillard et Nikos Smyrnaios proposent de les désigner comme des “informédiaires”.

Franck Rébillard (et aussi ici ), Nikos Smyrnaios : “Les infomédiaires, au cœur de la filière de l’information en ligne. Les cas de Google, Wikio et Paperblog”.

Résumé : “Au-delà des modèles existants (presse, radio, télévision), plusieurs catégories d’acteurs interviennent dans la filière de l’information en ligne. Parmi eux, les infomédiaires occupent une position centrale, à mi-chemin entre édition et diffusion. Leur analyse socio-économique à travers trois études de cas (Google actualité, Wikio, Paperblog), fait apparaitre une fonction pivot dans l’orientation des flux d’audience et des revenus publicitaires. En situation de “coopétition” vis à vis des éditeurs professionnels, les infomédiaires ne participent pas directement au financement de la création journalistique. De façon plus générale, leurs relations avec les producteurs de contenus influent sur le type d’information, professionnelle ou amateur, dominante ou alternative, mise à disposition des internautes.”

4 Comments

  1. OUi j’ai lu l’article sur les infomédiaires et il est effectivement très intéressant. Suis curieux de lire ton avis sur le sujet (ça sent les gants de boxe, vu ta (légitime) volonté de contrôle des conversation générées par tes billets).

    Ce qui est clair c’est que cet article m’a permis de mieux comprendre le modèle économiques de ces nouveaux acteurs (qui sont appelés à devenir incontournables). Il permet par exemple de voir les différence entre le de développement de relations (critiquables mais réelles) avec les blogueurs d’un wikio, à la différence d’un modèle de captation du trafic pour exploitation commerciale : modèle de paperblog. En tant que blogueur je suis bien évidemment pour une dissémination maximale de mes contenus, dans certaines limites. Voir aussi à ce propos ce billet de Calimaq où je citais un extrait de cet article sur les infomédiaires : http://scinfolex.wordpress.com/2010/04/30/ecrire-sous-licence-creative-commons-au-risque-du-vol-ou-de-lenvol/

    Au final, je me demande si facebook n’est pas lui aussi un infomédiaire qui ne dit pas son nom… (voir ici : http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2010/05/le-like-tuera-le-lien.html )

  2. @ Sylvae

    Oui, clairement, Twitter et Facebook peuvent être rangés dans cette catégorie, à mon avis. Et leur objectif est bien de se poser également en intermédiaire pour “dériver” une partie de la ressource publicitaire liée à l’audience qui va vers les contenus. Et c’est même plus rusé, comme positionnement, car il va être difficile, pour ce qui concerne les éditeurs commerciaux, d’invoquer le droit d’auteur pour de simple liens… Et tout aussi difficile de parler de parasitage. :o)

    Il est intéressant dans l’article de Rébillard&Smyrnaios de voir aussi les trois “niveaux de réglage” entre Google, Wikio et Paperblog. Seul Google est en mesure de tenir tête aux éditeurs commerciaux, les deux autres doivent composer avec eux, ou bien se “replier” sur les éditeurs amateurs des blogs, avec lesquels le rapport de force n’est pas le même. On peut souligner aussi que Wikio tente aujourd’hui (après quelques conflits dans le passé) d’établir une relation moins inégalitaire avec les blogueurs que Papperblog, dans une sorte de donnant-donnant.

    Mais c’est encore un autre point qui m’intéresse le plus : si les infomédiaires sont en partie des éditeurs, il serait donc normal qu’ils prennent leur part de la responsabilité éditoriale. Je tâche de développer ça dans un billet. 😉

  3. @ Silvae (donc 😉 )

    [moi j’aime plutôt bien les “y” :-P]

    Cette fonction de notification est censée être activée pour tout le monde ?! C’est donc que ça ne fonctionne pas. 🙁 Je vais me plonger les mains dans le cambouis pour voir ça.

Comments are closed.