la cuisine

Comment mesurer l’influence d’un blog ?

François Guillot, sur Internet&Opinions, fait des “expériences statistiques” pour tenter d’évaluer l’influence d’un blog ou d’un média de manière plus fine que par le simple affichage du nombre de visiteurs uniques ou de pages vues…

Son idée consiste à tenter de pondérer le nombre de visites sur un site par sa production éditoriale en nombre de billets ou d’articles.

L’expérience séduit ses lecteurs, et tout le monde y va de son commentaire pour affiner la méthode ou en proposer d’autres. L’échange est passionnant : une véritable réflexion collective en forme de “work in progress”…

Je participe activement à cette conversation…

J’y apporte ma pierre :

Une autre approche de l’influence d’un blog : mon propre blog comme mesure de l’influence des autres. Je sais, c’est très narcissique 😉 , mais je m’explique…

– Un lien vers un billet de mon blog dans le corps d’un billet chez André Gunthert (Actualité de la recherche en histoire visuelle) m’apporte 28 visites en deux jours (depuis jeudi).

– Un lien vers le même billet, dans les commentaires chez Koz (merci au gentil commentateur ) : 24 visites sur la même période

– Même billet, même jour : le lien depuis Internet et opinion : 10 visites.

Autre exemple :
– Hier un lien depuis Authueil sur un ancien billet : 61 visites d’un coup.

Exemples plus anciens :

L’effet Eolas: 63 visites dans la même journée pour un lien.

L’effet Parody (version ZDnet de son blog + version ecosphere du même billet) : 265 visites (dans la journée).

L’effet 20minutes.fr : 239 visites/journée.

– Et surtout : l’effet magique d’Embruns : 500 visites par lien (en moyenne dans la journée, et l’effet dure quelques jours !)

J’avais déjà tenté d’analyser cet “effet magique d’Embruns” (Soudain un inconnu vous offre des fleurs) : [“Coup de vent sur novövision”. ]

La conclusion que j’en tire : grosse différence d’influence entre les “purs blogs” et les sites de presse (20minutes) ou blogs appuyés sur des sites de presse (Emmanuel sur ZDNet). Seul Embruns parvient à jouer dans cette catégorie…

Parmi les blogs, à part Embruns hors catégorie : Eolas ou Authueil surclassent clairement les autres (même I&O, désolé François…).

Cette approche est plutôt celle de l’influence comme capacité de prescription de lecture. Ça permet d’éviter plusieurs biais : on ne compte ici que de vrais lecteurs attentifs, puisqu’on ne compte que leur clic. On remet sur le même plan tous les sites, quelle que soit leur productivité éditoriale et le rapport nombre de billets/nombre de visites.

L’intérêt de cette approche est finalement que c’est la seule qui mesure l’influence d’UN billet Embruns ou Eolas par rapport à UN billet 20 minutes ou ZDnet… Ce qui évite l’effet “dilution” de l’audience d’un billet dans la moyenne de fréquentation de l’ensemble d’un site, qui introduit un biais de fond à mon avis et rend cette mesure-là peu significative.

La conversations se poursuit sur Internet&Opinions

9 Comments

  1. Il y a quelques temps, j’ai été linké par versac: résultat: une soixantaine de visites (mais c’était vers le milieu du billet).
    Linké par le Monolecte quelques heures après: 500 visites.
    Linké par un blog totalement inconnu (d’une jeune fille qui venait de publier un livre): 600 visites étalées sur un mois.
    Récemment, linké par un blog du top 10 de wikio, dans un billet où il citait un de mes billets en disant: allez-y. 85 visites (sachant que ce blog reçoit 1500 visites par jour, mais qu’il est très bien optimisé pour les moteurs de recherche).
    Un commentaire chez Embruns c’est une quinzaines de visites; à comparer avec les 250-300 visites que m’apporte par moi “Partageons mon avis”.

    Tu m’as linké: 7 visites!

    Mais il faut nuancer: la position du lien, le mot d’ancrage du lien, etc.

    Les vrais influents, ce sont ceux, comme le Monolecte, qui ont tissé sur le long terme une relation de confiance avec des lecteurs.
    Il y a aussi les relations de proximités. Un blog proche du tien conduit mieux le trafic vers chez toi.

  2. Par rapport au billet de Internet et Opinion, le problème du nombre de suiveurs RSS, c’est que les outils de suivi RSS sont très majoritairement utilisés par les lecteurs familiers des outils informatiques. Par conséquent, cette donnée a un impact différent selon la thématique des supports, c’est à dire selon les différents types de lecteurs (pour interpréter les différents mesures d’un site net, il est à mon avis important d’identifier au préalable les grandes familles de lecteurs qui parcourent le net). Par exemple, un support orienté Hi-tech ou actu internet, lu en grande partie par des pros du net, des geeks et des informaticiens expérimentés, sera plus suivi par RSS qu’un blog de cuisine lu par des mères de familles peu familières des applis internet un peu bizarroïdes. Un témoignage très concret, qui tombe à pic : alors que ma compagne lit des dizaines de « blogs de nanas » assidûment depuis un an, elle ne s’est décidée à utiliser Google Reader que depuis… hier soir. Et ce n’est pourtant pas faute de lui avoir fait la pub de cet outil ! D’ailleurs, la grande majorité de mes amis qui lisent des blogs n’utilisent pas de lecteurs RSS.

    De plus, je pense qu’il y a une différence entre les sites qu’on lit et les sites qu’on suit. Personnellement, il y a des sites dont je lis quasiment tous les articles, et sur lesquels je peux revenir plusieurs fois par jour pour suivre les commentaires (parfois au moins aussi intéressant que les billets) et puis des sites dont je survole le contenu presque exclusivement par RSS, pour être sûr de ne rien rater d’important. Et même à l’intérieur des flux RSS, il y a des sites sur lesquels il faut cliquer pour lire l’intégralité de l’article et d’autres ou tout est affiché, et qui ne nécessitent donc pas de visite, ce qui brouille le rapport visites/lecteurs, en terme de mesure. Rapport visites/lecteurs qui en prend déjà un sacré coup avec les techniques de référencement qui amènent un grand nombre de « pseudos lecteurs » arrivés directement sur des pages via des moteurs de recherche à cause d’un mot-clef qui dans 90 % des cas, n’a rien à voir avec la recherche, contrairement aux liens recommandés de sites à sites (mais les mesures de liens ont d’autres défauts, sinon ce serait trop facile 😉 – position du billet dans lequel est le lien sur la home du blog, position du lien dans le billet, lien déjà cliqué ailleurs ou non par les lecteurs, façon dont le lien est présenté, etc.)

    Enfin, pour ce qui concerne la mesure d’audience des sites francophones, Médiamétrie publie une étude mensuelle, avec nombre de visites et durées moyennes des visites :
    http://www.mediametrie.fr/resultats.php?resultat_id=545&rubrique=net
    (Seuls les affiliés sont mesurés, mais ça donne déjà une bonne idée)

  3. Il faut différencier plusieurs types de publicités :

    • Pour publicité traditionnelle par bannières, le nombre visiteurs, de pages vues et les durées de consultation peuvent suffire (les régies ont les chiffres de leurs sites affiliés). Ensuite, on va au nombre de clics sur une bannière et on peut aller jusqu’au taux de transformation, c’est à dire les lecteurs qui ont cliqué sur la bannière et qui ont acheté un produit par ce lien.

    • Pour la publicité par influence (opération marketing, billets sponsorisés, viral, événements RP, infiltration, etc.) c’est beaucoup plus compliqué en terme de mesures car les mécanismes de diffusion sont complexes et l’on ne peut se contenter des stats certifiées de chaque site affilié, aussi précises et complètes soit elles. Identifier les « nœuds » d’influence, les rapports thématiques, les flux de lecteurs (éviter qu’une « opé » soit publiée en même temps sur 50 sites lus par les mêmes lecteurs…), identifier et fidéliser les sites qui accèptent de servir le buzz et ceux qui le refusent (ne pas envoyer un communiqué chez Embruns par exemple ;-). Et ensuite, mesurer tant bien que mal les retombées pour les clients, en tirer les enseignements (valables au cas par cas, sinon, encore une fois, ce serait trop facile) et corriger la fois d’après pour faire mieux, si un cas de communication similaire se reproduit.

    Hors publicité, et c’est en grande partie ce qui m’intéresse dans les diverses expérimentations de méthodes de mesures et de représentation que je rencontre sur le net, il y a l’aspect utile pour les lecteurs : aider les lecteurs à s’y retrouver sur les diverses communautés en ligne, les aider à trouver des portes d’entrée qui leur correspondent, à identifier les thématiques qui s’offrent à eux, leur montrer « là ou ça bouge », ce qui est nouveau, etc. Car le lecteur à ceci de particulier qu’il se moque généralement de l’audience 😉
    À ce sujet, beaucoup (de blogueurs) voient dans le classement Wikio une mesure de bites mensuelle alors que moi j’y vois une classification thématique intéressante, avec un bonne chance d’y découvrir de nouveaux blogs chaque mois (même si l’algorithme de classement n’est pas – et ne peut pas être – parfait). Je ne dois pas être normal… ou au contraire, peut être que je suis justement un lecteur effrontément banal, va savoir ! 😉

  4. Ouh, que c’est laid d’être l’exprit chagrin ! Je sais, mais quand même…

    Influence : bien trop souvent perçue comme crédit, autorité, au sens de “fait faire ou ne pas faire quelque chose” parce que ma parole vaut quelque chose.

    Or il me semble que vous mesurez l’affluence : le trafic généré par un billet, un sujet, un commentaire.

    Le terme d’audience de François me parait plus à propos.

  5. @ eni kao

    Tout à fait. Mais c’est bien l’influence (crédit, autorité…) que nous cherchons à appréhender.

    L’audience, on en a déjà une petite idée… Il s’agit de trouver des moyens de la “pondérer” pour déterminer cette influence, en prenant le postulat qu’il existe un certain rapport entre les deux. Mais lequel ? 😉

    Mon idée est que “le pouvoir de linker”, la capacité à être prescripteur de lecture pour ses propres lecteurs est un indicateur intéressant…

    Voilà tout…

  6. S’il s’agit de mesurer le pouvoir de linker, alors là c’est bien plus proche de l’influence (“je vous suggère de”) et c’est en effet très intéressant.

    Ce pouvoir de prescription mesure bien en effet le crédit que l’on accorde à l’auteur, ou en tout cas l’envie que l’on a de connaître ses références. A ceci près que quand on rebondit sur une source, et que le lecteur n’en avait pas connaissance à l’origine, il faut bien qu’il y aille… pour savoir de quoi on cause.

    Exemple : j’entame un billet sur un débat en disant “comme on peu le voir là (lien) et là (lien), ce sujet blablabla… Le lecteur qui n’était pas même au courant et qui arrive sur mon blog a bien besoin de commencer par voir à quoi je fais référence pour la suite de sa lecteure (enfin, s’il est consciencieux, hein…).

    Du coup, influence ou référence ?

    Je sais, je pose beaucoup de questions et n’apporte pas de réponses, mais un débat c’est parfois comme ça, n’est-ce pas ? 😉

  7. Comme le soulignent François et Emmanuel, sur internet & Opinions, dans les commentaires du billet à l’origine du mien, on en vient à essayer d’apprécier la “valeur” d’un lien (comment il est rédigé, où il est placé, que dit-il de ce qu’il y a derrière ce lien…).

    L’appréciation “qualitative” de l’audience en ligne est un sujet bien compliqué… 😉

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